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samedi 2 mai 2026

Larges horizons

__ Vers une crise majeure?                                                                                                                                       Hypothèses et incertitudes                                                                                   L' arme énergétique de la Russie

__ La Mer Noire, mère des confrontations                                                                                                                          Si convoitée


__ Le piège sarkozien                                                                                                                                            Et l'encombrant absent. Un procès historique

__ La grande forme pour Total                                                                                                                                         Si peu imposable.    Réponse du berger...                                       Faudrait savoir

__ Il était une ville...                                                                                                                                        De la chute au réveil

__ De quelle autonomie parle-t-on?

__ Fin de l'Etat providence?

__ La lecture en recul?

__ EDF: fin du service public?

__ Un parti allemand préoccupant

__ L'ère des Frontières floues

__ Un rapport discuté et discutable:                                                                                                                               Libre propos:        Rapport Alloncle: une victoire de l'extrême droite contre l'audiovisuel public "Après six mois de travaux houleux, de polémiques en cascade et de méthodes ouvertement décriées par une large partie de l'hémicycle, le rapport de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public sera bel et bien rendu public. Les 30 députés qui composent la commission ont voté ce lundi 27 avril en faveur de sa publication, prévue le 4 mai prochain. Une décision qui marque une étape inquiétante dans la guerre déclarée par la droite et l'extrême droite contre le service public de l'information. Tout commence à l'automne 2025. Le site d'extrême droite L'Incorrect publie des extraits d'une conversation filmée à leur insu, dans un restaurant, entre les journalistes Thomas Legrand et Patrick Cohen et des responsables du Parti socialiste, au cours de laquelle il est notamment question de Rachida Dati. Éric Ciotti, président de l'UDR, s'empare aussitôt de l'affaire et utilise son droit de tirage annuel pour réclamer la création d'une commission d'enquête parlementaire sur la "neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public". Les travaux débutent le 25 novembre 2025, présidés par Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), avec Charles Alloncle, député UDR de l'Hérault et allié revendiqué du Rassemblement national, comme rapporteur. En six mois, 238 personnalités ont été auditionnées lors de 67 séances, dont Vincent Bolloré, Delphine Ernotte (présidente de France Télévisions), Sibyle Veil (Radio France), Léa Salamé, Xavier Niel ou encore Nagui. Plus de 200 heures d'échanges ont été retransmises en direct. Une commission extrêmement médiatisée, mais dont la méthode a rapidement transformé un exercice de contrôle parlementaire en spectacle d'intimidation. Dès décembre 2025, la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, avait rappelé Charles Alloncle à l'ordre par courrier, évoquant des incidents d'une "fréquence et d'une ampleur inédites". Rédigé par Alloncle, ce document de près de 400 pages concentre quelque 80 propositions dont certaines, si elles venaient à être appliquées, constitueraient une attaque frontale contre l'audiovisuel public français. Parmi les mesures les plus emblématiques : la suppression de France 4 et France TV Slash, les chaînes dédiées aux jeunes publics, au prétexte de "redéployer les moyens" vers des offres numériques sur France.tv et les réseaux sociaux. France 2 et France 5 seraient fusionnées en une unique chaîne généraliste, tandis que franceinfo et France 24 disparaîtraient également en tant qu'entités autonomes pour être fondues dans une seule structure. Côté radio, le Mouv', l'antenne hip-hop de Radio France, serait tout simplement supprimée. Un milliard d'euros d'économies ainsi généré ne serait pas réinvesti dans l'audiovisuel public ni dans la culture : il servirait au désendettement de l'État et à l'entretien du patrimoine national. Un tour de passe-passe budgétaire qui dit tout du mépris dans lequel ces propositions tiennent la mission de service public. Mais le clou du cercueil, c'est la proposition de remettre entre les mains de l'Élysée la nomination des dirigeants de France Télévisions et de Radio France, après simple avis des commissions des affaires culturelles et de l'Arcom. Un recul historique que des élus du bloc central eux-mêmes ont résumé en une formule sans appel : un "retour à l'ORTF". Autrement dit, un audiovisuel public mis au pas du pouvoir politique. Alloncle préconise également d'imposer à l'ensemble des personnels de l'audiovisuel public une stricte neutralité dans leur expression publique, y compris en dehors de leurs fonctions, avec un devoir de réserve renforcé pour les figures de premier plan. Une exigence asymétrique jamais réclamée aux médias privés qui, eux, peuvent ouvertement épouser les thèses du camp conservateur. Ce qui a particulièrement choqué les élus de gauche, et même une partie du centre, c'est bien moins le contenu du rapport que la méthode. Au fil des mois d'auditions, la commission s'est progressivement transformée, selon les mots de plusieurs observateurs, en véritable tribunal de l'audiovisuel public. Séquences