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lundi 6 juillet 2026

Point d'histoire

1776: La Révolution américaine: le vrai sens

                       Une auto célébration pour le Super-Président narcissique, qui n'en loupe pas une, malgré une morosité ambiante. Une "modestie" remarquée, Trump déclarant que  son pays était « le chef-d’œuvre de l’histoire de l’humanité ».   Rien que ça!     Dans le droit fil de l'exceptionnalisme américain...                                               Ce fut un élément fondateur, c'est sûr, qui eut des répercussions sur l'histoire du monde. Un processus qui ne se ramène pas à quelques idées simples, mais un tournant fondateur. La France y tint un rôle majeur.                                                              Une réalité historique plus complexe que les mythes habituellement véhiculés. Des esclaves noirs en furent des acteurs. Une élite coloniale surtout a su en tirer profit.

           "...Le paradoxe est immense. En 1783, lorsque le traité de Paris reconnaît l’indépendance des Etats-Unis, l’esclavage est maintenu dans les anciennes colonies britanniques devenues Etats-Unis d’Amérique. Des centaines de milliers d’hommes et de femmes restent dans la servitude. Il faudra attendre la guerre de Sécession [1861-1865] et le 13e amendement [à la Constitution des Etats-Unis], en 1865, pour que l’esclavage soit juridiquement aboli sur l’ensemble du territoire américain. Ainsi, certains esclaves noirs auront contribué à l’indépendance d’un pays qui continuera à maintenir en esclavage des millions de personnes pendant plus de quatre-vingts ans..."    

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                                                                                                                                __        ____ Le grand Tocquevillle, fin connaisseur de la nouvelle Amérique, faisait part plus tard de ses réserves "...Tocqueville était accablé par l’évolution des États-Unis après les années 1850. Il voyait très bien l’émergence d’une classe politique violente, conséquence de ce qu’il appelle la « plaie inguérissable » de l’esclavage, et l’afflux d’immigrants européens qui n’avaient pas reçu la longue éducation à la liberté acquise au fil des générations le préoccupait. J’aime beaucoup quand il dit que l’Amérique, c’est le « puer robustus » de Hobbes. L’enfant robuste ?Oui, le puer robustus chez Hobbes a la force d’un adulte avec la raison d’un enfant. C’est une puissance qui croît plus vite que la sagesse. Ce n’est pas une mauvaise description du président américain actuel… Tocqueville gardait pourtant, quoiqu’il ait un véritable optimisme quant à l’avenir des États-Unis, un optimisme que les Américains d’aujourd’hui ne partagent plus : beaucoup doutent, d’après les dernières enquêtes, de la survie même de leur modèle. ..."

          _____ Le résultat, selon la journaliste Judith Levine, qui s’exprime dans le Guardian, est une commémoration marquée par « une mixture d’égocentrisme trumpien, de populisme Maga [« Make America Great Again »] et de nationalisme chrétien ». Plus que jamais, une mythologie qui attribue la naissance de la République états-unienne à des hommes blancs supérieurs et guidés par Dieu est propagée. Pour Mediapart, Carine Lounissi revient sur l’identité et les motivations des groupes sociaux qui ont été partie prenante de la dynamique révolutionnaire de 1776. Maîtresse de conférences à l’université de Rouen-Normandie, elle a codirigé La Révolution américaine et la naissance des États-Unis (Armand Colin), paru cette année. ...   Institutionnellement, la République pensée par James Madison est clairement en faveur des élites, laissant de côté les éléments les plus populaires des États-Unis. Son caractère insuffisamment démocratique a d’ailleurs été pointé par une coalition assez hétérogène : à la fois des milieux « antifédéralistes » issus de l’État de Pennsylvanie (lequel avait été assez avancé pour permettre le vote de la plupart des hommes blancs avec un mécanisme censitaire limité) et des aristocrates esclavagistes qui craignaient la restriction de leur commerce par un pouvoir central et vantaient l’autonomie des États et la démocratie locale.                                      Quels ont été les perdants de la révolution ? Ou du moins les groupes laissés de côté, malgré l’universalisme théorique des idéaux proclamés dans la Déclaration d’indépendance ? ...Les perdants sont d’abord les loyalistes, c’est-à-dire les partisans de la couronne britannique, qui s’opposaient aux patriotes, partisans de l’indépendance. Parmi les premiers, on compte des Blancs et des esclavagistes qui préfèrent rester britanniques et partir dans d’autres espaces coloniaux ou vers la Grande-Bretagne.                            __    Mais une majorité de Noirs américains ont aussi choisi ce camp, car les Britanniques leur promettaient la liberté – aucunement par humanité, mais bien dans le cadre d’une stratégie de guerre. La très grande majorité des autochtones ont également choisi le camp britannique. À la suite de la proclamation de 1763 qui fermait l’accès à l’ouest des Appalaches, ils estimaient en effet que la Grande-Bretagne était le plus à même de défendre leur souveraineté.    En 1783, quand les Britanniques ont reconnu l’indépendance, le Congrès a considéré que les autochtones avaient perdu la guerre et que cela légitimait une accélération de la politique d’expansion coloniale et de spoliation systématique de leurs terres. Celles-ci étaient considérées comme un tribut de guerre. Et on l’a dit, l’esclavage a été maintenu dans les États qui n’y avaient pas déjà renoncé...." _____    


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