Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!

mardi 31 mars 2026

"Philosophe" de ma concierge

     Hantise et fantasmes

         

           On-fray mieux de le renvoyer  à ses études   
                                            Pour relire Césaire et Montesquieu______________

Guerres de l'information

                        La rivalité entre les grandes puissances n'a pas qu'un caractère politique et/ou économique. Elle est aussi - et de plus en plus- informationelle. Ce n'est pas nouveau, cela prend juste une ampleur nouvelle, avec des moyens sans commune mesure avec ce qui pouvait exister il y a seulement un siècle. Marc Bloch dans son essai Réflexions d'un historien sur les fausses nouvelles de la guerre publié en 1921, avait déjà soulevé le problème. Il faut dire que rumeurs et propagande avaient été intenses pendant la guerre de 14-18, de divers côtés.                                             La manipulation des esprits par tous les canaux disponibles reste une constante. Les fake news sont aujourd'hui à l'oeuvre, comme les nouveaux canaux de communication, ajoutant souvent à la confusion des esprits. Les moyens sont surmultipliés aujourd'hui et se développent même hors conflit. Les moyens donnés par l'IA ajoutent à la confusion parfois, comme on le voit aujourd'hui.     


                                                                                                                                                                   La galaxie trumpienne représente  un sommet jamais égalé dans la fabrication et la manipulation de l'information          ___   "...
Aux États-Unis, l’espace informationnel de 2026 n’a plus rien à voir avec celui de 2016 ni même de 2020. L’administration Trump a construit ses propres canaux de communication vers le public, attaque les médias traditionnels et sape toute capacité indépendante à documenter des faits....avec un nouvel objectif : le pourrissement du débat grâce à la fabrication d’une véritable infrastructure de propagande. Cette sorte de monde parallèle consolide la « réalité alternative » trumpiste, où le milliardaire a gagné l’élection 2020 contre Joe Biden, où l’attaque contre le Capitole le 6 janvier 2021 était une manifestation pacifique, et où toute critique ne peut être qu’un complot d’une gauche « terroriste ».     Peter Baker, correspondant du New York Times à la Maison-Blanche, décrit bien le nouveau rapport aux médias des membres de l’administration Trump II : « Ils ne considèrent pas la salle de presse comme un moyen de transmettre des informations. Ils ne la considèrent même pas comme un moyen d’influencer les journalistes. Pour eux, c’est un théâtre pour le public Maga [« Make America Great Again – ndlr]. »     En 2025, le département de la sécurité intérieure (DHS) a dépensé 51 millions de dollars dans la production de vidéos YouTube mettant en scène les arrestations menées par les agents de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement). Le budget pour les affaires publiques de cette police de l’immigration a explosé en 2025 grâce à la « grande et magnifique loi » budgétaire pour devenir une machine médiatique dont le but est d’inonder les réseaux sociaux.  L’équipe travaille comme une agence d’influenceurs professionnels, utilisant des outils payants de suivi des réseaux pour évaluer ses publications, classées par nombre d’impressions et de taux d’engagement. L’administration Trump défend volontiers cette opération : « C’est ce que veulent les Américains, la preuve visuelle que Trump tient sa promesse d’expulser des millions d’immigrants à travers le pays. »                                                                                                                                           Un écosystème médiatique alternatif s’est consolidé très rapidement, avec des plateformes vidéo et des réseaux sociaux financés et dominés par les conservateurs, parmi lesquels le propre réseau de Donald Trump, Truth Social. Le rachat de Twitter par Elon Musk, en 2022, a amplifié cet écosystème en assurant l’interconnexion de l’ensemble.                                                                                                                 ...Donald Trump a eu, pendant plusieurs décennies, une relation symbiotique avec les médias traditionnels, inséparable de sa carrière de promoteur puis de star de la téléréalité, et enfin d’homme politique. Mais il est passé d’une dépendance mutuelle à un affrontement direct, exigeant la soumission sous peine de destruction.   Donald Trump n’a désormais plus besoin des médias pour atteindre son public. Il les attaque, les poursuit en justice, menace leur crédibilité et, in fine, leur modèle économique. Le Congrès (à majorité républicaine) a par ailleurs validé l’essentiel des coupes budgétaires dans les médias publics, menacés de disparition.              Dès son retour aux manettes, Donald Trump a aussi favorisé les nouveaux supports médiatiques loyaux, transformant la composition de la salle de presse de la Maison-Blanche. Parmi les personnes accréditées, on trouve par exemple Brian Glenn, de Real America’s Voice, une chaîne fondée en 2020 qui retransmet tout ce que fait Trump sans commentaire. C’est Brian Glenn qui, en février 2025, a reproché à Volodymyr Zelensky de ne pas porter de costume-cravate lors de sa rencontre avec Donald Trump et J. D. Vance dans bureau Ovale...."    ___________

