Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mercredi 31 janvier 2018

Le roi du kit nous quitte

Ikea: de vie à trépas

     Il n'aura pas été plus durable que ses produits hautement démontables.

           91 ans quand même...

  Et il aura été utile jusqu'au bout.
              Mourir pas cher est à sa portée.

      Plus qu'un homme d'affaires, un philosophe.

       Et un grand spécialiste du montage.
             Avec ses risques...

Même si Ingvar ne fut pas toujours très clair.
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mardi 30 janvier 2018

Ehpad: ça déborde

Ils sont cassés, usés
                           Les personnels jettent l'éponge. Tout en assumant leurs charges. Un travail souvent très lourd et surtout psychologiquement frustrant.
   N'aimeraient-ils pas leur travail? C'est tout le contraire, comme maintes infirmières en hôpital.
    C'est parce qu'ils ne peuvent plus correctement accomplir leur tâche, essentiellement humaines, qu'ils veulent dire leur colère.
    Pourtant une Ehpad, quand on y va pour la première fois ou en passant, cela paraît tourner correctement, surtout les après-midi. Mais il faut y aller tous les jours pour s'apercevoir des dysfonctionnements. Soins trop rapides, peu de présences aimantes, de paroles. de reconnaissance.
   Beaucoup de résidents sont négligés. même dans les établissements les plus huppés.
    On voit souvent des anciens murés dans un silence obstinés, qui n'est pas toujours liés à des perturbations psychologiques, voire psychiatriques.
   On comprend que certains veulent s'échapper, comme celui qui ne voulait pas fêter son anniversaire.
   Mais c'est un roman. Ou cette dame qui veut surtout rester chez elle jusqu'au bout.
     C'est l'idéal, mais ce pas toujours possible et les soins à domicile sont souvent soumis au même stakhanovisme institutionnel. Quand la famille n'est plus là on ne joue pas son rôle, c'est le triste abandon.
   Certes on a beaucoup investi et rénové depuis une vingtaine d'années. La triste maison de retraite a vécu. Mais l'apparence ne suffit pas.
   Certains soignants parlent de « machines à broyer » développant la culpabilité.
 D'autres de "cynisme à l'égard des personnes âgées", qui est tout autant institutionnel que politique.
  On sacrifie beaucoup dans les ehpad, au profit de l'équilibre des comptes.
  Diverses formes de maltraitance passent souvent inaperçues.
  Certes il y a une grande diversité dans les établissements, mais les plus huppés ne sont pas toujours les mieux lotis. Les failles sont nombreuses.
   C'est la solidarité nationale qui fait défaut.  Une question de choix.       Les rendements financiers ne doivent pas être la logique du système. Chez Orpéa comme ailleurs.
  Les vieux, que nous seront tous, ne doivent pas être de simples éléments de la silver economy.
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lundi 29 janvier 2018

Syrie: la confusion.

  Imbroglio
                  Dans ce pays dévasté par la guerre, on attendait assez rapidement un début de négociations, après l'effondrement de Daesh.
     Après un Genève avorté, le "dernier espoir pour la paix"  s'évanouit.
   La situation est on ne peut plus confuse, certains combattants, alliés de fait pour un temps, en venant aux armes, faisant resurgir de nouveaux affrontements, notamment entre Ankara et les Kurdes locaux.
    Les autres protagonistes protestent, louvoient ou se taisent.

