Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

vendredi 13 août 2010

Charity business

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Au Richistan,
__________Les milliardaires passent à l'offensive



Charité et /ou justice ?




Andrew Carnegie: "L'homme qui meurt riche meurt en disgrâce".

-Une façon de s’acheter un peu d’immortalité ?... " (Gisèle Prévost)
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Ah! dur d' être milliardaire ! d'avoir à gérer une richesse qui peut correspondre à celle de plusieurs pays
Que de soucis! De plus, les sommes possédées excèdent de très loin tout ce qu'on serait susceptible de dépenser même au cours de plusieurs vies, même si l'on s'offrait les produits les plus nombreux et les plus luxueux.
C'est terrible! on ne peut consommer au delà d'un certain seuil: trois bouteilles de Petrus par jour, et voilà votre santé mal partie; cinq yachts de par le monde: parfait, mais comment en profiter? le temps n'est pas extensible, et ça finit par être ennuyeux...Et puis il faut bien mourir! Un beau mausolée, un cercueil en acajou ne donneront aucune satisfaction particulière. A-t-on jamais vu un coffre-fort suivre un corbillard? Pas question de mourir riche. Comme l’écrit Bloomberg,
«cette fortune, je ne peux ni la dépenser entièrement ni l’emporter dans la tombe.»
Bref, être milliardaire, surtout quand on est américain, n'est pas un sort si enviable que la presse people le laisse entendre.
On comprend pourquoi un Carnegie, ou même un Rockefeller en soient presque venus à prêcher la vie simple, presque ascétique..Il faut dire que l'esprit du protestantisme était passé par là, avec sa glorification du travail et de la réussite matérielle pensée comme l'expression du salut . Etre riche: une mission divine. Aux USA, l'argent n'a jamais été objet de honte et la réussite sociale est une valeur dont on peut se glorifier sans complexe (Daniel Boorstin dans
Histoire des Américains, décrit très bien cette tendance présente dès le départ de l'"aventure coloniale"). Etre pauvre ne pouvait qu'engendrer une certaine honte au sein d'un société marquée par une Destinée Manifeste, au coeur de l' american dream.(ou ici)
-"...« Dans les années 80, les " maîtres de l'Univers", comme les appelait l'écrivain Tom Wolfe, voulaient amasser du capital. L'arbitragiste Ivan Boesky lançait son célèbre slogan "Greed is good" [la cupidité est bonne !]. Les milliardaires des années 2000, eux, ont adopté la philosophie d'Andrew Carnegie, selon laquelle "l'homme qui meurt riche meurt en disgrâce". Ils y ont ajouté leur touche : ils donnent leur argent de leur vivant », observe Jean-Sébastien Stehli, de L'Express, dans une enquête sur la vie des super-riches qui aborde pour la première fois ce sujet. En réalité, les deux comportements font bon ménage. Le golden boy a pris les traits du trader David Pinkus dans Cendrillon, le dernier livre d'Éric Reinhardt (Stock). Pour lui, gagner de l'argent est à la fois une drogue et un plaisir. Mais c'est le même individu qui dépense des sommes astronomiques en pures futilités et qui s'implique dans la lutte contre la misère dans le monde. Dans les deux cas, le plaisir est un moteur. La tradition philanthropique américaine, d'origine protestante, encourage l'acte de donner d'un point de vue à la fois philosophique, moral et éthique. La défiscalisation fait le reste. Il s'agit de se sauver soi-même en sauvant le monde..." (G.Prévost)
_____Mais le problème, le casse-tête, pour les happy few, c'est de profiter en faisant profiter les plus malchanceux. Leur conscience morale devait souffrir , à la vue de tant de misères répandues aux USA et à l'extérieur. D'où l'idée d'établir des fondations , pour réparer ce que l'Etat ne faisait pas ou faisait si mal. La justice sociale étant si mal assurée, il fallait compenser par la charité, qui pouvait être grande, mais laissée à la libre appréciation de chacun. C'était sans doute un moyen de soulager sa conscience, peut-être des remords issus d'une fortune à l'origine acquise dans des conditions douteuses, mais aussi un bon moyen d'échapper partiellement à l'impôt, de valoriser son image sociale, donc de conforter sa réussite. Un bon retour sur investissement, en quelque sorte.
Et puis , il existe des fondations qui jouent un
double jeu...Et puis certains, comme G.Soros semblent dénués de scrupules quand ils sont aux affaires. Double langage ou schizophrénie sociale? Et puis, l'initiative engagée par Buffet and Co se résume pour l'instant à des "promesses"...D'autres par le passé ne furent jamais tenues.
Cela peut paraître cynique , et pourtant...
Un impôt proportionnel aux richesses accumulées , judicieusement utilisé (hôpitaux, éducation, etc...), serait certainement plus efficace socialement que des dons, laissées souvent à la fantaisie individuelle (je sais, des groupes bancaires ont maintenant leurs conseillers en philanthropie, _comme en placement en paradis fiscaux_) et parfois sans suite.
_"...Aux États-Unis, le conseil en dons est un nouveau métier fort lucratif. En fonction de vos goûts personnels, on vous aiguillera vers l’opération assurant le meilleur « retour sur investissement » en termes d’impact social : 500 enfants tirés de la misère, 1 000 analphabètes en moins, etc. Au passage, le conseiller empoche de 1 à 5 % du don. De même, des banques privées proposent des « philanthropy advice services » pour accompagner la démarche, jusqu’à faire la publicité des dons pour les donateurs qui le souhaitent.
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« En Europe, les Pays-Bas sont la nation la plus avancée en matière de fondations, car l’on y trouve beaucoup de fonds de pension à vocation de retraite par capitalisation, observe Gilles Dard, président de l’activité gestion privée de Merrill Lynch, qui gère la fortune de 700 familles françaises et dispose de spécialistes ès philanthropie. « En France, ceux qui passent à l’acte sont moins nombreux qu’ailleurs. Mais le phénomène s’est amplifié depuis trois ans, au rythme de l’accélération de la création de richesse des dernières années. Et avec l’aide de la loi Aillagon, malheureusement encore un peu confidentielle. » Il y voit une tendance de fond. « Au-delà de 50 millions d’euros de patrimoine, tous y pensent et souhaitent clairement qu’on leur en parle. Ils investissent sur plusieurs générations et veulent être sûrs que le ratio argent investi/efficacité sera optimal. » Le cas le plus fréquent est le grand industriel qui a vendu son entreprise, préparé sa retraite, offert un appartement et un pécule à ses enfants, et qui décide de placer le reste à très long terme de façon à ce que sa générosité lui survive.Une façon de s’acheter un peu d’immortalité ?... " (Gisèle Prévost)
______________Avec une partie seulement de la fortune de Bill Gates (ne soyons pas trop dur et il lui en resterait tant encore pour lui et ses enfants!), on pourrait ouvrir des écoles dans toute l'Afrique et sortir beaucoup de pays du marasme, par des actions bien ciblées, bien organisées. Ce serait aussi une façon de rendre à la société une partie des sommes qu'il a captées par ses pratiques commerciales monopolistiques déloyales .
Madame Bettancourt ne verse qu'une part très dérisoire de ses revenus à l'Etat au regard d'une personne des classes moyennes, mais elle a aussi "ses" pauvres"...et ses oeuvres d'art, qui lui donnent du plaisir et lui fait faire des économies...
Les cadeaux fiscaux vont rarement dans le sens de l'intérêt général

___________Alors, justice ou charité ?
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-LE CHARITY BUSINESS EN QUESTION

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