virales, confrontations brutales, insinuations, accusations ad hominem : ce qui aurait dû être un travail d'investigation rigoureux est devenu un spectacle de mise en cause systématique des journalistes, animateurs et dirigeants du service public. Lors de son audition, Nagui a accusé Alloncle d'avoir déclenché une campagne de cyberharcèlement à son encontre après avoir été présenté comme la personne qui s'est le plus enrichie sur l'argent public au cours des dix dernières années. La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, a de son côté dénoncé lors de la dernière audition du 8 avril une montagne d'accusations infondées et outrancières, pointant des chiffres factuellement faux répétés par le rapporteur. La lecture du rapport lui-même, consultée à huis clos les 23 et 24 avril dans une petite salle du Palais-Bourbon sous surveillance d'un administrateur, n'a fait que confirmer les pires craintes. La députée socialiste Ayda Hadizadeh a dénoncé des attaques ad hominem, des insinuations, des diffamations et des mensonges, qualifiant la démarche de dérive trumpiste. Boris Vallaud, chef de file des députés PS, a dénoncé un document à charge, truffé de mensonges et de partis pris. Les élus écologistes, par la voix de Sophie Taillé-Polian, ont estimé qu'Alloncle avait créé un précédent détestable en dévoyant ce qu'est une commission parlementaire. Un député, sans donner son nom, a posé la question qui résume tout : l'Assemblée nationale peut-elle cautionner qu'un rapport parlementaire repose sur des méthodes de calomnie et d'insinuation ? Les insoumis, par la voix d'Aurélien Saintoul et de Nadège Abomangoli, avaient annoncé voter contre sans ambiguïté, qualifiant le texte de mensonger, partial et contradictoire, et estimant qu'une enquête établit des faits, elle ne juge pas des opinions des uns et des autre. L'affaire aurait dû s'arrêter là si une révélation du Monde n'était venue ajouter une couche de scandale supplémentaire : la direction des affaires institutionnelles de Lagardère News, propriétaire du JDD et du JDNews, a transmis à des membres de la commission des questions à poser lors des auditions, notamment à Delphine Ernotte et à Sibyle Veil, deux dirigeantes ayant précédemment critiqué publiquement CNews, Europe 1 et le JDD, toutes propriétés du groupe Bolloré. Des questions sur mesure, destinées à orienter les travaux dans le sens des intérêts d'un groupe de presse privé directement concurrent de l'audiovisuel public. Radio France a réclamé que toute la lumière soit faite sur ces collusions éventue. Le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, a lui-même reconnu que des éléments concordants accréditent des tentatives d'ingérence inédites. Face à cela, Alloncle a balayé la question d'un revers de main : le lobbying, c'est vieux comme l'Assemblée. La normalisation de la corruption des processus démocratiques, en une phrase. Il faut également noter qu'Alloncle a accordé une interview fleuve au JDNews, l'un des médias de l'empire Bolloré, la veille même de la mise à disposition du rapport à ses collègues, pour y présenter ses soi-disant révélations. Le même réseau médiatique qui, depuis des mois, mène une campagne systématique contre France Télévisions et Radio France. Les connexions entre ce rapport et les intérêts de la presse privée conservatrice n'ont donc rien d'accidentel. Face à cette situation, les groupes de gauche n'avaient pas exactement la même approche tactique, mais partageaient la même analyse. Les socialistes avaient proposé un vote en deux temps : un premier sur la publication du rapport en tant que tel, un second sur les préconisations publiées au seul nom d'Alloncle et non au nom de la commission entière. Une manière d'éviter que le sceau de l'Assemblée nationale ne soit apposé sur ce que Boris Vallaud a qualifié de pamphlet idéologique. Les insoumis avaient opté pour une position plus tranchée : non à la publication, point final. Non par opposition au principe de transparence, mais parce que laisser diffuser un tel texte sous l'autorité de l'institution parlementaire lui conférerait une légitimité qu'il ne mérite pas. Les écologistes ont suivi la même ligne. Du côté de Renaissance et du MoDem, l'abstention a été choisie, une façon de ne pas prendre de risque politique sans pour autant assumer publiquement un soutien à ce texte problématique. La droite, après quelques jours d'hésitation, a finalement voté pour, Laurent Wauquiez l'ayant confirmé par tweet quelques heures avant le scrutin. L'extrême droite, elle, n'a jamais eu le moindre doute. C'est donc la coalition droite-extrême droite qui a imposé la publication, avec les abstentions centristes en appoint. Le résultat est sans surprise, mais il n'en est pas moins grave. Il serait naïf de réduire cette affaire à un simple débat sur les mérites ou les défauts de l'audiovisuel public français. Ce qui se joue ici, c'est une offensive coordonnée et méthodique contre l'un des derniers espaces médiatiques qui échappe au contrôle des grands groupes privés et de leurs actionnaires milliardaires. France Télévisions, Radio France, franceinfo : ces structures ne sont pas parfaites, loin s'en faut. Mais elles représentent une alternative concrète à la mainmise de Bolloré et Lagardère sur l'information. Le rapport Alloncle, s'il venait à alimenter une proposition de loi, constituerait un arsenal législatif au service de cette offensive. L'hypothèse d'une inscription à l'ordre du jour de la niche parlementaire de l'UDR le 25 juin prochain est évoquée dans l'entourage d'Éric Ciotti, même si rien n'est encore arrêté. Avec pour horizon une information publique mise sous tutelle présidentielle, appauvrie, muselée et finalement inutile. " (Sources : Libération, AFP, franceinfo, LCP)

