Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!

dimanche 11 novembre 2012

Guerre 14-18: on peut encore en mourir



« Contre la guerre. À ses victimesÀ la fraternité des peuples. » (Dardilly)
__Si on connaît le premier mort de la Grande Guerre, cette dévoreuse d'hommes, qui s'annonçait courte et (forcément) victorieuse, comme la dernière victime civile supposée, beaucoup d'autres resteront à tout jamais inconnus.
 Le dernier soldat  tombé n'est pas célébré, comme la masse des  autres, qui, au bord de l'Yser, dans l'Artois, la Somme, les Vosges ou l'Argonne, ne furent même pas identifiés, corps mêlés à une terre qu'on leur avait demandé de défendre pied à pied, pulvérisés dans cette guerre industrielle où l'artillerie fauchait aveuglément. ..Les  Fusillés pour l'exemple, français (comme Chapelant) ou non français restent une tache dans ce désastre à l'échelle européenne ...
[On peut retrouver des traces documentaires de beaucoup de poilus disparus, avec le plus souvent un mention laconique signalant "mort de ses blessures"]
Les archives s'étoffent, générales ou plus précises, sur des faits de guerre connus ou moins connus.

Les musées ne manquent pas, le plus connu étant celui de Péronne.


___Cette guerre a laissé des traces, des séquelles marquent encore l'environnement et les sols.
Des démineurs, parfois "volontaires de la mort" ont laissé leur vie, les munitions abandonnées ont fait des victimes civiles, agriculteurs, promeneurs, ou chercheurs imprudents...
_Les vestiges de guerre continuent à tuer
La pollution induite par les munitions abandonnées ou déposées sans précaution, à haute toxicité, est un problème, dans le Nord de la France. 

_____La Grande Guerre  pollue toujours, dans le Nord, la Picardie et ailleurs...
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-Paru dans Agoravox


samedi 10 novembre 2012

Au fil du Net

__ Dexia : un puits sans fond
_____Une bombe dans la zône euro, après le naufrage
 __________ "Tandis que l’État, la Cour des comptes, le patronat s’émeuvent du moindre dérapage des dépenses sociales, que les budgets pour la santé, l’éducation, la justice ou la défense sont réduits à la portion congrue, c’est sans difficulté apparente que les finances publiques signent pour voler au secours du système financier....
Jeudi, le ministère des finances a...annoncé que l’État français allait participer aux côtés de la Belgique à une nouvelle recapitalisation de Dexia, en faillite depuis 2008, à hauteur de 5,5 milliards d’euros. Les deux États se sont engagés à souscrire dès que possible à cette augmentation de capital réservée, sous forme d’actions préférentielles. Mais à ce stade, il n’est pas sûr que celles-ci soient assorties de droit de vote. Une question d’habitude dans les sauvetages bancaires.  Pour la France, cette nouvelle recapitalisation de la banque va représenter une dépense de 2,58 milliards d’euros, selon les nouvelles règles de répartition discutées cet été avec la Belgique. « Cette dépense n’était pas du tout prévue dans la loi de finances de 2013. Comment allons-nous financer cette somme ? Pour l’instant, je n’en sais rien », dit Philippe Marini, président de la commission des finances du Sénat."

_Paradoxe historique: l'Angola fait main basse sur l'industrie portugaise
______Quand l'ex-colonie aide l' ex-colonisateur

_Le vrai visage de Netanyahou
____ Gaza: rien de nouveau...

Après le vol des pigeons...
____      l'escadrille des aigles et des vautours

Laurence Parisot inquiète... le patronat
_____La politique du patronat, celle de ses intérêts !

_ Deux agriculteurs américains témoignent des méfaits des OGM 

Un ancien conseiller de Clinton : « Obama est (fut?) un Président faible » 
___"Le plus gros problème d’Obama, c’est qu’en quatre ans, il n’a pas fait grand-chose, même si ce n’est pas complètement de sa faute. Je blâme surtout le système politique américain qui a été créé pour ne pas marcher. Sans une supermajorité au Sénat (100 élus) et au Congrès (435 représentants), n’importe quel Président aurait du mal à faire passer ses projets. Et encore. Il lui faut composer avec les intérêts régionaux qui obligent ses propres élus à prendre des positions contraires parfois aux intérêts de son parti.
Ce système a été imaginé au XVIIIe siècle par des gens qui avaient peur d’un pouvoir central trop fort. Du coup, ils ont parié sur le fédéralisme, la décentralisation du pouvoir avec un Sénat très puissant où les petits Etats peuvent bloquer les plans du Président et des régions les plus peuplées ou une Cour suprême qui peut également tout arrêter.
Ensuite, nos campagnes politiques sont trop longues. Imaginez que Romney est en route depuis deux ans..."
_Le casse-tête commence...

