Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mardi 16 janvier 2018

Surprises

De la rentrée:
        
__    Pauvre banques! il faut bien qu'elles vivent...
               Elles vont diront que  "c'est parce qu'elles ne gagnent plus assez d'argent sur les intérêts qui sont trop bas pour avoir une marge suffisante. Elles vous diront qu'elles sont obligées de respecter la réglementation et donc de faire beaucoup d'investissements informatiques. Mais quand on regarde les résultats, ils s'inscrivent en milliards d'euros de bénéfices pour les dernières années. Les banques ne sont pas autant à la peine que la plupart des Français."
      On peut (théoriquement) contrer cette hausse.
            Même la Banque Postale se normalise: une hausse particulièrement marquée pour un établissement qui s'adresse à une clientèle parfois fragile.

__ Les riches ont bien de la chance

                 Ce n'est pas Mélanchon qui le dit, mais l'OFCE ou la Tribune.
      Attendons-nous à un grand ruissellement.
            L'ère des rentiers à de l'avenir.
                                ...le CAC 40 se porte bien, contrairement à l’économie réelle, PME comprises : « Selon les dernières statistiques, les profits de ces ténors sont passés de 59,8 milliards d’euros en 2012 à 73,6 milliards en 2013 (+23%), et devraient atteindre 87,3 milliards (+19%) au terme de cette année », nous apprend encore Dorion.
Pendant ce temps, de l’autre côté de la balance, la situation ne cesse de se détériorer. En 2011 (dernière année connue, les statistiques concernant l’année 2013 ne devant pas être disponibles avant fin 2015), 8,7 millions de personnes, soit 14,3% de la population française, vivaient en dessous du seuil de pauvreté (fixé à un revenu mensuel de 977 euros par mois)....

__ Pour beaucoup de retraités, ça ne va pas fort.

                                                     Cela ne devrait pas s'arranger.

__ Bonneteau fiscal en cours.
                                            Une refonte profonde?
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lundi 15 janvier 2018

Maussade

Mort, le soleil?
                  Môôn là! qué temps! Comme on dit dans les Vosges.
  Les pauv'gens du Nord souffrent d'un manque persistant de soleil.
     Ils en perdent leur légendaire moral.
     Comment sortir du marasme météorologique et psychologique?
    On a beau dire: dans le Ch'Nord il y a du soleil dans les coeurs:
Ch'est fou, ç'qu'in peut bien raconter sur'l'Nord et sur'l''Pas-d'Calais
Cha ch'est vrai, cha ch'est vrai.
À commincher par l'météo, qui dit qui pleut quand i fait bieau
Ch'est pas vrai, ch'est pas vrai
Ch'est vrai qu'nous'z'autes par ichi, in n'a pas l'soleil du midi
Cha ch'est vrai, cha ch'est vrai
Faut comme même pas exagéré, in est pas toudis in gélée
Ch'est pas vrai, ch'est pas vrai

    Çest vite dit et ça ne suffit pas. Que faire?
       Il y a bien les incantations: Toujours en regardant le ciel, dites 9 fois : 
"Je convoque le vent et la beauté 
le soleil et la clarté
Que le vent chasse ces nuages
et que le soleil éclaire mon visage
par le pouvoir de 3 fois 3 mon désir est roi,
que le charme opère"
 J'ai essayé, cela ne marche pas.
     Se raconter un conte?  Encore faut-il y croire.
       Se mettre à la danse rituelle indienne? A mon âge, vous n'y pensez pas!
        Chanter quelques airs incantatoires?  Cela remonte un peu le moral, mais ça ne dure pas.
             Peut-être la chanson de Nicoletta pourrait aider à se faire une raison, qui sait?
    En attendant des jours meilleurs et le retour du moral.
           Inévitablement il mourra un jour, ce sacré soleil. On a encore le temps....mais il pourrait faire un effort en attendant.
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A propos de "maussade":
C'est l'histoire de Arafat qui vient subir une intervention chirurgicale à Paris:
Au réveil, il trouve un chirurgien à ses côtés et lui demande, encore sous l'effet de la morphine: Où suis-je? _ A Paris, à l'hôpital Villejuif__Qui êtes-vous? _ Le professeur Israël__Quel temps fait-il dehors? _ Maussade...
    Et Arafat tombe en syncope.
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Terres rares:

