mardi 19 mars 2019

Bibi aux abois

 Les mots sont importants.
                              Cela fait longtemps que, de notoriété publique, Betanyahou traîne de grosses casseroles.
      Mais Madame aussi, comme le fils. Une famille bien soudée.
  Pour l'homme, considéré comme le plus à droite de l'histoire israëlienne dans le parcours du Likoud, ses chances sont minimes pour les futures nouvelles élections anticipées, après dix ans de pouvoir. Mais l'homme et rusé et calculateur.
    Décomplexé, prêt à faire alliance avec le diable, il sait flatter l'aile la plus extrêmiste des fondamentalistes engagés dans le choix de la colonisation à outrance et de l'exclusion d'un quelconque Etat palestinien.  Le grand Israël a de l'avenir.
    L'opposition se divise sur fond d'une opinion résignée et conditionnée par la peur pendant tant d'années.
     Bibi est un problème pour Israël, comme le disent de nombreux citoyens de ce pays gardant leur sens critique.
    Un escroc sans doute, mais surtout une menace pour la démocratie israëlienne, jouant sans cesse sur un vieil amalgame reposant sur la confusion entre la critique de la politique israëlienne à un moment donné et les propos et les actes antisémites de toutes sortes. Mais il n'est pas le premier à instrumentaliser la cause de sa ligne politique. Toute critique de la politique du gouvernement serait une démarche antisémite.
     C'est là que repose l'erreur entretenue par beaucoup, notamment  au Crif, toujours soucieux, depuis le départ de Théo Klein, comme à l'Elysée, d'écarter le gouvernement israëlien de critiques légitimes.
   C'est aussi l'erreur de certains chefs d'Etat, notamment celle de Macron. Ce n'est pas nouveau.
 On connaît toute l'ambiguïté de la notion de sionime, dont il importe de faire l'histoire et de se demander qui en parle et selon quel sens.
    Etre sioniste n'a pas le même sens aujourd'hui qu' à l'époque du fondateur Herzl et de Jabotinski. Son sens politique et religieux ne se confondent pas. De nombreux Juifs, croyants ou non, israëliens ou pas, peuvent ne pas épouser cette idée parfois volontairement laissée dans le vague; certains même la refusent, au nom des projets qu'elle véhicule.
   Certains annoncent la "fin du rêve sioniste" et le début d'un machiavélisme d'Etat où Tel Aviv cherche des alliances, dans le contexte actuel, avec des Etats se déclarant ouvertement anti-sioniste, comme l'Arabie Saoudite.
   L'antisémitisme dénoncé devient parfois une arme, lourde de sous-entendus, d'intérêts et de confusions.  S'il faut mettre en garde contre l'antisémitisme, il fait être aussi contre l'usage qu'on peut en faire. Un éclairage historique et critique s'impose.
           Les mots sont importants.
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