Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mardi 27 août 2013

Grand jeu bancaire

Boite de Pandore
                              Même si elle n'est pas que financière, la dérégulation dans ce domaine n'a pas été pour rien dans ce qu'il est convenu d'appeler LA crise...
Le laisser-faire généralisé dans le monde d'une spéculation-casino n'est pas que l'effet mécanique des pratiques bancaires délictueuses qui ont d'abord eu lieu aux USA avant de contaminer une partie de la planète..
            Si on en croit un rapport qui parait sérieux, le Trésor américain lui-même aurait joué un rôle actif de premier plan dans le processus de dérégulation généralisée. Une conspiration? Non, une concertation secrète au plus haut niveau, favorisée par l'extrême concentration et puissance des grandes banques US, de leurs relations privilégiées et de leur influence sur la politique monétaire et économique menée à la Maison Blanche.
Selon l’écrivain et journaliste d’investigation américain Greg Palast, un document, authentifié par lui, fait apparaître une pièce compromettante mettant en évidence un plan concerté entre happy fews pour introduire une dérégulation financière massive dans le monde entier, sur le mode de l'OMC concernant les échanges des marchandises.
 "Daté du 24 novembre 1997, son auteur Timothy F. Geithner écrit à son « boss », le secrétaire adjoint au Trésor américain, Larry Summers, à propos des dernières tractations à l’OMC :

« Alors que nous entrons dans la dernière ligne droite des négociations à l’OMC sur le commerce des services, je pense que ce serait une bonne idée pour vous d’en toucher un mot avec les PDG des principales banques et sociétés boursières qui ont suivi de près les négociations. »
Timothy Geithner transmet ensuite la liste des numéros des cinq PDG les plus puissants de la planète (d’alors) : Bank of America, Goldman Sachs, ou encore JP Morgan figurent au tableau...
 Greg Palast explique la suite des évènements qu’il présente comme un « coup d’Etat financier global » pour déréguler d’un seul coup toutes les banques à travers le monde – et les placer sous la domination des vautours américains.
Il fallait d’abord briser le mur entre banque de dépôt et banque d’investissement instauré par le Glass-Steagall Act de 1933 – et censé empêcher une nouvelle « Grande Dépression ». Cela tombe bien : en 1997, le mur est déjà très poreux et les exceptions à la règle pleuvent.
Le Trésor américain, de son côté, fait rempart à toute tentative de régulation des produits dérivés financiers. Dans la foulée, le président Clinton déclarera que la loi « Glass-Steagall Act n’est plus appropriée ». Deux ans plus tard, son abrogation signifiera le début du règne de la dérégulation financière...
Le Trésor américain à la solde du lobby bancaire s’est donc servi des négociations sur le nouvel accord de l’OMC. L’Accord général sur le commerce des services (AGCS) sera conclu en décembre 1997, un mois après le mémo, et entrera en vigueur en 1999.
Alors que l’OMC ne prenait en compte jusque-là que les marchandises, l’AGCS pave la voie au commerce d’instruments et actifs financiers qui seront largement responsables de la crise actuelle.
La boîte de Pandore est maintenant grande ouverte..."
______15 ans après, le bon docteur Lenglet, jusque là très équivoque et  modéré dans ses prestations médiatiques, se laisse aller, lui aussi à une critique féroce de la finance et "dénonce le fait que rien n’ait été fait pour mieux réguler la finance, et que « jamais les marchés avaient été aussi peu régulés  ». Il appelle même à une nationalisation de la finance, pas au sens du rachat par l’Etat des banques, mais d’une démondialisation financière pour remettre le secteur financier sous le contrôle des Etats, quand l’absence de frontière lui permet au contraire d’être partout et nul part, et donc hors de contrôle, tout en imposant à la collectivité de l’aider s’il est en difficulté. Il propose plusieurs solutions : un moratoire de 3 ans sur le remboursement de la dette pour permettre aux pays de se redresser, ou un étalement sur 20 ans (avec décote), un contrôle des changes et une politique de « répression financière ".
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lundi 26 août 2013