lundi 30 mars 2026

Rien que ça

 Il assume

              Sans complexes

            Et veut "sauver la France" ! 😧                                              _____________________

Nano à gogo

 Elles sont partout    [Bis repetita]

                              Il faut le répéter. Les nanoparticules sont partout.. Même dans notre assiettes.
     Ce n'est pas la première fois que, dans leur utilisation alimentaire surtout, elles sont devenues objets de critiques de la part de plus en plus de spécialistes.  Pas seulement dans les pesticides.  Des passagers clandestins dans nos assiettes.  Elles peuvent s'introduire dans l'organisme par de multiples voies.                                                                                                                                                                                                          ___  300 produits viennent d'être signalés comme pouvant être un danger pour la santé. Les risques sont maintenant mieux connus, même si des recherches restent encore à faire ou à poursuivre.
    Le dioxyde de titane, présent dans l’alimentation, notamment dans un certain  nombre de friandises, a été signalé comme un perturbateur potentiel.
   La toxicité de certains produits ne ferait même plus de doute.
      Certaines firmes commencent à arrêter leur production.
            Une nouvelle révolution technologique est en marche.
   On en perçoit un peu mieux aujourd'hui les enjeux ambigüs. 
La question revient régulièrement en devenant de moins en moins théorique, dans la mesure où les nanoparticules sont déjà notre pain quotidien.
   Même si on ne peut encore rien affirmer d'absolument précis et définitivement sûr pour l'instant concernant leur incidence sur les organismes vivants, de forts soupçons se font jour, si on se fie aux  trop rares études sur ce sujet
 "Elles "sont utilisées pour purifier l'eau, comme agent anti-agglomérant et gélifiant, et dans les emballages pour protéger contre les UV, éviter la multiplication des microbes ou détecter une éventuelle contamination". Dans le seul domaine des emballages, cette technologie en plein essor devrait rapporter 20 milliards d'euros d'ici à 2020, selon l'enquête de The Environmental Magazine. Dans l'industrie alimentaire, elle est aussi utilisée pour fournir nutriments et vitamines, ou encore comme conservateur, épaississant, colorant... Le dioxyde de titanium, par exemple, sert de colorant blanc "dans des dentifrices et de nombreux produits transformés, comme les Mentos, les chewing gums Trident et Dentyne, les M&Ms, la crème chantilly glacée de Betty Crocker...(" liste The Environment Magazine...")
___Oui, elles se sont discrètement invitées à notre table, entrant dans nos aliments:
La première question qui se pose est celle de l'infiltration, au fin fond de notre corps, des nanoparticules que l'on mange. Plusieurs études montrent qu'elles peuvent franchir les barrières de protection physiques, interférer sur le système immunitaire, pénétrer dans les vaisseaux sanguins, le système lymphatique et divers organes. Selon l'Afssa, "le foie et la rate seraient des organes cible, mais certaines nanoparticules sont retrouvées dans les reins, les poumons, la mœlle osseuse et le cerveau". En outre, la taille des nanoparticules est déterminante dans leurs pérégrinations à travers notre organisme, comme le montre une étude menée sur des souris et citée par l'OMS et la FAO : "Les plus petites particules [d'or] ont été retrouvées dans les reins, le foie, la rate, les poumons et le cerveau, alors que les plus grandes sont presque entièrement restées dans l'appareil digestif."
__La grande question est celle de l'effet de ces nanoparticules sur notre santé. Question complexe et, jusqu'ici, peu éclaircie.
   Malgré ces incertitudes provisoires, aucun moratoire n'existe et les applications, très rentables, avancent à grande vitesse dans de nombreux domaines.
 Raison de plus pour rester vigilant, malgré (ou à cause de) la difficulté des études approfondies. Bruxelles fait l'autruche.
     L'Association France ouvrière consommateurs (AFOC) s'inquiète...des risques potentiels induits par des produits alimentaires contenant des nanomatériaux, pointant un décalage de plusieurs années entre leur mise en vente et les résultats d'études toxicologiques.L'association reconnaît des "avancées" dans des textes adoptés récemment au niveau français et européen en la matière, qui "vont dans le bon sens". "Mais les résultats des études de toxicologie sur les premiers nanomatériaux interviendront dans plusieurs années. Pendant ce temps, les professionnels auront mis sur le marché de nouveaux nanomatériaux dont les risques ne seront étudiés que beaucoup plus tard, ce qui est contraire à la règle de prévention des risques: 'pas de données, pas de marché'", déplore l'AFOC. 
     Finalement, quels bénéfices pour quels risques? 
                         _____________________
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dimanche 29 mars 2026

