Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mercredi 13 juin 2018

Forces armées et sous-traitance

       Prenons-nous la voie des USA, qui font de plus en plus appel au privé pour gérer les conflits dans lesquels ils se sont engagés?
      Pas seulement dans le domaine de l'intendance, mais même dans l'engagement actif sur le terrain.
    Aux USA, Blackwater, entre autres contractors depuis l'Irak, offre ses services sur le terrain, Le mercenariat va et vient selon les besoins. C'est plus cher que de payer l'armée régulière, mais les morts sur le terrain font moins de vague que ceux qui rentraient du Vietnam sous l'objectif des caméras.

     En Europe, les tendances actuelles ne vont pas jusqu'à là, mais sur bien des plans, qui ne sont pas qu'annexes ou mineurs, on délègue de plus en plus, hors conflit et en opération.
      Hier soir, Arte a diffusé un document sur ce glissement progressif, ne concernant pas seulement la montée de la vente des armes, dans des conditions peu claires, mais aussi dans la "collaboration" entre firmes privées d'armement et forces militaires, en Afghanistan pour l'Allemagne, sur d'autres terrains pour le France, dont l'armée, de plus en plus technicisée, a de proches rapports avec des firmes comme Dassault, Lagardère ou Thalès.
   Plus qu' une collaboration, parfois une osmose, une imbrication d'intérêts, où les conflits ne sont pas rares, au plus haut niveau.
     Le business de la défense nous fait toucher du doigt des aspects de certains conflits d'intérêts, jusque dans certaines infrastructures, en partenariat public-privé, sources de considérables dépenses pour l'Etat. Le partenariat public-privé est dans le vent.
    Une évolution qui éloigne de plus en plus les armées de leur vocation première et qui entraîne l'Etat dans une recherche permanente de marchés, de vente d'armes, jusque dans les pays les moins recommandables, dont on sait souvent qu'elles en seront la destination.
    L'Allemagne fait des progrès. La France est bien placée, sur les marchés indiens, égyptiens et surtout saoudiens, qui ne manquent pas d'en faire l'usage que l'on sait dans le Yemen voisin.
   La sous-traitance va de plus en plus loin, comme le décrit un ancien militaire, qui ne va pas sans poser des problèmes de fond sérieux, selon la Croix-Rouge et d'autres observateurs.
    Le business se porte bien, quand Eisenhower dénonçait en son temps les risques du complexe militaro-industriel.
                            Certains n'y voient rien à redire.
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