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mercredi 6 mai 2026

Paysannerie d'aujourd'hui

Sous le signe de la violence

       France5 a eu l'occasion de rediffuser un excellent documentaire, tiré du livre de   Nicolas Legendre  (Prix Albert Londres) sur le vie méconnue de beaucoup d'"exploitants" agricoles (c'est l'expression d'aujourd'hui) et leurs difficultés à assumer le travail et la vie qui sont les leurs dans les conditions actuelles que leur imposent souvent une grande solitude dans le marché dans lequel ils doivent s'insérer, dans certaines régions plus que d'autres, dont on ne retient généralement que quelques faits divers.   Certes, le monde agricole et les modes de production restent encore d'une grande diversité, selon les lieux, la qualité des terres, et dans une certaine mesure, les traditions. L'agriculture biologique, elle, constitue une sphère à part, malgré les difficultés de s'imposer  contre la logique productiviste en vigueur.


                                                                                      Un système qui a muté dans les années 70, contraint de s'insérer dans un agrobusiness, devenu souvent pervers, qui a changé radicalement le mode de production et les rapports au travail, le lien à la terre. L'agro industrie est devenu la norme dans les régions qui s'y prête au mieux. Ce que a pu appeler la fin des paysans. Plus qu'un malaise                                                                                                                                           Une "fuite en avant productiviste, faite de surendettement, de tentatives de suicide. Mais aussi, des violences entre paysans, avec la guerre des terres.                                                                                " ...Depuis soixante-quinze ans, le productivisme agricole épuise les terres et les hommes, jusqu’à en mourir. Ce n’est plus un secret pour personne. Mais quelque chose semble avoir bougé dans l’état des lieux terrifiant que dresse Nicolas Legendre, qui s’est associé avec la cinéaste Magali Serre pour cette première réalisation. Prix Albert Londres en 2023 pour son livre enquête Silence dans les champs (Arthaud) où il déshabille le complexe agro-industriel à l’œuvre en Bretagne, ce fils de paysan persiste et signe, avec ce documentaire, en élargissant la focale à la France entière. « Au fil de dix années, retrace le journaliste, j’ai recueilli les témoignages anonymes d’agriculteurs, d’éleveurs, de décideurs du monde agricole. Mais aujourd’hui, devant le désastre écologique et humain, la parole se libère. »  Les témoignages, désormais assumés, sont stupéfiants. Chaque année, des milliers d’agriculteurs jettent l’éponge pour sauver leur peau. La violence est partout. « La violence et même la misère, expliquent Vanessa Péan et son mari, qui ont lâché leur ferme en Mayenne après quatorze ans d’activité. Dans le travail, les pressions, le regard des autres. On la ressentait, mais on ne s’avouait pas cette violence au quotidien. C’est maintenant qu’on a arrêté qu’on s’en rend compte, parce qu’on est libérés. Et on se dit c’est de l’esclavage... »

                              Détresse matérielle d'un côté, vu des revenus souvent très insuffisants. Détresse psychologique du fait des injonctions contradictoires qui sont au coeur d'entreprises d'un nouveau genre.     _______         


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