Retour de flammes

       Comment sortir du chaos?

                         Un tournant

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Petit billet du dimanche

__ Confusion

__ Porosité

__ Bétonnage?

__ Exosquelettes

  __ Nanoparticules   >>                                         

__ Crise de l'eau?

__ Fausse fiction

__ Mieux qu' Harvard

__ Brebis galeuse

__ Légende trumpienne

__ Balle dans le pied

__ Simple "exhortation"

__ La hantise de Sterin

__ Rêves de Dubaï?

__ Scénario noir 

__ Pompe africaine

__ Applications néfastes

__ Une honte américaine

__Fusion nucléaire: quel avenir?

         ___________________   Retour de flammes _________

samedi 28 mars 2026

Ah!ah!

 On verra bien demain...

             Signaux contradictoires

                               _______________

Bach en lumière

Rencontres lumineuses                                                                                                                                                                                          Muique et Cosmos

               Dans ce monde de bruits de fureurs                                                                                                                                             Le meilleur de Bach, auteur indépassable, interprété par Claire Marie                                                                                                        Pour un retour à la sérénité...Une musique sidérante et sidérale.

         Une musique aussi lumineuse que la pensée de Luminet, le bien nommé, entre science et poésie.                                                                                                                    Une musique du cosmos.  Des disciplines soeurs...

                           ________________

vendredi 27 mars 2026

Ça ne s'explique pas...

   Mais cela mérite un hommage

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Jospin. Droit d'inventaire

Fallait-il une reconnaissance nationale?

               Si la personnalité de Lionel jospin a marqué une époque et si son oeuvre ne fut pas mineure, fallait-il faire une cérémonie de reconnaisance nationale, dont il aurait certainement refusé le principe par anticipation? Le droit d'inventaire, qu'il réclamait pour l'action de Mitterand pourrait s'appliquer à son action elle-même, pas seulement par la droite. Comme cela pourrait être légitimement le cas  en démocratie, à l'égard de tout pouvoir d'importance. Son héritage fut ambigü. Son idéalisation post mortem relève en partie d'un fantasme qui a tout oublé de cette époque complexe. Tout pouvoir mérite critique, même a posteriori, même si elle peut être parfois outrancière ou même un peu injuste. On oublie trop souvent les privatisations nombreuses faites au nom de ouverture du capital, un euphémisme subtil...et d'autres mesures contestées, parfois seulement sociétales.  Lire ICI. "   Le Premier ministre le reconnaît dès juillet 1997 : « Il faut combiner les logiques économiques, y compris libérales, mais sans nier le social. »                                                "...S’il le fut objectivement par ses fonctions gouvernementales, ce militant formé par l’OCI lambertiste, avec laquelle il resta secrètement lié jusqu’à la fin des années 1980 tout en étant dirigeant socialiste, avait dans ses bagages intellectuels une critique radicale de ces institutions présidentielles, dans lesquelles les divers courants trotskystes ont toujours vu la permanence du bonapartisme français, cette confiscation de la volonté populaire par le pouvoir d’un seul.  Un livre trop peu rappelé depuis son décès, dimanche 22 mars, en porte témoignage, sorte d’aveu contourné de l’obstacle sur lequel sa vie politique a trébuché. Paru en 2014, cet avant-dernier livre de Lionel Jospin peut se lire comme l’expression de son propre remords. Le Mal napoléonien (Seuil) – c’est son titre – est une réflexion sur la longue durée du bonapartisme français dont le présidentialisme de la Ve République est le persistant héritage. Sous son apparence posée et retenue, bien dans le style du personnage, c’est un réquisitoire....Curieux livre dont la démonstration restait cependant inachevée, comme si son auteur laissait ses lecteurs en tirer par eux-mêmes les conclusions. Car le « droit d’inventaire » de Lionel Jospin n’y affrontait pas explicitement sa propre expérience de l’« empreinte du bonapartisme » sur la vie politique française : l’absolutisme présidentiel, cette monarchie élective que la gauche a fini par rallier avec François Mitterrand, sa victoire de 1981 après deux précédentes tentatives et ses quatorze longues années au pouvoir....Par l’effet de sa réussite, le mitterrandisme a réussi à convertir la gauche à ce qu’elle combattait : le pouvoir personnel, le coup d’État permanent, la primauté de la conquête de l’Élysée, la politique collective rabattue sur l’élection solitaire, le dévouement militant détrôné par l’électoralisme professionnel… Et c’est cette conversion qui fut fatale à l’espérance qu’incarna Lionel Jospin, alors fédérateur de toutes les sensibilités socialistes, de François Hollande, auquel il avait confié la direction du PS, à Jean-Luc Mélenchon, dont il fit son ministre à l’enseignement professionnel..."     


