mardi 6 juillet 2021

Néobac

Mais où va le Bacapapa? ( Points de vue sur ce qui se profile et déjà se met en place)

            Du bac "normal" au bac cool, numérisé et local, mais forcément plus inégalitaire?  On en prend le chemin. Ce n'est pas seulement une affaire de circonstances, covid oblige. L'épreuve nationale n'était pas parfaite, loin de là, méritait de nouveaux aménagements, mais pas dénaturés comme il est prévu, au nom d'une prétendue "modernité"  Les consignes ont changé: le mot d'ordre n'est plus les connaissances, la rigueur, la culture, mais la "bienveillance"...jusqu'à l'absurde.      On baisse les bras, mais ce n'est pas d'aujourd'hui. On s'achemine vers un examen de fin d'étude plus local, produit du terroir,  qui ne pourra  plus être objectif et unique, mais qui sera complètement dématérialisé à terme et réduit à une à une vision managériale de l'épreuve. C'est du moins ce que visent les penseurs de la start up nation, s'ils parviennent à leurs fins.                        ____ "... Il ne s’agira pas alors seulement de proposer des outils numériques pour renforcer l’apprentissage à distance, qui on le sait maintenant ne fait que renforcer les inégalités scolaires, mais aussi de vendre des produits “ciblés” aux élèves et aux familles, définis par l’analyse des copies, des erreurs de formes et de fonds récurrentes. Favoriser la marchandisation de l’éducation, voilà la finalité de cette mise en place forcée de la numérisation des copies.    Au passage, on est en droit de se demander où seront stockées les données et qui en aura la véritable maîtrise? Faut-il vraiment rappeler que les plus grands centres de données sont possédés par Amazon, Google, Apple ou encore Facebook? Mais on ne saurait oublier non plus toutes les compagnies de télécommunications qui sont entrées en lice. Comme le constate Educapital, un fonds d’investissement français:     “L'enseignement scolaire est incontestablement le marché ayant le plus gros potentiel en France”. Sans compter que, comme le rappelaient les Échos récemment, “les data centers poussent comme des champignons partout en France”. La France est même la première nation d’Europe en termes de numérisation des services publics. La situation est donc très claire, le gisement d’informations que représentent les millions de pages des copies du bac est une véritable manne pour les acteurs de l’industrie numérique. Le constat est simple. La “digitalisation de l’éducation” nous achemine une fois de plus vers une appropriation du bien public par des entreprises privées...."                                                                                 La blanquérisation de l'institution scolaire se poursuit à bas bruit. Une révolution se prépare, malgré les démentis. sans qu'on ait  défini les critères de la culture et de la formation intellectuelle, citoyenne et humaine.   Le marché de l'éducation se met en place.

