Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

dimanche 7 février 2010

Une mythologie d'aujourd'hui

Les dernières croisades?

-Un système de croyances déjà ancien, étrange et inquiétant, par l'influence qu'il exerce encore
-Une alliance irrationnelle entre nationalisme et messianisme
Pour une terre entre mythe et histoire




Sionisme chrétien d'hier et d'aujourd'hui

Le sionisme chrétien est un mouvement politique théologique moderne qui adopte les positions idéologiques les plus extrêmes du sionisme, nuisant ainsi à l’établissement d’une paix juste entre la Palestine et Israël. [...] Dans sa forme extrême, il met l’accent sur des évènements apocalyptiques conduisant à la fin de l’histoire plutôt qu’au vécu actuel de l’amour du Christ et de la justice ».(Déclaraton de Jerusalem des Eglises traditionnelles)

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-La polémique sur le « lobby pro-israélien »:
"..Cette étude part d’un constat largement consensuel : le caractère exceptionnel de la relation unissant Tel-Aviv et Washington, fondé selon les auteurs sur un soutien américain d’un niveau « unique ». Mearsheimer et Walt rappellent des faits bien établis. Israël est depuis 1976 le plus important bénéficiaire de l’aide économique et militaire américaine – entre 1949 et 2005, l’aide totale des Etats-Unis à Israël s’est élevée à 153 milliards de dollars [. Israël jouit également d’un soutien diplomatique hors du commun de la part de Washington.
Les auteurs rappellent que, depuis 1982, les Etats-Unis ont voté contre toutes les résolutions du Conseil de sécurité condamnant Israël. Il faut préciser pourtant que le soutien américain n’a jamais été systématique : il est arrivé que Washington prenne ses distances à l’égard d’Israël lorsque ses actions ou ses demandes l’ont embarrassé. Mentionnons également le délai, critique pour Tel-Aviv, avec lequel Washington mit en œuvre le pont aérien assurant le ravitaillement en armes lors de la guerre du Kippour, ou encore l’injonction adressée à Israël en 1989 par le secrétaire d’Etat James A. Baker III de mettre un terme à la colonisation dans les territoires occupés. Ces exemples ne sauraient cependant remettre en cause l’exceptionnel soutien américain à Israël.
____Pour Mearsheimer et Walt, tous deux partisans d’une politique étrangère américaine faisant primer l’intérêt national, ce soutien est irrationnel et incompréhensible car Israël serait devenu un « handicap stratégique » pour Washington. Depuis la fin de la Guerre froide, pendant laquelle l’Etat hébreu a joué le rôle de substitut stratégique des Etats-Unis au Moyen-Orient, l’avantage d’avoir Israël comme ami n’est plus aussi évident qu’auparavant. Ce soutien vaut à Washington un blâme embarrassant de la part des démocraties soucieuses du respect des droits de l’homme dans le monde, et fragilise ses relations avec les pays du Golfe. Pour les deux auteurs, il accroît également le risque terroriste pour les Etats-Unis. Pourtant, chacune des guerres dans lesquelles Israël a été engagé a servi de terrain d’essai pour les armes que Tel-Aviv avait achetées à Washington, et la coopération stratégique entre le Mossad et la CIA continue à représenter des avantages pour les Etats-Unis.
__Pour Mearsheimer et Walt, la relation spéciale entre les deux pays ne peut plus non plus être justifiée par des considérations morales : Israël n’est plus menacé comme il a pu l’être jadis, il n’est plus la démocratie respectueuse des droits qu’il a longtemps prétendu être et la réparation des souffrances infligées dans le passé aux Juifs se fait désormais aux dépens du peuple palestinien. D’où la question posée par les auteurs : si la relation spéciale liant les Etats-Unis à Israël est en contradiction avec les deux explications classiques de la politique étrangère que sont le réalisme et la moralité, comment en rendre compte ? Pour Mearsheimer et Walt, l’explication est simple : elle « réside dans le pouvoir inégalé du “lobby israélien” », qui serait le seul lobby « à avoir emmené la politique étrangère américaine aussi loin de la direction que l’intérêt national aurait conseillé d’emprunter..
."