"Urgence" à Fukushima

Deux ans déjà...
                       On aimerait oublier. 
  Mais on ne peut évacuer un événement comme celui-là, qui ne concerne pas seulement le Japon.
De "l'anomalie" du début à l'incident grave d'aujourd'hui, le ton semble changer au niveau officiel.
Comme les autorités japonaises et Tepco, soucieuses de communication, ont occulté ou minimisé les faits depuis le début, on peut se poser des questions....
Urgence! signale la presse presque unanime.
Quelles urgence? Etant donné la chape de plomb qui s'est imposée très vite?
Elle n'a jamais cessé. La situation est seulement devenue plus préoccupante. 
Les fuites représentent une menace spécifique.
  "... Dès le début, les experts avaient pointé le risque de fuite des réservoirs, au nombre d’un millier environ, que Tepco a construit à la hâte pour recueillir l’eau contaminée produite sur le site. Une partie de cette eau est issue des circuits de refroidissement des réacteurs, tandis qu’une autre partie provient de la nappe phréatique et s’infiltre par le sous-sol dans les galeries où elle se mêle aux substances radioactives. On estime qu’environ 360 000 tonnes d’eau contaminée se sont accumulées sur le site, représentant 85 % de la capacité totale des réservoirs, évaluée à 430 000 tonnes à la date du 20 août. Chaque jour, du fait que les infiltrations se poursuivent, 400 nouvelles tonnes s’ajoutent au stock existant. Les réservoirs étaient destinés à éviter que l’eau ne pollue le Pacifique, mais ils ont été affectés par des fuites à répétition depuis avril dernier. Tepco a prétendu que l’eau issue de ces fuites n’atteignait pas l’océan. En réalité, chaque jour, au moins 300 tonnes d’eau radioactive s’échappent des galeries de la centrale et se déverse dans le Pacifique..".
     Tepco, qui a tout fait pour masquer et rassurer, envers et contre tout, passe aujourd'hui aux aveux. Plus grave que prévu...
Le mythe d'une situation sous contrôle s'effondre. Tepco est débordé
          Le 26 juillet, Tepco (Tokyo Electric Power Company) a été forcé d'admettre que de l'eau contaminée se déversait en grande quantité dans l'océan Pacifique, après des semaines de dénégation durant lesquelles Tepco répétait que l'eau ne pouvait pas aller jusqu'à l'océan. Il a fallu attendre ce dimanche 4 août pour avoir des détails. Selon la firme, entre 20 000 milliards et 40 000 milliards de becquerels ont été déversés dans l'océan depuis mars 2011. Tepco a beau jeu d'affirmer qu'elle se trouve encore en dessous de la limite légale fixée à 22 000 milliards de becquerels par an. Lundi 6 août, Naomi Hirose, président de Tepco, a qualifié de « honte extrême » le fait pour la firme d'avoir tellement tardé à admettre la fuite. « Je suis rempli de profond regret, a-t-il ajouté, nous avions les données mais étions incapables d'en faire quelque chose. » La communication de Tepco depuis l'accident s'avère cependant tellement calamiteuse que plus grand-monde n'est prêt à accepter ce qu'elle déclare. Fin juillet, au sortir d'une réunion avec les responsables de Tepco, Dale Klein, expert en nucléaire embauché par Tepco pour les aider à gérer la crise, avait déclaré : « De ce que j'ai vu, nous faisons plus face à de l'incompétence qu'à une tentative de se couvrir »...
  les autorités japonaises sont sorties de leurs gonds, pas plus tard que lundi. D'abord, le patron de l'autorité japonaise de régulation nucléaire (NRA), Shinji Kinjo, a déclaré à Reuters (http://www.ibtimes.com/contaminated-water-leak-fukushima-plant-emergency-which-tepco-alone-cannot-handle-japans-nuclear) que l'appréhension de la crise par Tepco était « faible ». « C'est pourquoi nous ne pouvons plus laisser Tepco agir seul », a-t-il ajouté. « Désormais, nous avons une urgence. » Mardi, le même Shinji Kinjo déclarait à nouveau : « Tepco manque d'un sens suffisant de l'urgence pour cette crise. »
Akio Yamamoto, professeur en ingénierie nucléaire à l'université de Nagoya, a pour sa part déclaré au New York Times (lire ici) : « Tepco apparaît dépassé dans sa gestion de ce qui est un problème très sérieux. » « Tepco ne peut rien faire seul », a ajouté cet expert régulièrement sollicité par la NRA..."
                  Les répercussions de cette aggravation peuvent être lourdes de conséquences.
Les témoignages d' ouvriers sur le site deviennent publics. La parole se libère. L'ancien Premier Ministre raconte son expérience de l'événement.
Le césium fait son oeuvre insidieuse.
Le coût matériel sera exhorbitant, mais le coût humain ne sera pas chiffrable.
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- Le Japon, pays malade de son village nucléaire
- Le vrai coût d'un accident nucléaire
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Paru dans Agoravox
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samedi 24 août 2013

Au fil du web

*  La folie immobilière vue par La Fontaine

* Avec un bon CV, mourir pour la Bank of America?
      Les machines, elles, ne meurent pas, mais...
    L'épuisement, maladie de notre civilisation

* Ils passent (presque) toujours aux aveux

* Au quatrième top...

* Allemagne: transition énergétique problématique

* Comme un criminel de guerre...
         Bradley Manning voulait juste sauver l'honneur
Le procès du soldat Manning ou l’honneur perdu de l’Amérique __ Le 21 janvier 2010, Hillary Clinton, alors secrétaire d’Etat, avait prononcé un important discours sur la liberté d’Internet. A cette occasion, elle avait repris à son compte le credo de l’actuel président : « Plus l’information circule librement, plus les sociétés deviennent fortes ». _ Sept mythes sur Bradley Manning 

* Marseille, ville la plus criminogène de France?
Faudrait voir à voir...
Comme dit un internaute, " Comme le souligne très justement Jérôme Gavaudan, le bâtonnier de l’Ordre des avocats de Marseille - (voir http://presumeinnocent.com/objectio...) A priori, je ne crois pas que Marseille soit une ville plus criminogène que les autres. On a la même situation dans des départements autour de Paris ».
Une affirmation plutôt fondée. Prenons l’exemple de la ville de Paris, entre janvier et décembre 2012, il y eut 35 483 atteintes volontaires à l’intégrité physique dans la capitale contre 30 387 sur la même période dans les Bouches du Rhône, selon les chiffres de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales. http://www.inhesj.fr/sites/default/...
Dans Histoire de L’Evché, Alain Tourre, ancien patron de la PJ de Marseille, expose que la réputation sulfureuse de la ville ne date que depuis 1860. Alors que 24 personnes ont été tuées à la suite de règlements de comptes dans la région de Marseille en 2012, le criminologue Alain Bauer considère que « le nombre de règlements de compte s’est stabilisé depuis un demi-siècle, il n’y en a pas plus que les autres années ». La différence tient plus à la nature des crimes commis qu’à leur nombre, favorisé par la situation de ville portuaire : « Marseille est une ville qui a internationalisé, globalisé, professionnalisé les crimes liés aux trafics d’hommes et de stupéfiants ». Même son de cloche du côté de Thierry Colombié, spécialiste du grand banditisme en France, qui estime que Marseille n’est pas une zone de non-droit mais « ce qui est nouveau, c’est l’utilisation d’armes de guerre et en filigrane une recomposition locale et internationale des trafics de drogue ».
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vendredi 23 août 2013