__Les digues sauteraient-elles?                                                                                                                                      À un an de l’élection présidentielle, il y a des symboles qui prennent soudain davantage de poids. Le déjeuner entre Jordan Bardella et le Medef rend nostalgique du temps où les élites économiques snobaient le parti lepéniste, où leur cheffe Laurence Parisot s’opposait même frontalement à Marine Le Pen. Mais voilà, comme il courtise autant les patrons que les princesses, le RN est devenu présidentiable et, de fait, fréquentable. Quand bien même les retours de ces réunions sont parfois cinglantes, « le fait qu’ils disent que l’on n’est pas le grand Satan est déjà un progrès », a noté le député nordiste Jean-Philippe Tanguy au Monde. Tant pis si même les trumpistes américains, qui ont reçu Bardella et Le Pen en grandes pompes en décembre dernier, ont été consternés par leurs propositions économiques, comme le soulignait Reuters.                                                                          Il y a aussi des symboles, moins discutés sur les plateaux télés, qui disent beaucoup de la perméabilité politique vis-à-vis de l’extrême droite. Depuis les élections municipales où le mouvement lepéniste a gagné des dizaines de villes, les digues locales sautent. Au conseil départemental du Tarn-et-Garonne, le RN s’est associé au candidat de la droite pour évincer le PS dans une coalition transpartisane. Il est désormais dans les vice-présidences. À Besançon (25), c’est un lepéniste au profil Facebook caché ordurier élu pour la première fois vice-président de la métropole, qui rassemble 67 communes. Ces symboles effraient mais montrent également la politique de ce parti – dont les maires augmentent immédiatement leurs salaires à La Flèche, Montargis, Moissac ou Perpignan – et qui visent d’abord les plus précaires. Au moins, c’en est fini de l’argumentaire électoral, « on n'a jamais essayé ». Au contraire, nous sommes en plein dedans. [ Christophe-Cécil Garnier_ StreetPress.com]   ________________

dimanche 14 décembre 2025

Petit billet du dimanche

__ A pic!

__ Record

__ Lobbying

__ Intégrations

__ Résurrection

__ Compromettant

__ Condamnations

__ Cordon sanitaire

__ L'empire Shein    >>                 

__ Aveux russes

__ Fractures marocaines

__ Stratégie américaine

__ IA: Cercle vicieux

__ Barrages privatisés?

__ Majorité numérique

__ Guerre des images 

__ Choix politique

__ Contrôles défaillants

__ Séisme à Hollywood

__ Obsessions de Tesson

    ___________________      EDF: nos erreurs industrielles  (libres ptopos)  _____

vendredi 28 novembre 2025

Chinoiseries

 Etre chinois

                        Presque partout

       Chine gagnante?     
                               Intense lobbying                                               ___________________

