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jeudi 19 mars 2026

Cuba: retour à la cause départ?

En pire.   Dans le giron de l'oncle Sam

                                             Les infortunes d'un île abandonnée

      L'appétit du locataire de la Maison Blanche est sans limites sur la terre américaine. Sans vergogne, il s'agit de business. Après les ambitions groënlandaises, encore en suspens, le hold-up à Caracas, voici venir l'appétit pour La Havane, l'ancien "protectorat"... (Toute) l'Amérique aux Américains! a décrété the big Président. Pour leur plus grande richesse...                                                                                                              L'étau se resserre. Un retour au bon vieux  temps, quand les USA administraient l'île et profitaient de ses ressources avec les mafias implantées? C'était le bon temps...quand le luxe s'étalait outrageusement à La Havane. Il y a encore de bonnes affaires en perspectives à deux pas de la Floride, dans cette perle des Caraïbes.  Triste destin que celui de cette île où la musique est reine, mais où la vie devient de plus en plus compliquée, pour utiliser un euphémisme. L'histoire n'a pas joué en sa faveur. Le blocus US a asphyxié la fragile économie de l'ïle, l'amenant à se livrer à d'autres dépendances pour survivre et à s'humilier, en demandant grâce.                  "... Après la guerre d'indépendance cubaine les États-Unis exercent une influence considérable sur l'ile. L'amendement Platt, imposé par le Congrès des États-Unis à la Constitution cubaine, octroie deux bases militaires à l'armée américaine, donne à celle-ci le droit d'intervenir partout dans l'ile, et interdit au gouvernement cubain de signer tout traité qui « affecterait son indépendance » ou de contracter des dettes publiques. Aux termes de ce texte, le gouvernement américain se réserve le droit d'« intervenir pour la préservation de l'indépendance cubaine et le maintien d'un gouvernement qui assure la protection de la vie, de la propriété et des libertés individuelles ». Les capitaux américains deviennent propriétaires d'une grande partie de l'économie cubaine : plantations de cannes à sucre et de tabac, mines et chemins de fer, électricité, eau et téléphone... "                                                                                [         Trump est prêt à tout, à l'arbitraire indéchiffrable. Mais le but est clair: faire tomber Cuba après l'avoir affaibli. L'histoire chaotique de l'île risque encore de connaître des épisodes humiliantes.....Malgré les promesses de résistance. La nouvelle cible de l'empereur risque de ne pas être facile à atteindre.                             " Le journaliste Herbert Mattiews avouait: "...La question se pose : si nous n’avions pas l’Amérique latine à nos côtés, notre situation serait dramatique. Sans accès aux produits et aux marchés d’Amérique latine, les Etats-Unis seraient réduits au statut de pouvoir de second rang » (The New York Times, 26 avril 1959). De cette préoccupation naît, dès le début du XIXe siècle, l’image de la région comme d’une « arrière-cour » à protéger — et à soumettre — coûte que coûte. Le projet se pare initialement des atours d’une préoccupation solidaire : en 1823, le président James Monroe condamne l’impérialisme européen et proclame « l’Amérique aux Américains ». Mais sa doctrine ne tarde pas à se transformer en un instrument de domination du nord sur le sud du continent.     Tantôt violent, tantôt discret, l’expansionnisme des Etats-Unis en Amérique latine façonna à ce point l’histoire du continent que de nombreux intellectuels continuent de voir la main noire de Washington derrière chacun des obstacles sur lesquels trébuchent les pouvoirs progressistes de la région. Au moment de chercher des responsables à leurs problèmes domestiques, les gouvernements latino-américains ne rechignent pas toujours à puiser à la source de cet anti-impérialisme mécanique, flirtant parfois avec les théories du complot. Il faut dire que le sentiment anti-yankee ne tombe pas du ciel sur le continent de José Martí : il découle de plus de cent cinquante années d’ingérences bien réelles, d’innombrables coups tordus et de vrais complots, manifestations d’une volonté d’hégémonie qui a connu plusieurs évolutions historiques.  Entre 1846 et 1848, le Mexique se voit dépouiller de la moitié de son territoire au profit du voisin du Nord. Puis, entre 1898 et 1934, les militaires américains interviennent à vingt-six reprises en Amérique centrale : ils renversent des présidents, en installent d’autres ; c’est le temps de la mise sous tutelle de Cuba et de Porto Rico (1898), (…)       _________________

