Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

vendredi 22 janvier 2010

Afrique: terre sans histoire?

Un continent oublié

Un passé occulté


-Le conditionnement des esprits dans la période coloniale , dont il reste des traces aujourd'hui, a abouti à l'idée que , avant l'arrivée de la "civilisation blanche", l'Afrique n'était qu'un continent immobile depuis l'origine, "sauvage", sans histoire, qui aurait caractérisé la seule Europe, hautement consciente de sa suprématie, lui donnant le droit d'exploiter des "peuples inférieurs"...
Il a fallu atteindre la fin de la décolonisation, pour que l'on s'intéresse enfin à l'histoire d'un continent au passé riche, diversifié, étonnant parfois de raffinement, qui contraste avec son aspect actuel souvent ravagé


-“L’Afrique noire est mal partie”, c'est le constat amer de René Dumont, il y a une trentaine d'années, au vu d'une Afrique artificiellement démantelée par les politiques conflictuelles de colonisation des grandes puissances,dont le développement, agricole a surtout stagné ou régressé
___Depuis, la politique désastreuse du FMI, le poids de la dette (l'Afrique est devenue une vache à lait), la corruption,l'explosion démographique, l'urbanisation sauvage(conséquence de la fuite des campagnes, du fait de l'ouverture des frontières due à la politique de l'OMC, qui fait chuter les prix agricoles),les conflits internes, le néo-colonialisme et le pilllage des ressources , etc...ont compromis la mise en valeur de nombreux pays de ce continent.
Il lui reste encore à trouver ses propres voies de développement (les ressources ne manquent pas:
le développement agricole est un atout pour l’Afrique
, le sous-sol est riche en produits miniers) et certainement pas à imiter l'Europe...
Elle a souvent perdu le souvenir de son passé, elle qui fut le berceau de l'humanité.
Car comme l’écrit Fernand Braudel dans la préface de l’
Histoire de l’Afrique noire, "pour espérer, pour aller de l’avant, il faut savoir aussi d’où l’on vient".
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-L'histoire de l'Afrique.
-Quelle histoire pour l'Afrique ?
-Joseph Ki-Zerbo : parcours d'un historien engagé
-Carte des royaumes et empires d'Afrique avant la colonisation
-Les premiers royaumes africains, de 700 à 1520

-L'Afrique d'avant la colonisation, d'avant la traite négrière:
" ...Bien avant l’esclavage et la colonisation qui l’ont affaiblie, « l’Afrique de l’ouest travaillait le fer et l’acier comme l’Europe au 13ème siècle avant l’utilisation de la force hydraulique », et que « la plupart des foyers africains avaient des couteaux, des épées, des haches et des houes de ce métal ». L’évidence même !
Ils auraient pu se procurer, également, les fameuses Descriptions de l'Afrique, du voyageur andalou
Léon l’Africain, qui visita Tombouctou, en 1526, et s’enthousiasma pour cette cité florissante et moderne, traversée « par des canaux », servant à recevoir l’eau du fleuve Niger en cas de crue. Un tiers des 70 à 80.000 habitants de la ville était des étudiants « pleins d’ardeur pour la science et pour la vertu ».
Ils fréquentaient l’
université de Sankoré, dont le niveau des enseignements n’avait rien à envier aux facultés de Cordoue, Damas, Grenade, ou du Caire, comme en témoigne la surprise d’un lettré arabe, arrivé de la Mecque pour occuper une chaire de droit. « Il se fixa à Tombouctou et trouva cette ville remplie d’une foule de jurisconsultes soudanais. Aussitôt qu’il s’aperçut que ceux-ci en savaient plus que lui en matière de droit, il partit pour Fez, s’y adonna à l’étude du droit, puis il revint se fixer de nouveau à Tombouctou ».
Faut-il, par ailleurs, rappeler, que
L’Afrique noire connaissait, à cette époque, pas moins de… sept systèmes d’écritures qui, pour des raisons historiques, n’ont pas eu le développement de ceux des peuples asiatiques et européens : les écritures arako et nsibidi du Nigéria, giscandi du Kenya, ou encore mende de Sierra-Leone, pour ne citer qu’elles.
Faut-il, également, souligner, que c’est au Congo, que l’archéologue belge, Jean de Heinzelin de Braucourt, a découvert, en 1950, la plus ancienne calculette préhistorique, connue, aujourd’hui, sous le nom de bâton d’Ishango ? Il s’agit d’un petit os, datant de 20.000 ans av J.C., sur lequel figure une série de nombres, et qui prouve que les Africains maitrisaient les mathématiques bien avant tout le monde.