_ Le Portugal s’apprête à ratifier "une bombe atomique fiscale"

_A Lure, quand les services publics s’en vont

_ Pourquoi j’ai publié la liste Lagarde?

jeudi 8 novembre 2012

Course au moins disant salarial

 Mauvais diagnostic, erreur politique ou dérive libérale?_____________

« Les gens se demandent où je vais, où je les mène. C’est légitime. » (F.Hollande)

_________Profitons donc de cet espace de légitimité...
La politique étant l'art du possible, le passif étant si lourd, on pouvait s'attendre à ce que les dernières élections ne nous fassent pas entrer comme par enchantement dans des lendemains qui chantent.
 Mais, cédant au chant(age) des pigeons, le rétropédalage actuel, décrété provisoire, laisse perplexe.
___Une seul leitmotiv prévaut maintenant, revenant comme une incantation sans clarté: la com-pé-ti-ti-vi-té
La nouvelle religion impose "un transfert de fiscalité des entreprises vers les contribuables et la puissance publique, longtemps demandé par le patronat, auquel se résout la gauche." Comme si toutes les entreprises était logées à la même enseigne, comme si depuis vingt ans, la France ne diminuait pas les charges des entreprises, dans le cadre d'une concurrence européenne qui, par défaut de solidarité et de concertation attendues, pousse au  dumping  sous toutes ses formes.
__En Europe, chacun importe l'austérité de l'autre.
  Le Bureau international du travail insiste sur le fait que les "réformes" allemandes ne peuvent pas être généralisées à toute l'Europe. Il explique que l'Allemagne est même en grande partie responsable de la crise actuelle dans la zone euro ! « Comme les coûts unitaires de main-d’oeuvre en Allemagne ont baissé par rapport à ceux des concurrents durant la décennie écoulée, il en est résulté des pressions sur la croissance dans ces économies, avec des conséquences néfastes pour la viabilité des finances publiques. Et, surtout, les pays en crise ne pouvaient pas recourir aux exportations pour pallier l’insuffisance de la demande intérieure car leur secteur manufacturier ne pouvait pas bénéficier de la hausse de la demande globale en Allemagne ».
____Il ne faut pas être grand clerc pour estimer que "cette spirale de baisse des salaires ne peut guère que prolonger et aggraver la crise européenne en nourrissant la dépression qui entraîne déjà la zone euro vers le fond."
 Comme le remarque un lecteur de Alternatives Economiques, " ...Il est faux et archi-faux de dire que les marges des entreprises se sont effondrées. Il y a éventuellement un problème dans le secteur manufacturier (encore que la ventilation des données de branche dans la comptabilité nationale soit sujette à caution. Si l’on regarde en terme de VA l’industrie ne représenterait que 12 % alors qu’en terme d’emploi - où la ventilation sectorielle est plus fiable - on est à 20 % et encore sans tenir compte de l’intérim). Mais les mesures prises par le gouvernement n’est pas centrée sur ce secteur manufacturier. Elle créera un gigantesque effet d’aubaine pour toutes les entreprises de services qui n’en avaient pas besoin et sera tellement diluée pour les entreprises industrielles qui en auraient eu éventuellement besoin qu’elle n’aura aucun effet" (Fred 31)
______Et si, plutôt que de se focaliser sur le coût du travail, on s'intéressait à celui du capital, comme le reconnaissent aussi certains socialistes?
« En l'espace de douze ans, la part des revenus distribués par les sociétés non financières a pratiquement doublé par rapport à leur excédent brut d'exploitation (EBE), et presque doublé par rapport à leur valeur ajoutée brute (VAB), déjouant donc la coupure avant/après la crise, au point d'absorber plus des 4/5 de leur EBE ... Crise ou pas crise, la part de plus en plus lourde que les entreprises choisissent de distribuer aux propriétaires du capital affaiblit leur capacité à faire face à tous les aspects de la compétitivité ». 
  En 2010, les entreprises ont dépensé plus d'argent en dividendes qu'en investissement productif. Les dividendes se sont élevés à 210 milliards d'euros. Mais il n’a été consacré que 182 milliards d'euros aux investissements. La marge de financement est large.
__Le problème est donc plus complexe que ce que nous disent les économistes appointés par nos chaînes nationales et les journalistes perroquets.