mardi 19 août 2025

Le cancer

Mafias au plus haut niveau

     C'est la face cachée de la mondialisation. Une géopolitique du crime organisé, qui s'étend en prenant des formes les plus diverses, en fonction des juteux business en cours, arrosant les banksters.Une pieuvre aux multiples facettes, dont les tentacules repoussent toujours, malgré les aléas, qui s'insinue souvent  jusque dans les salons de certains pouvoirs.   La Maison Blanche n'est pas restée à l'écart au cours de son histoire récente, comme le montre l'étude très fine et nuancée de Jean-Francois Gayraud, qui s'est livré à des années de recherche. Il en donne ICI  un résumé.   


                                                                                                                                                     Il a constitué parfois une sorte de gouvernement d'appoint    dans ses dernières années. .  ";...Toutes  les démocraties ont leurs zônes d'ombre .   "....Jean-François Gayraud identifie les années 1950-1970 comme l’âge d’or de la mafia aux États-Unis. Durant cette période, la mafia ne se contente pas de contrôler des activités criminelles comme les jeux d’argent ou le trafic des stupéfiants, elle s’infiltre aussi dans l’économie légale et le monde syndical. Elle noue des relations avec des figures politiques influentes, garantissant protection et opportunités financières. Sa présence se fait sentir aussi bien dans les classes moyennes que dans les classes supérieures.                             Toutes les démocraties ont des zones d’ombre, mais aux États-Unis, la violence et la criminalité organisée jouent un rôle structurant dans l’histoire politique depuis le XIXème siècle. De nombreux hommes politiques ont entretenu des liens avec des groupes criminels pour asseoir leur pouvoir, ce qui soulève une question majeure : dans quelle mesure la mafia a-t-elle influencé la politique américaine au plus haut niveau ?                   Jean-François Gayraud s’attarde sur dix présidents démocrates et républicains ayant eu des relations avec la mafia. Parmi eux :                                        . Harry Truman : Avant d’accéder à la présidence en 1945, l’ascension politique de Truman s’explique par le soutien de la machine démocrate corrompue (les Pendergast) et de la puissante Famille mafieuse de Kansas City. Il est le produit d’une vie politique locale vivant en symbiose avec la mafia.                                       . Donald Trump : Promoteur immobilier dans le New York des années 1970-1980, Trump a évolué dans un environnement dominé par les cinq grandes Familles mafieuses italo-américaines. La mafia, qui dominait l’industrie du béton et des casinos, a été un acteur incontournable de son ascension, notamment via son mentor, l’avocat Roy Cohn, qui fut typiquement un mob lawyer (avocat mafieux)...."                                                                                                                       Nixon se distingua particulièrement. Il est établi que l'actuel locataire de la Maison Blanche a eu des liens  avec la mafia russe  Quand se poursuit, avec plus ou moins de bonheur, les oeuvres des cinq grandes familles sur le territoire.        ______________________                    

jeudi 14 août 2025

Retour au bon vieux temps

Celui du capitalisme sauvage, de la loi de la jungle

          Pétrole et  gaz  sans frein.

                    Comme toute les matières premières

        Point de vue et analyse:

