Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

vendredi 3 octobre 2008

Crise financière : diagnostics


"C'est quand la mer se retire que l'on voit ceux qui nageaient tout nus" (Warren Buffet)____________

-"Si l’on tire les leçons de la crise actuelle, comme de toutes les précédentes, les mesures qu’il conviendrait de prendre pour empêcher leur retour peuvent être élevées au niveau de principes, et inscrites à ce titre au sein d’une constitution. Le seul obstacle à procéder de cette manière est l’absence de volonté : les causes de la crise actuelle sont connues, elles sont identiques à celles de la crise précédente, dont les causes étaient déjà connues en son temps - même si l’oubli a été imposé à ce savoir." (P.Jorion)_______

-« Si vous devez 100 000 euros à votre banquier vous avez un problème, si vous en devez un million c’est lui qui a un problème. » _________________

- Comprendre la crise:

"Pourquoi donc la plupart des gouvernements de la planète s’apprêtent-t-ils à renflouer leurs banques -même si « leurs caisses étaient vides » lorsqu’il s’agissait de financer d’autres dépenses pourtant tout aussi justifiables ? Tout simplement parce que l’ensemble des activités humaines en dépend. Sans circulation monétaire, l’économie s’arrête, la dépression dévaste tout. La finance est en position de prendre les sociétés en otage. Sa capacité de nuisance est incomparable. Cette dangerosité est connue et comprise depuis la crise des années trente. On avait alors décidé de mettre la bête en cage pour l’empêcher de nuire. Durant les trente glorieuses, le système du crédit, la circulation des capitaux, étaient largement encadrés par l’état. La « révolution libérale » a détricoté peu à peu toutes les règles, fait sauter tous les garde-fous. Non seulement l’animal allait jouir d’une liberté retrouvée, mais il allait également bénéficier d’un régime hautement calorique : l’accroissement des inégalités et la masse des capitaux circulants. Un niveau de chômage élevé et persistant - désormais considéré comme naturel ou frictionnel - la menace des délocalisations, la concurrence des pays à bas salaires ont eu pour effet de limer les griffes d’une grande majorité des salariés désormais privés de leur propre capacité de « nuire », c’est-à-dire de défendre leurs intérêts et de préserver l’équilibre indispensable entre les forces sociales. Dans le même temps, l’affaiblissement de la base productive a fait exploser les déficits extérieurs. Résultat ? Moins d’argent d’un côté, de colossales fortunes de l’autre, et entre les deux plateaux de la balance, la finance, chargée de faire prospérer les bas de laines. Il n’a pas fallu bien longtemps pour que la différence de potentiel trouve à s’exprimer. Endettement des ménages d’un coté, rentiers milliardaires de l’autre, mis en relation par l’ingénierie financière dopée par une insatiable demande de placements, encore accrue par les capitaux étrangers. Nous venons d’assister à une expérimentation de physique sociale de gigantesque dimension. Jusqu’où pouvait-on comprimer les revenus du travail et soutenir la demande grâce au crédit tout en dilatant les revenus du capital ? Nous avons la réponse. Jusqu’au jour où la bulle immobilière US a éclaté....
_________>>>>>>>>À partir des années 1970, la situation des salariés américains se dégrada lentement et si les effets de leur perte effective de pouvoir d’achat furent partiellement masqués, c’est uniquement du fait qu’un système complexe de crédit à la consommation se mit en place, où l’endettement personnel compensait la perte de pouvoir d’achat fondé sur les revenus, la bulle de l’immobilier offrant, pour ceux d’entre eux qui étaient propriétaires, la plus-value sans cesse croissante de leur logement comme collatéral aux emprunts qu’ils contractaient. Cette classe salariale, où l’endettement des ménages atteignait en 2004, 120% de leurs revenus annuels bruts, devenait, au fil des années, de plus en plus vulnérable aux fluctuations de la conjoncture dans un pays à la couverture sociale extrêmement ténue.<<<<
En 2004, le budget des ménages américains entra en régime de « cavalerie », dépendant chaque jour davantage pour les dépenses de consommation, de la persistance de la bulle de l’immobilier où seule l’arrivée constante de nouvelles recrues permettait à ceux qui étaient déjà propriétaires de maintenir leur présence. [13] Tout ralentissement dans ce recrutement provoquerait une stagnation du prix de l’immobilier qui conduirait l’édifice à s’effondrer dans son ensemble. Lorsque ce ralentissement intervint, furent tout d’abord entraînés dans la chute les ménages dont la capacité à payer leurs mensualités reposait sur le prix sans cesse croissant des maisons, des emprunts successifs leur permettant seuls de faire face à leurs engagements. Furent ensuite atteints les ménages qui avaient spéculé sur le gonflement de la bulle en s’achetant plusieurs habitations ou en s’étant acheté un logement trop vaste en vue de maximiser l’effet de levier qu’autorise l’emprunt. L’immobilier résidentiel, ébranlé par la remise sur le marché d’un nombre d’habitations en hausse croissante, entraîna enfin dans sa plongée les ménages qui avaient conçu leur logement comme la tirelire qui leur permettrait de jouir un jour d’une retraite confortable...."

