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mercredi 17 septembre 2014

Dette grecque (suite)

 Notes sur une dette illégitime  (*)

                                                  Comme en France, la dette publique est largement le produit d'un système, malgré les différences de situation.
    Un piège, qui fait rarement l'objet d'une réflexion sérieuse.
            Pour la Grèce, on connaissait les retards, les fragilités économiques et les déficits administratifs de l'Etat grec (explicables en partie par l'Histoire)
  On sait maintenant que ce pays n'a été accepté dans la zône euro qu'avec beaucoup de réticences, notamment de la part de l'Allemagne. C'est Giscard d'Estaing qui fit emporter la décision, pour des raisons plus symboliques que rationnelles. On mis tous les problèmes sous le tapis, avec l'aide de Goldman Sachs.
        Une faillitte européenne d'abord. Qui est aussi notre problème.
La crise et les ravages de la monnaie "forte", prônée par Berlin et soutenue par une politique économique, salariale et sociale orientée essentiellement vers l'exportation ont produit les effets que l'on sait et une situation pour l'instant inextricable, repoussant aux calendes...grecques le rétablissement d'un grand malade, affaibli par les remèdes imposés.
     Un pays à bout de forces.   En détresse. Réduit au statut de pays émergent.
La faillite du pays est largement le produit d'un système qui a poussé à un endettement sans rapport avec les moyens de remboursement du pays, même si d'autres pays de la zône euro ont des dettes d'une autre ampleur.
     Il s'est  finalement agi de sauver les banques (1), pas la Grèce, dont le démantèlement est en cours.
Un sauvetage sans issue,  une vente à la découpe des services publics, une privatisation à marche forcée.
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Servitudes
Homo debitor
(*)   La dette publique grecque (*)a fait la une de l’actualité au moment où les dirigeants de ce pays ont accepté la cure d’austérité demandée par le FMI et l’Union européenne, ce qui a provoqué de très importantes luttes sociales tout au long de l’année 2010. Mais d’où vient cette dette grecque ? Du côté de la dette à charge du secteur privé, l’augmentation est récente : une première augmentation forte suit l’entrée de la Grèce dans la zone euro en 2001, une deuxième explosion de la dette se produit à partir de 2007 quand l’aide financière octroyée aux banques par la Réserve fédérale aux Etats-Unis, par les gouvernements européens et par la Banque centrale européenne (BCE) est en partie recyclée par les banquiers vers la Grèce et d’autres pays comme l’Espagne ou le Portugal. Du côté de l’endettement public, la croissance est plus ancienne. Après la dette héritée de la dictature des colonels, le recours à l’emprunt a servi depuis les années 1990 à combler le trou créé dans les finances publiques par la réduction de l’impôt sur les sociétés et sur les revenus élevés. Par ailleurs, depuis des décennies, de nombreux emprunts ont permis de financer l’achat de matériel militaire principalement à la France, à l’Allemagne et aux Etats-Unis. Il ne faut pas non plus oublier l’endettement faramineux des pouvoirs publics pour l’organisation des Jeux olympiques en 2004. L’engrenage de l’endettement public a été huilé par des pots de vin de grandes compagnies transnationales afin d’obtenir des contrats : Siemens est un exemple emblématique.
Voilà pourquoi la légitimité et la légalité des dettes doivent être soumises à un examen rigoureux, à l’image du travail accompli par la commission d’audit intégral des dettes publiques de l’Equateur en 2007-2008. Les dettes qui seront qualifiées d’illégitimes, d’odieuses ou d’illégales, devront être déclarées nulles et la Grèce pourra refuser de les rembourser, tout en demandant des comptes en justice à ceux qui les ont contractées. Des signes encourageants provenant de Grèce indiquent que la remise en question de la dette est devenue un thème central et que la demande de création d’une commission d’audit progresse de manière intéressante..."
        (*)  Ce sont les Etats-Unis qui sont le pays le plus endetté du monde, avec une dette publique qui a grimpé à plus de 15mille milliards de dollars, chiffre supérieur au Pib. Personne pourtant ne demande au Fmi de mettre sous tutelle les Etats-Unis pour vérifier leur " crédibilité "...
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