Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

lundi 5 mai 2014

Quelles européennes?

C'est parti!...
                 C'est l'heure de battre campagne
       Les débats sont lancés, dans toutes les directions, pas toujours compatibles. Quand il y a débat, pas seulement affirmations péremptoires, sans analyses. Les dissonances s'affichent, comme c'est normal, à l'égard d'une institution légitimement contestée, supportée plus que consentie.
      20 ans après Maastricht et ses promesses, mal aimé, mal voté, déjà critiqué à l'époque. (*)
            Après Lisbonne et ses ambigüités.
    C'est l'heure des discours formatés ou des propositions innovantes, du moins en parole.
    Mais que pourront ceux, nombreux, qui veulent changer le mode de fonctionnement des institutions européennes?
                                " Que reste- t-il de l’idéal européen ? Que sont devenues les espérances des peuples européens ? L’Europe se meurt ! L’Europe est morte ! À la mi- 2013, la situation économique de l’Europe est plus que préoccupante : croissance nulle en 2012 et 2013, taux de chômage de plus de 12 %. L’Europe est incapable de mettre en œuvre tant une stratégie de court terme pour sortir de la dépression qu’une stratégie de long terme pour définir un nouveau sentier de développement, engageant les nécessaires transitions économique,écologique et sociale.     L’euro, la plus belle réussite de l’Union aux dires de ses promoteurs, est fragilisé, menacé par le creusement des disparités dans la zone, par la spéculation financière, par l’absence de solidarité entre les États membres et de stratégie cohérente de sortie de la crise..."  
    Les divergences l''ont emporté sur les convergences annoncées, étant donnés les postulats néolibéraux adoptés. Le dumping de fait l'emporte sur la solidarité, purement verbale. L'élargissement irréfléchi a produit des effets pervers.
Que reste-t-il de l'idéal européen?
   Sait-on encore ce qu'on veut, de quoi on parle, tant Bruxelles est éloigné de la vie des peuples, des règles de fonctionnement démocratique habituel? Deux récents  scandales le soulignent.
      Economisme à courte vue et juridisme tatillon, sans horizon politique clair, sont les deux mamelles de Bruxelles.
         Dans la plupart des pays l'incertitude est dans les esprits
L' Europe brille d'une lumière pâle.
      La notion de fédéralisme reste dans la confusion, horizon inatteignable, sinon dans un siècle, dans des conditions différentes.
    Le fonctionnement des institutions est souvent opaque, sans voie de réversibilité. 
Les critiques viennent de toutes parts, d'horizons divers, voire antagonistes, pas avec les mêmes intentions, les mêmes motivations, les mêmes objectifs. 
    De l'extrême droite à la gauche républicaine, les poins de vue sont à des années-lumière, alors que certains discours manipulateurs tentent de les confondre sous l'étiquette ambigüe de "populisme"
  Même des parlementaires de droite se réveillent, même L'UMP divisée.   Par conviction ou opportunisme?    Pour neutraliser la colère des Français?
        Le PS fait des acrobaties  pour défendre  une autre Europe.
Mais laquelle?  Propositions bien tardives et bien vagues...

    La mauvaise foi des partisans de l'euro (tel qu'il est) éclate au grand jour.
  S’affranchir du traitéde Lisbonne? Changer le fonctionnement  du  parlement européen?
     Le débat est atrophié, en sommeil depuis trop longtemps.

|Ça ne marche pas . Il y a  malfaçon.
   Il ne s'agira pas seulement de changer le Président de la Commission. Le très discutable Barroso n'est-il pas qu'un bouc émissaire? Le récent échange entre Martin Schulz et Thomas Piketty est intéressant mais insuffisant.
Peut-on encore vraiment démocratiser l'Europe, telle qu'elle est? 
"... Pour le parlement, ce recul continu de la participation vire au cauchemar. Il fragilise la seule institution, dans le jeu bruxellois, censée incarner une forme de légitimité populaire. Par ricochets, c'est toute la mécanique bruxelloise qui en pâtit : la Commission européenne est touchée, puisque son président tire sa seule véritable légitimité d'un vote des eurodéputés, en début de mandat, sur son nom. Et le Conseil européen, qui représente les intérêts des capitales à Bruxelles, a beau jeu par la suite de passer outre les avis du parlement, cette institution mal élue, éclipsée par le règne de l'« intergouvernemental ».
   Les niveaux record d'abstention sont l'une des preuves de la « grande précarité de la légitimité démocratique de l'Union », pour reprendre l'expression de l'universitaire Antoine Vauchez, qui vient de publier un bref essai, Démocratiser l'Europe (République des idées-Le Seuil, 2014). Le constat est net : pour une majorité de citoyens, l'utilité de se rendre dans les urnes, fin mai, ne va pas de soi. C'est l'une des « anomalies démocratiques » de l'Union européenne, malmenée depuis le début de la crise par la pression des marchés financiers.
.. (L. Mauduit)
                                                            Si le débat continue à s'enliser, à être pipé, sans aller à l'essentiel, une abstention massive est assurée, renforçant la surdité des européistes conservateurs les plus bornés, favorisant les réactions les plus extrêmes et les plus dissolvantes, obstacles à une nouvelle donne pour une Europe des peuples renégociée.
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(*)- ..." Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir : la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie » (Michel Rocard, Ouest-France, 27 août 1992).
« Si le Traité était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré. » (Valéry Giscard d’Estaing,RTL, 30 1992).
« Le traité d’union européenne se traduira par plus de croissance, plus d’emplois, plus de solidarité. » (Michel Sapin, ministre des finances, Le Figaro, 20 août 1992).
« L’Europe, ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion. » (Martine Aubry à Béthune, 12 septembre 1992), etc... 
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-Déception prévisible au sujet de l'élection du président de la Commission européenne. 
-Incantations eurobéates
-Appel au changement  ___(1)
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