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mardi 21 juin 2011

Littérature: le bon sens?

Retour au plaisir du texte ?

"C’est si dangereux, un peuple qui sait lire !
Mais c’est encore plus dangereux, un peuple qui ne sait pas lire. « Si vous trouvez que l’enseignement coûte trop cher, essayez l’ignorance »
(JP.B.)
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__On le sait, on le dit : la lecture est fondamentale dans la formation de l'individu.
Ouverture de l'esprit à la diversité de l'expérience humaine, contact avec les productions littéraires de tous les temps, enrichissement par contact avec divers modes d'expressions, approfondissement des ressources intérieures: sensibilité, imagination...On devient ce que l'on est par ses lectures, dans une large mesure. Les oeuvres littéraires sont des catalyseurs précieux.
_C'est toute une part de soi qui peut s'ouvrir à plus de liberté de la pensée, en se dégageant des seules valeurs utilitaires et marchandes, de l'emprise télévisuelle, consommant trop de temps de cerveau disponible, en trouvant en soi des motivations pour des engagements citoyens.
_Les lettres orientées de manière purement pragmatique vers la seule com' ont montré leurs limites.
_Si l'école est devenue trop souvent école de l'ennui , c'est en partie à cause du formalisme qui a gagné notamment l'enseignement des lettres, sous la pression des modèles techniques, managériaux et consuméristes, qui ont tué le plaisir d'apprendre et placé les lettres dans le domaine des matières "secondaires", purement "cosmétiques"...
____Retrouver le plaisir du texte est fondamental, car on n'intériorise durablement que ce que l'on a appris à aimer.

"Après une grosse décennie d’expérimentations pédagogiques létales — quasi-abandon de la dissertation, fétichisme de la technicité pure, dilution de la notion de « littéraire » dans le grand gloubi-boulga des écrits incontrôlés, sans oublier l’inévitable révérence devant l’opinion toujours si lumineuse des apprenants en train de construire leur propre savoir -, il semble que l’on reprenne un discours cohérent sur la pratique de l’explication de textes. Et déjà, première merveille, il n’est plus question que de textes littéraires. Finie, l’époque où l’on faisait du français via les articles de pseudo-sociologie de Libé ou les modes d’emploi d’appareils ménagers, comme le suggérait jadis Meirieu. Fini, l’ostracisme sur le par-cœur. Mais surtout, dans la mise au point opérée par Patrick Laudet, Inspecteur général de Lettres dans cette spécialité (Cinéma-Théâtre) que géra si bien et si longtemps Pascal Charvet, autre résistant aux modes délétères, un renversement se fait jour qui remet au cœur de l’explication de textes le sens intrinsèque. Les délires formalistes et comptables (les champs lexicaux relevés jusqu’à l’écœurement par des élèves démotivés, la rhétorique étudiée comme une fin en soi, la grammaire déconnectée des effets de sens — et jamais assez maîtrisée pour qu’on puisse l’utiliser de façon intelligente au service de la signification) sont fermement déconseillés dès lors qu'ils seraient un en-soi. Sans être tout à fait répudiés, parce qu’il n’y a pas de raison, en effet, de ne pas étudier la structure d’un texte, mais pas de raison non plus d’arrêter là le dépliage — c’est le sens étymologique d’explication — d’un texte qu’un auteur a écrit avec quelques idées derrière la tête..." (JP.B.)
On se prend à espérer, mais il faudra du temps pour inverser la tendance...à condition que l'enseignement reprenne son sens et que l'école redevienne une priorité.
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-La Littérature en péril?

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