De plus en plus rares?
                                     Problématique transition énergétique.
Baoutou_Mongolie
       Contrairement à leur dénomination , les terres rares ne sont pas des « terres » et ne sont pas si « rares » ! Cette appellation nous vient des scientifiques européens du XVIIe siècle. L’appellation « terre » vient du fait que les oxydes sont réfractaires au feu, et « rare », parce qu’il y en avait très peu en Europe. Les chercheurs de l’époque estimaient qu’il devait donc y en avoir peu dans le reste du monde » explique le géologue Paul Caro.
        De par leurs propriétés particulières, dans le domaine des nouvelles technologies, elles subissent une toujours plus forte demande et font l'objet d'une intense compétition, sur fond de dégradations écologiques. L'extraction et le raffinage de ces nouvelles matières premières ont des répercussions lourdes sur l'environnement.
   Les terres rares prennent une place de plus en plus importante dans les technologies visant à réduire notre consommation pétrole.
    En permettant de nous libérer des énergies fossiles, elles pourraient bien avoir un coût écologique important, en plus de créer de réelles dépendances géopolitiques.
   Une vérité qui dérange les certitudes des inconditionnels de la voiture électrique ou du smartphone. 
    La Chine se trouve de fait aujourd'hui en situation de monopole. 
         Elle est importatrice nette de terres rares d’ici 2025.

        ....97% de la production des terres rares se fait aujourd’hui en République populaire de Chine. Or, depuis la massification des postes de TV couleurs, les terres rares sont devenus indispensables aux filières de fabrication d’objets high-tech et de production d’énergie renouvelable – écrans à cristaux liquides, tablettes, ampoules basse consommation, batteries de voiture électrique ou hybride, comme la fameuse Toyota Prius. Bref, aux industries dites d’avenir. Sans parler de leur utilisation dites stratégiques dans les industries dites de défense, c'est-à-dire dans la production d’armes et d’objets militaires : missiles de croisières, munitions guidées, radars, équipements de visions nocturnes, satellites… Le quasi monopole de la Chine sur l’exploitation des terres rares a donc transformé une question géologique, minière et industrielle en quasi-crise géopolitique.
            “Les énergies fossiles ne sont plus la solution, elles sont devenues le problème.” Le ministre de l’Ecologie, Nicolas Hulot, l’a répété le 12 décembre 2017 à l’occasion du One Planet Summit, qui portait sur le financement des politiques climatiques. On mesure mieux, à l’aune de cet unanimisme écolo-friendly, la controverse que va susciter l’essai iconoclaste du journaliste (au Monde diplomatique notamment) Guillaume PitronLa Guerre des métaux rares – La Face cachée de la transition énergétique et numérique. Dans cette enquête de terrain nourrie par six ans de tribulations dans une douzaine de pays, l’auteur jette une lumière crue sur un angle mort de la lutte contre le réchauffement climatique : paradoxalement, la manière dont sont produites les green-tech” dont dépendent les énergies renouvelables (ainsi que nos smartphones), et dont nous sommes de plus en plus friands, est très peu respectueuse de l’écosystème...
                 La guerre pour les ressources rares n'en n'est qu'à ses débuts. Même l'industrie de l'armement s'inquiète de l'épuisement des ressources en métaux « stratégiques » 
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dimanche 14 janvier 2018