______________La "baisse des charges" ( le vocabulaire n'est pas neutre: les charges sont une partie du salaire) ne serait-il pas que le sous-produit de la pensée libérale? 
A l'heure où des économistes modérés de pays anglo-saxons sonnent le tocsin, ne serait-il pas tant de revenir à un peu de raison?
Beaucoup s'interrogent: le socialisme ne serait-il plus qu'une doctrine morte?
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-Un ouvrier français coûte cinq fois plus cher qu'un roumain
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-Publié dans Agoravox 

Eloge du service public

 Certains font de la résistance...______________________

__"Les entreprises nationalisées ont eu pour vocation de suppléer aux insuffisances du marché, d'être le fer de lance d'une politique économique démocratique, d'assurer des missions de service public, de favoriser l'égalité des citoyens, de jouer un rôle d'aiguillon social. Or aucun de ces objectifs ne constitue plus la priorité des gouvernants, une partie de l'opinion s'est mise à douter qu'ils restaient accessibles, et la vente des entreprises nationales a semblé constituer un gisement financier facilement exploitable. Pourtant, privatiser, c'est oublier ce que soixante ans au moins d'histoire économique ont enseigné." (S.Halimi)

___A l'heure où les services publics sont en danger, menacés de privatisation, parfois plus que rampante, de perdre leur spécificité, de se diluer dans le monde du profit à court terme et généralisé...
____A l'heure où l'ouverture à la politique générale de la Commission européenne est orientée vers une gestion purement libérale, marchande, des services, quel que soit le domaine: la Poste,  la SNCF,  la santé , (à l' hopital) ... ou tout semble se réduire « à l’aune des impératifs financiers et des suppressions de postes », car  "l’offensive actuelle sur les services publics, poussée par les lobby des transnationales, vise à repousser les frontières de l’échange marchand et à permettre ainsi aux actionnaires de mettre la main sur des gains et des rentes générés par des investissements publics que le privé n’aurait jamais pu, ni voulu, porter... dans la plupart des cas, les réformes permettent, souvent au nom du service public, de socialiser les pertes (les impôts payent les entreprises pour éviter les coupures d’eau et d’énergie) tout en privatisant les gains. Il s’agit d’un véritable hold-up sur la richesse collective ! Dans ce modèle, les services publics deviennent des entités économiques soumises aux lois du marché et de la rentabilité maximum à court terme. Ils doivent donc se débarrasser de toute activité de redistribution qui fausse nécessairement la concurrence.."
►_____A l'heure où l'on ne parle que de RGPP, de  New public management ou de lean management,  de retrait de l'Etat défaillant...
______________________________....Il existe heureusement encore un certain nombre de personnes qui ont compris l'importance sociale de leur fonction et qui trouvent, par choix, malgré les difficultés et les vents contraires, la force et la volonté de poursuivre leur activité de service du public, qui ont intégré l' idée que leur mission n'est pas d'être rentables, de gagner beaucoup d'argent, mais de fournir un service d'une certaine qualité à la collectivité, qui ne se mesure pas toujours avec les outils des technocrates. Le  souci des autres ne connaît pas la règle à calcul...

Des héros?
Non, des citoyens.

mercredi 7 novembre 2012

Obama: faute de mieux?

Points de vue américains____________

  Obama… par défaut ?

