Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

lundi 12 septembre 2016

Oh! les beaux robots...

 De l'extase aux questions
                                           C'est vrai qu'ils peuvent être beaux les robots, parfois assez fascinants, même sans avoir forme humanoïde.
         Mais l'aspect esthétique est sans importance et leur monde est multiforme. S'ils peuvent être parfois amusants, ils ne manquent pas d'être parfois confusément inquiétants, déstabilisants.
    Surtout quand on envisage leur développement fulgurant, présent et surtout à venir, dans les domaines les plus divers.
     Notre monde est de plus en plus marqué par les machines de plus en plus élaborées, parfois invisibles, sans susciter trop d'inquiétudes manifestes et de résistances.
    L'automatisation de plus en plus grande, issue de l'informatique et la cybernétique suscite des sentiments mêlés, des fantasmes mais aussi des questions pertinentes.
   On a beau dire que c'est dans l'ordre des choses, qu'on n'arrête pas le progrès, qu'il faut être de son temps, qu'on va y gagner beaucoup en productivité, dans la guerre économique que se livrent les firmes et les nations, mais aussi en confort, en loisirs...et sans doute aussi en nouveaux emplois, même réduits.
   Qu'il y a beaucoup à gagner dans le domaine chirurgical, dans celui du confort domestique, des services à la personne, etc...
     Mais dans le domaine industriel surtout, la révolution robotique qui s'annonce ne laisse pas de susciter quelques inquiétudes, surtout dans le contexte de concurrence féroce qui s'exerce entre les grands secteurs de l'économie au niveau mondial, avides de part de marché.
  Des usines entièrement ou presque entièrement automatisées, c'est déjà aujourd'hui, des services où s'activent une armée de robots, c'est pour demain.
    On ne manque pas d'être partagé entre la fascination et la crainte diffuse des conséquences envisagées,notamment dans le domaine de  l'emploi. Nous sommes là-dessus dans une attitude schizophrénique.
      Et ce n'est pas un surcroît de neurones et de bras dans ce nouveau domaine pour penser et créer ce nouveau monde automatisé, algorithmé, qui pourra compenser la perte inéluctable de ceux qui ne pourront qu'être remplacés. Même si les problèmes sont parfois mal posés, même si on fantasme souvent sur le sujet, même si on essaie de se rassiurer.
   Eviter les idées simples, surtout l'euphorie naïve ou le pessimisme catastrophique  n'est pas  aisé. Eviter de regarder le monde de demain avec les yeux d'aujourd'hui n'est pas simple.
     On peut difficilement éviter les sentiments ambivalents sur ce sujet.
   Les tâches les plus sophistiquées et intellectuelles peuvent et pourront être prises en charge pas des automates de plus en plus "intelligents".
     Demain, il n'y aura pas que des gagnants.
          C'est que nous sommes à un tournant, à l'aube d'une nouvelle ère, où la cybernétique fait des bonds spectaculaires, qui rend difficile d'imaginer l'avenir, au sein d'une concurrence mondiale qui s'exacerbe, devenant plus obsédante, dans laquelle les décideurs semblent n'avoir que peu de prise. Un être humain peut doubler sa productivité en 10 ans, un robot, en quatre ans seulement:
      M. Cheng Congham, directeur-adjoint d’une firme chinoise fabriquant des lavabos, déclare : « Ces machines sont meilleur marché, plus précises et plus fiables que les êtres humains. Des robots ne m’ont jamais bousillé un lot entier ! ».
Quelles sont les implications de tels faits ? Ils veulent dire que le travail des robots est déjà meilleur marché que celui des ouvriers du tiers-monde et que ce dernier se désindustrialise pour cette raison avant même d’être arrivé au bout du processus d’industrialisation qui fit historiquement sortir de la misère de vastes populations paysannes fuyant en direction des centres urbains.

      Même dans le domaine des services, de la vente...le travail tend à disparaître
Pas seulement chez nous.
     Même la Chine prend le train à grande vitesse et s'apprête à faire des investissements titanesques.
     Comment peut-on imaginer que l'on puisse subir le choc robotique sans un profond changement des modes de production, des rapports de production, de la répartition de la richesse produite (faire payer les robots), du temps de travail, des loisirs, des formes d'organisations sociales et politiques?....
    Un énorme défi civilisationnel, qui ne va pas sans inquiétudes, face à un mouvement qui paraît inéluctable et pose de redoutables problèmes éthiques et politiques.______________
_____Nos collègues les robots...
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