Un rabbin pas comme les autres

Elle détonne.
                  Dans le concert d'approbation saluant à Tel Aviv la décision de Trump au sujet de Jerusalem,
    Delphine Horvilleur fait part de ses critiques sur ce coup de tête uninatéral, intempestif et dangereux dans le contexte actuel, qui réjouit Netanyahu, l'extrême droite israëlienne et une bonne partie de l'opinion, à part une certaine gauche israëlienne qui se démarque et des manifestants ici et là, qui voient le danger de toucher pour l'instant au statut spécial de la ville-symbole, instrumentalisée une nouvelle fois.
  Son franc-parler, qui n'est pas unique dans le monde juif, lui vaut des menaces dans certains milieux de son propre camp.
   En plus du fait qu'elle en énerve certains.
    Menaces qu'elle prend avec distance, dans son combat contre tous les fondamentalismes.
  Elle dit« L’intégrisme religieux est cette pathologie du regard qui le rend incandescent. L’obscurantisme renvoie précisément à l’étude dans le noir, c’est-à-dire sans dialogue avec les affaires du monde, et dans le mépris de ceux qui plantent et qui récoltent. C’est un retrait du monde qui y met le feu en s’imaginant paradoxalement le sauver. ..Tel est le propre du discours fondamentaliste qui enferme ou mutile ses pairs au nom de ses pères. C’est-à-dire qui cherche à restreindre l’expérience humaine à sa vision du monde, au nom d’un passé souvent fantasmé ou d’une pratique ré-inventée comme atemporelle. Un tel projet religieux est « pharaonique » au sens biblique du terme, dès lors qu’il tente par la force de se construire des mausolées-pyramides pour y enfermer les dépouilles d’une divinité mortifère. »
       Mais commentYHWH y retrouve-t-il les siens?
  On sait, depuis les études de l'historien israëlien Shattner, que la société israëlienne, où portant plus de 40% des juifs s'estiment laïcs, pas seulement le monde juif dans son ensemble, est traversé par de profonds clivages et des tensions fortes, parfois violentes.
   Le monde des rabbins, lui aussi, est multiforme; parfois appuyant la politique d'implantation de Bibi, qui les introduit dans son gouvernement,  parfois en opposition interne ouverte.
 Comment être juif aujourd'hui est une question qui se pose toujours, surtout dans le contexte du regain du projet sioniste et d'implantations affirmées, question plus politique que religieuse.
   Le judaïsme orthodoxe est un monde divers, depuis les plus modérés jusqu'aux plus extrémistes juifs ultra-orthodoxes qui veulent le démantèlement d'Israël, que ce soit à Jérusalem, à New-York ou à Toronto, posant certains problèmes au pouvoir par leur radicalité. Pour eux «Les sionistes n’ont aucun droit sur la terre sainte», «La Torah exige que toute la Palestine soit rendue aux Palestiniens et redevienne souveraine», «La solution: le démantèlement pacifique de l’État israélien», «Anti-zionism is not anti-semitism». Ces hommes appartiennent au mouvement Neturei Karta se définissant comme ultra-orthodoxe et antisioniste. Tous rabbins, ils alimentent leur discours politique d’une rhétorique religieuse et de constantes références à la Torah..
Ils s'appuient su le fait que les fondateurs du sionisme, comme Théodore Herzl, étaient des Juif laïcs, incroyants de surcroît, et dénonce l'amalgame entre antisionisme et antisémitisme.
        Cette opposition est ancienne.
Les mouvements antisionistes datent d’avant la création de l’État d’Israël et participent aussi de son histoire. Les neturei karta son nés d’une scission au sein des partis religieux de l’union Agoudat Israël, créée en 1912. Ils reprochaient au rabbin Isaac Breuer de l’Agoudat d’être trop conciliant avec le sionisme, l’idéologie honnie des religieux considérée comme un «danger mortel pour le judaïsme».
Dans le contexte historique de l’époque, la propagation des fascismes en Europe, certains religieux avaient cherché à créer des alliances avec les sionistes. D’autres n’ont pas varié, tels les partisans du grand rabbin Chaim Sonnenfeld, ardent détracteur du sionisme mort en 1932. Ceux-ci choisissent de se séparer d’Agoudat Israël et créent en 1935 un premier groupe, Hevrat ha Hayim («le parti de la vie»), qui deviendra ensuite Neturei Karta: «les gardiens de la cité» en araméen. Cette expression provient du Talmud de Jérusalem qui présente les religieux comme les vrais défenseurs de la ville sainte."
  D'autres  rabbins extrémistes  ont encouragé le pire repli identitaire et ont inspiré le bras armé de l'assassin de Rabin, dans sa tentative de conciliation avec les leaders palestiniens.
   Un monde ultra-orthodoxe divisé, certains rabbins allant jusqu'à vouloir interdire la conduite aux femmes, et plus...
     Le centriste modéré Lapid, favorable à un retour rapide aux négociations pour deux etats indépendants, cite certains  rabbins qui inspireraient les extrémistes de droite
   Tant que la confusion entre antisionisme expansionniste et antisémitisme sera entretenue, souvent à dessein, les tensions ne seront pas prêtes de se résoudre.
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samedi 13 janvier 2018