                                                                                                          __                              ___ Jospin est passé à côté de l'inventaire à son égard..."   
«J'ai surestimé l'approbation»: l'autisme de Lionel Jospin est tout entier contenu dans cette formule. En clair, l'ancien premier ministre a l'intime conviction que son bilan est excellent mais se prend seulement à regretter que les Français ne l'aient pas compris. Page après page, malgré le recul dont il dispose désormais, Lionel Jospin se refuse toujours à procéder au moindre examen critique de la politique qu'il a conduite de 1997 à 2002, du temps où il était premier ministre.   Parle-t-il de la politique fiscale? Il omet de dire que sous la pression de Dominique Strauss-Kahn d'abord, de Laurent Fabius ensuite – éblouis à l'époque l'un et l'autre par le social-libéralisme et rivalisant de mesures de déréglementation –, il a entériné des dispositions très favorables aux très hauts revenus, comme la baisse du taux supérieur de l'impôt sur le revenu ou une scandaleuse fiscalisation des stock-options. Et il préfère proférer quelques généralités: «En soi, réduire l'impôt n'a rien d'absurde... si les circonstances le permettent et si cela peut servir l'activité économique (...) Rien à voir avec le bouclier fiscal d'aujourd'hui qui protège les privilégiés.»          En bref, le fameux «devoir d'inventaire» qu'il a revendiqué en d'autres temps face à François Mitterrand, il ne l'exerce pas à l'égard de lui-même. Et cet autisme est d'autant plus étonnant que cet inventaire ne serait pas toujours en sa défaveur. Car si Lionel Jospin a pris des mesures fiscales très discutables sous la pression de ses ministres des finances en faveur des hauts revenus, il a aussi eu le courage par exemple d'imposer à Dominique Strauss-Kahn – qui y était opposé – un très fort relèvement de la fiscalité de l'épargne.           
Parle-t-il de la politique de privatisations qu'il a conduite? Il n'esquisse pas le moindre regret et falsifie la réalité. D'abord, sur le fond, il n'a pas un mot pour regretter que le contrôle des plus grandes entreprises françaises, celles qui sont cotées au CAC 40, ait été progressivement livré aux grands fonds d'investissement étrangers et notamment aux fonds anglo-saxons. Ensuite, il professe cette contre-vérité: «Il est absurde de dire que nous aurions privatisé plus que le gouvernement Chirac et jamais aucun chiffre n'a été apporté à l'appui de cette affabulation....»                   "Ce qui est important, c'est que le peuple  de gauche ne pense pas que je l'ai trahi" (Selon Askolovitch)__________                                                                                                    

Un site méconnu

C'est tout aux confins des Vosges.

        Au coeur de ce qui est aujourd'hui un petit village, loin de tout.
             En un lieu improbable, à quelques lieues de Neufchâteau.
                          Là où les touristes ne s'aventurent guère.
                                     Sans doute assez peu connu même des amateurs d'archéologie.                                                                 Le site de Grand, très tardivement découvert, partiellement mis à jour, offre quelques petites merveilles, oubliées et partiellement préservées, grâce à l'enfouissement et l'oeuvre des siècles.