Cela                                            "Cela fait désormais partie des usages de la présidence états-unienne. Chaque jour ou presque, Donald Trump donne un show dans son bureau de la Maison-Blanche digne des Affranchis de Scorsese. La violence et l’humiliation le disputent à la flagornerie devant un auditoire qui lui est acquis.                                                                         La semaine dernière, les patrons des géants du numérique n’ont pas échappé à la règle. Le 6 août, Tim Cook, le PDG d’Apple, est arrivé un cadeau à la main dans le bureau Ovale : une plaque en verre commémorative, fabriquée par Corning (un groupe verrier partenaire du groupe), montée sur un socle en or – forcément en or, pour complaire au goût du président (Donald Trump a fait redorer tout son bureau à la feuille d’or à son arrivée).                                                                                                            La plaque est censée symboliser le lancement d’une nouvelle usine, faisant partie des 600 milliards de dollars d’investissements que le groupe a promis d’engager aux États-Unis en quatre ans. Résultat ? Les produits du géant numérique, dont une grande partie est désormais fabriquée en Inde, seront dispensés de droits de douane à leur entrée sur le territoire.                                Le même jour, Donald Trump incendiait le PDG d’Intel, Lip-Bu Tan, et demandait sa démission immédiate, l’accusant d’entretenir des relations étroites avec des dirigeants du Parti communiste chinois et de menacer la sécurité intérieure. Dans la foulée, après entrevue avec son dirigeant, il autorisait le PDG de Nvidia, Jensen Huang, à vendre ses semi-conducteurs, considérés parmi les plus performants au monde, à la Chine. À une condition : que la firme reverse aux États-Unis 15 % des revenus tirés de ses exportations en Chine.                                                                                     Jamais le pouvoir états-unien n’avait pratiqué un tel interventionnisme, mis en œuvre de tels chantages auprès de groupes privés états-uniens. « Le capitalisme en Amérique commence à ressembler à la Chine », s’est alarmé le Wall Street Journal après les annonces sur Nvidia. Le quotidien économique voit dans toutes ces interventions l’émergence d’un capitalisme d’État.                                   Une analyse que beaucoup d’observateurs contestent. Après des premiers mois de décisions intempestives, de menaces, de tête-à-queue spectaculaires, d’arbitrages inexplicables et irrationnels, ceux-ci estiment qu’il n’y a aucune logique à chercher dans la politique de Trump. Elle s’inscrit dans l’imprévisibilité du « fait du prince » : tout peut changer d’un moment à l’autre, selon le jour, selon l’endroit, selon l’interlocuteur.                                                                                                                                   Au-delà du chaos mondial provoqué par Donald Trump, il y a cependant des constantes et des obsessions dans sa politique. Elles se retrouvent dans chaque négociation menée par l’administration états-unienne. Rompant avec le capitalisme financiarisé des dernières décennies, Trump renoue avec un capitalisme d’extraction et d’extorsion. Pétrole, gaz, matières premières, mais aussi données numériques, tout ce qui peut lui permettre de tirer profit, d’exercer un pouvoir monopolistique, l’intéresse.                                                                                                                  « L’exploitation du pétrole, l’exploitation des ressources minières et le transport maritime de marchandises, tous des secteurs extrêmement rentables à travers l’histoire, ont longtemps été un moteur clé de l’économie mondiale », rappelle Laleh Khalili dans son livre Extractive Capitalism (éditions Verso, 2025, non traduit)Avant de tout de suite nuancer son propos : ce capitalisme-là se nourrit de la corruption, de l’exploitation sans limites des ressources naturelles et humaines. Il institue une violence exacerbée contre tous ceux qui lui font obstacle. Cette politique d’accaparement au profit de quelques-uns engendre des inégalités insupportables.                                                                                       C’est à ce capitalisme-là que Donald Trump se réfère. Pour lui, toutes les richesses de la planète doivent être mises à la disposition des États-Unis et de sa volonté.                                Alors que les géants du numérique rêvent d’aller sur Mars, le président états-unien, lui, continue d’ambitionner des expansions terrestres. Des dérèglements climatiques menaçant l’humanité entière, il ne retient qu’une seule chose : la disparition des pôles, la fonte des glaciers et la fin du permafrost sont autant de territoires, jusque-là inexplorés, qu’il convient de conquérir. Ce sont les nouvelles frontières de son mandat.                                                                                                                            Dès son arrivée à la Maison-Blanche, il a désigné le Groenland comme une proie à avaler de gré ou de force pour pouvoir mettre la main sur ses ressources minières. Même si ce n’est pas l’enjeu premier de sa rencontre avec Vladimir Poutine le 15 août, choisir l’Alaska comme terrain de rencontre n’est pas sans signification. Donald Trump se projette déjà dans l’après : quand les glaciers de l’Arctique auront quasiment disparu. Au-delà des richesses inexplorées du sous-sol, la route maritime du pôle Nord deviendra utilisable tout au long de l’année, devenant la voie la plus rapide pour passer d’un côté à l’autre de la planète. Et les États-Unis et la Russie en seront les gardiens.                                                                                Mais pour l’instant, c’est d’abord le pétrole et le gaz qui l’intéressent. Dès son premier mandat, Donald Trump s’est montré fasciné par le monde pétrolier et les centaines de milliards de dollars qu’il charrie. Faisant une cour assidue à l’Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et même à la Russie, il agissait alors comme si son pays, premier producteur mondial de pétrole, était membre du cartel de l’Opep, discutant avec les uns et les autres prix et production.                                                                    Depuis le début de son second mandat, le pétrole est devenu chez lui une obsession. Il veut des explorations, des forages partout, prendre le contrôle de toutes les réserves possibles dans le monde, sur terre ou dans les mers. Mais sa préoccupation est d’abord aux États-Unis. Alors que de nombreux gisements sont en cours d’épuisement, que les groupes ne veulent plus relancer de nouveaux projets faute de rentabilité assurée, il met tout en œuvre pour les inciter à redévelopper l’exploration et la production pétrolière et gazière états-unienne.                      Une de ses premières décisions a été de couper tous les moyens aux énergies renouvelables et à toutes les technologies propres, parce qu’elles font peser un risque existentiel au secteur pétrolier états-unien. Mais pour convaincre le secteur pétrolier d’investir à nouveau, il pense avoir trouvé la carte maîtresse qui va les convaincre : ce sont les autres pays, ceux qu’ils considèrent comme les vassaux des États-Unis, qui vont prendre les risques.