                    (*) "...Les premières mesures remodelant le baccalauréat, puis la suppression des filières traditionnelles au lycée en 2019 pour les remplacer par des enseignements de spécialité, montraient déjà la volonté de créer des parcours très personnalisés. Qu’importe qu’ils défavorisent, par leur nature, les plus fragiles.  Portée par Frédérique Vidal, la ministre de l’enseignement supérieur, la réforme de l’accès à l’enseignement supérieur incarnée par Parcoursup a elle aussi ouvert la voie à la sélection et favorisé les inégalités. Le gouvernement dément ? La Cour des comptes, entre autres, a fait une lecture différente de celle de l’exécutif en 2020.  Jean-Michel Blanquer a beau répéter, depuis sa nomination rue de Grenelle, qu’il n’est pas un politique et qu’il incarnation une « société civile », en réalité introuvable, il vient finalement d’agir en vrai politique. Il a su utiliser des circonstances d’urgence pour installer une réforme pérenne.   Le contrôle continu, en effet, avait été introduit pour la session du baccalauréat 2020 par la force des choses. À cause du Covid, les élèves n’avaient pas passé d’examen final. L’année scolaire avait été marquée par un premier confinement strict et la fermeture des établissements scolaires deux mois durant.   Par une pirouette, le ministre de l’éducation nationale vient de décider d’introduire encore davantage de contrôle continu (lire l’article de Prisca Borrel sur le sujet). Si sa part reste à 40 %, les disciplines du tronc commun seront dorénavant évaluées par les enseignants tout au long de l’année scolaire et ne seront plus jugées lors de l’examen final de juin.   En terminale, ce dernier ne portera plus que sur les épreuves anticipées de français, les enseignements de spécialité et le nouveau « grand oral » déjà décrié car lui aussi serait un marqueur d’inégalités sociales. Très vite, les différents acteurs, organisations syndicales et spécialistes des questions d’éducation, ont alerté sur le risque engendré par ce qui est présenté comme un ajustement. Ils craignent que le bac, avec un contrôle continu, ne se transforme en examen « local ». Et que le diplôme qui en sera issu ait une valeur différente en fonction du lieu de scolarisation. ....;   ___ " Ce que projette le gouvernement n’est pas notre projet de société, celui que nous voulons défendre. Il est au contraire à l’opposé des valeurs qui font que nous avons choisi d’enseigner. Au mieux, il nous rendra donc de plus en plus malheureux dans notre profession. Au pire, il nous poussera à la démission pour nous remplacer par des statuts précaires (jeunes contractuels dociles et forcément dévoués s’ils ne veulent pas perdre leur contrat). Mais dans tous les cas, les valeurs que nous portons seront remplacées dès lors que les nouveaux enseignants seront recrutés sur de nouveaux critères tels que la distinction au mérite, distinction entre les professeurs d’un même établissement mais aussi entre les établissements. Nous y sommes déjà…                                                                                      _________"...Le rapport Mathiot dévoile un changement complet de paradigme, une nouvelle vision purement managériale de l’éducation, des professeurs et des élèves. S’opposent ici deux courants de valeurs : il y a d’une coté l’idée historique et originelle d’une école sous tutelle d’un état bienveillant qui accompagne l’émancipation de tous ses citoyens et assure l’égalité des chances, sans que l’orientation professionnelle des élèves ne soit anticipée outre mesure. De l’autre coté, il y a au contraire une idéologie plus libérale, de dérégulation, d’affaiblissement de l’état et du service public, pour l’ouverture de l’enseignement à un grand marché qui serait forcément vertueux grâce à la compétition de tous contre tous. Ce concept Mathiot n’est que le prolongement de la loi Vidal. Il anticipe le devenir professionnel des élèves avant même que ne soit achevée leur formation citoyenne et culturelle. Nous sommes à l’aube du basculement complet de notre modèle et de ses valeurs républicaines. Si le modèle actuel dysfonctionne, c’est uniquement parce que tout est mis en œuvre pour qu’il dysfonctionne… C’est pourquoi je le redis : à chaque proposition dans le texte, nous devons nous demander en quoi elle améliore les problèmes posés et si ces propositions n’y répondent pas alors quel est leur but réel ? C’est précisément parce que ce projet ne nous parle pas à priori que le travail de décodage est long, complexe et fastidieux. C’est précisément parce qu’il ne nous parle pas qu’il faut le faire parler, et parce que ceux qui le portent sont déterminés à nous y perdre. Nous n’avons pas le droit de nous dispenser de sa compréhension profonde. Je