Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

lundi 12 février 2018

L'homme à la casse

Grande vieillesse et société.
                                         Un naufrage, disait De Gaulle.
      Pas toujours, mais souvent.
  A partir de 85 ans, tout se déglingue le plus souvent. Peu à peu ou brutalement.
Et la solitude est le plus lourd fardeau, pour beaucoup de nos aînés, souvent abandonnés pas les "proches", par une société atomisée, dont l'individualisme et l'indifférence sont devenus trop souvent  des marques caractéristiques...
  Ce que disent déjà les médecins médiévauxc'est que le meilleur remède à la vieillesse, c'est la socialisation: on vieillit moins quand on vit bien, avec des gens autour de soi.
  D'autres cultures vivent encore cette intégration.
      Le récent mouvement en faveur de moyens pour les  Ehpads nous l'a rappelé. Malgré les avancées matérielles, les moyens humains sont défaillants, au moment où la très grand vieillesse est de plus en plus présente.
   Le personnel soignant en témoigne souvent.
        La vieillesse est une notion bien multiforme, relative, mal cernée et culturellement marquée. 
         A une époque, on était considéré comme "vieux" dès la soixantaine et même plus tôt.. Aujourd'hui, ce terme est mal reçu. On a inventé des équivalents plus soft et plus graduels.
    On vieillit peu à peu, sans s'en rendre compte, jusqu'au jour où des signes ne trompent pas, où l'évidence s'impose, physiquement et/ou psychiquement.  Rares sont ceux ou celles qui, comme Gisèle Casadessus, gardent, au-delà de cent ans, des facultés presque intactes.
   Aujourd'hui, après une longue période de dépréciation dans notre culture, la mode est aux vieux, mais pas trop. Le troisième age, notion récente, est l'objet d'attention , souvent commercialement intéressée. C'est d'abord l'âge des seniors sur papier glacé, des seniors privilégiés, qui se mettent à vivre à pleines dents, consommateurs jusqu'au bout de loisirs et d'évasions.
  L'or gris est un bon filon et les seniors valent de l'or.
    Un marché d'avenir...Un gisement à exploiter dans les nouvelles silver valley
          Il y a du pognon à se faire dans ce gérontobusiness, où l'on est sommé d'être consommateurs jusqu'au boutSauf si les mamies font de la résistance...
  Vieillir, nul n' y échappe, mais comment?
      Mourir, la belle affaire, mais vieillir...chantait Brel. 
     Il est vrai que le grand âge, appelé le "quatrième" est un problème lourd, même en EHPAD.
      La solitude, encore une fois, est le problème majeur et ce ne sont pas les robots qui vont se substituer aux  personnels défaillants.
       C'est la période de L'homme à la casse (selon Colette Plat)
  On dénonce aujourd'hui la « mort sociale » de nombreuses personnes âgées.
       Le continent gris ouvre bien des portes sur les multiples aspects historiques et culturels de la vieillesse. Entre idéalisme et dépréciation.
    Une histoire de la vieillesse en Occident montre comment chaque culture, chaque époque, fabrique un type de vieillard conforme à ses valeurs.
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Aux USA, Beaucoup d'anciens, faute de ressources suffisantes sont condamnés à prendre un nouveau job, comme l'explique Parul Sehgal dans The New York Times.:


...Pendant trois ans, la journaliste Jessica Bruder a partagé le quotidien de dizaines de personnes âgées qui sillonnent les routes américaines à la recherche de jobs saisonniers. Dans Nomadland, elle décrit ses rencontres avec ces séniors qui, ayant perdu leur maison et leur emploi au cours de la crise financière de 2008, vivent maintenant dans des vans, des camping-cars ou des bus scolaires.
     L’auteur raconte les moments de joie et d’exaltation, mais également la précarité de la vie de ceux qu’elle qualifie de « réfugiés post-récession ». Lorsqu’ils ne sont pas sur les routes, « ils ramassent des framboises dans le Vermont, des pommes à Washington et des mûres dans le Kentucky. Ils sont guides dans des piscicultures, déchirent les tickets à l’entrée des courses de voitures et surveillent les gisements pétroliers du Texas », explique l’auteur.
      Beaucoup d’entre eux travaillent également dans les gigantesques entrepôts d’Amazon, déchargeant des palettes et transportant des colis par une chaleur accablante. « Dans les murs des entrepôts d’Amazon sont encastrés des distributeurs gratuits d’antidouleurs. L’Amérique carbure à l’Ibuprofène ; c’est la drogue de la performance de la nouvelle économie », commente Parul Sehgal dans The New York Times. ...
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