       Cité religieuse fortifiée, elle offre d'importants reliefs: un ample amphithéâtre, un musée où sont rassemblées les pièces découvertes sur place, surtout une importante et admirable mosaïque au sol, une des plus grande du monde romain..
    Un site dédié à Apollon, qui attirait même des empereurs romains, dont Constantin, qui y fit un passage: "...  alors en route vers Trêves, il s’y est arrété en 309 dans le  sanctuaire le plus beau du monde (templum toto orbe pulcherrimum), selon l’expression de l’auteur inconnu du Panégyrique de Constantin.… Durant ce pélerinage, il aurait eu une vision divine d’Apollon qui lui laisser espérer un règne heureux et long.
      Bon, difficile de démêler le vrai de la légende, dans cette note furtive. En tous cas, son passage, comme celui de quelques autres, est avéré, sur un haut lieu célèbre pour ses sources et ses résurgences. On connaît l'importance que les Romains attribuaient aux sources et aux cultes qui y étaient souvent rendus. Grand, à l'époque étaient une sorte de Lourdes. Un complexe réseau aquatique souterrain reste à découvrir.
        Wikipédia évoque cette citéfaisant allusion au nom du lieu (c'est à Grannus, surnom d'Apollon, que l'on rapporte l'origine du nom de Grand (Vosges). et donne une idée des débats en cours sur l'origine, la configuration et les fonctions des activités qui s'y déroulaient.
      Grand, la gallo-romaine, continue à susciter admiration et perplexité chez ceux qui ont le courage de faire le détour, bien payés en retourcomme ce fut mon cas, il y a déjà bien des années.
   Il reste encore beaucoup à faire pour continuer des fouilles, en partie neutralisées par l'habitat. Mais le manque de moyens, comme à Thérouanne dans le Pas de Calais, oblige à se contenter des résultats des travaux déjà accomplis et à faire travailler son imagination...
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jeudi 26 mars 2026

Mirage?

  Un univers fantasmé...

            Et une stratégie fumeuse                                                      ___________________

Varia

__ Lassitude

__ Résister?

__ Contradictions

__ Sharp Power                                 

__ Inacceptable

__ Chiisme

__ Presse libre?

__ Harvard en justice

__ Calcul trumpien

__ Désarroi libanais

__ Le pire scénario

__ National capitalisme

__ Obsession cubaine

__ Nettoyage ethnique

__ Le prix de l'eau

__ Matière à penser

__ Mensonges de Musk

__ Irresponsabilité d'Etat

__ IA générative en question

__ Fusion nucléaire: espoir?

                     _________   (Libre) revue de presse ____________

mercredi 25 mars 2026

Brouiller les cartes

 Jouer sur plusieurs tableaux?

                 Quel discours tient le chef de guerre?

              Allez savoir...                 _____________

Quel journalisme pour demain?

A la croisée des chemins

                                   Jamais encore la presse d'information n'avait été confrontée à de tels défis. L'introduction de plus en plus rapide de l'IA, sous des formes variées, dans le secteur de la presse, représente un tournant majeur, trop rarement évoqué et anticipé. Surtout quand on se rappelle ce qui doit constituer l'essentiel de la notion d'information, qui n'est pas la simple présentation des faits, mais leur interprétation la plus objective et honnête qui soit. Faire l'opinion est toujours le résultat d'un processus complexe et collectif, dans lequel la responsabilité est engagée.     


