Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

lundi 8 novembre 2010

Berlusconi: autocrate en péril

Jusques à quand, Berlusconi?
_____________"Quousque tandem..."


Où va l'Italie avec un tel Président du Conseil, histrion trois fois remonté sur scène (de 93 à 2008) ?
Qui va , à chaque mandat, de l'insupportable au grotesque
.
Heureusement, l'idole vacille.


.A tel point qu'aujourd'hui une crise majeure s'annonce: Gianfranco Fini demande sa démission . _ Fini-ta la comedia?
("Dans un discours de près d'une heure, Fini a durement attaqué son rival, à nouveau empêtré dans des scandales sexuels, en regrettant une «décadence morale» dans la société italienne, alors que «les personnages publics doivent être des exemples».)


__Le système montre ses
fissures.
Au sein de la léthargie et de la résignation ambiantes, une certaine opposition impatiente, voire excédée, commence à se manifester moins sporadiquement, des actions ponctuelles se font jour, alors que des risques de fractures menacent, la crise économique aidant, préoccupante...
_Il apparaît que ses jours politiques sont comptés, après tant d'années de comédie du pouvoir et de prévarications. Pourtant rien ne l'arrêtera, disait -on .Le vieux renard saura-t-il une nouvelle fois se donner comme sauveur d'une situation dégradée qu'il a largement contribué à créer? Douteux.
_____Comment le peuple italien a-t-il pu à ce point se faire berlusconiser?
Bien sûr , le cavaliere n'est pas tombé du ciel. Machiavéliquement, il a su exploiter un vide politique, né de l'effondrement et du discrédit des partis traditionnels, en se donnant l'image d'un sauveur moderniste et débonnaire (une main de fer dans un gant de velours), dans le contexte libéral et individualiste montant, tout en se créant cyniquement un empire, en jouant au "parler vrai", flattant le peuple dans le sens du poil et des valeurs les plus discutables, de manière décomplexée. Un manipulateur d'opinion, comme il en existe peu. Il a aussi su tisser des liens avec les mafias de la péninsule, et s'accommoder de la corruption au plus haut niveau. Un homme inquiétant, au coeur d'un système très féllinien, pour nous Français assez opaque et déconcertant...

__Comment l'opinion peut-elle supporter plus longtemps encore ce bouffon, ce Caligula au petit pied, ce grand décadent?
Un Caligula d'opérette, par qui le scandale arrive en permanence (Caligula signifiant
petit scandale en latin)
Certes, il n'a pas tué, quoique....
Menteur professionnel, le citizen Berlusconi s'est imposé peu à peu par une séduction typiquement latine des plus démagogiques.
Première fortune du pays, il a plongé dans de nombreuse affaires peu reluisantes et s'est arrangé pour faire passer des lois à la mesure de ses méfaits . Il s'est annexé la justice et assure son contrôle sur l'essentiel des medias. La gestion du pays est devenu pour lui avant tout affaire privée, au service de ses intérêts propres et d'un rare narcissisme.
Il étale sans pudeur ses moeurs "particulières", scandales après scandales. Récemment encore...
Il affiche sans retenue et publiquement une xénophobie abjecte, une complicité pour des courants fascistes, une homophobie sans complexe, surfant sur une certaine fascination des couches les plus machistes et populistes.
Mais il en vient aujourd'hui à excéder même ses propres amis...
La liste serait longue des "coups médiatiques" du Cavaliere
.

_L'Italie sortira-t-elle du piège dans lequel elle s'est enfermée?
"En Italie,l'opposition n'existe plus, mais il y a un phénomène bien pire: il n'y a plus d'opinion publique. La mainmise de Berlusconi sur la télévision a ravagé la façon de penser des Italiens"(Nanni Moretti)
Marco Revelli: «L'Italie n'a plus rien de démocratique»

_Mais l'espoir n'est peut-être pas perdu:Le 15 mai 2009, l’écrivain portugais et Prix Nobel José Saramago déclarait sur son blog : « Ce qui étonne, c’est qu’aucune voix italienne (à ce que je sache) n’ait repris, en les adaptant un peu, les mots de Cicéron : “Jusqu’à quand, Berlusconi, abuseras-tu de notre patience ?” Il faudrait essayer. Peut-être obtiendra-t-on quelque résultat, et peut-être que, pour ceci ou pour un autre motif, l’Italie recommencera à nous surprendre. »

Aucun commentaire: