Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

jeudi 15 mai 2008

Bush : héritage irakien

Le vrai projet irakien...
Non, ce n'était pas une erreur...

"...George W. Bush a été très clair lorsqu’il a déclaré qu’il n’y aurait pas de limites aux actions militaires des Etats-Unis en Irak..."

Chomsky : les USA ont perdu l’Amérique Latine:

"...Son héritage(Bush) sera d’avoir détruit tout ce qu’il touche. Sur le plan international, il a créé une incroyable catastrophe en Irak et il a abîmé l’image des Etats-Unis dans le monde. En outre, sa politique intérieure, la plus néfaste depuis la Seconde Guerre Mondiale, nous a plongés dans une crise économique aux proportions gigantesques.Bush est-il, comme le disent de nombreux analystes, le pire président de l’histoire des Etats-Unis ?Oui, je dirais ça.Quelle a été la pire de ses actions ?L’Irak, sans aucun doute. Ce pays est la plus grande tragédie de ce siècle. L’invasion a détruit ce pays ; c’est une catastrophe. Sa stratégie, qu’il défend avec tant de force, c’est de créer une série de « seigneurs de la guerre » qui contrôlent de petits territoires mais qui, dans un avenir proche, finiront par se faire la guerre les uns les autres. Bush est un désastre total qui a conduit à un énorme développement du terrorisme.Quand croyez-vous que prendra fin cette boucherie en Irak ?Je pense comme John McCain, le prochain président des Etats-Unis, qui affirme que cela durera cent ans. Les candidats démocrates parlent de retirer des troupes, mais avec beaucoup de précautions et de réserves. En plus, si on considère ce que font le Gouvernement et le Congrès on ne peut pas croire que la fin soit proche : on construit d’énormes bases en Irak, peut-être les plus grandes au monde, et ils ne font pas ça pour les démanteler ensuite.

Mais pourquoi rester en Irak si la guerre est perdue ?
On n’aurait pas envahi l’Irak si ça ne représentait pas une très grosse prise et c’est ce que c’est puisque c’est en Irak que se trouvent les secondes réserves de pétrole les plus importantes au monde. L’Irak est au milieu des principaux pays producteurs de pétrole dans le monde. George W. Bush a été très clair lorsqu’il a déclaré qu’il n’y aurait pas de limites aux actions militaires des Etats-Unis en Irak pendant qu’il soutient que l’économie irakienne doit être ouverte aux investissements étrangers, tout en privilégiant les investissements nord-américains. Il a été très franc. Nous allons voir ce que fait son successeur..."

-Le Pentagone a délibérement intoxiqué et manipulé les médias qui couvraient la guerre en Irak.

Le plan secret pour maintenir l'Irak sous contrôle américain
-Secret plan to keep Iraq under US control -

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(Dedefensa.org) IRAK : transformation de la guerre:
"...Le système américaniste base sa puissance et son fonctionnement, depuis 1941-1945 de façon ouverte et organisée, sur l’activité de la guerre et sur tout ce qui lui est lié (puissance des forces armées maintenues sur pied de guerre, industrie de défense, développement des technologies). C’est le phénomène du complexe militaro-industriel. Le fonctionnement de l’économie est appuyé sur ce phénomène, avec une politique industrielle de type keynésienne. Les commandes militaires de toutes sortes de la puissance publique constituent effectivement un système indirect ouvert de subvention à la puissance industrielle et économique dans son ensemble. Comme l’avait souligné Eisenhower en janvier 1961, la culture et la psychologie profondes du pays en furent modifiées. C’est le triomphe du système grâce au Complexe.Jusqu’ici, les guerres ont constitué des événements économiquement “globalement positifs” pour les USA. La mobilisation industrielle de guerre du début de la Guerre froide, en 1948 (en vérité, le véritable début structurel tel que nous le connaissons de ce système militaro-industriel) a servi d’abord à sauver l’industrie aérospatiale menacée d’effondrement. L’une des conséquences pressantes de cet effondrement que l’on craignait à cette époque est qu'il aurait pu entraîner le pays dans une nouvelle Grande Dépression.
(On lira avec grand profit les textes que nous publiions le 12 février 2003 sur cette période, notamment la reprise d’une analyse publiée dans de defensa & eurostratégie du 10 avril 1995, consacrée au livre de Frank Kofsky, Harry S. Truman and the War Scare of 1948 (St Martin’s Press et Palgrave Macmillan, 1993 & 1995). Le processus et la cause réelle de la remilitarisation de l’industrie US après la démobilisation incontrôlée depuis septembre 1945 sont très précisément mis en lumière. On comprend qu’il y a là l’établissement d’un contrat entre le système et l’industrie de guerre, et l’activité de guerre par conséquent, pour la bonne marche de l’économie US.)
Depuis 1948, avec le précédent positif de la Deuxième Guerre mondiale qui sortit les USA de la Grande Dépression, le Complexe avait rempli son contrat. D’une façon générale, les guerres et l’industrie de préparation constante à la guerre étaient considérées comme des événements économiques “globalement positifs”. La guerre du Vietnam fut sans doute une exception sur le terme, mais elle ne fut pas perçue comme telle sur le moment. Aucun rapport négatif direct sérieux de cause à effet important ne fut établi dans la perception de la chose, laissant le Complexe dans sa position puissante de contractant principal du système.

La guerre en Irak rompt dramatiquement avec ce schéma. La démonstration de Stiglitz, traçant un rapport direct entre les dépenses pour l’Irak et la bulle immobilière entraînant la crise économique et financière constitue un événement tragique pour le système. Le contrat de 1948 est rompu puisque le Complexe ne tient plus son engagement d’assurer à la fois la puissance et une certaine prospérité économique. Pire encore, les chiffres de Stiglitz, par leur énormité par rapport aux prévisions (de $50 milliards à $3.000 milliards, ou le double, etc.), montrent qu’il n’existe plus aucun contrôle possible. Les dépenses, directes et indirectes, pour la guerre en Irak sont un mystère économique, un véritable “trou noir” qui affole la psychologie.
L’Irak a ouvert un nouveau chapitre de la transformation de la guerre. A son plus haut niveau et dans les conditions que nous connaissons actuellement, la principale violence de la guerre s’exerce désormais directement sur l’état de la puissance qui la provoque, et dans des domaines étrangers à ceux qui sont directement liés à la guerre. La puissance invincible que fournit le système est désormais impuissante (récurrence du thème “invincibilité = impuissance”, désormais de plus en plus universel). Les destructions à l’intérieur du système sont nécessairement supérieures à toutes celles que le système pourra provoquer dans le pays attaqué, comme si le fait même de déclencher la violence guerrière (la guerre en Irak) provoquait automatiquement des destructions supérieures (dans tous les domaines) chez l’attaquant (le système lui-même). Cette perversion suprême du contrat initial entre le système et le Complexe menace évidemment de mort la substance du système..."

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