Coups d'oeil

__ Des Israëliens et des artistes pour le boycott d' Israël.

__ Une pépite pour la SNCF?

__ L' hyperconcentration de la presse française est un vrai problème pour la démocratie.

__ La censure d’Internet est un très mauvais moyen de lutter contre les “Fake news.
             Comment museler la presse en brandissant un danger? 
                        Un débat public confisqué.

__ Etats-Unis: un médicament remboursé quand même, si...

__  Grosse affaire d'Etat!

__ Jeunes et déjà sans avenir.

__ La "malphone" touche (aussi) les enfants 

__ Une rupture qui leur convient bien et qui démarre fort.

__ L'armement passe au vert.

__  Les lobbies en France ne se reposent pas.

__ Mieux vaut être suédois que haïtien.
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vendredi 12 janvier 2018

Aventures amazoniennes

Jeff, tel qu'en lui-même.
                              Qui arrêtera le roi du e-commerce dans son irrésistible ascension?
     Jeff Bezos, devenu l'homme le plus riche du monde, défié par Alibaba, la deuxième fortune chinoise, paraît-il, transhumaniste à ses heures, n'est pas un e-commerçant comme un autre.
   C'est aussi un prophète libertarien, annonçant un e-avenir radieux, grand donateur du think tank libertarien Reason Foundation.
   Le killer des petits libraires, surtout aux USA, mais pas seulement. suit un chemin favorisé par les exceptions fiscales qu'on lui accorde, au Luxembourg ou ailleurs.
   Plus il monte dans le firmament des plus grands , plus il veut monter, en visant maintenant le monde des grands distributeurs de la planète. Le livre, c'est devenu annexe.
     Mondialisation oblige. Les Etats ne pèsent pas lourds, hésitant à limiter les ambitions du mastodonte. Il faut dire qu'il crée de l'emploi, même s'il robotise à grande vitesse. Et il a les faveurs des consommateurs-rois, qui veulent des produits toujours moins chers et toujours plus vite livrés.
    De l'autre côté du décor, c'est un management sans pitié, la loi de la jungleÀ l'ère du travail rare, des diplômés surqualifiés et déclassés, les candidats se bousculent. Le turn-over n'est pas un problème. En outre, à lire l'article du NYT, les amazoniens semblent plutôt contents de leur sort. Certes, confie cet ancien « leader », "j'ai vu pleurer à leur bureau presque tous mes collègues", mais il ressort de tout cela que, pour la plupart des cadres, "Amazon reste le meilleur endroit où ils ont détesté travailler". 
    Paradoxe de la servitude volontaire, qui dessine un avenir inquiétant.
Mais le serial investisseur Jeff Bezos est sans état d'âme sur l'avenir de l'information, sur laquelle il a quelques ambitions.
   Ses stratégies sont claires pour construire un empire toujours plus grand.
       Un management implacable, pas seulement à l'égard du personnel. (*)
  Certains sont admiratifs, d'autres n'ont pas envie de rire, face à cette politique de dumping tous azimuts de la terre brûlée, sous couvert de modernisme marchand. Le monopole est l'objectif, négation du capitalisme lui-même.
  C'est le NYTimes lui-même qui met le doigt là où ça fait mal.
               Mais les arbres ne montent pas jusqu'au ciel...
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  (*)  "Amazon n'est pas une simple multinationale, c'est un modèle de société liberticide:...la véritable spécificité d'Amazon n'est pas la pénibilité du travail dans ses usines – beaucoup d'usines ou de chantiers ont des conditions de travail terribles et Amazon n'est pas un cas isolé. La spécificité d'Amazon, c'est son organisation interne impitoyable pour l'humain, élaborée à partir de son infrastructure informatique, avec ses bornes wi-fi disséminées partout, ses caméras de surveillance, son contrôle total de l'individu, de la productivité ainsi que son paternalisme maison très idéologique. La spécificité d'Amazon, c'est que son infrastructure informatique complexe a pour objectif d'exploiter à outrance la machine qui réalise les opérations les plus complexes des entrepôts : l'être humain. Beaucoup bavardent à propos de la robotisation future d'Amazon. Seulement pour l'heure, l'exploitation d'intérimaires est beaucoup, beaucoup plus rentable. D'autant qu'à la différence d'un robot, un intérimaire ne se remplace pas quand il est cassé. Amazon le congédie et il est immédiatement remplacé par un autre chômeur...."
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jeudi 11 janvier 2018

