On parle d' investir massivement dans la défense nationale, mais qu'en est-il de la justice en déshérence ou de la santé publique, qui n'a pas de prix, même si elle a un coût.
Voudrions-nous suivre les pas de nos voisins anglais?
Quelle priorité?

La pression sur l’hôpital public est devenue intolérable, pour le personnel et forcément pour les patients. Le gouvernement rabote sur les sommes qu’il doit verser aux hôpitaux au titre des missions d’intérêt général, et il met toujours plus haut la barre des économies requises : 1,1 milliard d’euros en 2017, 1,6 milliard en 2018. Ces objectifs concourent à la dégradation des conditions de travail des personnels soignants, soumis à des cadences infernales et mal rémunérés. Résultat : l’hôpital public est fragilisé, à bout de souffle."
Le
Le système est à bout de souffle, comme en psychiatrie, comme dans les Ehpad, comme on l'a vu récemment.
Le rabot budgétaire dénature les système, hanté par la performance, dans l'esprit du new public management, emprunté au monde de l'entreprise, qui aboutit à un esprit d'autofinancement impossible et finalement ruineux par multiplication des actes.
On dérive vers un management sans ménagement pour les valeurs humaines qui doivent être au coeur du système hospitalier. Un chirurgien qui enchaîne de plus en plus d'interventions sans temps de repos, l'infirmière qui court d'un service à l'autre sans pouvoir parler avec ses patients, une concertation de plus en plus rare au coeur du personnel ne peut que créer frustrations et pire. La négation même de la fonction de soignant.

Certes, nous ne pratiquons pas chez nous de la discrimination hospitalière à l'israëlienne
Mais on arrive à un point de rupture, que dénoncent maints personnels et même des chefs de service.
Les clignotants sont là depuis des années.
Ce n'est pas d'hier que l'hôpital fonctionne avec des bouts de ficelles.
Le new public management est passé par là.
Le management nouveau est arrivé. Une sorte de quantophrénie, qui fait oublier l'intérêt du "client" aux soins.
Une gestion de plus en plus technocratique, comme dans une entreprise, où le malade n'est plus au centre du système.
Une médecine de plus en plus standardisée, du fait notamment de l'hyper-informatisation des données et des objectifs économiques visés. L'ordinateur est partout, l' humanité se raréfie.
Le glissement vers l'introduction du secteur privé, rend le système plus sélectif et plus onéreux, sous prétexte d'économie. Le privé devient la référence.
Les lois du marché s'imposent de plus en plus, là où le service à la personne concrète, avec ses maux propres, devrait s'imposer. Cela demanderait du temps, qui manque de plus en plus, comme le note Véronique Vasseur.
On assiste à des situations parfois ubuesques, avec des injonctions contradictoires.
Le premier malade, c'est l'hopital. Malade du marché.
Un grand corps malade de plus en plus en danger
La fatigue parfois extrême des personnels, souvent démoralisés, met les patients en danger. Le système ultra-complexe de la tarification à l'activité entraîne des surcoûts que l'on prétend vouloir éviter.

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- La France ne dépense pas « beaucoup plus que les autres » pour sa santé, contrairement à ce que dit Agnès Buzyn: ...Ce n’est pas « beaucoup plus que tous les pays de l’OCDE », puisque quatre d’entre eux dépensent autant ou plus : la Suède (11 % du PIB également), l’Allemagne (11,3 %), la Suisse (12,4 %) et… les Etats-Unis qui, eux, sont hors de la tendance, avec 17,2 % de leur PIB....
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- Malaise à l’hôpital public : il y a urgence
- Hôpitaux, Ehpad : le soin saccagé
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