Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

dimanche 23 octobre 2011

Maudite soit Moody's

Moody's fait pression sur l'hexagone

_Les agences de notation:
complices des spéculateurs?

Comme devant une maîtresse sévère, Baroin plie l'échine. Il s'incline devant ces puissantes officines qui notent les Etats.
Hollande ne dit mot...malgré les critiques qui fusent de toute part
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[La "Moody's" (qui veut dégrader la France) est détenue partiellement par le milliardaire Warren Buffett, un des pontes de Wall Street qui s'enrichit en touchant des commissions sur les emprunts des Etats. Il a fait récemment, une trés bonne opération avec l'Etat espagnol qu'il a obligé à emprunter à un taux élevé ! ]
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Comme dit un ban­quier parisien : « Finalement, il aurait mieux valu que la France continue à emprunter au paysan corrézien ou ’à la veuve de Carpentras plutôt qu’à un spéculateur de Wall Street ou à un banquier de Hong­kong. » Ce n’est pas le ministre ja­ponais des Finances qui pourrait le contredire
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__Moody's ouvre le chemin de la récession en France:
" François Baroin, ministre de l’économie et des fiancnces prend les devant. « Nous ferons tout pour garder le Triple A », explique-t-il sur France 24. Déjà il s’engage à réviser la prévision de croissance pour 2012 (+1,75%), trop « optimiste », ce qui signifie que pour parvenir à réduire le déficit public de 5,3% du PIB en 2011 à 4,5% du PIB en 2012, et 3% en 2013, il va falloir encore plus de mesures d’austérité, coupes dans les dépenses ou hausse de prélèvements obligatoires.."

_"Ce faisant, le gouvernement français risque d’enclencher une spirale rigueur / récession digne d’un cas d’école de commerce. Car réduire la dépense publique qui représente la moitié du PIB, alors que l’activité privée à tendance à se réduire, c’est évidemment ajouter de la crise à la crise...

L’Observatoire français des conjonctures économiques a justement étudié ce scénario. Selon se
s calculs, explique l’économiste Eric Heyer, la croissance est déjà nulle au troisième trimestre 2011, et sera négative au quatrième trimestre. « Si on applique en France une politique de rigueur dont le but est de réduire le déficit public malgré les pertes de recettes, on arrive à une récession de 0,5%. Si cette politique est appliquée à toute l’Europe, ce qui réduirait la demande adressée à la France, la récession serait de -1,7% du PIB ». Un véritable choc pour le pays, qui se retrouverait avec 700000 chômeurs de plus qu’aujourd’hui. La récession entrainant une baisse des recettes fiscales et une hausse des dépenses sociales, la recherche de l’équilibre des finances publiques ferait entrer le pays dans un cercle résolument vicieux. La note de l’OFCE, datée du 14 octobre s’intitule d’ailleurs : « Retour vers l’enfer ?"
__ Valérie Pécresse nous parle de thermomètre. "En réalité, les agences ont placé la France sous surveillance, on ne saura que dans quelques mois si elles nous dégradent ou pas, donc le thermomètre en l’espèce mesure notre température future, c’est pas banal ça, un thermomètre à prédire l’avenir ! Comme le disait on ne sait trop qui : un économiste c’est un type qui expliquera demain pourquoi ce qu’il a prédit hier ne s’est pas produit aujourd’hui (1).
Que le gouvernement décide de réduire les dépenses, pourquoi pas. Qu’il cède à la pression de l’ennemi par force, tout en se battant à l’échelon européen pour encadrer les agences de notation et nous émanciper de la tutelle de ces organismes douteux, cela s’appelle de la politique et ce n’est pas si mal joué que cela. Mais par pitié n’utilisons pas les formules absurdes auxquelles recourent précisément les agences pour se donner un vernis de crédibilité.
Elles ont bien noté Enron jusqu’à la faillite du courtier américain en énergie et participé ainsi à l’un des plus grands scandales financiers du siècle. Elles ont encensé les subprimes et permis la crise de 2008. Tous les experts s’accordent à considérer que leurs prophéties auto-réalisatrices sont en train d’aggraver la situation."

____Mais qui contrôle les agences notatrices... et leurs décisions arbitraires, qui ont accentué la crise financière ?
Et pourtant
l'Europe voulait mieux les contrôler et même en faire un organe purement européen....