Procrastinez-vous?

Pas (trop) grave....
        Il eût fallu que vous ne procrastinassiez pas, diraient certains esprits moralisateurs.
              Il ne faut jamais remettre au lendemain...
   Oui, parfois, mais..
     Est-ce toujours le fait d'une indécision de nature, voire d'une aboulie constitutionnelle?
  Est-ce vraiment aussi une tendance pathologique, comme le suggère Mr Larousse, une tendance pathologique à différer, à remettre l'action au lendemain?
    Ne pas remettre à demain ce que l'on peut faire le jour même: est-ce toujours un bon principe?
Comme le disait paradoxalement Montherlant, il faut toujours tout remettre au lendemain. Les trois quarts des choses s’arrangent d’elles-mêmes.
  Les avis sont partagés.
       Il y a ce qui peut attendre, et ce doit être fait impérativement.
Ce peut être une forme de sagesse de savoir parfois attendre, pour ce qui n'est pas immédiatement urgent.
  Une porte qui grince à huiler, un livre à lire...tout cela souffre de pouvoir attendre.
Vouloir tout faire tout de suite, céder au virus de la vitesse n'est pas bon pour l'esprit, qui a besoin de respiration. La précipitation n'est pas toujours bonne conseillère.
 Vouloir s'arrêter de fumer n'est pas simple et on peut s'y préparer sur plusieurs mois, en laissant mûrir cet engagement difficile.
   Demain, je ne procrastinerai plus, disent certains... qui ainsi proscrastinent.
C'est donc assez ambivalent
__Il y a des cas où ce peut être assez gênant.
         Si, par exemple, je n'arrête pas d'attendre le tout dernier moment pour remplir la rituelle feuille chère à Bercy.
          Je m'arrange pour diffèrer au maximum l'envoi de ce précieux document à mon percepteur local.
   Je suis alors atteint, m'a dit mon psychologue, d'un mal étrange:
       Un mal que l'on nomme phobie administrative.
   Heureusement je ne suis pas le seul à être affecté par cette pathologie assez tenace.

          Pourtant, je ne suis pas un grand délinquant financier, Cahuzac n'est pas mon ami et je n'ai pas de compte aux Îles Caïmans.  J'ai même conscience (héroïsme suprême!) de la nécessité civique de l'impôt, même si sa répartition me pose plus d'un problème.
    Mais je suis incurable. C'est pas trop logique et c'est pathologique.
         Que ceux qui sont dans le même cas que moi lèvent le doigt.
            Nous pourrions mettre en place un groupe d'anonymes administrativo-phobiques. Juste pour partager et adoucir nos tourments périodiques...

