Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mardi 7 octobre 2008

Capitalisme toxique : la fin ?

Court-termisme en question
D'une économie de la prédation à une économie de la contribution...

Investir , s'investir...
Pour quel type de vie en commun , de système économique, de rapports sociaux ?
Sortir d'un capitalisme mafieux et court-termiste , du sentiment d'urgence qu'elle secrète , pour rétablir confiance et projection dans l'avenir_______

"Au delà du productivisme issu du XIXe siècle et du consumérisme propre au XXe, il faut aller vers une économie de la contribution , qui reste une économie de marché, une forme de capitalisme, mais qui reconstitue de l'investissement, du désir et de la responsabilité tout en diminuant les tendances à la consommation toxique et le déficit attentionnel de la jeunesse." (Bernard Stiegler)


Le krach de ce lundi , où il semble que "les fous ont pris le contrôle de l'asile" , est le révélateur d'un système aboutissant à ses propres contradictions , à une impasse qui ne peut que l'obliger à modifier son fonctionnement en profondeur__________________

« Une moitié de la hausse des profits provient de la déformation du partage des revenus en faveur du capital et au détriment du travail, l''autre moitié étant le résultat de la baisse des coûts engendrée par la mondialisation » (Patrick Artus)___________

"Des normes de rentabilité excessives conduisent les chefs d'entreprise à être les premiers agents d'une mondialisation sans frontière (...). De leur adoption découle un sous-investissement ennemi du plein-emploi", une "nouvelle forme d'économie de rente (...), qui ne pense qu'à baisser ses coûts de production et oublie d'investir pour avoir davantage à distribuer." La main invisible d'Adam Smith a cédé la place à des prédateurs tondant les moutons gras au point de les faire maigrir....Si encore, comme le prétendent les thuriféraires du système, tout le monde était actionnaire, on gagnerait d'une main - les dividendes - ce qu'on a perdu de l'autre - le salaire. Mais le monde des actionnaires est caractérisé par de prodigieuses inégalités : "Dix à douze millions d'individus (2 pour mille de la population mondiale)contrôlent la moitié de la capitalisation boursière de la planète." Et ce n'est pas tout: "Dans chaque coupe de population d'actionnaires, classée par niveau de patrimoine,les 1% les plus fortunés possèdent 50 % de la richesse totale ." Une poignée de gestionnaires d'actifs financiers"imposent leurs vues aux dirigeants de quelques milliers d'entreprises cotées qui ne sont plus que les serviteurs dévoués d'une machinerie irrésistible".(J.P.)__________________

-"Le soubassement de ce nouveau rapport au temps réside dans l'alliance qui s'est opérée entre la logique du profit immédiat, celle des marchés financiers qui règnent en maîtres sur l'économie, et l'instantanéité des nouveaux moyens de communication. Cette alliance a donné naissance à un individu " en temps réel ", fonctionnant selon le rythme même de l'économie et devenu apparemment maître du temps. Mais l'apparence est trompeuse et, derrière, se cache souvent un individu prisonnier du temps réel et de la logique de marché, incapable de différencier l'urgent de l'important, l'accessoire de l'essentiel. Dans une économie qui fonctionne "à flux tendu", n'est-il pas devenu lui-même un homme à flux tendu, un produit à durée éphémère, dont l'entreprise s'efforce de comprimer le plus possible le cycle de conception et la durée de vie, un produit de consommation dont il faut assurer la rentibilité immédiate et la rotation rapide ?La logique de court terme, qui préside au fonctionnement des marchés financiers, semble déteindre sur les relations entre l'entreprise et ses salariés et les conduire à adopter l'un à l'égard de l'autre une mentalité d'actionnaire " volatile ", n'investissant sur l'autre que de manière éphémère, avec une visée immédiatement et uniquement rentabiliste." (N.Aubert)_______________