                                                                                                         La question de certains usages actuels et potentiels des outils dérivés de l'IA devient de plus en plus une préoccupation, partagée par les meilleurs spécialistes de la question. Des menaces pèsent sur le travail et  l'indépendance de la presse, même dans ses formes actuellement les plus élaborées. On a vu le monde du cinéma comme de la traduction s'insurger contre certains usages de l'IA, qui remettent en question leur travail et leur talent. Un risque qui n'a rien d'imaginaire. C'est le risque de la "robotisation" de la culture en général, qui peut affecter d'autres domaines culturels, où la créativité pourrait être réduite ou abolie...   Face à l'érosion de la presse digne de ce nom et du développement anarchique des plate forme en tous genres, la question n'est pas mineure.   Nous sommes à la croisée des chemins....                                                                                                                                                               "...Le lancement de ChatGPT en novembre 2022 et l’avènement des chatbots ont soulevé une nouvelle vague de captation des audiences. Ces moteurs de réponse produisent des résumés d’actualité qui dissuadent les usagers de consulter la presse : pourquoi lire un article journalistique sur un conflit quand une intelligence artificielle en synthétise des dizaines en une seconde ? Conséquence : depuis le lancement par Google du moteur de réponses AI Overview en mai 2024, les sites de presse ont, aux États-Unis, perdu un quart de leur trafic tandis que la proportion de recherches de nouvelles sur des chatbots n’occasionnant aucun clic vers des sites de presse passait de 56 % à 68 % (5). Cette réorientation se traduit par une évaporation des revenus publicitaires et une fragilisation des modèles économiques des médias et des agences.                 Si le lecteur souhaite aller plus loin ou vérifier l’information fournie par le chatbot, la machine lui propose certains liens. Mais ces sources sont six à dix fois moins nombreuses que celles fournies, par exemple, par Google Actualités, ce qui réduit d’autant la possibilité de consulter, voire de découvrir, des médias d’information. OpenAI a choisi de ne pas publier les critères utilisés par son automate pour sélectionner des sources de presse. Les éditeurs ne peuvent donc pas mettre en place des stratégies susceptibles de favoriser la sélection de leurs articles. Dans cette mécanique du pire, la dépendance des éditeurs aux géants du numérique s’accroît. Ainsi, l’absence de l’Agence France-Presse (AFP) parmi les sources que référencent les principaux agents conversationnels appauvrit cette dernière en limitant sa visibilité, alors que les journaux, qui subissent la même attrition, peinent de leur côté à payer leurs abonnements à l’agence.                                                                         Cette asphyxie des médias n’est pas un simple effet collatéral de l’innovation : elle marque une reconfiguration géopolitique de l’information. La compétition pour la visibilité s’internationalise car l’oligopole de la Silicon Valley offre une prime démesurée aux industries médiatiques anglo-saxonnes. OpenAI (qui commercialise ChatGPT) et ses concurrents privilégient un noyau restreint de titres globaux, tels que le New York Times, le Guardian ou CNN, et relèguent les autres au rang de figurants (6). La presse indépendante et/ou rédigée dans une autre langue que l’anglais n’a pas les faveurs des algorithmes.                                                                                        En France comme dans de nombreux pays, cette dépendance s’est construite en deux décennies dans un rapport de forces inégal. Dès 2003, Google Actualités reprenait des contenus sans rémunérer quiconque au nom d’une prétendue neutralité technique. Dix ans plus tard, l’État français misait sur l’autorégulation et favorisait la création d’un fonds de financement privé qui substituait la charité au respect du droit d’auteur. Parallèlement, le plus célèbre moteur de recherche nouait des partenariats avec certains titres et insérait dans son algorithme un classement des sources fondé sur des critères comme la taille et la productivité des rédactions.  La loi de 2019 reconnaît enfin les « droits voisins » : elle impose à Google et aux autres plates-formes de rémunérer les éditeurs lorsqu’ils reprennent leur production. Mais l’application concrète dépend d’accords souvent opaques : Le Monde perçoit au titre des droits voisins des sommes cent fois plus élevées que La Voix de la Haute-Marne. La logique du « winner takes all »  le gagnant prend tout ») a éclipsé celle de la péréquation d’après-guerre. Avec l’IA, les accords de rémunération bénéficient majoritairement aux grands médias capables de négocier des compensations importantes, tandis que les titres locaux et indépendants se contentent de sommes dérisoires (7). En 2024, OpenAI a ainsi conclu des accords avec les groupes Le Monde, Axel Springer, Condé Nast, News Corp…, qui profitent à la fois des largesses financières prodiguées par le créateur de ChatGPT et du renvoi de trafic. Selon les données de SimilarWeb, la part des visites sur le site LeMonde.fr reçues depuis ChatGPT atteint 10 %, soit dix fois plus que les médias d’information concurrents. « Une citation du Monde dans un article de ChatGPT nous permet de convertir, en abonnements payants, vingt fois plus qu’un article du Monde sur Facebook et cinquante fois plus sur Google Discover », explique M. Louis Dreyfus, président du directoire du groupe Le Monde (8).                                                                                              