Dans l’accord commercial avec le Japon, il a ainsi imposé que les Japonais investissent 550 milliards de dollars aux États-Unis pour avoir accès au marché états-unien avec des droits de douane de 15 %. Et il a déjà désigné le premier projet d’investissement obligatoire : les capitaux japonais devront financer le gazoduc reliant l’Alaska aux États-Unis. Un projet vieux de trente ans qui n’a jamais réussi à voir le jour faute de capitaux et débouchés suffisants.                                                                     En contrepartie de 15 % de droits de douane sans réciprocité, les Européens eux se sont vu extorquer l’obligation d’acheter pour 750 milliards de dollars de pétrole et de gaz états-uniens en trois ans. Même si l’Europe entend respecter à la lettre ces exigences, la production pétrolière et gazière états-unienne disponible – en dehors de la consommation intérieure – et les infrastructures nécessaires pour la transporter vers l’Europe ne sont pas suffisantes pour remplir de telles conditions, sauf à appliquer des prix exorbitants en dehors de tout prix de marché. Mais qu’importe ! Donald Trump tient là un moyen de chantage qu’il pourra utiliser quand bon lui semble contre les Européens.                                                                                    Depuis son retour à la Maison-Blanche, le président états-unien a une autre obsession : les matières premières. Irrité par le quasi-monopole que s’est constitué le gouvernement chinois sur toutes les matières premières stratégiques et critiques dans le monde, qui lui donne un moyen de pression et de chantage inégalé, impressionné selon son entourage par la stratégie chinoise des routes de la soie, Donald Trump a décidé de marcher sur les traces de Pékin. Il développe désormais une diplomatie minière qui vise à faire main basse sur toutes les ressources disponibles dans le monde, en utilisant tous les moyens à sa disposition.                                         Cuivre, nickel, terres rares, tungstène... tout l’intéresse, en particulier les métaux nécessaires aux nouvelles technologies liées au numérique et à l’électrification des usages. Et le président états-unien a décidé d’utiliser tout le pouvoir militaire et diplomatique états-unien pour se les approprier.     Sa soudaine préoccupation pour arbitrer des conflits régionaux qui jusqu’alors ne le préoccupaient guère en témoigne : à chaque fois, en contrepartie de son arbitrage, il arrache des droits miniers pour les États-Unis. Le cas le plus flagrant est celui de l’Ukraine. Pour maintenir son soutien militaire à Kyiv, Donald Trump a extorqué au gouvernement ukrainien un accord sur la quasi-totalité des ressources minières et énergétiques du pays. Gaz, pétrole, terres rares et métaux critiques sont désormais à la main des groupes états-uniens pour leur exploitation.