dimanche 24 août 2025

Petit billet du dimanche

__ Désertions

__ ONU et Gaza

__ Héroisme?

__ Démantèlement >>

__ Braderie?

__ Manipulations                       

__ Virage suédois

__ Purge trumpienne

__ Paix incertaine

__ Nouvel Alcatraz

__ Mécanique mortifère_

__ Vassalisation heureuse

__ Nazisme comme argument

__ Innovations singapouriennes

 _______ Krach à venir?.. ______________

                            "...  Achetez un jet pas cher:   ... La National Business Aviation Association (NBAA), un groupe de lobbying pour l’industrie de l’aviation privée, a salué l’adoption de la législation républicaine, se félicitant en particulier de la politique d’amortissement accéléré, qu’elle juge « efficace pour encourager l’achat d’avions. » (L’Institute for Taxation and Economic Policy affirme que « les allégements fiscaux liés à l’amortissement n’ont jamais démontré leur efficacité pour encourager les investissements en capital »).                 Pendant ce temps, les communautés à travers les États-Unis se préparent à subir les coupes sombres prévues par la loi dans le programme Medicaid et l’aide alimentaire fédérale, qui devraient peser lourdement sur les budgets des États et priver des millions d’Américains à faibles revenus de leurs bons alimentaires et de leur couverture santé.    « Trump et les Républicains du Congrès ont clairement répondu aux attentes de la classe milliardaire », a déclaré Robert Weissman, coprésident de Public Citizen. « Il s’agit certainement de l’un des projets de loi les plus cruels de l’histoire américaine, qui revient sur les progrès douloureusement lents réalisés par le pays en matière d’extension de la couverture santé et, tout aussi remarquable, prive les affamés de nourriture. »« Cela représente beaucoup de souffrances inutiles juste pour enrichir encore davantage les Américains les plus riches », a-t-il ajouté."  ________

       

vendredi 11 juillet 2025

Système en danger

 A la SNCF

               Le grand déraillement . Une longue marche vers la privatisation en ce qui concerne les lignes les plus rentables.  C'est le rail  et le marché, loin des exigences du service public et de la péréquation territoriale.  Alors que certains pays européens sont revenus à une autre logique.    Un intense lobbying.                                                                              La bataille du rail est engagée depuis des années, mais un nouveau tournant s'annonce, avec la priorité accordée aux concurrents, dans le cadre d'un système déloyal, au risque d'une fracture territoriale.  Comme pour les transports parisiens...


               Point de vue:   " À la différence de la SNCF, ses concurrents exploitant des grandes lignes n’auront aucune mission d’aménagement du territoire et seront exonérés d’une partie de l’entretien du réseau. L’entreprise publique, privée d’une partie de ses recettes, va devoir assumer seule toutes les charges.                                                       

Cela       Cela leur a pris trente ans. Mais ils y sont en train d’y parvenir : le dernier clou dans le cercueil de la SNCF et du système ferroviaire français est en train d’être enfoncé. Selon des informations publiées le 4 juillet par le site l’Informé, les concurrents de l’entreprise publique ferroviaire qui s’apprêtent à exploiter des lignes TGV en France seront dispensés de toute obligation de service public en France. Questionné par Mediapart à ce sujet, le ministère des transports n’a donné aucune réponse.

Celleur a pris trente ans. Mais ils y sont en train d’y parvenir : le dernier clou dans le cercueil de la SNCF et du système ferroviaire français est en train d’être enfoncé. Selon des informations publiées le 4 juillet par le site l’Informé, les concurrents de l’entreprise publique ferroviaire qui s’apprêtent à exploiter des lignes TGV en France seront dispensés de toute obligation de service public en France. Questionné par Mediapart à ce sujet, le ministère des transports n’a donné aucune réponse.