n’ai bien sûr aucune leçon à donner mais le sujet me tient trop à cœur pour ne pas vous mettre en garde mes chers collègues sur les conséquences d’une politique dont nous voyons déjà chaque année les dégâts sur nos conditions de travail, ainsi que celles des élèves. J’en veux pour preuve les heures d’enseignement qui disparaissent chaque année malgré la hausse des effectifs, les 45 heures supprimées cette année encore sur notre dotation horaire dans notre lycée et contre laquelle le CA a voté une motion ce jeudi 1er février. Bien sûr, faites-vous votre propre avis sur la question. Je vous donne le mien non pas comme une injonction mais comme un exutoire personnel, car j’ai ici besoin de m’exprimer. Je suis en effet très inquiet de ce qui se prépare, et je ne crois pas être le seul...   Un certain nombre de professeurs dénoncent les projets de réforme du baccalauréat et du lycée, ainsi que la réforme de l'accès à l'université. Alors que notre fonction première est de porter et transmettre les valeurs de la République, on nous impose un projet de réforme qui ne respecte aucunement le processus démocratique prévu par les institutions. En effet, à ce jour (février 2018), le texte n’est passé qu’en 1ère lecture à l’assemblée nationale et n’est donc pas officiellement adopté. Pourtant, les professeurs sont sommés de le mettre en œuvre dès à présent. Un certain nombre de collègue dénoncent la méthode antidémocratique et autoritaire du gouvernement pour la mise en application anticipée et accélérée d’une réforme dont nous ne sommes pas d’accord sur le fond à bien des égards.      À la lecture du rapport Mathiot, il ressort que ce qui se prépare est une révolution idéologique qui vise à détruire les fondements même de l’école de la République et les valeurs fondamentales qu’elle portait jusqu’à présent. Bien sûr rien n’est présenté comme tel dans les objectifs affichés, car il impératif pour le gouvernement de ménager notre mécontentement, plutôt que de le prendre en considération... Il faut pourtant déchiffrer l’origine idéologique de ces réformes. Il faut bien comprendre quel est l’objectif du gouvernement : la mise en application de la politique économique libérale prévue par l’OCDE et L'UE, progressivement mise en place depuis plus de 20 ans, sous prétexte d’austérité nécessaire. Pourtant s’il y a bien un domaine sur lequel il ne devrait jamais être question de faire des économies, c’est assurément sur l’éducation de nos enfants, car ils sont les futurs créateurs d’avenir et les passeurs d’Histoire de demain. Dans ces réformes, le prétexte d’austérité n’est qu’un arbre de communication qui cache la forêt idéologique et sournoise dont il nous est interdit de discuter la légitimité s’agissant pourtant de missions très spécifiques de l’école qui ne saurait être une entreprise, ni ses élèves des marchandises. Je m’alarme donc qu’on atteigne aujourd’hui le point de non-retour, la fin bientôt définitive des valeurs de l’école publique et égalitaire, les seuls valeurs pour lesquelles mon métier a encore un sens.          Désormais, le lycée ne sera plus un lieu d’émancipation, d’éducation et de partage de notre culture française construite autour de l’égalité et de la fraternité. L’école qu’on nous promet sera une institution de mise en compétition de chacun contre tous avant même que ne soient enseignées nos valeurs communes, avant même que nos jeunes ne soient émancipés dans un esprit critique et par des savoirs disciplinaires transmis par nos prédécesseurs qui les ont eux-mêmes acquis dans le temps long de notre Histoire commune. On nous promet une école qui classe au lieu de former, qui préfère les grilles de compétences normalisées et la mise en algorithme comptable de critères quantitatifs, plutôt que la mise en valeur des sensibilités qualitatives et de l’histoire humaine et sociale.   L’école deviendrait donc une institution qui organise le recrutement des élèves pour les entreprises, une agence d’enregistrement des futurs effectifs disponibles sur le marché du travail, futurs intérimaires aux statuts précaires, noyés dans la masse salariale, dévoués corps et âme pour le salaire minimal qu’autorise leur soi-disant « réussite » vis-à-vis de leurs camarades de promotion qui auraient « moins bien réussi ». Pourtant au final, il n’y a que 50 000 postes non pourvus à cause de l’inadéquation entre la formation et le besoin, mais en revanche il y a toujours 3,5 millions de chômeurs et seulement 500 000 places disponibles sur le marché de l’emploi...."      _________ Revoir la copie__ Bac d'aujourd'hui ____Français en souffrance___                                          ___( Affaire à suivre...)___________________

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