>>>>>>>CRISE : LA FIN DU COURT-TERMISME:________________

"...Le court-termisme systémique induit par la financiarisation du capitalisme conditionne aussi bien les modes de vie des consommateurs, dont les comportements sont de plus en plus pulsionnels, que les discours des hommes et des femmes politiques qui ne pensent plus qu'au très court-terme de leur élection, ou la mise à mal de la recherche fondamentale étouffée par les critères de la rentabilité immédiate – etc. Du spéculateur au consommateur, la société contemporaine est dominée par la pulsion qui veut sa satisfaction immédiate, étant court-termiste par nature....
La financiarisation liquide le capitalisme de la bourgeoisie qu'elle remplace par un capitalisme mafieux. Mais cela n'est pas induit uniquement par la financiarisation : contrairement à ce qu'a l'air de croire le président de la République, c'est le capitalisme d'actionnariat, où les actionnaires peuvent soumettre les dirigeants à leurs exigences les plus folles, qui conduit à une économie globalement ruineuse pour le monde, généralisant les comportements irresponsables au nom d'une prétendue rentabilité qui produit de plus en plus de de toxicités en tous genres – du CO2 aux actifs bancaires dits toxiques, en passant par mille formes d'addictions. La bourgeoisie investissait et prenait encore soin du monde. Le capitalisme mafieux est structurellement je-m'en-foutiste. Depuis la « révolution conservatrice », ce je-m'en-foutisme est devenu le principe même de la guerre économique.Ce capitalisme-là ne prend aucun engagement dans la durée . Il conduit à une sorte de piraterie : prendre le contrôle d'une activité ou d'une région, en tirer tous les bénéfices possibles le plus vite possible, et se retirer lorsque elle est ruinée. La financiarisation est la mondialisation ainsi entendue. Le spéculateur américain se moque pas mal de l'effondrement de General Motors : il mène ses affaires louches au niveau planétaire....
La véritable question est l'épuisement d'un modèle industriel devenu systématiquement toxique : le modèle consumériste. Le capitalisme du XIXe siècle était productiviste et ne profitait qu'à la bourgeoisie petite, moyenne et grande. Marx comprit que ce modèle conduisait à la baisse tendancielle du taux de profit, à la surproduction, au chômage et à la guerre. L'Amérique trouva une solution dans le modèle consumériste fondé sur une redistribution telle que le producteur prolétarisé devait pouvoir lui aussi devenir un consommateur : tel est le modèle fordiste. Ce modèle rencontre ses limites à la fin du XXe siècle pour bien des raisons dont les plus importantes sont, d'une part, que le consommateur devenu addict est pulsionnel et voit son désir et ses capacités de projection à long-terme ruinés par une dépendance à la consommation de plus en plus court-termiste, et d'autre part, que la consommation devient massivement toxique sur le plan environnemental et intrinsèquement préjudiciable pour les générations futures. Rifkin montrait récemment que la jeunesse américaine ne croit plus au « rêve américain » et à la « valeur travail », n'est plus entreprenante, veut « tout tout de suite » et se réfugie dans les jeux d'argent...."

- Le capitalisme est en train de s'autodétruire:
"Face au malaise social, les gouvernements ne traitent le plus souvent que les symptômes, faute de prendre en compte le fond du problème. Ce problème, c'est l'absurdité du comportement des grands investisseurs, qui exigent des entreprises des résultats beaucoup trop élevés. Du coup, elles privilégient le rendement à trois mois plutôt que l'investissement à long terme , quitte à délocaliser, à faire pression sur les salaires et à renoncer à créer des emplois ici et maintenant. Voilà pourquoi il est urgent, expliquent les auteurs, de réformer profondément la gestion de l'épargne, d'imposer de nouvelles règles de gouvernance aux gérants comme aux régulateurs. Faute de quoi on n'évitera pas une nouvelle crise du capitalisme, avec toutes ses conséquences politiques et sociales."

- Capitalisme : culte de l'urgence:
«Nicole Aubert dans Le culte de l'urgence, montre comment les sociétés occidentales sont passées d'« une organisation contrôlée par l'État à une régulation assurée dans l'instantanéité par la logique des marchés financiers. » La vitesse est au coeur même du système capitaliste : « Plus le capital tourne vite, plus le taux de profit annuel est élevé, d'où cette recherche effrénée d'accélération qui imprègne l'histoire du capitalisme. » La fusion des télécommunications et de l'informatique a littéralement fait exploser la vitesse de réaction des marchés. Il y a quelques années, les spéculateurs se contentaient de rapports annuels pour évaluer la performance des compagnies. Aujourd'hui, les compagnies se doivent d'annoncer leurs résultats à chaque trimestre. La bulle spéculative des années 2000-2001 a fait grimper les attentes des actionnaires institutionnels — en particulier des gestionnaires des fonds de pensions — qui dictent aux entreprises un retour de 15% sur leurs investissements, attentes dont les experts reconnaissent qu'elles sont démesurées et induisent une pression dangereuse sur les entreprises, notamment par le " court-termisme" absolu qui s'ensuit dans les pratiques de gestion. .."
-Le capitalisme total

-Les sept péchés capitaux du capitalisme
-Le culte de l'urgence
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- Crise financière : diagnostics
- Fin d'un certain capitalisme ?
-Predation et prédateurs(Objet application/pdf)
- Libéralisme de courte vue...
-Crise financière : chèque en blanc et chèque en bois, 2 icebergs à l’horizon | AgoraVox

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