Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mardi 30 janvier 2018

Ehpad: ça déborde

Ils sont cassés, usés
                           Les personnels jettent l'éponge. Tout en assumant leurs charges. Un travail souvent très lourd et surtout psychologiquement frustrant.
   N'aimeraient-ils pas leur travail? C'est tout le contraire, comme maintes infirmières en hôpital.
    C'est parce qu'ils ne peuvent plus correctement accomplir leur tâche, essentiellement humaines, qu'ils veulent dire leur colère.
    Pourtant une Ehpad, quand on y va pour la première fois ou en passant, cela paraît tourner correctement, surtout les après-midi. Mais il faut y aller tous les jours pour s'apercevoir des dysfonctionnements. Soins trop rapides, peu de présences aimantes, de paroles. de reconnaissance.
   Beaucoup de résidents sont négligés. même dans les établissements les plus huppés.
    On voit souvent des anciens murés dans un silence obstinés, qui n'est pas toujours liés à des perturbations psychologiques, voire psychiatriques.
   On comprend que certains veulent s'échapper, comme celui qui ne voulait pas fêter son anniversaire.
   Mais c'est un roman. Ou cette dame qui veut surtout rester chez elle jusqu'au bout.
     C'est l'idéal, mais ce pas toujours possible et les soins à domicile sont souvent soumis au même stakhanovisme institutionnel. Quand la famille n'est plus là on ne joue pas son rôle, c'est le triste abandon.
   Certes on a beaucoup investi et rénové depuis une vingtaine d'années. La triste maison de retraite a vécu. Mais l'apparence ne suffit pas.
   Certains soignants parlent de « machines à broyer » développant la culpabilité.
 D'autres de "cynisme à l'égard des personnes âgées", qui est tout autant institutionnel que politique.
  On sacrifie beaucoup dans les ehpad, au profit de l'équilibre des comptes.
  Diverses formes de maltraitance passent souvent inaperçues.
  Certes il y a une grande diversité dans les établissements, mais les plus huppés ne sont pas toujours les mieux lotis. Les failles sont nombreuses.
   C'est la solidarité nationale qui fait défaut.  Une question de choix.       Les rendements financiers ne doivent pas être la logique du système. Chez Orpéa comme ailleurs.
  Les vieux, que nous seront tous, ne doivent pas être de simples éléments de la silver economy.
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