Egypte: questions

Points de vue
                         Que se passe-t-il en Egypte?
Bien malin qui pourrait le dire. Il suffit de voir la valse des interprétations dans les organes de presse les plus sérieux et celle des positions dans les chancelleries, pour se rendre compte du flottement et du désarroi dans l'analyse des événements. Le déchaînement et l'accélération de l'actualité brouillent les repères.
Difficile de faire le point sur une situation en évolution constante après la glaciation de l'ère Moubarak, après les espoirs un peu fous des premiers rassemblements de la place Tahrir.
La complexité de la situation interdit tout jugement péremptoire et définitif, même si les craintes dominent.
Les incertitudes ont laissé place à l'inquiétude.
    Comme pour un tremblement de terre, des forces anciennes mais souterraines se réveillent, les tensions éclatent au grand jour, mais les lignes de forces qui préparent une configuration nouvelle n'apparaissent pas encore. Beaucoup d' hypothèses sont possibles.
On peut entrer dans une phase dangereuse et durable de tempête sociale et politique, qui n'impliquerait pas que l'Egypte, mais aussi les puissances du Golfe qui y trouvent intérêt, dans un sens ou dans l'autre. Une lutte d'influence entre puissances aux moyens financiers considérables et 'entre les deux grands courants de l'Islam.
   L'impression d'un grand bond en arrière s'impose.. 
Le désordre domine, comme dans un guerre civile en gestation.. Mais à qui profiterait un chaos prolongé?
La démocratie, dans ce pays, longtemps  dépossédéde de son Histoire, devra attendre. Les prémisses en sont encore fragiles. On ne peut guère se fier à des déclarations comme celle-là: La feuille de route qui prévoit la tenue d’élections avant février 2014 reste d’actualité pour le chef de la diplomatie par intérim, Nabil Fahmy. « Le futur système politique de l’Égypte sera un régime démocratique, ouvert à tous, selon des règles constitutionnelles qui seront écrites bientôt », prêche ainsi le ministre.      On sait que l'armée se bat pour défendre  ses privilèges économiques.
L'instrumentalisation du divin n'arrange rien et donne un tour passionnel aux événements.
    Peut-on choisir entre la peste ou le choléra?
Reconstruire l'économie sur des bases saines est la priorité absolue.
 L'urgence semble être le rétablissement de nombreux rouages de l'économie. La désorganisation et le marasme à ce niveau suffisent à expliquer pourquoi la révolution s'est refroidie et que monte l'exaspération dans beaucoup de secteurs, notamment celui du tourisme, provisoirement sinistré. L'aide espérée et promise semble ne pas encore produire d'effets. L'espoir s'émousse vite quand la pauvreté s'étend, quelle que soit la valeur des transformations démocratiques attendues. Ventre affamé n'a pas d'oreilles... L'éditorialiste Wael Ghonim note:
"«L'économie devrait être la priorité pour les révolutionnaires, parce qu'elle est la soupape de sécurité qui garantira la continuation de la révolution et la purification de l'Egypte de la corruption ...Les travailleurs journaliers (ils ne sont pas moins de 1 million d'Egyptiens) et ceux qui sont employés dans le tourisme et l'immobilier, et bien d'autres, ne nous entendent jamais parler de leurs préoccupations. »

   Mais ce n'est pas à quoi songe Obama, qui peine à retrouver le sens de ses intérêts
" S’il existe une politique égyptienne des États-Unis, personne ne la comprend. Après avoir plutôt bien négocié le départ d’Hosni Moubarak, c’est-à-dire après avoir lâché ce vieil allié juste à temps, la Maison Blanche a multiplié les signaux contradictoires, soutenant tour à tour les Frères musulmans, l’armée et l’opposition libérale, parvenant finalement à se décrédibiliser auprès des trois. En refusant d’appeler coup d'État le putsch de début juillet, afin de ne pas avoir à couper l’aide militaire de 1,5 milliard de dollars annuels, Obama s’est ridiculisé. Puis, en se montrant incapable de décider s’il faut maintenir cette aide ou la supprimer, le président n’a fait qu’afficher son indécision, et donc l’impuissance américaine. Les militaires égyptiens, tout comme Bachar el-Assad, ont fait le calcul que provoquer les Américains n’aurait pas de conséquence négative et ils sont en train de gagner leur pari." (TC Mediapart)
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mercredi 21 août 2013