Fort de ce précédent, Donald Trump a repris le même schéma dans d’autres dossiers. Il s’est ainsi beaucoup impliqué dans la résolution de paix entre le Rwanda et le Congo, aux ressources minières gigantesques que plusieurs pays, dont la Chine mais aussi de nombreuses mafias, se disputent. Pesant de tout son poids pour obtenir un cessez-le-feu et la garantie des frontières existantes, il a obtenu en compensation que les États-Unis aient un droit d’accès privilégié aux ressources minières de l’est du pays.                                                                                                                            Le même scénario s’est reproduit lors du conflit entre l’Inde et le Pakistan fin juin. Dans les discussions de cessez-le-feu, Trump a obtenu l’ouverture privilégiée de concessions minières à des groupes états-uniens. Depuis, il estime que le Pakistan est un allié parfait, à l’inverse de l’Inde qui continue à acheter du pétrole russe.       L’accord signé entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie sur le Haut-Karabakh s’inscrit dans le droit fil des accords précédents. Dans le cadre de sa médiation dans le conflit, Donald Trump a réussi à instituer une zone de transit permettant à Bakou d’atteindre ses territoires plus à l’ouest. Nommée « Trump Route for International Peace and Prosperity » (TRIPP), elle va permettre aux intérêts états-uniens de disposer d’un droit privilégié pour accéder aux ressources pétrolières et minières de cette région d’Asie centrale, jusque-là chasse gardée de la Russie.                                                                                                                                                          Mais il n’y a pas que les ressources naturelles qui intéressent Donald Trump. Avec le développement des technologies du numérique et l’essor de l’intelligence artificielle, les géants du secteur ont convaincu l’administration états-unienne que les données, toutes les données, étaient des ressources indispensables pour perpétuer leur domination sur les nouvelles technologies.   Il y a déjà plusieurs années que ces géants ont commencé à s’approprier toutes les données personnelles à leur disposition, afin d’améliorer les performances de leur ciblage publicitaire, leur première source de revenus, voire de manipuler les opinions comme dans le cas du scandale de Cambridge Analytica.               ___Mais avec le développement de l’intelligence artificielle, leurs appétits sont décuplés. Production intellectuelle, production artistique, savoirs scientifiques et techniques, savoir-faire, en quelques années, ils ont siphonné tout ce qui était à leur disposition. Dans l’indifférence totale de nombre de gouvernements – à commencer par le gouvernement français – qui n’ont pas mesuré l’importance de ces matières premières à l’ère numérique. Au mépris également de toute propriété intellectuelle, eux qui sont si à cheval sur leurs droits de propriété de marque.                                                                                                            Engagée dans une bataille mondiale de conquête numérique, la Chine a décidé de répliquer et de frapper là où les géants du numérique sont vulnérables : ces droits de propriété justement qui confortent leur pouvoir. À l’inverse de ChatGPT, Meta ou Google, la société DeepSeek et ses concurrents Alibaba, Qwen et autres, étroitement surveillés par le gouvernement chinois, ont tous décidé de laisser leurs modèles d’intelligence artificielle gratuits afin de faciliter la diffusion de leurs langages dans le monde entier.           Donald Trump n’a pas encore réagi à ce nouvel assaut chinois. Mais il ne devrait pas tarder. Dès le début de son nouveau mandat, il est déjà parti en guerre contre toutes les lois, toutes les protections instituées notamment en Europe qui font obstacle à l’exploitation sans réserve des données et de la production intellectuelle par les géants états-uniens. Un premier exemple a été donné avec le Canada, qui du jour au lendemain s’est vu imposer 35 % de droits de douane, en raison de la taxation des géants du numérique.                                                             Car, dans ce capitalisme d’extraction et d’extorsion, dans ce colonialisme à peine revisité, il n’y a pas de place pour les vassaux. Les langages, la création intellectuelle sous toutes ses formes, sont des matières premières indispensables au numérique qui ne sauraient échapper à la domination états-unienne. "     [Merci à Martine Orange- souligné par moi]                                                _______________________________