Mais la conférence des transports, dont le ministre des transports Philippe Tabarot a présenté les conclusions mercredi 9 juillet, a confirmé en creux ce que beaucoup redoutaient : rien ne sera demandé au privé, ni aux concessionnaires autoroutiers , ni aux concurrents de la SNCF. L’idée avancée par les experts que tous les exploitants du réseau ferroviaire français participent à l’aménagement du territoire n’a pas été retenue.

« Je ne vois pas au nom de quoi [les concurrents de la SNCF] récupéreraient uniquement les dessertes les plus rentables et ne concourraient pas aux logiques d’aménagement du territoire que nous avons tous en partage », avait assuré l’ancien ministre des transports François Durovray devant les députés en octobre. Un ministre plus tard, ces réflexions ne sont plus de mise. La simple menace des concurrents de la SNCF (Trenitalia, Renfe) de se retirer du marché français, où ils ont commencé à exploiter quelques dessertes (Paris–Lyon, Paris–Marseille, Madrid–Marseille ou Barcelone–Lyon), a suffi à faire plier le gouvernement.                                              Contrairement à la SNCF, qui a l’obligation d’assurer des dessertes sur tout le territoire, ses concurrents n’auront aucune obligation à assurer des lignes qu’ils considèrent comme non rentables. Et leur définition est très extensive. Car il ne leur était pas demandé d’assurer la desserte Briançon–Sisteron ou Cahors–Brive-la-Gaillarde. Non, le simple fait, pour ces exploitants ferroviaires, de s’arrêter au Creusot ou à Mâcon – sur la ligne Paris–Lyon – ou à Poitiers ou Angoulême – sur la ligne Paris–Bordeaux – est déjà considéré comme une surcharge insupportable, qui ne fait pas partie de leur « business plan » et ruinerait leur rentabilité. ....                               « Comment s’en étonner. C’est la logique même de l’ouverture à la concurrence. Nous l’avions annoncé depuis des années : le privé va exploiter tout ce qui ce qui est rentable et laisser tout le reste. La SNCF est la vache à lait du privé », constate Julien Troccaz, responsable du syndicat Sud-Rail.

Le gouvernement – et tous ceux qui l’ont précédé – a décidé d’appliquer à la SNCF la même logique que celle qui a été imposée à EDF lors de l’ouverture des marchés de l’énergie : faire subventionner par le public les profits futurs du privé. Au nom de la concurrence libre et non faussée, les entreprises publiques sont priées de céder à leurs concurrents une partie des bénéfices et des avantages dont elles bénéficient historiquement pour permettre au privé d’exister.

Dans le cas d’EDF, cela s’est traduit par l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (ARENH), avec le succès que l’on sait : une explosion des prix, des milliards de bénéfices pour des intermédiaires privés sans aucun profit pour les usagers, la sécurité du système et l’intérêt général. Tout est en place que les mêmes effets se produisent à la SNCF, en pire.

Les concurrents de la SNCF sur les lignes de TGV – des sociétés publiques dans leur pays par ailleurs – ont déjà obtenu de multiples avantages. Non seulement ils vont être dispensés de toute obligation d’aménagement du territoire. Mais afin de permettre leur entrée sur le marché français, ils se sont vu accorder également des rabais conséquents sur leurs charges d’exploitation : ils n’auront pas à payer les péages prévus pour l’utilisation du réseau.

« On pensait que ce rabais était lié seulement pour leur première exploitation d’une ligne en France. Mais il s’avère que c’est pour toutes les lignes exploitées », relève Bérenger Cernon, député insoumis et ancien responsable de la CGT cheminots. Ces nouveaux entrants vont bénéficier d’un rabais de 36 % sur les péages des lignes TGV la première année, puis de 16 % la deuxième année, et 9,5 % la troisième.                              Ce qui pourrait sembler des coups de canifs dans l’organisation ferroviaire française risque, de l’avis de nombreux experts, de mettre tout à terre. Car la SNCF est tenue de respecter la règle d’or, c’est-à-dire d’assurer constamment son équilibre financier. Une clause qui a été imposée par la Commission européenne et qui n’a jamais été contestée par la présidence française – à la différence d’autres États membres –, en contrepartie d’une reprise partielle de la dette de la compagnie ferroviaire.