_Agences de notation et dettes souveraines constituent un mélange explosif:
__________"...Ravages de la novlangue. « Dettes souveraines » ? Ce sont les dettes de pays qui ne maîtrisent plus rien ! Pendus aux basques des marchés, soumis à l’oracle des agences de notation, voilà ce que c’est d’être « souverain » aujourd’hui ! Chez les « souverains » d’Europe, 80% des lois proviennent d’une commission de 27 membres non élus et non révocables, dont les décisions sont indiscutables ! Et bientôt leur budget « souverain » passera sous les fourches caudines de Bruxelles. Il y a fort longtemps qu’Orwell nous a ouvert les yeux sur les dangers des mots et leur rôle d’arme politique. Il faut croire que la leçon n’a pas été retenue..."
Dans le cadre de la crise et de la dette en Europe, les politiques n'ont tiré aucune leçon. La crise: pour qui?. La rigueur, pour qui?
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______-Voilà les effets de la globalisation financière, de 25 ans de dérégulation
, de finance prédatrice_
Le pouvoir des agences de notation, visant à affaiblir la souveraineté des Etats, en les poussant à privatiser tout ce qui peut être privatisable, est devenu exorbitant. Moody’s nous pousse à la faillite
L'épouvantail de la dette publique a tout pour rassurer la spéculation, qui fait feu de tout bois.

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Qui a créé les agences ?La création des agences de notation remonte au XIXe siècle aux États-Unis. Après la panique de 1837, la nécessité d'évaluer la solvabilité des entreprises s'est fait ressentir. Quatre ans plus tard naissait The Mercantile Agency, première société d'analyse financière de crédit. Dans le sillage de la révolution industrielle et du développement du chemin de fer naissent d'autres agences, comme celle de John Moody, Moody's Investors Services Incorporation, créée en 1909, ou encore The Fitch Publishing Company en 1922. Depuis les années 70, elles sont davantage contrôlées par la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme de la bourse américaine. Les trois grandes agences internationales qui contrôlent 90 % du marché mondial de la notation sont toutes américaines : Fitch Ratings, Moody's et Standard & Poor's.

Qui les paie ?Les agences sont détenues par des capitaux privés. Le milliardaire Warren Buffet possède 13 % du capital de Moody's ; Standard & Poor's appartient à l'éditeur américain McGraw-Hill Companies et Fitch est détenue par la société financière française Fimalac. Les agences sont rémunérées par les sociétés qui veulent recevoir ou utiliser une note ; et qui paient un ticket d'entrée plus des commissions à chaque transaction. Arguant de la complexité des marchés financiers pour analyser le risque de faillite des acteurs économiques, les agences se font chèrement rémunérer, ce qui en fait des sociétés florissantes avec des marges de 38 à 58 % !

Comment notent-elles? Lors de la crise financière asiatique à la fin des années 90, durant l'éclatement de la bulle internet ou encore à l'occasion de la crise financière de 2008, leur réactivité et l'exactitude de leurs notes - sous ou sur-évaluées - ont été mises en cause. Les agences ont chacune une échelle de note, allant de AAA (triple A) à DDD. Ces notes sont attribuées après un long travail d'analyse des chiffres économiques et financiers. Dans le cas des États, les analystes peuvent rencontrer des membres du gouvernement. Les trois agences ont toutefois des méthodes d'évaluation différentes, ce qui explique des dégradations brutales ou davantage étalées dans le temps.

Peut-on s'en passer ? Dans un contexte de crise où les investisseurs leur ont délégué leur mission d'évaluation des risques, les agences jouent un rôle important sur les marchés. On pourrait difficilement se passer d'elles, mais comme le suggère l'Autorité française des marchés financiers, il faudrait une « désintoxication de la notation » et donner moins d'importance aux notes.

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Etat d'âme d'un trader : "...Je suis un trader ; je me fiche de ce qu’il faudrait faire. Tout ce qui m’intéresse, ce sont les opportunités pour faire de l’argent. En fait la plupart des traders se fichent de la manière de remettre à flot l’économie et de faire en sorte... que les choses fonctionnent.
Notre boulot, c’est de faire de l’argent, et, personnellement, ça fait des années que je rêve de ce moment... Il faut que je vous fasse une confession lorsque je vais me coucher je rêve toutes les nuits d’une autre récession, je rêve d’un autre moment comme celui-là ; pourquoi ? parce que les gens ne s’en souviennent peut-être pas, mais la dépression des années trente, après la crise de 1929, ce n’était pas seulement l’effondrement du marché, il y avait des gens qui s’étaient préparés pour faire de l’argent sur cet effondrement.
Je pense que tout un chacun peut faire ça ; pas seulement les gens qui sont au courant, tout le monde peut se faire de l’argent, c’est une opportunité. Quand le marché s’écroule, quand l’euro et les grandes bourses s’écroulent si vous savez quoi faire, si vous avez un plan bien préparé, vous pouvez récupérer un bon paquet d’argent par exemple via des stratégies de couverture ; ou encore en investissant dans des bons du trésor. Ce genre de choses…"
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Enquête sur les agences de notation
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Comment faire tomber un pays?
-Agences de notation sur la sellette

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