OGM et super mauvaises herbes

 Cercle vicieux de l'agrobusiness et fuite en avant des semenciers
                                                                                                   Cela avait été prévu.
Comme pour les antibiotiques, c'est automatique: plus on en prend, plus on donne à certaines bactéries des capacités de résistance redoublée. Les lois darwiniennes s'appliquent aussi à la micobiologie.
Plus on multiplie et renforce les herbicides en agriculture, plus on fait apparaître des espèces d' herbes résistantes, ce qui entraîne l'usage d'herbicides renforcés et l'entrée dans le domaine d'OGM spécifiques:
"Les mauvaises herbes peuvent réduire grandement le rendement des cultures. En effet, elles entrent en concurrence avec les plantes agricoles pour les nutriments du sol, l’eau et la lumière. Afin d’éliminer les plantes indésirables, les cultivateurs peuvent vaporiser leurs champs avec des herbicides chimiques. Il existe plusieurs types d’herbicides, différenciés selon les familles de végétaux qu’ils détruisent.
Les herbicides à spectre large détruisent la majorité des plantes. Ils ne peuvent donc pas être appliqués au champ quand les plants cultivés ont commencé à pousser. Ce type d’herbicide est le plus souvent vaporisé en pré-émergence, c’est-à-dire avant que les plantes cultivées ne sortent de terre. Les mauvaises herbes qui apparaissent après la sortie des cultures sont éliminées d’une autre façon, souvent mécaniquement.
Depuis peu, il existe de nouveaux herbicides post-émergence avec un spectre plus restreint qui permettent aux fermiers d’éliminer les mauvaises herbes en vaporisant directement les cultures. Comme ce type d’herbicide détruit moins de variétés de plantes, les agriculteurs doivent traiter leurs champs plus souvent afin de détruire toutes les mauvaises herbes.
Les chercheurs ont développé des plantes transgéniques tolérantes aux herbicides à spectre large. Ainsi, les agriculteurs peuvent vaporiser leurs champs n’importe quand pour détruire toutes les mauvaises herbes, sans nuire aux cultures. La culture de ce type d’OGM devrait permettre, théoriquement, de réduire le nombre d’applications d’herbicides....
"

          On avait fait croire qu' elle allait simplifier la vie de l'agriculture et multiplier les rendements.



                     C'est bien le contraire qui se produit.. C'est surtout aux USA, où Monsanto, vainqueur de la guerre chimique, mène le bal agricole, que ces effets pervers se manifestent le plus massivement. La menace de super-mauvaises herbes n'est pas un fantasme.  Les OGM ne tiennent pas leurs (fausses) promesses. 
("...Stanley Culpepper, spécialiste des mauvaises herbes à l’université de Géorgie, annonce que de nombreux agriculteurs américains sont en effet désireux de retourner à une semence traditionnelle, mais pas seulement à cause de la résistance des plantes parasites, car « l’utilisation des OGM devient de plus en plus chère et tout se joue sur une question de rentabilité », affirme pour sa part Alan Rowland..."
Les conséquences ne sont pas minimes...Elles étaient prévisibles:
"L’une des conséquences de l’agriculture aux OGM : le recours à des quantités de plus en plus massives de pesticides nocifs pour la santé et l’écosystème. Quelques années seulement après la mise sur le marché des semences de Monsanto Roundup Ready, génétiquement modifiées pour être résistantes à un pesticide, le Roundup (également vendu par Monsanto), « les mauvaises herbes ont développé une résistance au glyphosate (le principal composant du Roundup Ready) et les agriculteurs se sont mis à appliquer de plus en plus d’herbicides : la consommation totale d’herbicides a augmenté de 26 % entre 2001 et 2010 », y lit-on... La situation est de plus en plus préoccupante. Quand des mauvaises herbes résistantes étaient recensées dans cinq États américains en 2005, on en compte dans une douzaine d’États en 2012, indique Food and Water Watch. Et cette évolution met les spécialistes d’autant plus en colère qu’elle était parfaitement prévisible, comme le rappelle l’agronome Chuck Benbrook..."
Certaines cultures sont parfois abandonnées aux USA
           Il y a OGM et OGM  .....(quoique...)
Dans le domaine agricole, la plupart de leurs utilisations actuelles posent problème, pour ne parler que du domaine de la production.
Par exemple, " La mise au point de variétés GM de soja résistantes à (ces) trois herbicides vise à « fournir un outil important aux cultivateurs de soja faisant face aux adventices » devenues résistantes aux herbicides classiques comme le Roundup. Ce phénomène de plantes devenant résistantes à des herbicides, dont ceux à base de glyphosate, a été abordé par l’expertise collective Inra – CNRS qui, début 2012, concluait que ce problème était confirmé avec plus de 200 espèces végétales résistantes à un herbicide, voire à plusieurs. Les mécanismes d’acquisition de la résistance sont : « espèces moins sensibles à l’herbicide, plantes devenues résistantes par mutation spontanée, et plantes ayant acquis le caractère de tolérance par croisement avec la Variété Tolérante aux Herbicides » . Aux Etats-Unis, en 2010, le congrès avait conduit des auditions d’agriculteurs sur le sujet du fait de l’ampleur que prenait ce phénomène, et de son côté, Monsanto formulait une offre de rabais aux agriculteurs qui multiplient l’usage des herbicides pour lutter contre les herbes résistantes au Roundup.
Ce maïs multi-tolérant aux herbicides interroge quant aux méthodes de lutte contre les adventices résistantes aux herbicides, en utilisant les mêmes moyens que ceux qui ont généré le problème. A quand un vrai changement de paradigme avec la mise en place de modèles agricoles alternatifs ?.."

   L'agriculture est une chose trop sérieuse pour être laissée aux lobbies de la chimie, à la logique de l'agrobusiness. Comme ici, dans un domaine annexe.  Il existe des alternatives...Le sol est une matière vivante.
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Paru dans Agoravox 
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mardi 20 août 2013

T'as ti ta I-watch?