Privée d’une partie des recettes des lignes à grande vitesse, qui constituent l’essentiel de son chiffre d’affaires, la SNCF risque de ne pas pouvoir faire face à toutes ses charges. Tous les principes de péréquation territoriale, qui permettaient d’assurer le financement des lignes déficitaires grâce aux lignes rentables, sont ébranlés.                         Désormais, chaque ligne va devoir être rentable par elle-même. Des dessertes considérées comme vitales dans toute la France sont déjà menacées notamment dans le Centre-Val-de-Loire, la Savoie ou une partie de la Bretagne. « Une ligne qui ferme ne rouvre jamais », prévient Bérenger Cernon, ayant en tête des centaines d’exemples de voies ferrées démantelées, converties en pistes cyclables alors qu’elles assuraient auparavant un maillage dense du territoire.

Mais demain, pourquoi la SNCF devrait-elle s’arrêter au Creusot, à Valence, Vendôme, Poitiers, Le Mans ou même Saint-Étienne, si ses concurrents ne sont pas tenus de le faire ? La SNCF est déjà en train de supprimer certains arrêts dans ces gares au nom de la rentabilité. « Les mêmes élus qui ne jurent aujourd’hui que par la concurrence et le privé seront les premiers à demander à cor et à cri que la SNCF assure la desserte de leur ville, alors qu’ils ont tout fait pour la ruiner », pronostique, amer, le syndicaliste Julien Troccaz.

Mais les dégâts à long terme risquent d’être encore plus irréversibles. Car la SNCF va se voir aussi priver de ressources pour financer son réseau, charge qu’elle doit assumer seule, puisque ses concurrents en sont en partie dispensés et qu’à la différence de la route, entièrement subventionnée par les impôts, l’État ne lui consent aucune aide.

Au cours des quinze dernières années, 15 000 kilomètres de voies ferrées ont déjà été supprimés car l’entreprise publique ne pouvait plus subvenir à leur entretien. Si rien n’est fait, quelque 10 000 kilomètres supplémentaires sont menacés de disparition dans les dix prochaines années, ont prévenu les experts de la commission sur le financement du transport.

Le ministre des transports a promis que des moyens seraient dégagés pour permettre d’assurer le maintien des infrastructures ferroviaires. Mais il n’a indiqué ni les moyens ni les montants. Cette inconséquence et cette désinvolture politiques sont insupportables. Alors que les besoins de transports publics décarbonés n’ont jamais été aussi importants, que la demande de train est dix fois supérieure à celle de la voiture, le gouvernement achève de détruire le réseau ferroviaire qui a été le plus dense et le plus performant d’Europe.

Toutes les privatisations des réseaux ferroviaires, inspirées par la révolution thatchérienne et reprises sans réserve par la Commission européenne, ont tourné à l’échec. Après l’effondrement de son réseau ferroviaire, le gouvernement britannique a été obligé de renationaliser non seulement son réseau, mais aussi ses compagnies ferroviaires. La Suède en train de prendre le même chemin, son réseau ferroviaire tombant lui aussi en pièces, faute d’entretien et de financement suffisant. Cela n’empêche Thierry Guimbaud, président de l’Autorité de régulation de transports (ART) de soutenir que la concurrence est bénéfique et fait baisser les prix.

Depuis trente ans, par idéologie, des responsables maintiennent le même discours, aboutissant à mettre en pièces tous les services publics français, qui ont participé pourtant à l’attractivité de la France. Cela a commencé en 1994 par l’abandon du tarif-kilomètre, qui garantissait un prix unique pour tous les voyageurs au kilomètre quel que soit le trajet, pour un système de yield management (variation des prix en fonction de la demande) emprunté aux compagnies aériennes. Trente ans plus tard, ce système est toujours rejeté massivement par les usagers. Mais personne ne les écoute. " [ Merci à Martine Orange - souligné par moi -] 

