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jeudi 4 octobre 2018

Autant en parler

OTAN: comment s'en débarrasser?
                                                      Pour redonner à l'ONU tout le sens qu'elle pourrait, qu'elle devrait avoir.
     Vaste problème...
   Les virulentes attaques de Trump à l'égard de L' OTAN  semble signer la fin d'une époque dans les institutions internationales, vivant encore sous le signe d'une guerre froide, qui a vu naître, sous l'égide des USA, face au Pacte de Varsovie, cette alliance militaire incluant maints pays de que l'on appelait encore l'Occident.
    Sous la houlette hégémonique de l' oncle Sam, ce club politico-militaire reflétait plus ses intérêts qu'une quelconque institution de défense multilatérale et le remodelage des forces géopolitiques l'a rendu plus que caduque.
     On peut saluer la volonté du locataire de la Maison Blanche de vouloir mettre fin à un système qui, au nom de la solidarité et de la protection, a entraîné bien des dérives. Mais cette remise en cause est à courte vue, purement dictée par les intérêts à court terme de l'America first.

     Cette contestation est mise en cause par les ardents défenseurs d'un multilatéralisme qui veut rester dans les clous atlantistes, sans tenir compte des mutations géopolitiques en cours  et des dérives et "aventures" lointaines et proches, comme la campagne en Afghanistan, qui se révèle être un tragique fiasco.
     ...le soutien de l’OTAN aux interventions imprudentes des États-Unis à l’étranger devrait être considéré comme une erreur à effacer, et non comme une caractéristique dont il faut se vanter. Et ce, sans même tenir compte des conséquences désastreuses des offensives malhonnêtes de l’OTAN contre la Libye, qui ont laissé ce pays en faillite, poussé les djihadistes en Syriedéclenché le terrorisme en Europe occidentale et provoqué une vague de réfugiés qui a mis en danger l’avenir de l’Union européenne.
        Face à ce débat américano-américain, l'Europe reste sans voix et sans pouvoirs, approuvant tacitement ou verbalement, comme A. Merkel. Une révérence à courte vue.
       Le "machin" (pour reprendre une formule gaullienne) est dépassé, que ce soit l'Otan ou sa matrice onusienne. De nouveaux rapports sont à tisser, comme le rappelait Jupiter:
   « Nous vivons aujourd’hui dans une crise profonde de l’ordre international libéral westphalien que nous avons connu. D’abord, car il a échoué pour partie à se réguler lui-même. Ses dérives économiques, financières, environnementales et climatiques n’ont pas trouvé de réponse encore à la hauteur à ce jour. Ensuite, parce que notre capacité collective à apporter une réponse aux crises est encore trop souvent entravée par les divisions du Conseil de sécurité… Née d’une espérance, l’ONU, peut devenir, comme la Société des Nations qui l’a précédée, le symbole d’une impuissance. Et nul n’est besoin de chercher les responsables de ce délitement, ils sont ici, dans cette assemblée. Ils prennent la parole aujourd’hui. Les responsables, ce sont les dirigeants que nous sommes… ».
     Une impuissance souvent reconnue, mais pas souvent publiquement.
        Il n'y a pas d'arbitre neutre au sommet des institutions mondiales, créé dans les urgences d'après-guerres. pour servir de pare-feux, dans le sillage des vainqueurs.
  Dans les faits, l'alliance est devenue le bras armé des Etats-Unis, parfois contesté à certains moments (mais sans plus) par certains de ses membres.
     Le Général de Gaule y avait vu assez tôt un danger, qui risquait d'entraîner le France dans des aventures militaires où les intérêts US prédominaient. 
       La France considère que les changements accomplis ou en voie de l'être, depuis 1949, en Europe, en Asie et ailleurs, ainsi que l'évolution de sa propre situation et de ses propres forces, ne justifient plus, pour ce qui la concerne, les dispositions d'ordre militaire prises après la conclusion de l'alliance soit en commun sous la forme de conventions multilatérales, soit par accords particuliers entre le gouvernement français et le gouvernement américain.  C'est pourquoi la France se propose de recouvrer sur son territoire l'entier exercice de sa souveraineté, actuellement entamé par la présence permanente d'éléments militaires alliés ou par l'utilisation habituelle qui est faite de son ciel, de cesser sa participation aux commandements « intégrés » et de ne plus mettre de forces à la disposition de l'OTAN.
   Pour Paul Marie de la Gorce, L'OTAN, représentait clairement un instrument de l'hégémonie américaine:  
         Zbigniew Brzezinski dans Le grand échiquier : L’Amérique et le reste du monde, avouait clairement les objectifs généralement occultés.
    On a vu, notamment en Afghanistan, comment les USA ont instrumentalisé une force qu'il supervisait totalement.
    N.Sarkozy, critiqué par Bayrou, a réintègré la France dans le giron de l'OTAN dans des circonstances bien particulières.
     Gorbartechv, qui n'est pas poutinien, critique sévérement l'intrusion de l'Otan dans l'affaire ukrainienne, redoutant l'encerclement 
    Beaucoup dénoncent le rôle trouble de l'Otan en Ukraine, malgré des tendances contradictoires en son sein, les risques d'un Otan extra-large, sans bases juridiques claires.

     Les remous créés par les imprécations trumpiennes pourront-ils déboucher sur une nouvelle donne? On peut toujours l'espérer...
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