  __Obama a été traité injustement par ses adversaires, pendant cette campagne.
Mais un campagne présidentielle Outre-Atlantique n'est jamais un long fleuve tranquille. Elle peut être d'une violence inouïe où tous les coups sont permis.
Surtout en période de crise, d'incertitude, de doute de soi d'un peuple qui sent son hégémonie en péril, l'avenir lui échapper. Le rêve américain se brise, exaspérant les extrêmes. Surtout quand un président est de couleur, ce qui est encore mal accepté par l' électorat le plus conservateur. Il a été l'objet de nombreuses caricatures,  parfois racistes, avant et pendant cette campagne, surtout de la part de la droite républicaine la plus conservatrice, du soldat Ryan ou même de Clint Eastwood.
Le débat de fond a été plus que décevant, c'est un euphémisme, même sur la question de la dette , pourtant ancienne et cruciale. Le débat se ramenait le plus souvent à un pugilat à coups de millions de dollars. La campagne la plus chère qu'on ait connue.
__________Pourtant Obama n'est pas exempt de critiques légitimes
Au début de son mandat, il avait assez de latitude pour faire des réformes de fond et pas seulement marginales, dans le monde d'une finance dévoyé.
Il a fait marche-arrière sur certaines de ses promesses, souvent otage des lobbies, et n'a pas provoqué en temps opportun les ruptures nécessaires.
Ce qui fait dire au bon observateur de son pays qu'est John R MacArthur que finalement ce président aura été une belle fable...
Pour Benjamin Barber, ancien conseiller de Clinton, c'est un joli symbole
"Le plus gros problème d’Obama, c’est qu’en quatre ans, il n’a pas fait grand-chose, même si ce n’est pas complètement de sa faute. Je blâme surtout le système politique américain qui a été créé pour ne pas marcher. Sans une supermajorité au Sénat (100 élus) et au Congrès (435 représentants), n’importe quel Président aurait du mal à faire passer ses projets. Et encore. Il lui faut composer avec les intérêts régionaux qui obligent ses propres élus à prendre des positions contraires parfois aux intérêts de son parti. Ce système a été imaginé au XVIIIe siècle par des gens qui avaient peur d’un pouvoir central trop fort. Du coup, ils ont parié sur le fédéralisme, la décentralisation du pouvoir avec un Sénat très puissant où les petits Etats peuvent bloquer les plans du Président et des régions les plus peuplées ou une Cour suprême qui peut également tout arrêter...", dit-il
JR Mac Arthur estime que   "Le financement des campagnes américaines est corrompu" et que Obama, produit d'un système verrouillé, est largement une illusion.
____Fera-t-il mentir ces jugements sévères dans les quatre ans à venir et que deviendra le modèle américain?
 Obama 2.0” est prié de ne pas décevoir
 Le casse-tête commence...

mardi 6 novembre 2012

Reconversions lucratives

 Petits boulots

« Alors moi, en 2012, j’aurai 57 ans, je me représente pas. Et quand je vois les milliards que gagne Clinton, moi, je m’en mets plein les poches ! Je fais ça pendant cinq ans et ensuite je pars faire du fric comme Clinton. »
( Nicolas S.)

________Pas facile de retrouver un job quand on est soudain sans emploi ou que l'on doit se reconvertir dans la précipitation d'un départ programmé ou pas.
Du moins pour la majorité du commun des mortels.
On pourra dire qu'on  peut toujours rebondir si on a une bonne capacité d'adaptation ou de résilience.
Mais changer de boulot ne va pas toujours de soi, surtout dans les circonstances actuelles, où la précarité tend à devenir un mode d'existence.
_Pourtant, certains se sont bien débrouillés, profitant de relations privilégiées tissées par amitiés particulières ou par intérêt, de carnets d'adresses bien remplis.
Par exemple, Tony Blair ne s'est pas laissé aller à l'inaction, il fait de très bonnes affaires depuis son départ de 10 Downing Street: les cheikhs ne sont pas avares de chèques.
En Italie,  Romano Prodi a été engagé par Goldman Sachs en tant qu'international advisor. Rien que ça!  
Proche de la gauche chrétienne syndicale, l'ex-chef de gouvernement belge Jean-Luc Dehaene a longtemps présidé le conseil d'administration du canard boiteux Dexia.
__ A l’heure du déjeuner, le 11 octobre dernier, M. Nicolas Sarkozy a fait à New York son entrée dans le circuit très lucratif des conférenciers de prestige. Les propositions de prestations de ce type (rémunérées aux alentours de 100 000 euros) afflueraient déjà sur le bureau de l’ancien président de la République française : selon le magazine L’Express, il en aurait reçu « soixante-dix depuis son départ de l’Elysée, en mai dernier » (3 octobre 2012). Pourquoi alors se faire du souci pour l'avenir?
Lui qui avait tonné contre les paradis fiscaux a maintenant moins de scrupules.
__Beaucoup d'anciens gouvernants européens font vraiment de bonnes affaires, à croire que leur fonction politique n'était qu'un tremplin vers les hautes sphères de la finance, des affaires, de fructueux business.
Un cas d'école: depuis 2005, l'ex-chancelier allemand Gerhard Schröder représente la société russe Gazprom au conseil de surveillance du North-European Gas Pipeline, consortium russo- allemand chargé de la construction et de l'exploitation d'un gazoduc. Il a été placé à la tête de cette société dont il avait lui-même négocié la création comme chancelier. Il est fort, ce Gerhard, tout SPD qu'il était! Il fait de juteuses affaires, tout comme son ancien ministre J. Fischer.   
Clinton a montré la voie en se contentant de distribuer de temps en temps une parole en or, faisant des conférences hautement rémunérées pour le monde de l'entreprise.
Sans parler de Aznar et de Berlusconi...
Non, vraiment, au vu de ces édifiants exemples, chacun devrait se dire qu'il n'y a pas de fatalité.
Quand on veut , on peut...
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Paru dans Agoravox

lundi 5 novembre 2012

L'égoïsme comme horizon.