lundi 10 février 2025

Capitalisme mafieux

Liaisons dangereuses

                  Si le capitalisme présente bien des formes depuis ses origines, il y a eu toujours des formes de dérives du système, liées à la recherche maximale du profit, qu'il a fallu souvent réguler. Comme l'hyper-concentration  monopolistique, qui fausse ou annule la concurrence, régulatrice du système.              Roberto Saviano, qui sait de quoi il parle, évoque l'entrisme de certains intérêts mafieux dans des branches hautement rentables de certains services ou secteurs industriels. Les pratiques mafieuses tendent à devenir une forme endogène du capitalisme, ce qui est plus perceptible dans certains pays que d'autres. Même s'il est souvent invisible à première vue. Mais on peut avancer que ce peut être une face obscure de la mondialisation.                                                                                      Des lessiveuses efficaces. Blanchir est une opération tellement courante...                                                                         Les mafias en tous genres n'ont pas trop de soucis à se faire. Pas seulement dans l'univers de la drogue, qui se porte de mieux en mieux. Elles trouvent toujours des banques accueillantes, qui ont pignon sur rue. Plus de 800 milliards estimés à l'ombre des narco-banques de par le monde. Et on ne parle que de cette délinquance-là. La finance de l'ombre se porte à merveille et peut alimenter des secteurs économiques très respectables. Ne parlons même pas des paradis fiscaux, bien ou moins connus.                                                                                                             _________ Arte a diffusé récemment sur le sujet d'intéressants documents. Une (déjà) vieille histoire. Un phénomène mondial, où blanchir et investir sont les deux mamelles d'affaires très juteuses. Une finance souvent hors-sol, qui n'a pas l'air d'émouvoir plus que cela ceux qui nous gouvernent, à qui pourtant les investissements publics font défaut...  Les grandes formes de délinquance d'aujourd'hui ne sont pas toujours là où on croit. La finance prédatrice continue, comme aux beaux jours de l'avant-crise de 2008 malgré quelques règles, trop souvent bien symboliques, qui n'ont rien changé dans le fond. On n'a toujours pas opéré une véritable séparation des banques.                   ____On voit se développer un nouveau capitalisme,  que certains économistes n'hésitent pas à qualifier de "criminel"" ..... Pour comprendre ce qui s’est produit en 2008 avec la crise des subprimes, il faut d’abord diagnostiquer le contexte global. Quel est-il ? Le capitalisme s’est profondément ré agencé à partir des années 1980, aux Etats-Unis et ailleurs, à partir d’une doxa néo libérale. Le nouveau visage du capitalisme comporte depuis des dynamiques et des vulnérabilités aux comportements criminels particulièrement fortes. Ce capitalisme est devenu excessivement dérégulé, mondialisé et financiarisé. Ces trois caractéristiques font que ce capitalisme est