-Un prix Nobel d'économie doute du plan Paulson:"Le plan de sauvetage du système financier accepté par le Sénat américain ne séduit pas le Prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz. L'Américain, qui a reçu la récompense en 2001 pour ses travaux sur l'asymétrie d'information sur les marchés, a indiqué ce jeudi à Vienne que le rachat de 700 milliards de dollars d'actifs pourris reviendrait à «procéder à une transfusion sanguine massive à une personne souffrant d'une grave hémorragie interne».Joseph Stiglitz ne critique pas le plan lui-même, mais le périmètre d'intervention. Pour lui, ce plan «tente d'arrêter la dégringolade mais cela ne créera pas de nouvel équilibre financier». Il prévoit d'ores et déjà un ralentissement brutal de la croissance américaine, actuellement issue pour les trois quarts de la consommation : «il va y avoir une contraction du crédit avec d'énormes problèmes à la clé. Avec la réduction du PIB nous allons assister à la contraction de la consommation.»L'économiste américain demande que des mesures soient prises pour permettre aux gens de rester dans leurs maisons, et également pour que les banques soient davantage contrôlées. «Si un pays en développement avait agi comme M. Paulson, les institutions internationales, et en premier la Banque mondiale, lui auraient dit que c'est la porte ouverte à la corruption», a-t-il indiqué au sujet du refus du secrétaire américain au Trésor de renforcer la surveillance des banques..."

-Etats-Unis : le trou noir | AgoraVox

-L'autorité, une denrée rare à Washington:"...Lorsque Franklin Roosevelt hérita d'une crise économique en 1933, il réalisa que sa priorité était de restaurer la confiance, de faire comprendre aux Américains qu'il y avait quelqu'un aux commandes, que des mesures allaient être prises. La génération actuelle de dirigeants politiques est confrontée à la même situation, et, pour l'heure, elle a échoué totalement et lamentablement à projeter une quelconque image d'autorité, à donner au monde la moindre raison de croire que ce pays est tenu par des gouvernants. Bien au contraire, en rejetant, lundi 29 septembre, le plan de sauvetage, ces dirigeants ont encore fait empirer le climat psychologique...."

-Crise financière : la finance contre l’humanité

-Moralisation ou cynisme ?:
"...La stagnation, ou même dans certains pays le recul du pouvoir d’achat des salariés, pose un problème majeur pour le fonctionnement du système dans son ensemble. En effet, si pour chaque patron pris individuellement le salaire est un coût qu’il faut baisser, il est pour le capitalisme pris dans sa globalité un élément indispensable pour assurer la solvabilité de la demande.
Cette contradiction, pointée en leur temps par Marx et Keynes, est d’autant plus forte que les salariés forment l’énorme majorité de la population. Elle a été résolue pour quelques années par la fuite en avant dans l’endettement des ménages. De moins en moins de salaire et de plus en plus de dettes , tel a été le credo du capitalisme néolibéral. Aux Etats-Unis, cette logique n’a pas concerné simplement les biens immobiliers, mais aussi les dépenses courantes des ménages, notamment les plus pauvres.
Grâce à un marketing bancaire souvent à la limite de l’escroquerie et à des techniques financières « innovantes » (titrisation, réalimentation permanente du crédit, etc.), les institutions financières ont repoussé au maximum les limites possibles de l’endettement. La crise a commencé quand les ménages les plus exposés ont été dans l’incapacité de rembourser leurs emprunts et elle s’est répandue comme une traînée de poudre, les pare-feu permettant de cloisonner l’incendie ayant été détruits systématiquement par la déréglementation financière..."