 Chacun pour soi...

________Tel est l'idéal éthique et politique de Paul Ryan, à l'avant garde de la droite conservatrice américaine décomplexée, partenaire de Romney et peut-être futur vice-président.
________"...Président de la commission du budget à la Chambre, il est un ardent défenseur d'une réduction des dépenses publiques, de coupes dans les programmes sociaux et d'une baisse des impôts de 20% pour tous les revenus, même ceux des plus riches.Il est également l'auteur d'un projet de privatisation de Medicare, le système d'assurance-maladie des seniors. D'ascendance irlandaise, fervent catholique, Paul Ryan est un farouche adversaire de l'avortement. Il s'y est très récemment déclaré favorable dans des cas limités --viol, inceste ou danger pour la mère--, une évolution de sa position précédente qui ne prenait en compte que la vie de la mère. Il est également contre les mariages homosexuels et défend les droits des propriétaires d'armes à feu. Fou de musculation"
Bref, un vrai blanc américain, battant, se déclarant self made man, digne de Reagan et de son idéal de libéralisme intégral", que les républicains appellent l'"intellectuel du Parti", qui s'est nourri à la fac des grands penseurs de la droite : Friedrich Hayek, Milton Friedman... et Ayn Rand, l'auteur culte de "la Grève" ("Atlas Shrugged"), roman dans lequel le héros, John Galt, se lance dans une ode de 64 pages à l'individualisme.
 Rand a profondément marqué plusieurs générations de libéraux, dont Alan Greenspan, l'ex-patron de la Réserve fédérale.  Paul Ryan affirme. "Si je devais créditer une personne pour mon engagement au service du public, ce serait Ayn Rand, expliquait ce dernier, en 2005, avant de minimiser l'influence de l'écrivain athée sur sa pensée. Ne vous trompez pas, le combat que nous menons est une lutte de l'individualisme contre le collectivisme." Ce qu'il appelle le collectivisme, c'est juste le minimum de solidarité et de redistribution nécessaire qu'un Etat doit garantir pour faire société.
Les pauvres et les précaires sont donc les seuls responsables de leur sort et ce que Ryan appelle collectivisme est juste une meilleure répartition de la richesse (quand on sait que  aux USA, les 20 % des ménages les plus pauvres ne disposent que de 3,4 % de l’ensemble des revenus, mais les 5 % les plus aisés en perçoivent 21,2 %. A eux seuls, les 20 % les plus riches perçoivent près de la moitié du revenu national  ). Les fantasmes de la guerre froide servent toujours à quelque chose...
________Ayn Rand, égérie de Ryan, même si elle ne voulait pas se dire exactement libertarienne, n'a eu de cesse de plaider la cause d'un individualisme assumé, critiquant les plans sociaux, ramenant la fonction étatique au minimum (l'état-gendarme) ne devant pas s'ingérer dans le domaine économique, sauf pour inciter les individus à réaliser leurs potentiels. Ce minarchisme
s'inspire de l'économiste libéral Frédéric Bastiat qui disait: « L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde » et de Friedrich Hayek qui dénonce l'empiètement croissant des structures étatiques sur les libertés individuelles qui aboutit à la consécration d'un régime paralysant et inefficace : l'État-providence.
 ____________________Ayn Rand, l’apôtre de l’égoïsme, inspire la droite américain, garde encore une influence certaine.
Son oeuvre "magnifie les entrepreneurs en héros des temps modernes, l'égoïsme est la vertu suprême. La seule éthique, en fait. Car l'altruisme, qui fait de l'homme un être dépendant des autres, « est une notion monstrueuse. C'est la moralité des cannibales se dévorant les uns les autres », proférait Rand. Brillante et vorace prêtresse de la liberté, y compris sur les questions sociales, Ayn Rand a fourni des ­racines morales, anthropologiques, à l'individualisme le plus débridé. Sa « philosophie pour vivre sur la terre » est une légitimation du libéralisme le plus radical, ayant inspiré Alan Greenspan, son très proche acolyte qui, nommé par Ronald Reagan, dirigea la Réserve fédérale pendant seize ans...
 . Elle aurait mené le bras de fer d'aujourd'hui. Selon le républicain Romney, deux mains se déchirent, « la main invisible du marché » contre « la lourde main de l'Etat ». Les deux visions de l'Amérique qui s'affrontent dans cette bataille électorale ont rarement été aussi opposées. Notamment en ce qui concerne la place du gouvernement et celle de l'individu dans le groupe, thèmes chéris d'Ayn Rand. Sacrifier l'individu (créateur) à la société (prédatrice) est, pour elle, un crime contre l'humanité. Quant à l'Etat, il devient le pire ennemi de l'homme s'il ne se voit pas limité. Ce serviteur est là pour fournir trois prestations, et pas une de plus, la police, l'armée et la justice..."
___Cette position, explicable partiellement par les origines de Rand et l'esprit de l'aventure économique américain dès ses débuts, est littéralement intenable à la lettre dans une politique réelle (on voit mal Romney et Ryan abandonner tout programme social, toute sécurité sociale, sous peine de déclencher une  quasi-guerre civile), mais peut marquer un infléchissement encore plus reaganien au bénéfice des plus riches s'estimant encore trop soumis à l'impôt (alors qu'il a constamment baissé ces dernières années, ce qui est une des sources des difficultés actuelles), creusant encore un peu plus les inégalités, dans un pays déjà ravagé par le chômage, la précarité, l'exclusion. .Le struggle for live ne doit pas léser ceux qui s'enrichissent aux dépends des autres. Le rêve américain doit continuer...Tant pis pour les losers, comme l'estiment les adeptes du Tea Party!
On comprend pourquoi Rand, pour qui l'altruisme est "monstrueux" et pour qui les pauvres exploitent les riches, se réfère sans cesse à la raison (celle du froid calcul égoïste) et jamais à la justice ou à la compassion...
Un essayiste français apporte sa bénédiction à cette idéologie que Roosevelt lui-même avait répudiée comme perverse et génératrice de crises.
Cette folle prétention à vouloir s'accomplir en dehors de tous liens, contredisant les données de l'anthropologie la plus basique, contient des germes  destructeurs pour leurs propres zêlateurs.
La solidarité est un combat, seule condition d'une paix sociale acceptable.
L'individualisme véritable, non exclusif, ne peut se réaliser en dehors des liens sociaux qui nous font être ce que nous sommes et qui peuvent nous rendre plus humains.
_____________________Alors, y a-t-il lieu de sauver le soldat Ryan?
________
_[Paru dans Agoravox]_
_________________
- Ces groupes français qui financent l’ultra-droite américaine