 Dans la série "On n'arrête pas le progrès..."
       ...La Galaxy Gear arrive!
Préparez vos cartes bleues!
    La guerre des e-montres aura bien lieu..
Quelle sera l'issue du combat entre les géants?
 Samsung devance Apple dans sa course contre la montre
Mais gagner une bataille n'est pas gagner la guerre...Même si tous les moyens sont bons.
    De même que le dernier Iphone n'est pas d'abord fait pour téléphoner, les e-lunettes pour  mieux y voir, l'heure sera une fonction accessoire sur les montres du futur...
Bientôt, vous pourrez, d'un mouvement de bras, consulter la météo, votre conseiller bancaire, lire vos news, commander votre rôti du dimanche (un micro sera incorporé), surveiller votre webcam maison, programmer un prochain rendez-vous, etc...
Tout cela à cheval, à pied ou en voiture...
       Le téléphone portable de papa, offert pour son anniversaire en 2008, devenu antédiluvien, devrait finir dans la poubelle, en fonction d'une loi bien connue affectant surtout les industries de pointe..
La Rolex à côté sera d'une ringardise absolue, à Paris comme à Pékin...
A 15 ans, si t'as pas ta GG, t'as loupé ta jeunesse!
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-Publié dans Agoravox
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lundi 19 août 2013

Le coût du non travail

 Vrai et faux débat         (Eléments d'analyse)

                              Changeons de point de vue.__________Dans le cadre de la polémique le plus souvent simpliste sur la productivité, ravivée par le contexte de crise et de concurrence exacerbée à l'échelle mondiale autant qu'européenne (*), dont les sources sont surtout financières, la question du coût du travail revient de manière récurrente, parfois obsessionnelle, au premier plan des débats politiques et médiatiques.
    Les Cassandre à calculettes, comme le trés décliniste Nicolas Baverez, nous le répètent inlassablement: le coût du travail serait excessif. De là viendraient tous nos maux. D'où les appels à réduire les salaires ou la part des cotisations  salariales diverses, qui en constituent une partie.
"Nous avons le coût du travail le plus cher en Europe et nous produisons 44% de notre production en France", disent-ils.  Et aussi les cadors de l'UMP, qui l'ont martelé en choeur sur les ondes : Fillon, Copé et encore Juppé lundi matin sur France Inter...
Or ce n'est pas vrai, LE COUT DU TRAVAIL EN FRANCE N'EST PAS LE PLUS CHER D'EUROPE ET N'EST PAS PLUS ELEVE QU'EN ALLEMAGNE.
Il est vrai de dire que les charges patronales sont plus chères en France (deux fois plus élevées qu'en Allemagne) mais le salaire brut et même net ainsi que le coût complet pour l'entreprise est plus élevé en Allemagne qu'en France, y compris dans l'industrie manufacturière. Le salarié allemand doit payer plus de cotisations salariales et d'assurances santé et retraite complémentaires pour assurer sa couverture sociale...( voir les chiffres de l'Insee et d'un  rapport de la Sécurité sociale datant de juin 2010 extraits de ce rapport (pages 90 à 92). Voir également cette étude de l'Insee publiée en février 2012 qui démontre qu'un ouvrier français ne coûte pas plus cher qu'un ouvrier allemand.)
        On ne craind pas le plus souvent de faire dans le simplisme, car le problème est bien plus complexe que ce qui est prétendu, si on regarde déjà de près les déterminants du coût du travail en France.
Cette notion recouvre bien des malentendus
Il circule beaucoup de mythes sur la prétendue chèreté de la main d'oeuvre française par rapport à l'ouvrier manufacturier allemand. Le problème n'est pas là, mais se situe au niveau de l'innovation et de la situation exportatrice privilégiée que l'euro actuel confère provisoirement à l'industrie de pointe de l'Allemagne (avantage comparatif), les salaires dans les services étant là-bas sacrifiés et le nombre de travailleurs pauvres ne cessant de se développer.
         Si l'on voulait lier mécaniquement productivité et coûts salariaux, la palme reviendrait certainement à la Chine...
   La notion de compétitivité sert souvent de prétexte et ne se réduit pas au coût du travail, n'en déplaise à Mr Barroso.
Elle se réduit souvent à une notion fétiche, polémique, faisant abstraction de nombreux paramètres.
     Finalement, c'est le coût du non travail qui fait problème, et donc le manque d'emplois, surtout d'emplois pérennes et stables, ce que seules des entreprises innovantes, dégagées des intérêts à court terme des investisseurs financiers, peuvent développer à certaines conditions, mais certainement pas dans le contexte européen actuel  de moins disant salarial et fiscal, où l'harmonisation et la solidarité n'ont jamais été que de vains mots.
"Plus de 120 milliards d'euros qui ne rentrent pas dans les caisses de l'Etat ou des collectivités locales: pour la bonne et simple raisonque2,4 millions de chômeurs indemnisé par Pôle emploi et 1,85 millions d'allocataires du RSA et de l'ASS ne sont plus en mesure de verser leur écot dans la tirelire commune.... [voir l'étudede l'OCDE et d'Euriostat]. Les économistes du cabinet Idea ont calculé le coût total d'un chômeur: si l'on prend en compte toutes les données, _indemnités versées, manque à verser en impôts..._ on arrive à un coût total de plus de 28000 euoros par an et par personne. L'argent qui ne rentre pas dans les caisses représente une somme supérieure à son coût apparent..." (L.Dequay)
Paresseux, les Français?..
Voilà une question révélatrice d'une presse marchande qui se pipolise à grande vitesse en abordant les questions économiques sous un angle psychologique, comme ne le ferait pas ma concierge, qui a juste un peu de bon sens. Il serait temps que le Point fasse le point...
Les économistes orientés devraient aussi revoir leur copie.
______________________(*)- Le coût horaire du travail en France est de 34 euros, contre 3,5 euros en Bulgarie ou 7,1 euros en Pologne.
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Publié dans Agoravox 

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dimanche 18 août 2013

Découvrir l’Audomarois

Coup de coeur
                         On connaît le Marais Poitevin, de Brenne, etc...
 La France possède encore un certain nombre de zones humides, exploitées ou non, plus ou moins bien entretenues, plus ou moins investies par l'activité de l'homme.
A Paris, le nom reste encore attaché à un quartier qui autrefois, depuis Charles le Chauve, fut transformé en zône de pâture et de culture, avant de devenir domaine résidentiel.