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mercredi 10 janvier 2018

Les paradis encore

Y revenir toujours
                     On croyait tout savoir (ou presque) à l'occasion des dernières révélations livrées par les Panama Papers, les Paradies papers...en attendant d'autres qui pourront encore surprendre.
   On imaginait les mal nommés "paradis fiscaux", ou plutôt les enfers pour les Etas et les contribuables, confinés dans des espaces exotiques et plus ou moins lointains, dans le lointain Pacifique ou dans le petit Delware.
   Mais pas du tout. Il y a une richesse cachée aussi tout près de chez nous, qui échappe aux comptes des Etats, aux investissements productifs, aux services publics, pour s'investir surtout dans l'espace financier mondialisé à des fins essentiellement spéculatives. Ce que Zucman, entre autres, a parfaitement montré:
.... Le montant des avoirs détenus dans les paradis fiscaux a continué à croître, explique Gabriel Zucman , qui a actualisé ses données pour cette nouvelle édition, à peu près au même rythme que le patrimoine financier. Ce montant atteint aujourd’hui 7 900 milliards d’euros, soit 8 % du patrimoine financier des ménages, et représente une perte de recettes fiscales, pour l’ensemble des Etats, que celui-ci estime à 155 milliards d’euros par an. Ce qui peut sembler relativement faible, mais cette évasion fiscale internationale (car cette estimation ne prend pas en compte la fraude fiscale qui se limite au cadre national) est surtout, et même de plus en plus, l’affaire des très riches, pour lesquels elle représente une part de leur patrimoine nettement plus importante... l’évasion fiscale internationale est de plus en plus réservée aux ultra-riches....
   Ils ont donc bien des raisons d'aimer les paradis, les gros comme les petits, pour "optimiser", détourner, voire blanchir. Ils sont excellents pour échapper au devoir commun de redistribution, voire aux sanctions pour criminalités en tous genres. L'offshore, c'est super pour beaucoup et plus besoin de valises pour transférer petits ou gros trésors à mettre à l'ombre. Quelques clics suffisent.
     On découvre que, tout près de chez nous,  au coeur de l’Europe, qui se proclame solidaire, nos voisins bataves encouragent ce sport qui ne peut que léser ses voisins et les autres, comme le fait aussi Dublin."Officiellement, le "pays des tulipes" ne figure pas sur la "liste noire" de l’Union européenne. Pourtant, à y bien regarder, les Pays-Bas constituent bel et bien LE royaume de l’optimisation fiscale, autrement dit : de l’évasion fiscale légale. Comme le Luxembourg ou l’Irlande, les Pays-Bas ont fait de cette activité une véritable industrie, comme l’explique Lison Rehbinder..."
    Une place forte de l'évasion fiscale disent certains. Ou le saint Graal de l'évasion fiscale jugent d'autres.
        Les paradis fiscaux, c'est fini, disait il y a huit ansNicolas Sarkozy.
                      Il avait juste parlé un peu trop vite....ou était mal informé. A moins que ce ne soit une bien grossière dénégation.
Iles enchanteresses...
        Les paradis, on y tient. L'enfer, c'est le fisc! La TVA, c'est Tu Vas te faire Arnaquer!
   L'île de Man, à deux pas de la GB, offshore à nos portes, est un petit bijou;: on peut y trouver la Rolls-Royce de la finance offshore.
   Les Caïmans, c'est un peu plus risqué, mais c'est si exotique!
       Pas seulement pour les riches particuliers (ils le valent bien!) et les opulentes sociétés méritantes, mais aussi pour les groupes bancaires, même en péril.
   Par exemple, la Société Générale qui réalise 22% de ses profits dans les paradis fiscaux mais n'y emploient que 4% de ses salariés pour réaliser 10% de son chiffre d'affaires.
  Ce n'est pas mal!
      Plus près de nous, le verdoyant Luxembourg du bon Mr Juncker , plus conventionnel, mais discret. Ou le pays du Gouda. Accueil cordial assuré. Comme à la City d'ailleurs, so serious! indeed... Elisabeth II, Donald Trump, Justin...
      Après  Panama, il y a de quoi faire. Les voyages optimisent les capitaux.
         Placement illégal? vous plaisantez. L'argent est fait pour circuler, pour voyager. Il n'y a pas de mur. Et l'industrie financière doit tourner un max. On lave plus blanc...et Total-ment
        Un danger pour nos démocraties?  Faut pas pousser! Il y a toujours assez de gens modestes pour payer des impôts. Pourquoi pas un scandale mondial  tant qu'on y est?       
     Et on peut toujours couper dans les dépenses publiques, ce n'est pas un problème.
  L'état impécunieux peut toujours trouver des solutions: un petit million par ci, un gros milliard par là. La politique de l'essuie glace, connue à l'Elysée. On peut toujours trouver des solutions pour compenser les 60 milliards qui manquent annuellement à la France.
   Un peu d'évasion exotique ne nuit pas. C'est devenu la routine du système.
        Xavier Harrel en avait déjà parlé longuement. Antoine Peillon aussi, de manière très  chiffrée.
                               Des révélations? Pas vraiment. Le client est roi, nonobstant P.Moscovici. (*)
      On va donc continuer à optimiser en rond, chacun pour soi.
               A Malte ou ailleurs__________________
_______________- (*) Nous nous engageons à prendre des actions pour parvenir à un système fiscal internatilanl  moderne et juste à l’échelle internationale. »
      Pour 2070?... C'est (pas) dans l'air...
                            ____La richesse cachée des nations
                                                                                   Nous sommes riches et nous ne le savons pas...
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mardi 9 janvier 2018

