Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mardi 23 septembre 2008

Incantations sarkoziennes


La vertu sauvera-t-elle le monde?

On ne change pas le dysfonctionnement d'un système par un redressement de type moral , mais par une modification de la logique du système lui-même, ce qui nécessite un changement politique et économique des règles qui l'ont amené à se détruire lui-même.
Il est possible de briser l'enchaînement des crises et de mettre fin au pouvoir de nuisance de l'exorbitant pouvoir des grandes banques, qui ont perdu leur fonction première. A condition que l'Etat reprenne ses droits et ses distances par rapport aux dogmes ultralibéraux et que l'intérêt commun devienne sa priorité.______________________

Moraliser le capitalisme financier?

"Ça ne mange pas de pain, c’est devenu un classique de ces périodes de soubresaut. Et nous savons à présent que ce ne sont que des paroles en l'air. Disons des paroles de réconfort. Que rien ne sera fait. C’est une illusion. Il n’est pas possible de moraliser le capitalisme, quel que soit le qualificatif qui lui est joint. Le capitalisme est un système de valeurs, une manière d’appréhender l’homme dans sa globalité, une vision du monde plus qu’un simple système économique. C’est à force de mauvais emploi du terme que la confusion a été rendue possible. Le capitalisme est une idéologie."
« Moraliser le capitalisme financier » c’est simplement trouver les justifications adéquates aux souffrances qu’engendre pour de larges franges de l’Humanité la crisouille actuelle." (I. Balat)______________________

-"Le problème est essentiellement idéologique, et sépare ceux qui croient en la capacité des marchés à s’autoréguler et ceux qui croient que la puissance publique à vocation à réglementer les marchés financiers. Je parle de réglementer les marchés et pas de « moraliser le capitalisme » comme l’ambitionne le Président de la République. Car l’ambition de "moraliser" le capitalisme financier est une supercherie. La raison ultime du capitalisme, qu’il soit industriel et entrepreneurial ou financier et spéculatif, demeure le profit" (B.Hamon)______________


NICOLAS SARKOZY A L 'ONU : "Apprenons à gérer collectivement les crises":

"Devant l'Assemblée générale de l'ONU, où il s'exprimait, mardi 23 septembre, en tant que président en exercice du Conseil européen, Nicolas Sarkozy a proposé à ses pairs de se réunir avant la fin de l'année pour "réfléchir ensemble aux leçons à tirer" de la "plus grave crise financière depuis les années 1930". Comme ces derniers jours, le président français a plaidé à New York pour un "capitalisme régulier et régulé", qu'il a opposé au système actuel, qualifié de "fou". Il a enfin souhaité que, dans ce capitalisme régulé, les modes de rémunération des dirigeants des grandes sociétés financières "ne poussent pas à des prises de risque déraisonnables" et que ceux qui "mettent en danger l'argent des épargnants soient sanctionnés". En 2007, depuis la même tribune onusienne, il avait déjà lancé un appel à "moraliser le capitalisme financier"...."

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-"Ce n’est qu’en créant ainsi les conditions démocratiques réelles et concrètes que suppose le fonctionnement d’un capitalisme différent que nous parviendrons à appréhender dans toute sa complexité le problème de la « moralisation du capitalisme (C.Arnsperger)________________________________________________________
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-Vincent Beaufils, directeur de la rédaction de Challenges (groupe Nouvel Observateur) :
- "Le capitalisme n'est pas moral ou antimoral. Il est amoral c'est-à-dire en dehors de la morale. La question de la morale n'est pas du même registre que celle du capitalisme. En revanche, cette crise illustre à la perfection les excès du capitalisme..."
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Gaëtan Gorce, député socialiste de la Nièvre, membre de la commission des Finances :
- "Je ne crois pas que ce soit le capitalisme mais la politique qu'il faille moraliser. Les tendances actuelles du système financier ne sont qu'une suite logique des décisions prises depuis 20 ans. Il ne faut pas s'étonner que l'exacerbation de la concurrence produise parfois des crises comme celle-ci.
Or, la seule vraie question est : dans quelle société veut-on vivre ?
Aujourd'hui, la politique ne fait qu'épouser le système économique et sa logique de l'efficacité alors qu'elle devrait, bien au contraire être capable de réinventer un espace de réflexion pour redéfinir l'intérêt général. C'est donc bel et bien la politique qu'il faut moraliser."
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JP Fitoussi:"...Il faut inventer en permanence un système de régulation. Mais toute régulation appelle à son contournement. Ce qui appelle à en mettre en place de nouvelles.
Il faut également une grande réactivité des banques centrales et des instances de régulation. Mais il faut surtout une plus grande coordination entre les banques centrales d'une part, et entre les instances de régulation d'autre part. Il faut aussi une plus grande coordination entre les banques centrales et les instances de régulation. De toute façon aucun gouvernement au monde ne laissera une banque aller à la faillite. L'Etat est responsable en dernier ressort. Tout comme les banques centrales assurent les créances en dernier ressort. Mais pour qu'une instance de régulation puisse appliquer ses décisions à l'intérieur des Etats, il faut qu'elle soit légitime. L'obstacle à l'efficacité de l'OMC est son manque de légitimité. Elle s'accorde mal avec le jeu normal de la démocratie au sein des Etats...."
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-Liêm Hoang Ngoc, économiste, maître de conférence à Paris I. Membre fondateur d'Attac, secrétaire général du club "Nouveau Monde" :
- "...C'est la grande mode pour les partis politiques aujourd'hui que de demander au loup de s'assagir alors qu'il est déjà dans la bergerie. Mais d'après ce que l'on sait de cette affaire(Kerviel) pour le moment, il n'y a pas eu d'enrichissement personnel. Il faut savoir que les traders sont payés pour contourner les règles. Ils font tous ça. Et ils sont rémunérés en fonction des risques qu'ils prennent dans leur profession. La situation que l'on constate aujourd'hui découle de la logique des traders. Faut-il réguler le fonctionnement des systèmes ? Je ne crois pas que l'on puisse demander aux actionnaires d'être moraux. Aujourd'hui, l'Etat est le seul à pouvoir agir notamment contre les OPA hostiles. Mais si OPA il y a, ce sera par le biais de BNP-Paribas ou par l'Etat avec la caisse des dépôts ou par l'Etat lui-même."

Sarkozy annonce la fin du capitalisme financier et la poursuite de sa politique
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-: USA : l' Etat dépollue

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