Mais qui connaît Le Marais de St Omer?
                                                                Mis en valeur depuis des siècles par l'homme, qui sut  tirer le meilleur parti de ces terres riches en limon charrié par l'Aa et ses affluents, il a des parentés avec les hortillonnages d'Amiens, mais sur une surface plus importante.
Il mérite le détour. Je l'ai souvent parcouru, à pied, à vélo ou en barque. 
  Non loin de Thérouanne, l'antique cité disparue, anéantie par Charles Quint, d'Aire-sur-la-Lys, où l'on peut encore admirer les traces d'anciennes fortifications de Vauban, tout près de Saint-Omer, la belle endormie, qui  renaît d'un passé prestigieux (elle fut une des grandes villes drapantes d'Europe au 12°siècle), s'étalent  plus de 3000 hectares d'un marais encore exploité. Une activité agricole, surtout maraîchère, qui s'est cependant réduite, surtout depuis les années 60. L'activité monastique fut déterminante pour rendre habitable une zône autrefois inhospitalière.
        Toute une histoire, depuis que le roi Dagobert commanda à l’évêque Audomar de coloniser les terres de Morinie – des tourbes inhospitalières, délayées dans les eaux indomptées de l’Aa ....
 ... Le marais audomarois perdure. Posé en marge de l’Artois et des grandes plaines de Flandre, il est même le dernier marais maraîcher de France, alignant, sur des centaines d’hectares, ses étroites parcelles de cultures, rubans verts et blonds, bordés de chemins d’eau que l’on nomme ici watergangs.
Le 28 mai dernier, avec les 24 communes attenantes, il a décroché le label MAB de l’Unesco. MAB, pour Man and biosphère – homme et biodiversité –, autrement traduisible comme la reconnaissance d’une symbiose entre les deux entités. Car il en est ainsi : le marais audomarois est une nature culturelle, façonnée par l’homme au fil d’une histoire qui enjambe les siècles.
Elle démarre au VIIe, avec l’arrivée de moines à Saint-Momelin..."
        Le problème aujourd'hui est celui de la survie d'une économie maraîchère, qui nécessite beaucoup de main d'oeuvre, de temps, d'efforts... Un équilibre difficile, dont le touriste, 
au fil de l'eau, admiratif de ce lieu de sérénité,  ne se rend pas toujours compte:
"... Jusqu’à la fin des années 1960, la vie mène.. les Audomarois en bateau. L’escute conduit les hommes, les bacôves, plus grandes, plus lourdes, charrient les marchandises. L’imagerie ton sépia est superbe. Mais le boulot est rude, et l’économie difficile. Un coup d’eau, et une récolte se noie. Mouches ou rats musqués : les nuisibles attaquent dur. Quant aux prix agricoles, ils ne suivent pas. « Le travail dans le marais, c’est quatre fois plus long, tout ça pour le même prix », explique Sylvain Dewall, maraîcher de Clairemarais..." 
     Un effort exceptionnel de sauvegarde a été entrepris depuis plus d'une dizaine d'années.
                    Il reste encore un peu de beau temps estival pour visiter ce riche écosystème, ce site exceptionnel et plein de charmes, dans les meilleures conditions,et pour repartir avec quelques produits locaux: le chou-fleur, notamment, qui y prospère.
     A Salperwick ou à Clairmarais vous trouverez dépaysement et sérénité, points de départ pour des circuits aquatiques pleins de surprises.
Pas besoin d'aller sur les rives du Mississipi.
           Le bonheur est au marais....
Vous pourrez laisser votre carte postale au facteur, glissant silencieusement sur un watergang. 
Bonne visite!
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Publié dans Agoravox
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samedi 17 août 2013

Glanage estival

* Sur les prisons, on dit tout et n'importe quoi, alors que déjà le débat est tronqué et faussé et que la situation est très dégradée, voire alarmante.

* Comment devenir un vieux fossile? 
    Ou faire de vieux os...

* Souriez, vous êtes droné 
    Pas toujours drôle.

*.Japon et Chine:une mémoire qui flanche et des relations  qui  se tendent encore.

* Crédit agricole: de la coopérative à la dérive.

* Pour 10% de ton salaire, t'es Mormon.

* Union européenne: quelle option face à l'euro, et quelle Europe?

* Cookies or not cookies?

*Dans certaines banlieues, le tourisme ne suffira pas.

* Gaz de schistes: résistances en Grande-Bretagne, alors que David Cameron réitère son soutien.   Son "geste fiscal" fait scandale.
En France, le PDG d'Axa est sur la même ligne. l'UE reste dans l'ambigüité.
    Le lobbying ne faiblit pas.
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    vendredi 16 août 2013

    Stop aux taupes!

    La taupe m'em*****                                                                                                                                                                  
          Il y a une taupe dans mon jardin.
                                           Depuis le début de l'hiver.

    Tous les ans elle revient.

    Dans le potager comme sous la pelouse.