Le journalisme se transforme-t-il en une classe d’actifs pour les industriels de la tech qui, après avoir capturé la distribution, investissent la production du sens ? Au fond, l’intrusion des géants de l’IA dans les rédactions constitue moins une rupture que le prolongement du processus amorcé dès le milieu des années 2000 avec le choix du tout-numérique. Pour être bien référencé par les plates-formes, les médias doivent réagir constamment à l’actualité et donc publier plus, plus vite, plus court. Les journalistes « web » rédigent quotidiennement de nombreux « contenus » alors que leurs confrères du « print » (l’« imprimé ») disposent généralement d’un ou de plusieurs jours pour rédiger un article ; mais voici les seconds vivement invités à rattraper la cadence des premiers. Ainsi, une stratégie initialement destinée à doper la diffusion transforme peu à peu la production. Et contribue à la modification des habitudes de lecture dont se prévalent ensuite les autres éditeurs pour justifier de mettre le doigt dans l’engrenage.   Cette accélération a encore renforcé la part du journalisme « assis », dont l’activité consiste moins à collecter des nouvelles originales sur le terrain ou à porter un regard critique sur le monde qu’à retraiter une information préfabriquée (dépêches d’agence, communiqués de presse…) (9). En 2017, une étude révélait que 64 % du contenu des articles publiés en ligne était copié-collé à partir de textes rédigés par des humains (10). Avant même l’arrivée de l’IA, une part significative du métier se réduisait ainsi à une série de tâches répétitives et quantifiables évaluées à travers des indicateurs de performance. En devenant une simple opératrice de flux, la profession s’est rendue d’elle-même automatisable. À présent, Internet se trouve submergé d’informations synthétiques. En novembre 2024, le volume des contenus générés par l’IA atteignait 55 % (11). Des sites d’information dépourvus de toute rédaction humaine se multiplient tandis que des images artificielles de médiocre facture saturent les réseaux sociaux.                                                                            Un avenir se dessine. Au sommet, quelques grands groupes ayant tiré leur épingle du jeu produisent une information de qualité à destination d’un public privilégié et parviennent à équilibrer leurs comptes grâce aux accords conclus avec les majors de l’IA. En dessous, un marécage numérique où les articles synthétisés automatiquement à partir de posts d’usagers sur les réseaux ou d’autres contenus créés artificiellement défilent sous les yeux du grand public. Les gouvernements n’ignorent rien de ce scénario : en misant sur l’autorégulation, ils en ont écrit le script. "  [Merci au Monde diploOlivier Koch & Nikos Smyrnaios. Respectivement maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université Sorbonne Paris-Nord et professeur dans la même discipline à l’université de Toulouse, auteur de L’Espace public sous l’emprise du capital. De la presse bourgeoise aux géants de la Silicon Valley, Le Bord de l’eau, Bordeaux, 2025._ souligné par moi _]                                                                                                                                       __ « Avec l’IA, des licenciements transformés en arguments marketing », entretien avec Antonio Casilli, L’Humanité, Saint-Denis, 29 janvier 2026.

(4Nikos Smyrnaios, Les Gafam contre l’Internet. Une économie politique du numérique, Institut national de l’audiovisuel (INA), Bry-sur-Marne, 2017.

(6Olivier Koch, « Comment ChatGPT choisit ses sources pour vous répondre sur l’actualité », La Revue des médias, INA, 24 septembre 2025.

(7Charis Papaevangelou, « De l’internet à l’IA, bis repetita entre médias et géants du numérique ? », La Revue européenne des médias et du numérique, n° 71, Paris, automne 2024.

(8« Comment l’IA bouleverse-t-elle notre manière de nous informer ? », émission « La Fabrique de l’information », France Culture, 5 septembre 2025.

(9Sophie Eustache, Bâtonner. Comment l’argent détruit le journalisme, Éditions Amsterdam, Paris, 2020.

(10Julia Cagé, Nicolas Hervé et Marie-Luce Viaud, L’Information à tout prix, INA, coll. « Médias et humanités », 2017.

(11Jose Luis Paredes, Ethan Smith, Gregory Druck et Bevin Benson, « More articles are now created by AI than humans », Five Percent.      

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