samedi 3 novembre 2012

Le malheur et les medias

  Images et émotions sélectives


 ___New-York, New Jersey...Tout le monde a pu voir les images d'une côte dévastée, avec son cortège de destructions et de détresses humaines..
Sandy, prénom mal choisi, a frappé.
Mais elle a frappé ailleurs que sur les côtes Nord-Est des USA, là où les multiples chaînes de télévision du pays étaient massivement présentes en nous bombardant d'images jusqu'à la saturation.
_______Elle a causé des ravages comparativement bien plus importants  à  Haïti, où de graves problèmes alimentaires et sanitaires  ne vont pas tarder à se poser dans cette île des plus pauvres parmi les pauvres, déjà si durement affectée il y deux ans par une dévastation sans pareille.
L'état d'urgence est déclaré, la famine menace, mais qui le sait? La presse en a si peu parlé.
L'ouragan, le plus dévastateur depuis 50 ans, a eu aussi des effets terribles à Cuba
Des pertes humaines encore mal estimées et de grands dégâts agricoles, qui auront de graves conséquences
__Pour les USA, les 50 milliards de dégâts estimés seront faciles à trouver. c'est un toute petite partie du budget militaire du pays ou approximativement le montant estimé de la fortune d'un seul milliardaire, comme Warren Buffet.
Cuba ou Haïti surtout ne trouveront pas facilement les moyens de se relever rapidement. 

__Pas d'images, pas d'information, pas d'événements. Des victimes oubliées.
Les images pilotent notre intérêt et notre empathie. Les émotions vont au gré de ce qu'elles veulent bien nous livrer. Le désintérêt s'est vite installé après les malheurs d'Haïti, sur lesquels le silence médiatique est vite retombé
Combien de drames silencieux et quotidiens de par le monde sont dépourvus de couverture médiatique!