-Le sionisme chrétien et le soutien à Israël:
"Du côté juif, même si l’on apprécie l’appui des sionistes chrétiens aux Etats-Unis pour soutenir une politique favorable à Israël, toute méfiance n’a pas disparu, les juifs craignant que l’objectif chrétien à long terme soit la conversion en masse du peuple élu. Gershom Gorenberg, universitaire américain, rédacteur en chef du Jerusalem Report, écrit non sans humour : « Nous leur plaisons en tant que personnes de leur histoire, leur pièce de théâtre [...] et c’est une pièce de théâtre en cinq actes de laquelle les juifs disparaissent au quatrième » .
-Influence des Sionistes Chrétiens sur la politique américaine
"...Les sionistes chrétiens sont persuadés que le retour de Jésus provoquera la conversion des Juifs. Ce sionisme se marie donc paradoxalement avec une certaine forme d'antijudaïsme. Cette croyance se distingue aussi du soutien traditionnel et non-messianique au sionisme de nombreux chrétiens n'ayant pas volonté de convertir les juifs à terme. Il s'agit pour eux d'un engagement moral et politique, et non évangélique.
Le terme « Sionisme chrétien » rassemble donc un ensemble de groupes ultra fondamentalistes, croyant que la judaïsation de la Palestine historique (Israël et les territoires palestiniens) est une obligation divine qui ramènera Jésus sur terre, fera définitivement de lui le Christ ou messie et assurera le triomphe du christianisme lors de l'apocalypse.
Les racines du sionisme chrétien se trouvent dans plusieurs livres de la Bible, en particuliers dans les visions apocalyptiques du livre de Daniel, et du livre d'Ézéchiel, ainsi que dans l'Apocalypse du Nouveau Testament. Les visions uniquement spirituelles et poétiques pour la majorité des croyants sont interprétées par ces sionistes chrétiens en réalité géopolitique.
Comme tous les protestants, ces fondamentalistes accordent une grande importance à l'Ancien Testament mais en font une lecture littéraliste. Ils n'admettent pas la critique historique des textes qu'ils lisent, textes qu'ils interprètent dans une perspective messianique et apocalyptique. Pour eux, les évènements historiques sont à lire suivant un scénario qui conduit obligatoirement à la fin des temps et à la rédemption. Politiquement, ils gèrent des sommes considérables, mobilisent des millions de fidèles et utilisent systématiquement les techniques les plus modernes pour hisser les fidèles jusqu'à l'extase et recruter de nouveaux adeptes dans tous les milieux. Ils n'hésitent pas à s'immiscer, y compris par la force, dans les pays à l'équilibre politique fragile, sans crainte de provoquer des séismes qui, comme indiqué ci-dessus, leur donnent la certitude rassurante qu'ils hâtent l'Armagedon.
Nous avons déjà montré que ce catastrophisme apocalyptique a inspiré et continue d'inspirer nombres de positions diplomatiques et militaires dont en Europe l'on s'étonne qu'elles puissent être prises par un gouvernement raisonnable, à la tête d'un grand pays scientifique. Les erreurs imputées aux néoconservateurs ou à des gouvernants tels Bush et Cheyney ne sont pas à leurs yeux des erreurs, même la guerre en Irak, même les provocation à l'égard de l'Iran, de la Russie et de la Chine. Il s'agit de processus indispensables pour hâter le chaos final.
.."
-L'influence de la droite chrétienne sur la politique des USA au Moyen-Orient:
"... les Israéliens reconnaissent l’influence politique de la droite chrétienne. Depuis 2001, Bauer a rencontré plusieurs membres du cabinet israélien et le Premier Ministre Ariel Sharon. L’ancien Premier Ministre Benyamin Netanyahou remarquait : « Nous n’avons pas de plus grands amis et alliés » que l’aile droite chrétienne américaine.
___Il fut un temps où les administrations républicaines avaient la capacité de résister à la pression des lobbys sionistes quand elles le jugeaient important pour les intérêts américains. Par exemple, l’administration Eisenhower fit pression sur Israël pendant la crise du canal de Suez en 1956, l’administration Reagan vendit des AWACS à l’Arabie Saoudite en 1981, et la première administration Bush retarda un prêt garanti de 10 milliards de dollars à Israël en attendant le résultat de l’élection clé de 1992 en Israël.
__Mais avec l’influence croissante de la droite chrétienne, une telle prise de distance n’est plus réalisable aussi facilement. Pour la première fois, le Parti Républicain a une part importante de son propre électorat qui est pro-israélienne, et qu’il ne peut pas ignorer. Des hauts fonctionnaires de la Maison Blanche, dont Eliott Abrams, directeur du National Security Council sur les questions du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, ont des réunions régulières et parfois prolongées avec des représentants de la droite chrétienne. Comme le dit un dirigeant républicain : « Ils sont très pugnaces et ils ont déplacé le centre de gravité dans un sens favorable à Israël et contre les concessions. Ceci teinte le contexte dans lequel se prennent les décisions. » En fait, le degré de soutien de l’administration Bush au Premier Ministre Sharon a surpris les juifs sionistes extrémistes eux-mêmes..."

- Sionisme chrétien: restauration juive
-La dernière croisade des chrétiens sionistes
-Le lobby des chrétiens sionistes
-Militants de la Bible aux Etats-Unis. Évangéliques et fondamentalistes du Sud
-Déclaration de Jérusalem sur le sionisme chrétien
-Moyen-Orient: un tournant? L'ère Obama: incertitudes
-
L'Aipac, le lobby pro-israélien des États-Unis

-George Bush, croisé mystique de Sion
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-Israël: relations particulières
-Contre-lobby juif...

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