Petits propos sur la laïcité

La laïcité, simplement.
                                  Contre la laïcité positive ou la laïcité libérale...
    Voilà une notion, si récente dans l'histoire des hommes, qui souffre de variations sémantiques qui dénaturent parfois sons sens profond et qui nécessite de fréquentes mises au point.
   Une notion qui prête souvent à équivoque, qui peut être détournée de son sens, qui peut être aussi parfois instrumentalisée.
    On voit bien ce que représente (encore) son contraire, le confessionnalisme, l'intrusion du religieux dans la vie sociale et politique, sourde, insidieuse ou violente comme dans l' Egypte d'aujourd'hui ou le mouvement évangélique aux USA sous plusieurs formes ou ailleurs.
   Cette notion, mise en musique par les pionniers comme Condorcet et Ferdinand Buisson, peut être biaisée par les politiques eux-mêmes, par ignorance , intérêt ou arrière-pensée.
     La laïcité n'est ni positive, comme le disait Sarkozy, ni "libérale" comme le prétend Macron.
   Marlène Schiappa, brisant le silence ou l'ambiguïté du gouvernement, fait un rappel nécessaire aux valeurs fondatrices de la République.
    La laïcité bien comprise ne peut être marquée du sceau de la  radicalisation.        Elle peut être seulement exigeante et vigilante. Parler à son égard de religion laïque n'a pas de sens. 
   Qu'elle soir régulièrement en débat est normal et nécessaire, au-delà des idées reçues.
    La laïcité, c'est une liberté.
      Mais jamais définitivement et solidement établie. Elle restera toujours un combat.
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lundi 8 janvier 2018

Trump: forons, forons!