         Serait-on reparti pour une nouvelle guerre de 10 ans?
  Donc, les Kurdes, pris sous l'offensive turque, n'iront pas à Sotchi, ne répondant pas l'initiative (formelle?) de Moscou: " le président turc profite aussi de l'inertie des grandes puissances. La Russie, par exemple, semble s'accommoder de cette nouvelle situation. « Stratégiquement, on voit bien que la situation actuelle profite à la Russie puisque cette opération va permettre d’affaiblir les Kurdes dans la perspective de rétablir le régime de Bachar el-Assad. D’un autre côté, finalement, comme elle n’a pas donné son approbation à cette intervention, elle pourra le moment venu reprendre ses distances. »
     Le silence des USA s'éternise, on se demande à quel jeu jouent les Américains, s’ils ont véritablement une stratégie définie ou s’ils ne réagissent pas au coup par coup comme on les a vus faire à de nombreuses reprises au Proche Orient ces dernières mois.
     A Afrin, la situation est confuse, mais lourde de nouvelles menaces, qui pourraient dépasser le cadre de l'enclave. Tout se complique et le noeud gordien se resserre, enjeux nationaux et géopolitiques s'entremêlant diaboliquement.
    Comme dit Observatus, le conflit arrivant peu à peu à son terme les puissances, grandes et régionales, placent en effet leurs derniers pions sur l'échiquier avant le coup de sifflet final...
     On n'a pas fini, malheureusement de parler de la Syrie 
 Ce que l'on appelait, il y a déjà quatre ans la complexité syrienne (par euphémisme) est devenue un panier à crabes sans nom.
    Dans le Kurdistan syrien, on craint la contagion, les USA étant bien décidés à tirer leur épingle du jeu, malgré leur défaite ou leur relative inaction sur le terrain.
   Le lancinant problème kurde donne à Erdogan l'occasion de pousser ses pions dans la région, sans redouter les réactions de son opinion sous contrôle.
        Où va la Syrie? Une nouvelle fois, la question se pose, sans que les esprits soient plus éclairés.
                   Après Genève avorté, Sotchi n'aura donc pas lieu...
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dimanche 28 janvier 2018

Tout ça pour ça!

Hallucinant ou affligeant?
                                          On reste sans voix...
                                                            Ferrero a bien de la chance!
                                                                                       Intermarché aussi.
Les dix commandements de Nutella
             Car la publicité est inespérée.
  Quelle marque peut revendiquer un tel succès, de tels rushs sauvages sur ses produits?
     C'est mieux que les soldes qu'on s'arrache, comme si la vie en dépendait.
          Ce n'est pas chez Prada qu'on verrait ça....
  La com', ça marche
    On se rue, on se précipite, on s'arrache le produit ainsi que les cheveux du voisin-concurrent consommateur et on s'étripe les uns les autres autour de quelques pots.
  C'est plus qu'un manque de pots, c'est une frénésie pour quelques euros, comme si la survie était en jeu.
   Au point de rappeler des situations de pénurie de guerre ou de famine. On peut comprendre que, dans certaines situations limites de survie, on puisse se battre pour un quignon de pain ou une poignée de riz, mais là, au milieu de l'abondance....
    Nutella, à l'huile de palme si discutée: une affaire qui tourne.
        L'addiction au produit, pas seulement infantile, a joué à fond.
   Comme un crèpage de chignon autour d'une tartine de confiture.
 Et pourtant, que vaut Nutella ? 
     C'est vrai que les scènes d'hystérie autour des pots bénis sont affligeantes et en disent long sur l'état d'esprit des Français, du moins de certains Français, bien conditionnés par une publicité de tous les jours, et plongés, par frustration, en situation de manque psychologique permanent.
   Ce n'est pas seulement un problème de misère sociale, comme dit  Mélenchon, qui en fait une fable philosophique. Même si «Les produits industriels touchent davantage des milieux défavorisés qui, du fait d’un niveau d‘éducation souvent plus faible que les milieux aisés, ont plus de mal à se déprendre de la rhétorique des marques sur le goût, le plaisir, la forme, etc. Ainsi, les produits industriels parviennent plus facilement à toucher les individus défavorisés économiquement alors que l’on va trouver davantage de produits frais dans les milieux aisés.»
    Dans nos sociétés de surconsommation érigée en valeur dominante, le système a rendu hyper-narcissiques et exacerbés les désirs mimétiques contenant des germes de violences, d'absence de retenue et de maîtrise de soi. La barbarie dans l'hyperabondance.
     Le consommateur borné a trop souvent pris le pas sur le citoyen éclairé.
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- Elles en tiennent une couche...
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samedi 27 janvier 2018

Un peu de tout


__ Paradis fiscaux: L'Europe fait du rétropédalage.
                                    Un mal qui s'aggrave.



__ Anthtopologie: relire Georges Balandier, penseur de l'Afrique.

__ Malaise dans la police, au bord de la rupture.

__ La Grèce n'est pas sauvée, pour Yanis Varoufakis.
                                Vu d'Athènes, le point de vue n'est pas celui de Berlin.

