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vendredi 7 novembre 2008

Fonds spéculatifs : le pire ?



"Qui contrôle les hedge funds ? Personne. Personne ne contrôlait non plus les banques d'affaires, qui viennent de passer avec le plan de sauvetage d'Henry Paulson sous le contrôle de la Fed, mais les hedge funds, eux, ont la particularité d'être situés, presque tous, dans des paradis fiscaux. Pourquoi dans des paradis fiscaux ? Pour échapper au droit, à l'État, bien entendu et faire profiter les clients de l'absence de contrôle, notamment fiscal. Que représentent-t-il ces hedge funds ? 2500 milliards de dollars. C'est beaucoup. Ils n'ont pas de prêteur en dernier ressort, de banque fédérale pour les sauver, ils n'ont qu'une possibilité, en cas de coup dur : la faillite...."(B.Maris)________

-"Si vous voulez parier, allez à Las Vegas. Si vous voulez traiter les dérivés, que Dieu vous protège"
.

- « Les hedge funds sont le trou noir de la finance mondiale. » (Lebègue) _

-"Liquidant leurs actifs en vitesse, tant qu'ils le peuvent, pour rembourser l'argent emprunté, les "hedge funds", ou fonds spéculatifs, tentent de sauver leur peau en fuyant les marchés, ce qui alimente une chute aveugle des bourses mondiales" (AFP)____________

La mère de toutes les crises | AgoraVox:

Le commencement de la fin aurait-il sonné pour le marché des dérivés ? Les investisseurs qui tentent avec précipitation de se retirer des fonds spéculatifs (hedge funds) ainsi que la valorisation toujours décroissante de ces actifs laisse effectivement redouter le pire. Ce marché éléphantesque estimé à 516 trillions (ou 516 mille milliards) de dollars et représentant dix fois la valeur de la production de l’ensemble du globe est au bord de l’implosion !

Cette bombe à retardement opaque composée d’équations mathématiques raffinées n’est pas vraiment un marché à proprement parler car elle échappe complètement au contrôle de tout Etat, régulateur ou autorité de surveillance. Pire encore : ce système est intégralement fondé sur le "gré à gré", c’est-à-dire sur des accords et contrats privés passés entre deux contreparties, l’acheteur et le vendeur, et représente ainsi un monde parallèle ou, si l’on préfère, un monde de l’ombre... Il suffirait qu’un nombre infime de ces intervenants - le chiffre de 2 % seulement est ainsi évoqué ! - n’honore pas ses engagements et le monde de la finance croulerait alors sous le poids d’un gigantesque jeu de dominos !
De fait, un marché digne de ce nom est généralement soutenu - et parfois garanti - par exemple par une banque centrale qui exige des réserves - ou une marge - en contrepartie de la transaction. Rien de tel en l’occurrence dans le marché des dérivés et pour cause puisque ces transactions ne représentent pas du "vrai" argent, mais des engagements, des contrats, que du "papier" en quelque sorte ! Ainsi, est-il difficile - voire impossible - de chiffrer la masse totale de ces engagements, le chiffre articulé plus haut de 516 trillions n’étant que le montant du notionnel annoncé, en d’autres termes le sommet de l’iceberg...
Notre imaginaire collectif est hanté de conflagrations provoquées par les dérivés ces dix dernières années, signe incontestable de la pression intense qui bouillonne dans une marmite dont le couvercle risque d’exploser d’un moment à l’autre en éclaboussant tout le monde au passage. Est-il nécessaire de rappeler la faillite de Barings due à des pertes d’1,3 milliard de livres sterling du trader Leeson ou le traumatisme de LTCM ayant coûté 5 milliards de dollars et qui a failli emporter l’ensemble du château de cartes ?
Le monde de la finance tremble à la perspective de l’éclatement de cette méga-bulle, y compris le trader de base qui tente désespérément de liquider une partie de ses positions en produits dérivés, mais qui ne trouve pas de contrepartie susceptible de les lui racheter... Il est certainement trop tard à présent pour remettre de l’ordre dans ce marché. De fait, les hedge funds se complaisaient dans cette opacité : ils n’avaient été que 24 sur des milliers à adhérer à un code de conduite délimitant les grandes lignes de leur activité quand le baromètre indiquait encore le beau temps, il y a quelques années !
Il est vrai que la marge de manœuvre de cette "industrie" des fonds spéculatifs à effet de levier était inversement proportionnelle au niveau de compréhension de leurs équations dérivées par les banques centrales et autres organismes de régulation. Lors de la nomination de Bernanke, la Réserve fédérale américaine - consciente instinctivement du problème potentiel - avait certes effectué des tentatives pour percer les énigmes posées par ces dérivés. Rien n’a été fait cependant pour modérer la croissance de ce que Buffet a qualifié "d’armes financières de destruction massive"... En réalité, le marché des dérivés est tout simplement l’instrument ayant permis au monde de la finance - de la banque du coin aux hedge funds en passant par le simple spéculateur derrière son écran - d’engranger les profits par milliards pendant des années.
Et pour cause, quel instrument formidable car tout - tout ce qui vaut un prix du moins ! - peut être négocié sur le marché des dérivés. De fait, un dérivé est un contrat qui porte sur "quelque chose d’autre" et ce quelque chose peut être absolument tout ce dont la valeur peut être observée et mesurée... Il vous est ainsi possible d’acheter un dérivé sur la maison de votre voisin et de toucher une prime si elle venait à brûler, en d’autres termes de vous enrichir si une maison ne vous appartenant pas prend le feu !
Ainsi, le seul marché des dérivés sur obligations et autres instruments de crédit vaudrait 58 trillions de dollars, chiffre qui ne peut être qu’approximatif du fait de l’explosion des volumes à cause d’une réglementation déficiente. Le cœur du système bat cependant au rythme des "Credit Derivative Swaps" (les CDS) qui sont en réalité des assurances contractées contre le risque de défaut de paiement d’un émetteur d’obligation. Comme pour l’exemple de la maison, il n’est pas nécessaire de posséder concrètement le papier-valeur pour acheter une assurance vis-à-vis du défaut de paiement de l’émetteur de ce même papier-valeur ! Pour autant - et c’est précisément ce qui risque de faire imploser le système -, ces assurances ont de moins en moins de valeur par les temps qui courent, quand elles en ont encore une... Effectivement, quelle institution serait-elle capable d’honorer ses engagements sur CDS dans un environnement où les banques, institutions financières et émetteurs d’obligations d’une manière générale risquent la faillite - et de fait tombent parfois en faillite ?
Buffet - encore lui - reconnaissait qu’il n’investissait que dans ce qu’il comprenait. Une blague avait cours il y a quelques années à Wall Street, au temps de sa splendeur : "Si vous voulez parier, allez à Las Vegas. Si vous voulez traiter les dérivés, que Dieu vous protège".

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