    Elle est revenue. Elle me nargue.
    J'enrage quand je découvre au matin le résultat de son travail nocturne de sape souterrain. J'ai beau me lever aux aurores, la bêche à la main, retenant mon souffle, guettant le moindre frémissement du sol. Rien n'y fait ! Tartarinade inutile...
    Spectacle toujours affligeant ! Ma pelouse, récemment refaite, mon orgueil, ressemble plus aux collines de l'Artois qu'au superbe Greenpark.
    Elle me sape le moral, la salope !
    C'est la guerre !


    Elle nuit à mon sommeil .
    Il m'arrive même d'en faire des
    cauchemars.
    _Pourtant j'ai tout essayé pour faire partir l'intruse ... chez mon voisin.
    C'est comme si elle avait des lunettes. Elle me voit venir....

    Les conseils ne manquent pas pour m'en débarrasser, tous plus inventifs les uns que les autres. Mais je ne ne suis pas taupier.
    Encore moins
    taupier du roi.
    De guerre lasse , je me suis résigné. Elle a gagné...
    Démoralisant !

    "Les taupes attendent peut-être que le hommes s'en aillent" (S.Tesson)
     _Les taupes sont partout . Pas seulement dans les jardins, ici et même ici, par exemple...Il y en même peut-être à l'Elysée,
    Je ne comprends pas qu'un village voisin l'arbore sur son blason.
    Elle va remettre ça l'année prochaine, c'est sûr, la sale bête ! Elle vous aime trop pour vous quitter.

      _____________Quoique... on la dise utile...
    Elle est même protégée en Allemagne

    "Elle peut sembler à première vue nuisible pour les jardiniers puisqu'elle se nourrit de vers de terre utiles à l'aération du sol cultivé, mais à l'inverse elle-même contribue par ses galeries au drainage du terrain. Avant de détruire les taupes, il faut savoir de plus qu'elles consomment également une grande quantité de vers et de larves nuisibles pour le jardin (vers blancs de hanneton, vers taupins, courtilière, etc). Un petit désagrément mécanique de la terre du jardin n'est rien à coté du service rendu. Contrairement à l'idée reçue, la taupe est donc plutôt l'amie du jardinier...."
    Si c'est Wiki qui le dit, alors...
    Et Taupo, le naturaliste érudit et pointu, le confirme.
    Depuis que j'ai appris à la connaître, mon stress a baissé, ma tension n'inquiète plus mon médecin.
    Je dors mieux...

    Bon, je vais être gentil avec les taupes ...
    D'autant plus que l'on est tous un peu taupes  :
    "On se voit d'un autre oeil qu'on ne voit son prochain, lynx envers nos pareils et taupe envers nous." (La Fontaine)

    Trop top, les taupes !
    Merci les taupes !
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    Paru dans Agoravox
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    jeudi 15 août 2013

    Sans eux, t'es rien...

     T'es rien, terrien.
                                    Les terriens ne sont pas seulement ces hominidés d'aujourd'hui, espèce récente, même si Lucy a pris un coup de vieux...
    Au cours d'une évolution qui poursuit son cours à bas bruit, sans la vie animale sous toutes ses formes, qui a précédé l'apparition improbable de notre espèce,  et de toutes celles qui nous accompagnent encore, en se raréfiant, nous n'existerions tout simplement pas.
    Et leur existence d'aujourd'hui conditionne encore les nôtres
    Darwin nous en a définitivement convaincu, lui qui rendait hommage aux insectes, comme au modeste ver de terre ou à la taupesouvent déconsidérée.
    Le monde animal, dont nous ne connaissons qu'une partie, avec certaines étrangetés qui nous déconcertent parfois, est le plus souvent injustement traité.
    Aujourd'hui, nous prenons mieux conscience de l'importance vitale de la butineuse abeille
    Mais nous soupçonnons moins la fonction indispensable des bactéries, en nous et hors de nous.
    Merci aux bêtes, bestioles, terriennes, sous-terriennes, visibles, non visibles...
                       Les bêtes ont été et sont trop souvent des êtres déconsidérés, dans une vision créationniste du monde où L'Etre divin, dit-on, après avoir planté le décor, en Superproducteur du  film au scénario bâclé qui allait se dérouler, a jugé bon de mettre la terre et les animaux sous la domination de l'homme, sans mode d'emploi, sans consignes de prudence (Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l’assujettissez ; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre  (Genèse 1:28)...)
    L'Inconscient!
        Flatté, l'homme ne se gêna pas. Il profita du divin cadeau, sans trop se préoccuper de l'avenir et sans se poser de questions sur la nature de l'être animal, même le plus familier, et sur les rapports qu'il instaura avec lui, par nécessité ou par choix.. Ce fut le plus souvent le rapport de force et l'exclusion qui s'instaurèrent: eux ou nous. Sources de nourriture, de force ou de pouvoir, même si la cruauté ne fut pas toujours la règle, si l'animal fut parfois valorisé, voire divinisé, selon les époques et les cultures. Mais il fut le plus souvent considéré en fonction de nos critères d'utilité. Bon à servir, bon à manger, surtout depuis le néolithique.
    On ne peut être sévère à l'égard de nos ancêtres, qui devait survivre et faire festin de toute chair.
          Aujourd'hui, nous qui savons ce que nous savons, saturés de bidoche, qui connaissons les ravages de l'industrialisation de la viande, qu'attendons-nous pour changer notre regard et notre attitude à l'égard des bêtes, bestioles, terriennes, sous-terriennes, visibles, non visibles?...
    Sans naïveté, sans anthropomorphisme, mais avec raison, en essayant d'écouter, ce qui n'est pas simple, 
    le silence des bêtes.
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    mercredi 14 août 2013

    Bâtissons, bâtissons...

