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samedi 27 août 2011

Déclin du politique

Qui gouverne encore?

-"Le politique a définitivement abdiqué toute prérogative dans la marche folle du capitalisme. " (Gregbara)
-" Nous n’aurions pas du céder nos instruments d’intervention dans l’économie,[...] nous n’aurions pas du céder sur la Banque de France qui permettait à l’Etat d’émettre du crédit, alors qu’aujourd’hui il est contraint de l’emprunter aux banques privées"(Rocard)
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__Depuis une vingtaine d'années, les politiques, qui ont en droit la responsabilité de la gestion du bien commun, de l'intérêt général à long terme, démissionnent.
Ce n'est certes pas nouveau, mais cela prend une ampleur inédite, du fait de la pression d'une mondialisation sans entraves, du développement transnational des firmes les plus puissantes, dont le poids financier peut dépasser celui de certains Etats, de l'ouverture sans limite ni régulation des marchés et de la spéculation, qui devient prédatrice.
_Ils lâchent les rênes d'une économie financiarisée, qui ne fonctionne plus que selon la logique de l'intérêt privé et du court termisme, comme aux Etats-Unis, où pouvoir et finance fonctionnent toujours main dans la main. Il suffit de voir l'influence du groupe Goldman Sachs dans le développement de la crise et certains choix politiques. (1)
___Le politique et l'économique ne peuvent être disjoints, entretiennent des relations complexes et sont complémentaires, mais la décision souveraine doit être prééminente,garder le contrôle de l'activité économique du moins dans ses grandes orientations, comme le gaullisme avait encore réussi à le faire, se méfiant de la spéculation (« La politique de la France ne se fait pas à la Corbeille. » )
Connivence et soumission sont maintenant le règle. 25 ans de dérégulation ont mis les nations et l'Europe sous la coupe de l'arbitraire, mettant les finances publiques en péril
, et des agences de notations dictant la rigueur.
Un groupe d'économistes dénoncen
t l'excessif pouvoir de la finance.
Il est temps, disent beaucoup, de reprendre le contôle politique.
____________________Le declin du politique apparaît comme une tendance lourde et un danger, dont la dépolitisation des masses est la redoutable conséquence. C'était le but avoué des pères fondateurs du néolibéralisme comme Hayek et de ses épigones comme Reagan, pour qui "l 'Etat est le problème", livrant l'individu désolidarisé de plus en plus à ses intérêts propres immédiats et à ses pulsions, aux forces du marché jugé "rationnel" en soi, sur lequel il n'a aucun prise
. Consommateur plus que citoyen, voué au marketing de l'ego...
L'Islande a montré que cette tendance pouvait être contrée.
"... L’attitude des responsables politiques montre qu’ils renoncent ouvertement à décider en fonction du mandat qu’ils ont reçu de leurs électeurs. Ils officient en deux temps : élaborer et faire appliquer les décisions réclamées par les marchés et, ensuite, les faire avaliser par leurs mandants, dûment avertis de l’aspect inexorable de ces exigences. Ce faisant, ils avouent que cette part de la fonction démocratique qui réside dans la capacité de modifier le présent par une action concertée des citoyens est une fable. Il ne reste plus que le rituel. A tout prendre, cela n’intéresse que ceux qui en vivent. Quant au public, il suit en spectateur désemparé un scénario qui reste inchangé même quand on change les acteurs qui se démènent sur la scène..l’esprit démocratique s’estompe. Il est, entre autres, dévoyé par un populisme qui pourrit sur pied la politique. Il ne parle pas de progrès, se contentant de désigner « l’ennemi ». Quant à la décroissance, dernière trouvaille d’une certaine gauche, elle fait pendant à l’austérité. Plus généralement, les grands débats actuels se limitent au sociétal. On présente sans rire le tri des déchets comme une valeur civique et on accorde une part de son temps, de son argent – et toute son admiration – aux « bonnes œuvres ». Sans compter une des formes les plus graves de ce déclin démocratique : la transformation de bon nombre de partis en machine à faire carrière comme dans la banque, l’industrie, l’épicerie fine ou l’université..."

__Des mesures sont nécessaires et possibles pour soustraire la politique à l'empire de la finance
Une vingtaine de députés européens propose l'établissement d'un
contre-pouvoir face au lobbies
de toutes sortes, et un appel européen contre la dictature financière essaie de se faire entendre. C'est à ce niveau seulement que des mesures peuvent être prises, en évitant les promesses solennelles mais non tenues du G20.

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Le système financier international 1/6
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