_______Du côté du Potomac, une surabondance d'images, mais d'images  parfois arrangées, décontextualisées, retravaillées, facebookées, sur la vérité desquelles des doutes peuvent planer, surtout quand il s'agit d'une ville comme New-York, souvent fantasmée, qui a donné lieu à un certain nombre de films de fiction  catastrophiques.
On peut s'attendre à ce que bientôt  l'événement deviennent une mine d'or pour de futures  séries hollywoodiennes postapocalyptiques ou de longs métrages, dans le genre Le jour d'après...
Les Américains adorent se faire peur et idéaliser après-coup les tragédies. 
Surtout en temps de crise, où l'horreur peut servir d'exutoire.

vendredi 2 novembre 2012

Israël-Palestine : l'Europe se renie

 Ambivalence
_______________ Une visite de Netanyahou en France, fort bien .
Pour rencontrer un président qu'il ne connaissait pas, pourquoi pas?
Mais une visite bien trop tranquille...
" L'ancien ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine a regretté que la diplomatie française n'ait plus rien d'original à dire sur le conflit israélo-palestinien"
Notre président n'est-il pas en train de lui donner objectivement  des gages, à la faveur d'une rencontre officielle et d'une manifestation toulousaine, qu'on peut juger déplacée dans un cadre strictement diplomatique, le chef du gouvernement hébreu demandant en aparté aux Juifs français de venir s'installer en Israël, comme si l'antésimitisme avait en France un caractère général et ravageur...Etrange visite.
Toujours le mélange des genres, cette confusion entretenue entre antisémitisme et critique légitime de la politique israëlienne du moment...
Ce que Jean Robin appelait naguère judéomanie, qui pousse par exemple un certain nombre d'hommes politiques français à cautionner le CRIF, une organisation qui approuve aujourd'hui inconditionnellement la ligne israëlienne la plus dure, par leur présence à son repas annuel, ce que beaucoup de Juifs de France ou de sympathisants réprouvent.
Cette visite n'était pas tout à fait innocente dans le contexte actuel de campagne préélectorale israëlienne: elle est porteuse d'un message implicite.
Avant les élections législatives, le chef du gouvernement israélien a besoin de montrer qu'il n'est pas isolé sur la scène internationale. D'autant plus que ses relations avec le président américain, candidat à sa réélection, Barack Obama, sont notoirement détestables." (Lénaïg Bredoux)
 Le chef du gouvernement hébreu met de plus ouvertement le cap à droite, voire à l'extrême droite, proche de Lieberman.
La "caution" de Hollande (son silence) n'est pas sans équivoque dans la stratégie du gouvernement actuel de Tel-Aviv dont on connaît déjà les antécédents. Les relations de Benyamin Nétanyahou avec Nicolas Sarkozy étaient à la fin devenues exécrables. «Je ne peux plus le voir, c’est un menteur», confiait l’ex-président français il y a un an, le 3 novembre 2011, en marge du G20 de Cannes. Et son interlocuteur Barack Obama renchérissait : «Tu en as marre de lui, mais moi je dois traiter avec lui tous les jours.» Jamais confirmé officiellement, mais jamais démenti, cet échange devant un micro resté malencontreusement ouvert 
_______Le plus grave est que l'Europe se renie.
Sa politique moyen-orientale en zig-zag, faite de condamnations, de silences approbateurs pose problème. En fait, malgré quelques protestations de circonstances sur le problème de la colonisation ininterrompue en Cisjordanie, l’Union européenne renforce le processus, suivant la ligne de la Maison-Blanche,conditionnée par le lobby de l'AIPAC.
 Ce qu'on a pu appeler la paix au rabais.
Pourtant, après la Déclaration de Venise de 1980, un récent  rapport  tout à fait officiel avait mis les points sur les "i" de la manière la plus claire.
Mais la politique menée par Netanyahou est on ne peut plus louvoyante, refusant aujourd'hui ce qu'il avait promis hier, afin de temporiser, encourageant ainsi sans le dire la colonisation rampante rendant de plus en plus insoluble la constitution future d'un Etat palestinien viable, sur fond de société israëlienne divisée et malade d'elle-même.
On aurait pu attendre de F.Hollande une parole moins consensuelle, plus courageuse pour tout dire..
 

jeudi 1 novembre 2012

Revenir de l'Ouest...