Offshore, of course!
                                Drill, baby!
          C'était le mot d'ordre de Sarah Palin, à l'époque des plus beaux jours des pétroliers texans.
 Le pétrole à tout prix  malgré les risques!
   Peu importe l'avenir, il fallait forer, même dans les conditions les plus aventureuses. A forages extrêmes, risques extrêmes.
      La politique d'Obama a mis quelques bémols à cette frénésie du forage, mais cela n'a pas empêché de continuer à produire, outre les gaz de schistes, un pétrole toujours bon marché, pour peser sur les prix, réduire le pouvoir de l'lOPEP, conserver un statut de nation énergétivore, sous la pression des lobbies.
  Chez les voisins du Nord, dans l'Alberta, on est atteint de la même fièvre, aux dépens d'une nature de plus en plus sinistrée.
    Celui qu'on appelle le  saboteur de Washington, climato-optimiste avéré, n'appréciant guère les scientifiques et la voix de la raison, privilégiant le court-terme, contrairement à ce que l'on fait en Californie, a oublié les terribles leçons de Deepwater. On ne creuse pas impunément de plus en plus profond. Mais priorité aux énergies fossiles!
   Trump n'est pas si fou que cela, il sert bien les intérêts des puissants groupes qui l'ont porté au pouvoir: il relance l’exploitation offshore, au nom de l'América first and alone, malgré les dénis concernant les risques: "Le Bureau de mise en œuvre de la réglementation environnementale (BSEE) estime que l’industrie pétrolière pourrait économiser des centaines de millions de dollars sur dix ans. « En réduisant le fardeau réglementaire sur l’industrie, nous encourageons l’augmentation de la production nationale de pétrole et de gaz tout en maintenant un niveau élevé de sécurité et de durabilité environnementale », déclarait, le 28 décembre 2017, Scott Angelle, le directeur du BSEE, en présentant la future réglementation.
   L’idée générale est que l’industrie peut se réguler elle-même, qu’elle a tiré les leçons de la catastrophe qui a coûté à BP 18,7 milliards de dollars (15,5 milliards d’euros) en pénalités et dommages et intérêts, et qu’au fond, la nature est plus résiliente qu’on ne le croit.
    C’est le propos que tenait, en décembre 2017, l’universitaire Kelvin Droegemeier, secrétaire d’Etat à la science et à la technologie de l’Oklahoma. Interrogé sur l’irréversibilité ou non du réchauffement climatique, il citait en exemple l’affaire Deepwater Horizon : « Ce fut un désastre environnemental massif, et pourtant, grâce à la digestion microbienne d’une grande partie de la nappe, les impacts sont bien moindres que ce qui était craint. Il n’empêche, il n’est pas sage de tester Mère Nature. » Les associations écologistes contestent cette théorie de « nettoyage » par les microbes avancée dans une étude financée par BP. Elles soulignent au contraire les malformations constatées sur les espèces marines et estiment qu’il faudra au moins une décennie pour réellement évaluer les dégâts de Deepwater sur les écosystèmes."
      Des propos bien sût dénoncés par diverses organisations de défense de l'environnement.
  Contre la course folle aux énergies fossiles redevenue une priorité de sécurité nationale et de redressement économique, promettant d’annuler toutes les « restrictions tueuses d’emplois » et d’ouvrir les terres et les eaux fédéra les à la prospection d’hydrocarbures. Le président élu annonce à ses concitoyens une révolution énergétique, créatrice de millions d’emplois, sans dégrader la qualité de leur air, de leur eau et de leurs habitats naturels.
    Rien de moins.  Mais c'est surtout sous l'ère d'Obama que l’Amérique aura atteint les premiers rangs de la production mondiale de pétrole, aux côtés de l’Arabie saoudite et de la Russie, revenant aux niveaux de 1970, avec un record de 9,6 millions de barils par jour en 2015.
  Ce retour de l’Amérique a ébranlé le pouvoir de l’OPEP et a conduit à l’effondrement du prix du baril en 2014 et son maintien sous la barre des 50 dollars. Certes, la production américaine est redescendue aux alentours de 8,6 millions de barils, mais sous l’effet de la baisse des prix et non pas de « restrictions tueuses d’emplois »."
    La fuite en avant et à risques continue de plus belle  en relançant entre autres deux oléoducs controversés et ne sera pas forcément une bonne affaire pour les intérêts américains. Mais le long terme n'intéresse pas le locataire de la Maison Blanche.
    Le nouveau maître du pétrole a besoins d'être cru pour surmonter les tempêtes qu'il lève régulièrement, de forcer (en vain) le scepticisme des Californiens et les craintes de ceux de Floride, qui ont une certaine mémoire.
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