Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

jeudi 21 janvier 2010

Soutiers du nucléaire

-La Centrale

____Voyage chez ceux qui ont les mains dans le cambouis, les « invisibles qui triment à l'ombre des réacteurs pour nous apporter de la lumière »

-Une enquête ministérielle dénonce les conditions de travail des
intérimaires de l'atome.






- «On est tellement poussés au cul qu'on n'est pas à l'abri d'une connerie.»(Joël)
-Le délégué CGT du site, Michel Lallier, résume le tableau: «Les agents EDF sont démotivés parce qu'on leur confie des tâches d'encadrement, et les sous-traitants trinquent sur les travaux exposés
Le problème est là: l'éclatement du système de maintenance nucléaire. D'un côté les agents EDF qui encadrent. De l'autre, des sous-traitants précarisés et plus exposés. A Chinon, le nombre d'heures de sous-traitance augmente de 10% par an depuis 5 ans
.
-« Les boulots les plus durs et les plus exposés, c'est pour nous »-
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-Les décontamineurs de centrales nucléaires sortent du silence:
"Au-delà des rivalités au sommet entre Proglio et Lauvergeon, l'industrie nucléaire si chère à la France s'incarne aussi dans ces milliers de travailleurs de l'ombre, ces sous-traitants précarisés. Après un premier documentaire sur le sujet, un roman et un témoignage donnent la parole aux « décontamineurs », ceux qui nettoient les centrales nucléaires de leur radioactivité.
Rien ne prédisposait Elisabeth Filhol à se mettre dans la peau de ces hommes (ce sont toujours des hommes), qui plongent dans le fond des réacteurs au gré des « arrêts de tranche » et colportent leur angoisse de foyer en mobile home, au gré de contrats courts.
« La Centrale » (éditions P.O.L), premier roman de cette femme de 44 ans, contrôleuse de gestion dans l'industrie, est une œuvre simple et touchante, étonnante de précision, toute en pudeur et qui ne cède jamais au pathos.

Tout prédisposait Claude Dubout, 30 ans d'expérience dans le nucléaire, à prendre la parole. C'est le documentaire d'Alain de Halleux, « RAS, rien à signaler » diffusé en mai sur Arte, et dont il est un figurant, qui l'a décidé.
Dans un récit autobiographique ». Ce qu'il y a derrière ces grilles » (éditions Paulo-Ramand), et sur son blog, il livre son vécu du métier.
Le « décontamineur » a lu « La Centrale » et l'a trouvé :« Authentique et réel. C'est curieux car elle parle d'une jolie manière de la centrale. Elle nous fait passer de l'autre côté des barrières de sécurité. »
Les deux livres racontent ce qu'est nettoyer la radioactivité, pourquoi on en arrive là et comment on vit avec l'angoisse de dépasser la dose et de ne plus être apte, d'être forcé à l'arrêt.20 millisieverts, c'est l'irradiation maximale par personne et par an. Un geste maladroit et on se la prend. Dans cette lecture d'un passage de son livre, Elisabeth Filhol décrit l'angoisse du décontamineur....
Rémunéré comme n'importe quel métier de la logistique, risqué et précaire lorsqu'il faut faire le tour des centrales pour quelques semaines de boulot avec des indemnités de 60 euros par jour pour se nourrir et se loger, le métier n'attire guère.Alors que les centrales nucléaires françaises vieillissent et ont de plus en plus besoin d'entretien, la précarité des prestataires a de quoi inquiéter, comme le souligne Alain de Halleux, le réalisateur de « RAS, rien à signaler » :« Pendant 50 ans, les travailleurs ont fait corps avec leur industrie car leur travail avait un sens. Ils fabriquaient de l'électricité pas cher, ils tenaient à leur emploi et aimaient leur travail. S'est développé un grand secret de famille. Aujourd'hui, s'ils se mettent à parler, c'est que la situation va vraiment mal. »

-Dans le ventre du nucléaire:
"Avant de se lancer dans le cinéma, Alain de Halleux a obtenu un diplôme de chimie nucléaire. Lorsqu’il apprend, en juillet 2006, qu’une explosion a failli se produire dans une centrale en Suède, le réalisateur décide de partir à l’assaut des réacteurs nucléaires, dont l’activité interne demeure mystérieuse pour le grand public. R.A.S Nucléaire, rien à signaler, film enquête d’à peine une heure, offre une plongée saisissante dans le ventre des centrales et met en lumière le travail des agents d’entretien. Des employés « invisibles », nomades et souvent précaires, qui assurent, de centrale en centrale, la sécurité des installations au péril de leur vie.
Depuis l’ouverture du marché de l’énergie, en 1993, la concurrence amène les entreprises à rechercher une productivité maximale. Le temps d’immobilisation des centrales pour la maintenance doit être le plus court possible. Pour assurer la sûreté nucléaire à bas coût, elles sous-traitent ces opérations d’entretien dont les métiers sont particulièrement pénibles et dangereux. Plongeur dans les piscines de refroidissement des déchets nucléaires (d’un beau bleu cobalt, pur, limpide), agent de servitude (décontamineur) ou jumpers qui réparent les fuites dans les générateurs de vapeur… (une tâche à effectuer en moins de deux minutes sous peine d’être soumis à de trop fortes radiations). Même si un seuil limite de « doses » de radiations est fixé par personne et par an, tous savent que les risques qu’ils encourent sont largement sous-estimés...
. En France, environ 25 000 travailleurs de maintenance reçoivent ainsi 80 % de la dose annuelle collective d’irradiation reçue dans le parc nucléaire. La précarisation de ces emplois en?traîne celle du suivi médical, ainsi que la déresponsabilisation des entreprises, qui s’affranchissent de toute confrontation directe avec les salariés et ne peuvent être tenues responsables de l’éventuelle découverte de maladies. Plus inquiétante encore, la pression croissante à laquelle les techniciens sont soumis. La durée des « arrêts de tranche » durant lesquels la centrale ne tourne pas pour procéder à sa maintenance est de plus en plus courte. Être plus rapide, tout en étant aussi efficace… un cocktail douteux. « On est passé d’un risque zéro à la tolérance d’un risque minimum », souffle un décontamineur. Une gestion économique du risque dont ces travailleurs de l’ombre font les premiers frais." (A de Halleux)


-L’inquiétante vérité des soutiers du nucléaire
__________-Dailymotion - Extrait 1 R.A.S Nucléaire rien à signaler
__________-Dailymotion - Extrait 2 R.A.S Nucléaire rien à signaler
-Enquête sur les esclaves du nucléaire
-EDF et sous-traitance : la rude existence des nomades du nucléaire

-Dans les centrales françaises, le malaise de la «viande à radiations»
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-Nucléaire: RAS?
-Vers une précarité généralisée ?

1 commentaire:

claude.dubout a dit…

Les invisibles, les héros de notre électricité journalière, sont en lumière dans "je suis décontamineur dans le nucléaire"
Le livre de la reconnaissance de toute une corporation, de tout un monde, après l'avoir lu vous ne verrez plus le nucléaire de la même manière, celle d'avant...
Le seul récit d'un travailleur pour les travailleurs, un témoignage incontournable pour l'Histoire!