Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

lundi 28 août 2017

Pas folle, l'Italie

Le nucléaire est abandonné
                                        L'Italie a tranché.
              Après un débat assez long et contre les ultimes tentatives berlusconiennes, deux référendums successifs ont abouti au choix d'une transition vers de nouvelles formes d'énergie. Changement de cap.
       Fukushima a créé le choc décisif, comme pour l'Allemagne de Mme Merkel.
      Les risques sismiques élevés ont été l'argument décisifs.
         Le Japon tergiverse.
   Après une fermeture définitive, des réouvertures de sites se font plus ou moins en catimini, malgré une opposition majoritaire de l'opinion.  "...Un sondage publié mardi par le quotidien Asahi révèle que 74% des personnes interrogées se prononcent en faveur d'une sortie progressive du nucléaire. "
  Les risques de tremblements de terre y sont là-bas sans doute moins fréquents qu'en Italie, mais sont d'ampleur plus élevée. Qu'on songe à Kobé.
   La construction et la gestion de l'après catastrophe de Fukushima apparaissent comme une folie, à la fois technologique, financière et politique. On a frôlé le pire et il faudra des dizaines d'années avant qu'on aboutisse à une certaine maîtrise des risques. Mais personne n'en sait rien. C'est là le pire.
   C'est le tonneau des Danaïdes. Le gestionnaire privé Tepco a fini par reconnaître ses erreurs, et ses mensonges, après les accusations lancées par le premier ministre le l'époque. Les dernières tentatives pharaoniques consistant construire un mur congelé pour empêcher le déversement des eaux contaminées dans le Pacifique ne sont pas sûres d'aboutir. Que fera-on des masses de terre et des fûts dangereux accumulés. Tepco, qui a tout fait pour masquer et rassurer, envers et contre tout, passe aujourd'hui aux aveux. Plus grave que prévu... 
 Le mythe d'une situation sous contrôle s'effondre. Tepco est débordé.
     __On s'interroge toujours sur ce qu'on peut appeler le paradoxe de Fukushima:
        Comment une puissance industrielle aussi avancée a pu faire, de manière aussi peu rationnelle, de tels choix, qu'elle va payer longtemps encore, tout en s'exposant à d'autres risques majeurs graves, avec ou sans tsunami.
      Chez nous, l'entrée et la persistance dans le nucléaire n'a jamais fait l'objet d'une consultation populaire, contrairement à d'autres pays et on tergiverse, sans clarté ni courage décisif.
  Malgré les récentes affaires touchant Flamanville,  le scandale d'Areva,  l'incertitude sur le coût des démantèlements, les problèmes de l'enfouissement des déchets, on ne tire pas de conséquences claires et la transition nucléaire reste un objectif flou et lointain. Balayer la poussière sous le tapis n'a jamais été un objectif politique. Les risques majeurs ne sont jamais exclus. L'histoire nous le rappelle.
  Les débats de fond sont escamotés.
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Une faillite japonaise: ..«Ce qu’il faut admettre, aussi douloureux soit-il, c’est que nous avons affaire à un désastre made in Japan. Les raisons fondamentales sont à chercher dans le souci des convenances qui fait partie  intégrante de la culture japonaise: notre obéissance automatique, notre réticence à remettre en cause l’autorité, notre attachement au respect du programme, notre dépendance au groupe et notre insularité», conclut le président de la commission.
«Cette arrogance a été renforcée par la mentalité collective de la bureaucratie japonaise, pour laquelle le premier devoir de tout bureaucrate est de défendre les intérêts de son organisation. Poussée à l’extrême, cette mentalité a conduit à placer les intérêts de l’organisation avant leur devoir primordial, qui est de protéger la population»... (Kivoshi Kurokawa)
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