désormais criminogène : il recèle des incitations et des opportunités aux fraudes d’une intensité nouvelle. La crise financière s’est déclenchée aux Etats-Unis à partir d’un petit secteur financier : le marché de l’immobilier hypothécaire. La bulle immobilière fut en partie gonflée par des pratiques de crédit totalement frauduleuses ; des centaines de milliers de prêts furent perclus d’infractions toutes simples : faux en écriture, abus de confiance, escroqueries, abus de faiblesse, etc. Par le biais du mécanisme de la titrisation et d’agences de notation complaisantes ou franchement malhonnêtes, ces fraudes se sont retrouvées dans les fameux « produits financiers innovants » vendus sans devoir de précaution et de conseil sur les marchés à Wall Street. La bulle boursière s’est ainsi à son tour formée à partir de véritables fraudes. C’est pourquoi la crise des subprimes peut être rebaptisée sans exagération de crise des subcrimes . L’analyse criminologique que je propose ne relève donc pas de la métaphore facile par laquelle « fraude » serait simplement le synonyme de « prédation ». Il s’agit de vrais crimes, mais qui n’ont pas reçu de décantations judiciaires sérieuses ! D’ailleurs, le rapport de la grande commission d’enquête du Sénat des Etats-Unis (FCIC) qui est venu ensuite autopsier cette crise utilise le mot « fraude » 147 fois ! Est-ce vraiment un hasard ? J’ai analysé la crise des subprimes sous cet éclairage criminologique dans La grande fraude (Odile Jacob) en 2011. Et je me livre dans Le nouveau capitalisme criminel (Odile Jacob, 2014) à un exercice similaire pour d’autres crises financières issues de la dérégulation : Japon, Mexique, Albanie, etc. ....
     Les modifications apportées ne relèvent pas du changement de cap. Les législateurs européens et américains se sont contentés de rajouter des canots de sauvetage autour du Titanic. Canots qui bien évidemment ne profiteront qu’aux premières classes lors de la prochaine crises financière. Ce qu’il faut comprendre, c’est que, d’une certaine manière, il n’y a jamais de « crise financière » stricto sensu ; il n’y a que des crises politiques : il faut en effet interroger les dispositifs normatifs et les politiques publiques qui en amont mettent en place des systèmes aussi dérégulés et criminogènes. Et à ce stade du raisonnement il convient alors de comprendre comment sont votées les lois de dérégulation et comment se font les élections ? D’où vient l’argent des campagnes électorales et quel est le poids du lobby de la finance ? Les principes mortifères issus du fameux « consensus de Washington » ne tombent pas de la planète Mars ! La finance impose désormais un rapport de force – feutré en apparence mais violent en coulisse - aux pouvoirs politiques contemporains. Nombre d’Etats sont littéralement « capturés » par les puissances financières. Et ce phénomène ne touche pas que les seuls « paradis fiscaux et bancaires » ! Le phénomène est central aux Etats-Unis. Par exemple, qui est le premier employeur en France des inspecteurs des finances ? Bercy ou les quatre grandes banques universelles qui font habituellement notre fierté ? Cela crée sans nul doute possible, de manière mécanique, de subtiles convergences de vues aux conséquences profondes....
               J.-F. G : Sans débat public, à bas bruit, les marchés financiers fonctionnent depuis une vingtaine d’années autour d’ordinateurs et d’algorithmes surpuissants, dans un monde plus proche des romans de Philipp K. Dick que des récits balzaciens. A la très grande vitesse de la nanoseconde, des centaines de milliers de transactions irriguent en continu les plate formes boursières dispersées sur toute la planète. Or cette équation "très grands volumes" et "très grande vitesse" produit de l’invisibilité sur les marchés ; une invisibilité telle que les régulateurs en charge de la police des marchés sont devenus quasi aveugles. Le THF n’est pas qu’un outil ; ou plus précisément, comme tous les outils, il n’est pas neutre. Comme toute technique, quelle qu’en soit l’utilisation bonne ou mauvaise, elle transforme profondément tant l’architecture que le fonctionnement des marchés financier contemporains. Les très grandes banques et les fonds spéculatifs, qui sont les acteurs centraux du "THF", expliquent que cette technique est utile et saine. On ne peut que douter, me semble t-il, de l’utilité sociale de cet outil, mais c’est un débat macro-économique hors de mon coeur de sujet. En revanche, le "THF" pose trois séries de problèmes relevant clairement de la sécurité nationale. Et ces trois questionnements ne sont jamais exposés. D’abord, l’outil du "THF" ne peut que développer les fraudes financières à grande échelle : leur invisibilité matérielle et intellectuelle risque en effet d’être un encouragement permanent aux mauvaises pratiques et pour les mauvais acteurs. Ensuite, pour sortir du cadre pénal, on peut s’interroger sur l’économie même de cette technique : n’a-t-on pas légalisé le délit d’initié, encouragé la concurrence déloyale et institutionnalisé la spéculation criminelle ? Enfin, on sait que les marchés financiers fonctionnant avec le "THF" subissent des tensions constantes ; déjà, des effondrements se produisent régulièrement : parviendra-t-on à contenir les suivants ? 
      ...Les Etats ne parviennent à capter que moins de 1% de l’argent sale. Pourquoi ne le dit-on pas ? Pourquoi une telle omerta ? J’essaye de détailler les causes profondes, structurelles, de cet échec, au delà des petites explications ponctuelles et techniciennes que l’on nous assène en général. Il y a me semble t-il trois raisons majeures que je ne vais ici qu’effleurer. L’une est temporelle et historique  : ce combat est très récent ; il n’a vraiment pris une certaine consistance que depuis la fin des années 1990. La deuxième est plus géopolitique : l’existence de dizaines d’Etats pirates à travers le monde, de type paradis fiscaux et bancaires, qui constituent autant de trous noirs permanents dans la raquette de la régulation et du contrôle. Enfin, il y a une causalité relevant du droit : nous autorisons ou laissons se développer les instruments juridico financiers d’opacification et d’anonymisation de la propriété du capital que sont par exemple les trusts et autres fiducies....."   [Diploweb]
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On retiendra: - L'étude de Jean de Gaillard sur la finance prédatrice.
                       -La régulation financière en question
__ Déni et aveuglement (parfois complicité) sont les  attitudes générales des agents dits régulateurs ou politiques en charge de veiller à cette économie particulière, souvent souterraine, le plus souvent opaque, parfois mafieuse, jouant contre l'économie réelle,  qu'elle devrait servir. 
        Franklin Delano Roosevelt aurait-il eu la même mansuétude vis à vis du gouvernement des banques, dont le pouvoir a été à peine écorné? Roosevelt qui disait publiquement: "...Nous avons dû lutter contre les vieux ennemis de la paix – le monopole industriel et financier, la spéculation, la banque véreuse, l’antagonisme de classe, l’esprit de clan, le profiteur de guerre. Ils avaient commencé à considérer le gouvernement des États-Unis comme un simple appendice à leurs affaires privées. Nous savons maintenant qu’il est tout aussi dangereux d’être gouverné par l’argent organisé que par le crime organisé. Jamais dans toute notre histoire ces forces n’ont été aussi unies contre un candidat qu’elles ne le sont aujourd’hui. Elles sont unanimes dans leur haine pour moi – et leur haine me fait plaisir. Je peux dire que lors de mon premier mandat ces forces menées par l’égoïsme et la soif du pouvoir ont trouvé un adversaire à leur hauteur. J’aimerais pouvoir dire à l’issue de mon deuxième mandat qu’ils ont trouvé leur maître..."
__Les banques, ayant tant reçu des Etats, ne disent même pas merci, les ingrates!
         Elles continuent même à spéculer en douce, comme la plus importante de toutes, qui donne l'exemple, en toute légalitéGoldman Sachs Elles ne risquent pas trop d'être inquiétées: on a tant besoin d'elles! Too big to fail and to jail...Elles ne souhaitent qu'une chose: qu'on continue à les laisser faire.
                     Comme le remarquait, outré, un ancien directeur de la Banque Mondiale: 
                  "Les banques sauvées grâce à l'argent public se retournent vers ceux qui les ont sauvées en disant: payez vos dettes! Leur arrogance est inacceptable " (J Stiglitz)
     Ou, comme disait son célèbre compatriote:
                   « Le gouvernement devrait créer, émettre et favoriser la circulation des monnaies et des crédits nécessaires à la satisfaction du besoin de dépense du gouvernement et du besoin d’achat des consommateurs.L’adoption de ces principes doit permettre aux contribuables d’économiser le paiement d’un gros volume d’intérêts. L’argent cessera de gouverner et se mettra au service de l’humanité. » (AbrahamLincoln)