     Il en restera toujours quelque chose...
                                  On va négocier, ont-ils dit, sous la bénédiction de l'Oncle Sam.
    Mais l'irréversibilité s'est installée, dès la cinquième année après la Guerre des six jours: par grignotages successifs, investir la Cisjordanie, rebaptisée Judée-Samarie pour les besoins de la cause.
     C'est le but recherché, avec ses vicissitudes, ses allers et retours, une ligne cohérente mais masquée, déniée.
            Il y a quelques mois, la position de Netanyaou et de son ministre de la défense ne faisait plus dans l'ambiguïté.
    On voit mal en quoi elle s'adoucirait aujourd'hui, alors que les religieux radicaux surenchérissent tous les jours, auxquels la Torah sert de manuel de droit et de cadastre  et dont on continue à favoriser l'implantation si généreusement pour créer une situation de non-retour.
     Comme d'habitude, pendant les négociations, les implantations, la colonisation continuent..., comme le reconnait Haaretz. Cela s'est toujours déroulé ainsi. Gagner du temps, tel a toujours été le but, dans ces échanges non symétriques. (*)
       Se voulant d'un optimiste naïf ou d'une duplicité toute diplomatique, Kerry, qui n'est pas Churchill, vient de déclarer:
    «Pour que les choses soient claires, les Etats-Unis considèrent illégitimes ces implantations. En même temps, le Premier ministre Netanyahu avait été bien franc devant moi et le président Abbas en nous prévenant qu’il annoncerait de nouvelles implantations de logements dans des endroits qui n’affecteraient pas le plan de paix, qui n’auraient pas d’impact sur la possibilité de parvenir à un accord de paix...Nous comprenons tous qu’il y a urgence à entrer dans la discussion sur les frontières et la sécurité», a-t-il souligné. «Si vous réglez la question des frontrières avec Israël - et vous ne pouvez le faire qu’en résolvant les problèmes de sécurité pour Israël-, vous règlerez également toutes les questions sur la colonisation parce que vous saurez alors ce qui est à l’intérieur d’Israël et ce qui ne l’est pas»
    Quand on sait que Netanyahou est le spécialiste du double langage diplomatique, dictant parfois ses exigences à la Maison-Blanche et que c'est Tel-Aviv seule qui définit  et impose ce qui lui apparaît être  sa sécurité  et ses  frontières, surtout depuis  1967...
                   Alors, sur quoi vont déboucher ces négociations? Un peu plus d'intransigeance d'un côté et de renoncement et de fatalisme de l'autre, avec ses conséquences...
    S'agirait-il, selon C.Enderlin, d'un nouveau subterfuge pour  cacher la réalité?   On a là un angle mort diplomatique. Ce qui se prépare n'est pas ce qui se dit.

             Non, il n'y aura pas d'Etat palestinien
    Sauf virage improbable, l'avenir logiquement prévisible ne peut plus être qu'un Etat unique, binational, mais dans ce cas le projet sioniste acceptera-t-il de se perdre dans les sables, avec des chances d'aboutir à un Etat d'apartheid, dèjà redouté par A.Joxe. 
     L'identité du projet sioniste est en question. Mais les fondamentalistes, qui ont le vent en poupe,  menacent l'avenir du pays.
    ________________Si le concert des peuples que symbolise l'orchestre israëlo-palerstinien de Ramallah pouvait être prémonitoire!...
    Mais que peut la musique contre les intérêts cyniques et le bruit des armes?
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    ...."Après trois ans de blocage et plus de six décennies d'un conflit historique, les négociateurs israélien, Tzipi Livni, et palestinien, Saëb Erakat, avaient réamorcé les 29 et 30 juillet à Washington un dialogue direct, sous les auspices de M. Kerry, qui s'était rendu dans la région à six reprises depuis le mois de mars. Les deux camps avaient accepté de chercher à sceller un accord de paix final d'ici à neuf mois et avaient prévu de se revoir  à la mi-août en Israël  ou dans les Territoires palestiniens.
    Dans le même temps, en Israël, les autorités ont fait un pas vers la construction de nouveaux logements dans des colonies en Cisjordanie occupée, a indiqué jeudi un responsable palestinien. L'autorisation initiale pour la construction de plus de mille logements avait été donnée par le ministre de la défense, Moshe Yaalon, il y a plusieurs mois.
                         La porte-parole de la diplomatie américaine a assuré que les Etats-Unis avaient fait part de leur "préoccupation" auprès de leur allié israélien et elle a rappelé la position de principe de Washington sur la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est : "Nous n'acceptons pas la légitimité de la poursuite de l'activité de colonisation. Le secrétaire d'Etat a dit clairement qu'il pensait que les deux parties étaient assises à la table en étant de bonne foi et engagées à collaborer  pour avancer".
    S'exprimant sous le couvert de l'anonymat, des diplomates américains avaient laissé entendre à la fin de juillet, lors de la relance du processus de discussion, que la colonisation allait se poursuivre. Mme Psaki a enfin annoncé que John Kerry et Susan Rice, chef du Conseil de sécurité nationale (le cabinet de politique  étrangère de la Maison Blanche), devaient rece voir  jeudi soir et vendredi à la Maison Blanche les dirigeants des communautés juive et arabe américaines pour discuter  du processus de paix..." (Le Monde)
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    Paru dans Agoravox
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