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samedi 9 mai 2026

Confusions et amalgames

       Nulle institution n'est à l'abri de dérives 

              La critique doit donc être la règle, quant à son mode de fonctionnement et ses éventuelles dérives. Mais dans quel esprit? avec quelles intentions? Pour quels projets?


                                Là est la question...Les fins de manipulation sont toujours un risque, malgré les déclarations d'amendement, comme certaines intentions, certaines arrière pensées masquées. C'est ce que l'on peut craindre d'un certain rapport qui continue à faire grand bruit. __Voici deux points de vue qui pointent les ambiguïtés et les arrières pensées du rapport sur France Télévision:                                                                 * Le premier (déjà signalé plus haut)                                                                                      * Le deuxième:    Un autre débat est possible:                                                                           * Et un autre:                                                                                                                                        "...Le rapport de la commission d'enquête parlementaire sur «la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public» a été publié le mardi 5 mai. Quelque 560 pages pour «préparer les esprits à la privatisation de l'audiovisuel public», croit le président de la commission, le député Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), en introduction d'un rapport qu'il dénonce. Il s'attaque à la forme, notamment à «l'hypermédiatisation» du rapporteur.              Jérémie Patrier-Leitus dénombre ainsi «trente-six interviews, dont onze à la radio et dix à la presse écrite», données par Charles Alloncle, tout au long de la commission. «Les nombreuses interventions médiatiques du rapporteur […] ont déplacé en partie notre travail hors du cadre solennel des auditions à l'Assemblée nationale», juge-t-il. Le président de la commission d'enquête note aussi «une utilisation massive des réseaux sociaux (plus de 330 posts sur X, 80 publications recensées sur Facebook, 90 sur Instagram…)» de la part du député de l'Union des droites pour la République (UDR, alliée au Rassemblement national), «allant même jusqu'à tweeter en temps réel pendant les auditions».                                                          Au-delà du spectacle, qui permet à Charles Alloncle de se positionner comme potentiel futur ministre de la Culture en cas de victoire de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella (RN) à l'élection présidentielle 2027, il faut comprendre ce que propose ce rapport à travers ses soixante-neuf recommandations.             Ce n'est pas facile, parce que, aussi bien dans les propositions que dans les analyses du rapporteur, la confusion et les procédés caricaturaux, le défaut d'ordonnancement thématique et les nombreuses incises qui ne concernent pas l'audiovisuel public brouillent les pistes; sans doute de façon intentionnelle. La confusion est permanente entre déontologie journalistique et neutralité ou impartialité. Les procédés sont le «name and shame», la désignation de cibles nominatives, de cas particuliers et des amalgames qui sont érigés en généralités. Les incises concernent la formation des journalistes dans les écoles professionnelles qui n'accueillent pas de journalistes d'extrême droite (Christine Kelly, Laurence Ferrari, Geoffroy Lejeune, Pascal Praud, etc.) ou Reporters sans frontières (RSF), qualifiée d'association militante                                                         Enfin, il y a quelques idées fixes, les salaires de France Télévisions (surtout celui de Delphine Ernotte, la présidente du groupe télévisuel, recommandations 50 et 56), les animateurs-producteurs (surtout Nagui, rec. 27 à 31) et les groupes de productions (surtout Mediawan), tout ce petit monde qui se «gaverait d'argent public». Ceci sans tenir compte du contexte médiatique ou de l'histoire.Ainsi, le salaire de Delphine Ernotte est compris entre 332.000 (part fixe) et 400.000 euros brut (avec la part variable), c'est évidemment un repoussoir pour nombre de Français; mais on ne compare pas avec celui de Rodolphe Belmer, président de TF1, dont la part fixe est de 920.000 euros et la part variable d'un maximum de 1,22 million d'euros, soit un total supérieur à 2 millions d'euros (cinq fois plus), ou même à celui de David Larramendy, président de M6, qui culmine à 1,5 million d'euros.      ___Confusions et omissions idéologiques____L'insistance mise sur les fournisseurs de France Télévisions (producteurs et entreprises, rec. 24 et 25) ne tient pas compte de l'histoire. Depuis l'éclatement de l'ORTF en 1974, tout a été fait pour empêcher la production interne des chaînes, afin de ne pas renouveler l'expérience de la Société française de production (SFP), qui était un foyer de syndicalisme et de grèves.                                  Ainsi, en 1990, les décrets pris par Catherine Tasca –ministre déléguée à la Communication de 1988 à 1991– pour répondre à la demande des producteurs privés imposent à la télévision publique d'externaliser 95% de sa production. Certes, Delphine Ernotte a négocié la diminution de ce quota à 75%, mais, pour produire plus, il faudrait embaucher, alors que l'on demande à France Télévisions de faire des économies…                          Le but est de recréer non pas l'ORTF, mais la RTF (Radiodiffusion-télévision française) qui exista de 1949 à 1964 et qui était aux ordres des gouvernements successifs des IVe et Ve Républiques.            Confusion encore lorsque le rapporteur veut diminuer les sports à la télévision (rec. 42), sous prétexte que la loi impose déjà la diffusion en clair de certains événements majeurs. C'est ignorer (ou faire semblant d'ignorer) que cela n'empêche pas de payer des droits pour le Tour de France ou la Coupe de France, faute de quoi ces retransmissions seraient reprises par d'autres chaînes. France Télévisions est une entreprise qui vit au sein d'un paysage concurrentiel.                                                                                                          En dehors des mesures d'économie préconisées, suppression de France.tv Slash, de France 4, de la radio Mouv', de l'absorption de France 5 par France 2, de l'INA par la BNF, de la fusion France Info radio et télé avec France 24 (rec. 2, 44 à 49, 52 et 53), et le regroupement de ce qui resterait dans une entreprise unique, que veut Charles Alloncle?          Certes, il s'inscrit dans un mouvement européen et états-unien des partis populistes, en Suisse (avec l'UDC qui propose une nouvelle votation), en Hongrie (Viktor Orbán), en République tchèque (Andrej Babiš), en Italie (Giorgia Meloni), au Royaume-Uni (Nigel Farage), aux États-Unis (Donald Trump), qui veulent la baisse des financements pour mieux contrôler politiquement les audiovisuels publics. Mais quelles en sont les modalités?   ... _________

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