Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

samedi 15 mai 2010

Trichet: simple expert ?

A la tête de la Banque centrale européenne,

Jean-Claude Trichet, lauréat du Prix spécial du jury à titre étranger de l'Académie de la Carpette anglaise, "légitime la souveraineté des marchés financiers, l’irrationalité de leur réaction et la prédation qu’ils organisent. Des populations qui souffrent, des Etats qui se délitent et les profits des banques qui explosent !" (Malakine)

-Une politique révélatrice des impasses européennes-

-Édouard Balladur...a pointé « l’autisme d’un certain nombre de banquiers qui ne comprennent pas que la priorité, ce n’est pas la lutte contre une inflation qui n’existe pas, c’est la lutte pour plus de croissance, pour plus d’emploi et pour moins de chômage ». Avant de récidiver, le 6 mars 2007, à Cormeilles-en-Parisis (Val-d’Oise), en demandant que « la politique de surévaluation de l’euro qui est en train d’accentuer tous les problèmes d’Airbus et d’accélérer la désindustrialisation de l’Europe soit abandonnée ».

Ce n’est plus à Jean-Claude Trichet de décider de l’avenir de nos économies, c’est aux dirigeants démocratiquement élus ... Ce n’est pas à la BCE de prendre seule les décisions. Il ne s’agit pas de remettre en cause son indépendance mais il s’agit de ne pas la laisser exercer une omnipotence. »(Ségolène Royal)

-Dogmes en question
-Les spéculateurs en action
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-Trichet, le chien de garde du pouvoir financier:
____________"Depuis le traité de Maastricht, on nous a raconté que l'indépendance des banques centrales était la condition nécessaire pour une bonne gestion de la monnaie, qu’il fallait mettre à l'abri des décisions des gouvernants, par essence électoralistes et aux conséquences nécessairement désastreuses. Les décisions de politique monétaires ne seraient donc que des mesures d'ajustement techniques, prises objectivement et presque mécaniquement, sans que l'idéologie n'intervienne. Une pure affaire d'experts devant rester en dehors du débat public.
Le gouverneur de la BCE, Jean Claude Trichet vient de donner cette semaine une interview à l'hebdomadaire « Le point » qui me semble faire voler ce mythe en éclats. Si notre grand argentier est toujours très sourcilleux quant à son indépendance à l'égard du politique, il semble faire une bien grande allégeance à l'égard du pouvoir financier...
...interrogé sur la proposition de certains économistes, notamment ceux du FMI, d'autoriser une certaine relance de l'inflation, Trichet fait une réponse d’une étonnante franchise.__« Si je vous disais – c'est une hypothèse évidemment absurde – que je ne suis pas contre une inflation autour de 4% vous verriez en temps réel, l'ensemble des participants au marché augmenter nos taux d'intérêt de manière considérable pour tenir compte de l'inflation future. Qui plus est, s'y ajouterait une importante prime de risque pour tenir compte des nouveaux changements possibles. Les ménages perdraient confiance. Les entreprises auraient des financements plus coûteux. Et les Etats verraient le coût du refinancement de leur stock de dette augmenter massivement. L'inflation, qui est au demeurant rejetée par nos concitoyens n'est absolument pas la solution ! »
___Manifestement les rentiers d’aujourd’hui, qui pas plus qu’hier n’ont envie de se laisser « euthanasier » par l’inflation, ont trouvé en Jean Claude Trichet, mieux qu’un porte parole, un chien de garde de leurs intérêts !La réponse de Trichet en dit long sur le fonctionnement du système de domination du pouvoir financier à notre époque de « mondialisation heureuse »
-La Banque centrale européenne sous le feu des critiques
-La BCE s'appuie sur deux piliers
-Pour Jean-Claude Trichet, il est capital de "renforcer la surveillance des politiques budgétaires"
-Le dilemme de Jean-Claude Trichet
"...La crise met douloureusement à vif les plaies que l'Europe traine depuis des années sans avoir cherché à les soigner: pas de cohérence entre les politiques économiques, pas de gouvernance fiscale, budgétaire, pas de discipline commune, des principes et des règles de conduite comme le Pacte de stabilité évoqués pour être d'autant mieux foulés au pieds.
___Il ne faut donc pas s'étonner de l'attaque des marchés. C'est plutôt finalement le temps qu'ils auront mis à se lancer à l'attaque qui peut surprendre. Leur passage à l'acte a au moins un mérite: celui de contraindre dans l'urgence, et pour sauver leur peau, les Européens à prendre à bras le corps la refonte en profondeur de l'organisation de la zone. Que cela passe par la capacité d'en exclure un membre qui ne respecte pas les règles du jeu comme cela se fait dans toute communauté ou l'adoption de mécanismes de solidarité entre Etats qui assureront à l'extérieur, et aux marchés, que la muraille européenne est solide.
___Mais l'attaque des marchés risque surtout de mettre encore un peu plus l'Europe devant deux insondables dilemmes.Au même titre que la crise pose à l'Europe la question de sa gouvernance économique, elle entraîne de facto la question de l'indépendance de la BCE (Banque centrale européenne), et un choix impossible pour son président, Jean Claude Trichet. Ou bien être l'homme qui aura laissé s'effondrer la monnaie unique et la zone euro exploser en choisissant de se tenir coûte que coûte sur une position intransigeante vis à vis de la Grèce, voire d'autres Etats pris dans le maelström. Ou bien en laissant la BCE mettre le doigt dans l'engrenage du soutien aux Etats laxistes, de capituler sur son indépendance en laissant Paris et Berlin s'engouffrer dans la brèche pour rogner l'indépendance de la banque centrale...