                                                                                          ________________________

                                                                                                                                                             

dimanche 15 juin 2025

Petit billet du dimanche

 __ Défis

__ Lobbying

__ Tournant

__ Entrisme

__ Cadmium

__ Bollorésphère

__ Crise politique

__ Fauteuil vide

__ Climat: hypothèse

__ Iran sous le feu

__ Suprémacistes visés...                   

__ Violences coloniales

__ Dépressions chinoises

__  Chaos organisé__ Analogie romaine

__ Résilience russe

__ Nakba niée

__ Un historien à Gaza >>

__ Calumet de la paix

__ Made in Eurolinks

                 _________ Revue de presse _______________

jeudi 5 juin 2025

Varia

__ En danger

__ Stupéfiant

__ Gigantisme

__ Transfert

__ Cynisme

__ Espionnages

__ Colonisation

__ Vers la fin?

__ Il était temps!

__ Régression

__ Brossages d'egos

__ Massacre particulier

__ Effondrement de droits

__ Promesses trahies

__ Intense lobbying

__ Echecs et histoire

__ Alliés de Poutine

__ Le monde et la CIA                    

__ Rabotage discutable

__ Soutien inconditionnel

__ Campagne de Shein

__ Au nom du LR

__ Incertitudes polonaises

__ Parcours Sup et le bac       _______________________

mardi 22 avril 2025

Mort d'un (sacré) fouteux

     Un pape à part

               Fan de San Lorenzo, sa vitrine

                        On l'appelait Pancho. Quel joueur!

                                               Bourré de contradictions





 ___ Et demain?....Vance, super-catho?

                     Lobbying intense...

               



 

 Ou un autre François?... 

                                              On attend la fumée...après le rideau de fumée des élections.




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dimanche 8 décembre 2024

Petit billet du dimanche

__ Purge

__ Disparus

__ Panne

__ Again!    

__ Enfin!

__ Goinfrerie

__ Revers

__Trop cher

__Résilience

__ Lobbying

__ Aveuglement

__ Anéantissement

__ Cannibalisation

__ Confiance aveugle

__ Turquislamisme

      ____________ Un ostracisme qui ne dit pas son nom __________

samedi 28 septembre 2024

Espionnage et décrédibilisation

Un lobbying pas comme les autres 

               C'est plus que du lobbying. Ce n'est pas la première fois que des tentatives de décrédibilisation s'efforcent de semer le doute et de répandre la critique sur des sites dits d'informations ou d'alertes qui remettent en cause certains intérêts douteux bien établis et rentables.  Comme la plate-forme américaine privée Bonus Eventus qui "a accumulé et partagé des informations personnelles sur des scientifiques et des militants critiques des OGM ou des produits phytosanitaires pour mieux les décrédibiliser, dévoilent « Le Monde » et un collectif de médias.."   


                                         Les faits sont graves, relevant de l'espionnage, du fichage et de l'intrusion dans la vie privée de chercheurs ou de journalistes spécialisés: "...
Par le biais d’une plate-forme en ligne privée, des cadres des principaux fabricants de pesticides et des biotechnologies ont accès, depuis plusieurs années, à un vaste fichier de personnalités considérées comme « critiques » de l’agriculture intensive, qui a massivement recours aux intrants chimiques et aux organismes génétiquement modifiés. L’échelle et la précision de ce fichage, opéré sans distinction de nationalité, sont inédites. Informations sur la famille, la vie privée, le patrimoine et les revenus, divulgation d’adresses personnelles, d’antécédents judiciaires éventuels et parfois d’opinions politiques, informations trompeuses et malveillantes : cette base de données accumule les munitions, prêtes à être utilisées pour déstabiliser, décrédibiliser ou nuire.  Obtenus par le média d’investigation Lighthouse Reports et partagés avec Le Monde et plusieurs médias internationaux, les documents internes de cette plate-forme, baptisée « Bonus Eventus », indiquent que plus de 500 scientifiques, militants écologistes, journalistes ou encore experts des Nations unies figurent dans ce registre. Celui-ci apparaît beaucoup plus détaillé et sulfureux que le « fichier Monsanto », révélé en mai 2019 par France 2 et Le Monde.."              Comme par hasard, le patron de la plate-forme en question est un ancien responsable de Monsanto. La pratique de collecte d'"informations " sur des opposants à l’industrie agrochimique rappelle le scandale du fichage de personnalités publiques, journalistes et militants par Monsanto dans le but d’influencer le débat public sur l’interdiction de l’herbicide glyphosate. L’agrochimiste, racheté par le groupe allemand Bayer, a écopé en juillet 2021 d’une amende de 400.000 euros prononcée par la Cnil, gendarme français des données personnelles. Selon ce dernier, le fichier incriminé contenait pour chacune des plus de 200 personnalités référencées une « note allant de 1 à 5 » permettant « d’évaluer son influence, sa crédibilité et son soutien à la société Monsanto sur divers sujets tels que les pesticides ou les organismes génétiquement modifiés ».                                                                                                     Monsanto, ici de manière interposée, continue de semer le doute, et pire, selon ses habitude commerciales...qui ne relèvent pas du bon génie   ______________________

mardi 23 avril 2024

On rachète!