S’ils s’étaient dispensés de ce débat, ces parlementaires auraient pu, aussi, acheter et lire Voyages dans l’intérieur de l’Afrique de Mungo Park, cet aventurier écossais, qui sillonna le continent noir au XVIIIe siècle. Il a fourni de précieuses indications sur les connaissances médicales des « Nègres » qu’il rencontra, et qui se révélèrent « meilleurs chirurgiens que médecins », tant ils excellaient « dans le traitement des fractures et des dislocations », savaient guérir les fièvres, par des bains de vapeur, et soigner la cataracte.
La lecture de ces livres, et de quelques autres, montre bien que
la période précoloniale fut, pour le continent noir, une période faste, marquée par un bouillonnement culturel, un développement économique et une stabilité politique, incarnés, notamment en Afrique de l’ouest, par trois grands empires, celui de Ghana, de Mali, et du Songhaï, qui égalaient, en puissance, leurs lointains voisins arabes et européens, avec lesquels ils entretenaient des relations suivies. Leurs monarques étaient, d’ailleurs, sur bien des plans, en avance sur leur temps :
- Soundiata Kéita fit adopter, au 13ème siècle, une charte des droits de l’homme et du citoyen, la fameuse charte de Kouroukan Fouga, dont l’article 16 stipulait, déjà, que « les femmes, en plus de leurs occupations quotidiennes, doivent être associées à tous nos gouvernements ».
- Aboubekr II entreprit de traverser l’Atlantique et de rallier l’Amérique, bien avant Christophe Colomb, comme le rapporte l’auteur égyptien du 13ème siècle Al-Omary.
- Mohamed Aboubakr créa, dès le 16ème siècle, une armée de métier et un ministère de...l’intégration pour les étrangers, arabes et européens, qui venaient dans le pays.

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Il y eut, justement, parmi ces étrangers, un voyageur français, du nom de René Caillié. En route pour Tombouctou, il fit une halte à Djenné, le 11 mars 1828, et découvrit, en même temps que l’hospitalité du lieu, l’histoire de cette île, dont le fondateur, le sultan Konboro, s’était converti à l’islam, au douzième siècle. Il avait, à cette occasion, demandé, expressément, aux oulémas, les docteurs de la loi, de prier Dieu d’accorder au moins deux choses à sa ville.
La première : « Que, celui qui, chassé de son pays par l’indigence et la misère, viendrait habiter cette ville, y trouvât en échange, grâce à Dieu, abondance et richesse, de façon qu’il oubliât son ancienne ». Et la seconde, encore plus étonnante : « Que la ville fut peuplée d’un nombre d’étrangers supérieur à celui de ses nationaux »...

- Wiki: Traite arabe
-Histoire de l'expansion de l'islam
-Colonisation Afrique et Asie, empire colonial français, empire britannique
-MEMO - Le site de l'Histoire: colonisation
-Décolonisation de l'Afrique
-La colonisation, responsable du sous-développement de l'Afrique?

-L'Afrique, un continent noir?: perspectives géopolitiques
-La Chine en Afrique : une réalité à nuancer
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-Bongo: ami d'exception___ -Faim au Sommet___ -RDC : Terrain de chasse pour les multinationales ? ___-Razzias sur terres cultivables___-Bolloré, l'ami africain

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