Trichet nous renseigne aussi sur la nature totalitaire du pouvoir financier à l’âge hyper capitaliste. Frédéric Lordon est encore en dessous de la réalité lorsqu’il parle de « dictature du capital », car la dictature est assumée comme tel avec la violence qui va avec. Le capital aujourd’hui exerce sa domination de manière sournoise, cachée derrière des lois économiques présentées comme des vérités naturelles et l’absence d’alternatives envisageables.Cette domination s’exprime principalement par deux canaux. Le pouvoir de l’actionnaire dit « capitalisme actionnarial » qui conduit à garantir le paiement d’une rente quasi incompressible aux détenteurs du capital, quel qu’en soit les conséquences : réductions des coûts de production, intensification du travail, licenciements, délocalisations, suspensions des investissements. Les derniers chiffres du CAC 40 cette année l’ont exprimé avec force. Malgré la crise et la réduction du volume d’activité, le versement des dividendes est resté identique aux années passées, parfois même supérieurs aux profits !.."
-Portugal: ce n'est plus Trichet, mais Fitch qui dirige l'Europe!:
"...la véritable force de Fitch et consorts réside bien dans la faiblesse des gouvernements, qui se servent de Fitch pour abriter leur propre couardise : incapables d’imposer des plans d’austérité à des peuples à fleur de peau, les gouvernements européens brandissent la menace « Fitch » pour les faire passer sans discussion. C’est ainsi que Fitch a été l’argument massue des fillonistes pour ne pas augmenter le montant du grand emprunt. Et que l'agence a évidemment pesé dans la potion amère que le gouvernement Papandreou impose à la population grecque, sans éviter la double peine : austérité + taux d'emprunt exorbitants.
Il faut donc le savoir :
ce n’est pas Barroso ni même Trichet qui dirigent l’Union européenne, mais le patron d’une société privée qui emploie des milliers des cadres incompétents, mais devant lesquels nos gouvernants multiplient les courbettes. Jusqu'à quand ?"
-Faut-il réformer les statuts de la BCE ?
__________-Les agences de notation, agents de la spéculation?
-Les agences de notation au cœur des scandales financiers
-Les agences de notation, comment ça marche ?
-Plus scandaleux que Goldman Sachs: les agences de notation
-Le grand Guignol européen : 500 millions d'habitants abandonnés à la spéculation américaine

-Trichet: les marchés «dans la situation la plus difficile depuis la Deuxième guerre mondiale"
-La revanche des marchés
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-Fin de crise ?(2)
-Rigueur: pour qui?

- Grèce: détresse
-Europe en péril
- Où va l'Euro(pe) ?

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Dans un entretien à paraître lundi dans l'hebdomadaire Spiegel, le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, estime que les marchés sont «dans la situation la plus difficile depuis la Seconde guerre mondiale, voire depuis la Première».

«Nous avons vécu et vivons des temps véritablement dramatiques», poursuit-il, estimant qu'en fin de semaine passée, lors de la vague de panique sur les bourses européennes, «les marchés ne fonctionnaient plus, c'était presque comme au moment de la faillite de Lehmann Brothers en septembre 2008».


«NOUS», c'est juste "les marchés"… Il n'y a qu'eux qui comptent, n'est-ce pas.

ET POUR LES SIMPLES CITOYENS, la situation n'est-elle pas encore plus dramatique ???
Cet homme vit dans une bulle et mériterait qu'on l'oblige à vivre avec un Smic. Mieux : avec 450 € par mois.

Sophie, qui ne décolère pas…

Marcel Thiriet a dit…

Une bulle, tout à fait...et une parfaite complicité
J'allais dire: qu'il aille se faire voir chez les Grecs!
Je partage votre colère, Sophie
Cordialement