 Faut pas se gêner...

                    Un mécanisme critiquable et critiqué. Pour une grande entreprise qui a besoin  de vivre, de se développer, avoir recours à des actions est un processus économique classique et normal, dont on peut situer l'origine dans le capitalisme marchand du XVI° siècle. Mais il est un phénomène qui ne l'est plus: c'est quand elle rachète en catimini ses propres actions, faussant les lois du marché en en faisant artificiellement monter le cours. Une pratique courantes de certains grands groupes US qui se répand chez nous avec le développement du capitalisme financier, dans une économie qu'on appelle "de rente".                                                                                                                                          Les surprofits, au lieu d'aller pour une large part vers les investissements et les salariés, à l'origine de la valeur, , vont à la spéculation,  créant ainsi un paradis artificiel dangereux. Très en vogue dans le Cac40: 


                                                                                                                                          "...C’est en juillet 1998 que le rachat par les sociétés de leurs propres titres de capital a été libéralisé en France, en s’inspirant fortement des propositions du rapport Esambert, commandité par la Commission des opérations de bourse (l’ancêtre de l’Autorité des marchés financiers) et publié six mois auparavant. Avant cette date, la loi du 24 juillet 1966 sur les sociétés commerciales prohibait l'achat par une entreprise de ses propres actions. « Ce principe général d'interdiction était assorti de quelques dérogations qui étaient toutefois limitées et mal adaptées à une gestion dynamique du capital des sociétés », déplorait le rapport dans son lobbying de place.  Qu’attendaient les entreprises cotées - et le marché - de cet assouplissement ? Tout simplement « un moyen privilégié pour rendre de la valeur aux actionnaires », comme le titrait BNP Paribas dans une étude de 2019. La moitié des sociétés interrogées par la banque plébiscitaient alors des solutions mixtes intégrant les rachats d’actions et les dividendes pour « rendre de la valeur » aux actionnaires. La majorité d’entre elles disaient subir la pression des investisseurs en faveur de rachats d’actions, à commencer par les hedge funds et les mutual funds anglo-saxons, suivis des compagnies d’assurance et des fonds souverains. L’étude pointait aussi que les rachats d’actions constituaient « une demande quasi-systématique des investisseurs activistes ». Résultat, la part des rachats d’actions dans le mix versé aux actionnaires ne cesse de grimper dans le monde : en 2012, elle en représentait un tiers, puis la moitié en 2022, selon le gérant d'actifs Janus Henderson.  De longue date, la souplesse du mécanisme a fait du rachat d’actions une pratique capitalistique courante chez l’Oncle Sam, notamment comme moyen de protection contre les prises de contrôle inamicales (en remédiant à la sous-évaluation de ses titres et en renforçant le contrôle de l’actionnariat). On a ainsi assisté à une vague de rachats d’actions aux États-Unis au lendemain du krach boursier d’octobre 1987, dont le but était de faire remonter les cours. En 1996, les 1 472 opérations de ce type répertoriées dans le pays représentaient 176 milliards de dollars. En 2022, les rachats d'actions des sociétés du S&P 500 (l’indice actions phare de Wall Street) ont avoisiné les 1 000 milliards de dollars, dont 89 pour le seul Apple…  
Sur le fond, les rachats d’actions posent un problème de partage de la valeur, puisqu’en cherchant tous les moyens possibles d’enrichir les actionnaires, on réduit la part de gâteau des salariés. « Racheter ses propres actions revient aussi à diminuer les sommes disponibles pour investir dans la croissance et l’innovation de l’entreprise. D’où l’idée que cela se fait au détriment de la croissance, de la consommation et de l’emploi », analyse le journaliste Nicolas Gallant sur capital.fr. « Si l’actionnaire est avantagé grâce à l’aspect relutif des opérations de rachat d’actions, celles-ci peuvent aussi traduire un manque de perspectives et s’opposer à une hausse de la valorisation sur le long terme », complète encore le Particulier. ___________