__Il y a eu ceux qui, faisant sans cesse reculer la mythique Frontier, partirent un jour, par intérêt, par détresse ou par passion et qui n'en revinrent pas, enrichis ou désillusionnés...
Ils s'y fixèrent et constituèrent une partie du  tissu humain de cet Ouest américain si divers: un monde à lui tout seul.
______Quand on revient après une dizaine de jours de visite serrée d'une toute petite partie de l'Ouest, on ne peut rien dire de sérieux  par extrapolation sur l'ensemble des USA, mais on peut faire part de quelques impressions fortes, surtout quand on a suivi sur cinq mille kilomètres les pas d' un guide franco-américain exceptionnellement informé et motivant. Parti avec des préjugés divers, on peut en revenir avec quelques idées nouvelles, un éclairage différent, si on ne se contente pas d'être un touriste pressé...ou fatigué.
On n'en revient pas tout à fait...
__On ne parlera pas des paysages aussi sublimes que contrastés...Vus mille fois en images, il faut y être pour en saisir physiquement la grandeur envoûtante et fascinante: La Vallée de la Mort, le Parce de Zion, celui de Bryce Canyon, le Lac Powell, le Monument Valley, le Grand Canyon et le Sequoia National Park...La démesure de ce pays s'inscrit dans sa géographie et ses paysages. A côté du grandiose, on trouve l'improbable, comme la ville-fantôme de Darwin ou le village-musée de Calico, témoins d'un passé minier révolu.
Démesure et splendeur géographiques.
 __Paradoxes culturels aussi.
Les USA de l'Ouest sont le pays des contrastes forts, géographiques (entre déserts et plaines fertiles, sommets et zônes d'effondrement, couleurs éteintes ou vives et variées) et socio-économiques: une richesse extrême, voire extravagante, côtoie une pauvreté assez inimaginable, même dans le centre de la si attrayante et opulente San Francisco, où tout semble possible (il n' est pas interdit de s'y promener nu en toute légalité), mais où le nombre des sans abris et des zombies drogués  atteind des sommets. 
Le problème des inégalités croissantes est la plaie de ce pays, sans filets de protection, comme partout aux USA,  ainsi que celui d'une violence qui monte en flèche (comme à Fresno ou à La Puente, où la guerre des gangs fait rage, dans des quartiers sans emploi et où la police a été réduite d'un quart, du fait de la faillite californienne..On s'approche de la situation de certains quartiers de Chicago...(1)
La mythique Mother Road n'est presque plus qu'un souvenir, partant en déshérence par morceaux
On ne parlera pas de Las Vegas, une folie dans le désert, où le jeu ne connaît pas le sommeil, où l'obsession infantile de l'argent et de la réussite y atteint là des sommets renversants.
On touche du doigt là une partie du  rêve américain, qui a parfois l'aspect d'un cauchemar. Le nombre des naufragés ne cesse de croître. Même à Santa Monica, un demi-millier de personnes dort dans sa voiture.
__Malgré l'apparente décontraction que l'on rencontre souvent, l'amabilité et la quasi insouciance des gens ordinaires, l'Amérique doute d'elle-même et semble travaillée par la peur. L'Amérique s'inquiète et inquiète...Mauvais signe: le commerce des armes fleurit plus que jamais, faisant les beaux jours de la NRA et des jours plus tristes en Arizona..
Elle se croit en démocratie, alors que celle-ci n'est que formelle, un mirage, comme dit un bon observateur du pays. Elle n'est en fait qu'une  ploutocratie, comme le reconnaissent des Américains lucides rencontrés.
__Des drapeaux flottaient un peu partout, à l'approche des élections. Les appels à voter Romney s'affichaient ostensiblement aux fenêtres.
Des élections, si complexes que beaucoup n'y comprennent pas grand chose, et qui sont instrumentalisées . Les minorités, les plus démunis ne votent pas, ou si peu...Et l'armée des pauvres grossit. "Le système (électoral) est étrangement hétérogène, fait de bric et de broc, sans cohérence ni logique d’ensemble : d’une région à l’autre, d’un Etat à l’autre, parfois même d’un comté à l’autre, les élections sont administrées différemment"
Obama ou Romney ?  Les sondages ne sont d'aucune utilité, car le système est très alambiqué. La fabrique du candidat républicain, notamment, obéit à des règles très particulières....
 On le saura bientôt. Beaucoup d'Américains doutent que les choses changent beaucoup, quelle que soit l'issue du scrutin. 
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