Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mardi 6 janvier 2015

Internet mon amour

De l'enchantement à la désillusion
                                                              On avait cru que le net allait changer le monde, bouleverser les modes de pensée, changer la vie sociale...;
   On attendait trop de cet outil des vertus qu'elle n'a pu réaliser que partiellement ou très imparfaitement, parfois dans la plus parfaite ambivalence, comme la langue d'Esope.
   C'était à prévoir
On a maintenant assez de recul pour faire un petit bilan de ses apports, de son intérêt, de ses mésusages, de ses occasions manquées, sans préjuger de ce que sera demain.
       Concernant seulement son impact médiatique, comme on le dit dans un article de Rue 89, nous avons beaucoup cru en Internet. Dans les vertus du participatif qui allait mettre en relation journalistes et lecteurs et renouveler le traitement de l’information. Dans le pouvoir politique du Web qui allait changer les techniques de lutte et imposer de nouveaux rapports de force avec les gouvernements. Dans la force émancipatrice des réseaux qui allaient ouvrir au savoir, à la discussion, à de nouvelles prises de parole. Dans leur inventivité sociale qui allait améliorer notre manière de travailler, d’être en relation avec les autres.
Et puis voilà. en ce début d’année, on ne peut que compter les désillusions : des sites d’informations ferment les commentaires parce qu’ils sont sans intérêt ou trollesques, les gouvernements gouvernent à peu près comme avant et installent des systèmes de surveillance de masse de leur population, Facebook est une pompe à publicité, la morgue d’Uber éteint la croyance en l’économie du partage, le Web pullule de nazillons et de conspirationnistes. Et de plus en plus de voix, même parmi les plus grands défenseurs de l’Internet, s’élèvent pour regretter ce qu’il est devenu..."
   Par exemple, un site à l'origine prometteur mais sans sérieuse modération comme Agoravox, est devenu trop souvent un exutoire pour toutes sortes d'opinions discutables, une porte ouverte au trollage, malgré encore d'excellent papiers..de temps en temps. La liberté sans contraintes a produit le meilleur et le pire.  Les radios libres foisonnaient aussi de manière intéressante au moment de leur autorisation dans les années 80..elles furent vite colonisées.

____ L'ambivalence est donc évidente
   Internet est seulement  un outil, un outil qui n'est pas sans pouvoir, aux applications parfois discutables, aux effets parfois négatifs, sans parler de la futilité de certains usages et de l'aspect chronophage pour ses plus fervents geeks.
          Un outil aux effets multiplicateurs, parfois insidieusement manipulé, où la véritable analyse est rarement sollicitée, sauf dans certains usages spécialisés et pointus. C'est souvent "une machine à moudre les opinions. Le commentateur est invité à dire « oui » ou « non » à ce que l’article propose, mais il ne peut pas recadrer la question qui est posée au risque d’être qualifié de « hors sujet », et donc d’être filtré car « non pertinent ».
Ça vaut dans le journalisme, mais ça vaut ailleurs aussi. Pensons aux marques. Depuis 15 ans, les marques cherchent non pas à être un produit ou un service, mais à être une conversation. Mais quel type de conversation sont-elles ? Quand Apple lance un nouveau produit, la marque s’attend à avoir 50% de gens qui sont pour et 50% de gens qui disent qu’Apple c’est affreux, tout simplement parce que c’est Apple. Les gens d’Apple sont prêts à ce type de conversation polarisée. Mais toute personne qui interviendrait pour dire « Apple n’est pas le problème, ce sont les sytèmes propriétaires qui sont le problème » n’aurait pas droit de citoyenneté dans la discussion. Et c’est pour cela que dans les pages de commentaires sur Amazon, sur le Boncoin ou que sais-je, les messages sont du type « oui » ou « non », mais ne font pas de critique radicale. Si j’ai une critique radicale vis-à-vis d’Apple, je vais sur un forum consacré au logiciel libre..."
   Le trading haute-fréquence donne aux machines une place inquiètante à la dérive de la finance mondialisée.
  La démocratie du net est à repenser
L' ordre digital  véhicule une technocratie discutable.
      Les barons de la Silicon Valley ne sont pas à l'abri de tous soupçons quant à leurs stratégies politico-sociales et leurs pratiques financières.
    La notion de progrès que véhiculent les leaders des nouvelles technologies  montre son véritable visage. Google nous aime mais nous asservis.
  C'est la fin d'une utopie, en quelque sorte et toute une vision du monde qu'il faudrait revoir et remettre en question.
    C'est plus qu'un problème individuel. C'est une tâche politique nécessaire mais délicate auquel devrait s'attacher, de manière concertée, l'ensemble des pays.: réguler, mais sans excès ni arbitraire, garantir la vie privée et restreindre la marchandisation galopante.
     Il faudrait d'abord soutenir des sites qui veillent au grain et qui luttent pour le développement de logiciels libres, comme la Quadrature du net, aujourd'hui en péril faute de moyens.
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