-L'argent public au secours des apôtres du marché
-Le scandale est encore plus considérable que ce que j’imaginais-Le cas DEXIA:
"...Les dirigeants de DEXIA non contents de piocher dans la caisse de l’Etat, en étant les intermédiaires du circuit faussement créé, ont voulu encore s’intéresser à d’autres activités. Ils se sont lancés dans l’activité de « réhausseurs de crédit » aux Etats-Unis, c’est-à-dire une activité qui garantit les prêts des collectivités locales aux Etats-Unis.Ils ont racheté FSA. Bien sûr avec l’argent du contribuable français. Quand les dits rehausseurs à l’automne ont commencé à s’écrouler, cela ne les a pas arrêté et maintenant c’est au contribuable français de payer l’addition...."

-Effondrement financier global:
"...La crise financière globale est intimement liée à la guerre.La spirale du budget de défense se répercute sur les secteurs civils de l'activité économique. L’économie de guerre a un rapport direct sur les politiques monétaires et fiscales. Les dépenses militaires dépassent les 500 milliards de dollars. En outre, 70 milliards supplémentaires sont destinés « à couvrir les coûts de la guerre dans les premiers mois de la nouvelle administration. La combinaison de ces montants représente le plus niveau des dépenses militaires depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale, (ajustée aux coûts de l’inflation) . (Csmonitor.com, 6 février 2008)« La guerre, c’est bon pour les affaires » ; Les puissants groupes financiers qui manipulent de façon quotidienne les valeurs boursières, les marchés de la monnaie et ceux des matières premières font aussi la promotion de la poursuite de la guerre et de son escalade au Moyen-Orient. La crise financière est liée à la structure des investissements publics états-unienne dans l’économie de guerre par le moyen des impôts, au lieu des programmes sociaux. « Plus largement, ceci soulève également l’enjeu du rôle du trésor et du système monétaire états-uniens, dans le financement incessant du complexe militaro-industriel et de la guerre du Moyen-Orient aux dépends des secteurs le l’activité économique civile. » (Voir Michel Chossudowsky, The Democrats endorse the « Global War on Terrorism » : Obama « goes after » (Les démocrates endossent la « guerre mondiale au terrorisme » : Obama « pourchasse » Osama.Osams), Mondialisation/Global Reserach, publié en anglais le 29 août et en français le 4 septembre 2008)La guerre est génératrice de profits et est financée à travers l’expansion mondiale massive de la dette publique. Guerre et globalisation vont main dans la main. Wall Street, les compagnies pétrolières, et les contrats militaires ont des intérêts concurrents qui se chevauchent également. Les compagnies pétrolières sont derrière la poussée spéculative des prix du pétrole brut sur le marché londonien de l’énergie.En conséquence, et résultant de l’agenda militaire, l’économie civile états-unienne est en crise étant donné que les ressources de la nation, incluant les impôts, sont détournés pour financer une guerre au Moyen-Orient qui coûtent plusieurs milliards de dollars..."

-Europe2020-Crise systémique globale

- LES ETATS-UNIS VONT-ILS SURVIVRE AU PLAN PAULSON ?"...Le problème vital pour les Etats-Unis est la disparition de la part productive de leur économie sous la gouverne de ces politiques stupides, et aujourd’hui le pays ne peut plus soutenir la pyramide de dette qui lui a été imposée. Présenté comme essentiel pour toute l’économie, le Plan Paulson ne ferait qu’ajouter des dettes à la pyramide, en ne faisant que les transférer des bilans des banques au bilan du gouvernement, et donc des contribuables..."

>>La crise financière mondiale de l’automne 2008, par Alain de Benoist<<

-Sept jours qui ébranlèrent la finance par Jacques Sapir
-CRISE FINANCIÈRE, effondrement final en été 2008 : La pire hypothèse...
-Comment expliquer simplement la crise financière ?
-Hussonet portail Michel Husson:crise
-Islande : danse au-dessus des volcans
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- l' Etat dépollue
- Naufrage financier ?

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