Question de santé
Ils disent manquer de médicaments.
En fait, ils les réservent, en faisant un business intéressant mais dangereux. (*)
Et cela s'aggrave.
L'hôpital est plus touché que la ville.
Un Français sur quatre est concerné.
On attend les effets d'un plan annoncé.
Suffira-t-il de vouloir responsabiliser les grands laboratoires, qui font tant de bonnes affaires?
Et on disait que la production des produits pharmaceutiques, après trop de dérives, était sous contrôle?...
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(*)-.... Ils ont fait chou blanc dans toutes les pharmacies de leur quartier. La quête du vaccin à injecter au plus tard cinq mois après la naissance de leur bébé a mené ces parents de l’est parisien, dix kilomètres plus au sud, à Malakoff, glacière à la main. Il était temps. « C’est un coup de chance, nous avions seulement une boîte en stock, commente Danielle Treussard, qui tient l’officine francilienne. En revanche, il nous manque toujours de la cortisone depuis plus d’un mois. » Le 22 mai, des rhumatologues en colère ont de leur côté adressé une pétition à la ministre de la santé pour qu’elle réagisse face à leurs patients privés d’antidouleurs. Ils dénoncent le comportement de l’industrie pharmaceutique qui se préoccuperait peu de fournir ces traitements d’importance vitale, mais peu rémunérateurs. Alors, ils attendent du plan anti-pénurie d’Agnès Buzyn – qui devrait être annoncé ce lundi 8 juillet, selon son cabinet –, et de la fermeté vis-à-vis des laboratoires. D’autant que les disettes sont de plus en plus récurrentes : 538 médicaments essentiels, dits d’intérêt thérapeutique majeur, ont été en rupture ou tension d’approvisionnement en 2017 selon l’agence du médicament : c’est douze fois plus qu’il y a dix ans. Et un quart des Français aurait déjà été confrontés à un refus de délivrance de leur traitement pour cause de pénurie. « Les malades sont contraints à faire du porte-à-porte avec ordonnance », dénonce Carmen Hadey, administratrice de SOS Hépatites. Surtout, notre système sanitaire est menacé : faute de vaccin contre l’hépatite B, par exemple, les risques de transmission de la maladie augmentent, des embauches de pompiers ou d’infirmiers ne peuvent être validées, des patients se fournissent au marché noir, se rabattent sur des vaccins combinés avec d’autres non nécessaires, ou zappent carrément les rappels. Ce qui ne les protège plus, à terme, contre le virus.

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