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mercredi 15 avril 2015

Reprise, es-tu là?

 Notion en question
                           On ne parle que d'elle, on n'a d'yeux que pour elle
Comme l'arlésienne. On ne jure que par elle.
     La reprise serait à nos portes. Ce serait le succès politique assuré.
Mot magique tant répété. Comme si elle était évidente. Comme si elle était l'alpha et l'oméga de la vie sociale.
     Or, on a toutes les raisons d'être sceptique.
Si oui, la reprise pour quoi, la reprise pour qui?
Aux USA, par ex, les rumeurs sont contradictoires
En UK, la reprise économique se révèle très sélective:
 « Dans le quartier de la gare de Waterloo, à quelques kilomètres de là, une autre food bank reçoit des victimes urbaines de la faim. La plupart de ceux qui y viennent travaillent, mais ne gagnent pas assez pour vivre correctement. Patrick, lui, a bénéficié de l’aide prodiguée par la banque alimentaire il y a six mois, et revient donner des coups de main. Ce jeune homme qui travaille dans la grande distribution a signé un « contrat zéro heure », qui impose une flexibilité extrême au salarié : l’entreprise décide du nombre d’heures que doit travailler le salarié, et seules les heures effectuées sont rémunérées. Certains mois, Patrick n’a rien touché. Alors la banque alimentaire est devenue une nécessité… »
   En Espagne, comme on part de très loin, le moindre décollement donne des signes optimistes
Bercy tangue  et revoie ses pronostics à la baisse.
     La bourse s'agite, mais n'a plus guère de signification.
Le pacte de compétitivité est une incantation pour normaliser/libéraliser le code du travail.
   Dans une économie de plus en plus hyper-mondialisée, où les décideurs locaux n'ont plus qu'un pouvoir marginal, n'assiste-t-on pas plutôt  souvent à la course à une compétivité destructrice?
    Le Fmi, tout aussi impuissant, propose ses recettes.
Le cul de sac européen, qui n'investit plus, est un frein à toute innovation de grande ampleur. Le trop plein financier n'est pas un moteur.
      Comme le reconnaît  Hans-Jörg Vetter, le président de la banque allemande LBBW (Landesbank Baden-Württemberg), « Les risques ne sont plus pris en compte dans les cotations. Et ces investisseurs ne sont pas payés pour les risques qu’ils prennent. Cela s’applique à toutes les classes d’investissements. Les marchés boursiers et obligataires se trouvent maintenant dans la mère des bulles. Cela ne durera pas toujours. Et pas pendant très longtemps. Je ne peux pas dire quand cela va commencer à se déliter, mais à un moment donné, cela va se déliter à nouveau. »  Avec 266 milliards d’euros d’actifs en gestion et 11 000 employés, c’est la plus grande « Landesbank » d’Allemagne dont le siège est à Stuttgart. Vetter a été nommé en 2009 pour ni plus ni moins sauver cette banque qui était en faillite virtuelle et bénéficiera de fonds publics pour assurer son redémarrage dans le cadre d’une nationalisation pure et simple..."
    La faillite bancaire n'est donc pas écartée et un environnement de taux zero ne peut que conduire à des prises de risques excessives.
    Les prévisions de croissance ont de quoi faire sourire, tant qu'on ne s'attaque pas notamment aux urgences énergétiques. Il suffit de comparer entre eux les pronostics...
 On peut toujours se leurrer sur la base de données ponctuelles.
La reprise ne se décrète pas....
    Dans les mêmes schémas économiques, au coeur d'une Europe qui se fait concurrence, sans nouveaux investissements d'avenir collectif pour sortit de la spéculation et de la rente, on ne voit pas ce que le mot reprise voudrait dire.
    Il ne s'agit d'ailleurs pas de reprendre, mais de faire du neuf, économiquement et socialement.
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