__ Henri Guillemin, un intellectuel réfractaire.
                                       Une histoire autrement.

__ Notre-Dame-des-Landes: veni, vidi, Vinci 
                                      Une épine dans le pied.

__À Berlin, l'aéroport qui ne décolle pas. Un naufrage?

__ Après le glyphosate, le dicamba fait des ravages aux États-Unis.

__ Les plus riches ont accaparé 82% de la richesse mondiale créée en 2017:
                 Oxfam interpelle les élites de Davos face à l’explosion des inégalités.
                    Rien n'a changé
__ Goldman Sachs and co : ce que leurs salaires disent de la finance .
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vendredi 26 janvier 2018

Lisbonne se soigne

Un exemple pour Bruxelles.
                                            On en parle peu, mais le fait mérite d'être souligné.
      D'une situation économique critique après la crise de 2008, on assiste à une remontée discrète mais notée par maints observateurs.
    Un virage dû à des choix politiques qui redonnent vie à un pays jugé naguère exsangue.
       Toutes choses égales par ailleurs, un improbable redressement s'esquisse là-bas avec des signes encourageants, qu'on peut considérer comme un camouflet au culte de l'austérité de Merkel et Bruxelles, grâce à des mesures misant sur le pouvoir d'achat:
       " ...le salaire minimum a été augmenté en 2016 puis en 2017. En parallèle à cela nous avons assisté à une baisse des cotisations employeurs de 23 à 22%. Enfin, le gouvernement n'a pas lésiné sur le plan de relance du pouvoir d'achat: hausse des retraites et allocations familiales, renforcement du droit du travail, baisse des impôts pour les salaires les plus modestes, arrêt net des privatisations... Pour clore le tout, le Portugal a compris qu'il ne servait plus à rien d'essayer de concurrencer les pays de l'est à bas coûts, donc, on est monté en gamme, dans l'industrie et dans le tourisme. Un point dont la France devrait s'inspirer: la montée en gamme du pays et des politiques de stimulation de la demande, conjointement à un simple abaissement des charges des entreprises...
     Le Portugal, qui revient de loin, montre l'exemple
                         Une politique anti-austérité qui fonctionne, malgré une situation encore en demi-teinte.
       Le Portugal a démontré depuis 2 ans, qu'une politique — inverse aux politiques austéritaires, et donc basée sur une relance par la demande et l'amélioration des protections sociales — pouvait fonctionner. Ce que le FMI avait déjà confirmé en 2016 en annonçant à propos de la Grèce que "l'austérité ne fonctionnait pas"....
     On fait le ménage.
  Les années de cauchemar sont passées pour un pays qui côtoyait une quasi économie de guerre 
      Les dérapages en chaîne sont neutralisés
         Certaines affaires semblent oubliées.
   Certes, le malade n'est pas encore guéri définitivement, mais le rétablissement est en bonne voie, avec un taux de croissance qui fait rêver les pays voisins.
    Un exemple pour la France à bien des égards:
            La fin de la politique d'austérité, qui a mené à un miracle économique sans que le tourisme, redevenu florissant, soit devenu l'élément déterminant.
     "...Selon le ministre de l’économie Manuel Caldeira Cabral, le Portugal est enfin libéré du carcan de la politique d’austérité. En rassurant les citoyens en leur garantissant qu’ils ne subiraient plus de coupes dans leurs pensions ou leurs allocations, et en permettant aux salaires d’augmenter, le gouvernement a reconquis la confiance des entreprises comme des investisseurs. Au cours du dernier trimestre, les investissements ont augmenté de 10 %, les exportations de 9 %, des pourcentages supérieurs à ceux des Pays-Bas et de l’Allemagne. La relance d’une industrie laissée pour morte..."
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jeudi 25 janvier 2018

