lundi 17 janvier 2011

La "révolution" du philanthrocapitalisme

Les dollars du coeur

La richesse concentrée par quelques uns sert bien plus la cause du progrès que lorsqu’elle est émiettée en salaires destinés à faire vivre la multitude » (Carnegie)

« 98% d’entre eux (les plus fortunés) se sont hissés au sommet à la force du poignet. Je compatis néanmoins avec ceux qui sont restés pauvres même s’ils doivent, d’abord, à leur propre incompétence de n’avoir pas échappé à leur condition." (Pasteur Russel Cornwell)


__________Les milliardaires américains, de plus en plus nombreux, ont le coeur sur la main.
Merci Reagan! merci Bush!
De 1979 à 2007, la richesse des 1% des Américains fortunés s'est accrue de 281%.
-Ils rivalisent de générosité, à la recherche de nouveaux symboles de prestige. Les "multinationales de la bonté", qui prennent d'un côté pour donner de l'autre, ne manquent pas d'étonner les grandes fortunes françaises, qui lâchent moins facilement leurs millions...
-Comme s'ils avaient mauvaise conscience, ou peur des colères montantes, face à la
pauvreté croissante de larges couches de la population et aux inégalités montantes, à la faveur d'une crise générée par les nababs de Wall Street et à leurs alliés, ils cachent pour un temps leur cynisme (
« La lutte des des classes a repris aux Etats-Unis et ce sont les gens dans mon genre qui sont en train de la gagner, disait naguère W.Buffet) en se sentant sans doute en contradiction avec certaines valeurs affichées ("La voracité d’une poignée de carnassiers mine l’évangile de la richesse pour tous, arc-boutant du rêve américain." (E.Dior))

-Parmi les plus riches que riches, les "barons pillards" du Richistan, c'est à qui donnera le plus dans les fondations humanitaires ou culturelles. Ils veulent "sauver le monde", quand ils ont contribué souvent à le détruire par leurs activités prédatrices...


___Le Charity business n'est pas nouveau Outre-Atlantique, mais il connaît, notamment avec W.Buffer et Bill Gates, une surenchère étonnante. Phénomène opportuniste?

"Faire payer les riches" est un slogan qu'ils s'appliquent à eux-mêmes. Il faut dire que les fortunes arrivent à des hauteurs tellement stratosphériques que le sacrifice d'une partie, même importante, de leur fortune, laisse encore une grande marge de réserves pour vivre plus qu'aisément... Par exemple, "le niveau phénoménal des sommes mobilisées par Bill Gates. Quelques points de comparaison ? Le PNB du Mali : 9 milliards de dollars, Celui de Madagascar, 8,5 milliards. Haïti, 6,5. Le Laos, 5,5…. Bill Gates, sa fondation : 100 milliards. Les dons annuels de la Fondation sont plus élevés que le budget de l’Organisation mondiale de la Santé. Et quand les amis de Bill Gates répondent à son appel, cela donne Warren Buffet et 37 milliards de dollars ! Soit 40% du Viet-nam ou du Maroc !.."

___Une "philanthropie" qui s'inscrit dans une longue tradition. C'est une vieille histoire américaine (1/3)_-(2/3) -(3/3)
Le "rêve américain" se poursuit sous d'autres formes, avec d'autres moyens...

_Une spirale infernale?
"... Ce déferlement de dollars, pour les protagonistes de l’affaire, les Gates, mais aussi leur ami Buffet, l’ont-ils vraiment voulu dans toute l’acceptation du terme ? Ont-ils compris que le big business a pris le pouvoir aux Etats-Unis et qu’ils en sont, bonne conscience ou non, les représentants. Sont-ils conscients que, leur bonté, dans un monde globalisé où les marchés ont été décloisonnés et ouverts, devenu le champ clos des multinationales du profit, va faire émerger des « non profitable institutions » multinationales, autrement dit, des multinationales de la Bonté....Lles Etats-Unis ont été transformés en un « Richistan ». Et ce n’est pas l’économie qui est en cause. C’est la politique. » En 1963, aux Etats-Unis, le taux marginal d'imposition des plus riches était de 91 % alors qu'à l'heure actuelle, avec les avantages consentis par Bush, il n'est plus que de 35 %. A ce compte, il est facile de comprendre pourquoi la part des riches s’est considérablement accrue dans la richesse nationale américaine et, plus généralement, dans le monde. Warren Buffet ne s’y est pas trompé lorsqu’il y a peu de temps, il en a appelé à la taxation des riches. Il n’est pas le seul. Plusieurs « riches Amércains ont fondé l’association « patriotic millionnaires for fiscal strength » qui a lancé ce slogan s’adressant au Président Obama “For the fiscal health of our nation and the well-being of our fellow citizens, we ask that you allow tax cuts on incomes over $1,000,000 to expire at the end of this year as scheduled”. Cette association a rappelé au Président Obama que de 1979 à 2007, la richesse des 1 % des Américains fortunés s'était accrue de 281 % ! Peut-être Warren Buffet a-t-il conscience qu’à ne rien faire, la spirale de la bonté va passer, même aux yeux des pauvres, pour infernale. Des sommes colossales maniées par des personnes privées, pour le bien de l’humanité ? Quel bien ? Au nom de quelle vision de l’homme et de la société ? Celle de Bill Gates, celle de Melinda ou de Warren Buffet ? Ou d’un gourou, qui saura les influencer ? Celle d’un prédicateur évangéliste ? Ou d’un membre de l’église de la Scientologie ?..."
___La gestion de ces fonds privés ne sont pas sans lacunes démocratiques.
Et s'ils payaient leurs impôts?...
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-George Soros, l'homme qui n'est pas à une contradiction près

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