Fake News d'ici et d'ailleurs

D' hier et d'aujourd'hui.
                                    Les Fake News fausses nouvelles sont, répète-ton, d'actualité.
   Mais pourquoi donc et pourquoi maintenant?
    Comme si le mensonge, la contre-vérité, la manipulation, l'intoxication, la propagande, le bourrage de crâne, grossier ou soft, n'avaient pas toujours existé, à des degrés divers, dans des contextes variés?
  Autrefois ou plus récemment. De manière individuelle ou collective.
  Tromper l'ennemi, ou parfois les alliés, est une vieille pratique d'Etat en maintes occasions.  Tromperies, roueries, fausses promesses abondent, pas seulement en période de conflits.
 Le mensonge d'Etat  n'est pas nouveau.  La guerre froide a été saturée de fausses nouvelles, dans une optique cyniquement machiavélique. 
  On se souvient des mensonges qui ont présidé à la justification de la guerre d'Irak et les autres gros mensonges américains. 
           __Une loi sur les “fake news”, d'où qu'elles viennent est un projet irréalisable ou dangereux.
  Les dénoncer, par contre, quand elles sont reconnues ccomme telles, est toujours possible, après de bonnes investigations et non sur la base de rumeurs.
     “Le grand danger, c’est de donner la responsabilité à l’Etat de dire le vrai du faux, surtout à l'heure de la massification et de l'extension rapide des fausses nouvelles. car l'Etat ne peut être  un arbitre neutre.
   Derrière l’illusion d’un diagnostic, l’expression fonctionne comme un écran, un alibi pour une censure étatique qui masque les causes du discrédit de la parole publique et son histoire.
      La culture, l'esprit critique, l'instruction  l'exigence d'une presse de qualité et libre sont les    meilleurs défenses.
  De nombreux effets pervers découleraient d'une législation imposée en ce domaine.
      Il faut se méfier de ceux qui se déclarent censeurs suprêmes et infaillibles et de la notion de post-vérité, et surtout de ceux qui veulent faire taire toutes critiques, sous prétexte de "fausses nouvelles"
   Ne pas faire confiance à ceux qui disent Faites-nous confiance, on va vous dire ce qui est vrai !”
     Internet n'a pas inventé  les mensonges et force est de constater que les plus dangereux ne sont pas ceux qui circulent anonymement sur les réseaux sociaux mais ceux qui sont proférés de façon très officielle par les gouvernements avec le concours des médias institutionnels....
        On peut tromper une partie du peuple tout le temps  et tout le peuple une partie du temps mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps. » (Abraham Lincoln)
       Dans les faits, linformation est (souvent) une guerre, et si lon considère lexploit davoir fait élire un banquier semi-royaliste à la présidence française dans un monde post-2008, on peut en tout état de cause constater que la poignée de milliardaires qui contrôlent la quasi-totalité des médias continue à la gagner.

   Certes, lavènement dInternet a un peu changé la donne. Il semble plus difficile à une info, quelle quelle soit, de ne pas sortir (même si par définition, lexistence dune info demeurée inédite reste invérifiable). Mais le bouillonnement de la toile, son joyeux désordre, son pêle-mêle organique évoquent des hordes barbares se heurtant à lextrême coordination des légions romaines. Le déclin de lEmpire est sans doute amorcé, mais ses outils de propagande restent une machine sur laquelle se fracassent encore des guerriers dépenaillés.
      Internet, combien de divisions ? La supériorité de ladversaire, cest toujours un peu largent, bien sûr, mais, face à la multiplication anarchique des sources et des canaux de diffusion, cest surtout la méthode. Si désormais on peut difficilement contrôler le flux des infos qui sortent, on peut encore agir sur un aspect décisif : la hiérarchisation. 
   Dans le traitement tendancieux de linfo par la presse mainstream (hier on disait « la presse bourgeoise » et le terme était sans doute plus juste, mais ce nest pas la moindre des victoires de la réaction davoir ringardisé la vérité), on peut dégager trois grands cas de figures.
    Premièrement, un événement qui fait la une nécessite une interprétation biaisée, sans quoi le système en vigueur sexpose un peu trop sans masque. Exemple : la crise grecque. Comme il était difficile de minorer lampleur dune telle crise, et un peu gênant davoir à justifier la violence coercitive qua infligé lUnion Européenne (sous limpulsion de lAllemagne, symbole toujours fâcheux) à l’égard dun gouvernement grec démocratiquement élu (à qui on aura quand même fermé ses banques pour le faire plier, cest-à-dire quon était prêà faire crever tout un pays pour sauver le système), on sest employé à tellement en embrouiller les causes que les responsables désignés se sont retrouvéêtre, non plus des banques que la cupidité poussait à pratiquer des taux dusurier toujours plus délirants, mais des petits retraités dont il fallait impérativement diminuer les pensions pour que la dette (la dette, Sganarelle !) puisse être remboursée. Goldman Sachs pouvait ainsi tranquillement continuer sa route (et embaucher Barroso au passage, excusez du peu), pendant quon vouait les pouilleux grecs à une damnation éternelle
     Cest la méthode dite du « Salaud de pauvre », qui a fait ses preuves, et qui peut se décliner sous de multiples variantes. (Elle peut utilement être complétée par la technique du « Cause toujours » quand on lui objecte des arguments imparables, tel celui de la dette de lAllemagne abolie en 1953.)   Cette méthode implique des présupposés totalement arbitraires présentéad nauseam comme allant de soi. Ici, en loccurrence, que le bon droit et la morale sont toujours du côté du créancier, jamais du débiteur, et que toute dette doit être remboursée, quoi quil en coûte, sans quoi cest toute l’économie mondiale, et avec elle toutes les valeurs morales, qui risquent de seffondrer. Cest la méthode dite du« Salaud de pauvre », qui a fait ses preuves, et qui peut se décliner sous de multiples variantes. (Elle peut utilement être complétée par la technique du « Cause toujours » quand on lui objecte des arguments imparables, tel celui de la dette de lAllemagne abolie en 1953.)
    Deuxièmement, un événement qui pourrait faire la une est tout juste mentionné dans quelques brèves. Exemple : la semaine dernière, des mouvements de grève ont éclaté dans toute lAllemagne pour réclamer, non pas les 35h (ils y sont déjà, ah tiens ?), mais les 28h. Une telle info échappe tellement au cadre discursif mis en place par nos troupes d’éditorialistes (les Allemands travaillent alors que les Français ne foutent rien et cest pour ça quils sen sortent et pas nous) que le mieux est de lignorer purement et simplement : on la pose là, on ne la commente pas, on ne la discute même pas, on attend quelle passe. Cest la méthode OSEF.
    Troisièmement, un non-événement fait la une. Cest le corollaire et lexact inverse du point précédent : on nous vend quelque chose de totalement anecdotique et futile comme quelque chose dhistorique. Exemple : la COP21. Des pays se mettent daccord pour limiter le réchauffement climatique à deux degrés (ou un degré et demi, de toute façon le chiffre na aucune importance puisquil ninduit aucune mesure concrète), cest totalement incantatoire, absolument pas contraignant, aucune entreprise polluante nest spécifiquement visée, menacée, concernée, ils auraient pu aussi bien proclamer la paix dans le monde ou la fin du cancer avec la même candeur et la même crédibilité, mais cest présenté comme une incroyable victoire diplomatique qui va permettre de sauver la planète. Ce type dinfo peut faire des semaines. Elle a le mérite, pendant ce temps, de ne pas parler dautre chose. Appelons-la « méthode Lady Di » pour faire court.
   Contrairement au gouvernement actuel, je ne crois pas quil soit possible de légiférer contre les fake news sans porter gravement atteinte à la liberté dexpression. Des milliardaires ont le droit de faire raconter nimporte quoi dans leurs médias pour préserver les intérêts du capital. Salauds de pauvres, OSEF ou Lady Di : à charge pour nous de déconstruire sans relâche leurs méthodes, et pour les médias alternatifs de proposer systématiquement linverse, sils veulent devenir ce quils ont vocation à être, le contre-pouvoir du quatrième pouvoir. (Laurent Binet)
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