___Mafias et finance noire.
                 La puissance de certaines mafias ne cesse de croître.
    Ce n'est pas la crise pour elles...
                                                          ...et la finance noire
 Il n'y a pas que la mafia corse ou la mafia calabraise , d'une autre ampleur.
        Profitant de la faiblesse de certains Etats ou y faisant de l'entrisme, on connaît leur poids en Italie et leurs prolongements en Europe et ailleurs.
Beaucoup ont une dimension internationale, une organisation géopolitique.
     Il existe une internationale des mafias, aux ramifications financières, présentes dans de nombreux secteurs. 
                   C'est la face obscure de la mondialisation
________________________________La mafia ne se réduit pas à l'image classique du Parrain. Elle a une histoire déjà ancienne, connaît des aspects divers et des formes d'action variées. Sa dimension internationale et ses liaisons dangereuses avec l'économie et la politique, pas seulement en Italie, sont généralement moins connues, du fait de ses zônes grises
     On a pu parler de capitalisme criminel.
Le trafic de drogues, gangrénant des Etats, n'est pas la seule activité de la pieuvre.
__Il existe une véritable géopolitique du crime organisé. Elle s'organise "en fonction de la conjoncture, on va les voir se livrer au trafic de drogues, d’armes, d’êtres humains, investir dans la contrefaçon ou les paris sportifs, etc. En ce sens, il existe une certaine similitude avec l’esprit d’entreprise, à la différence près qu’il s’agit là d’entreprises criminelles ! Deuxième particularité pour bien comprendre leur logique et leur puissance : toutes ont une dimension territoriale très forte. Territoire étant ici entendu comme réalité physique (rue, quartier, région, pays…), mais aussi espaces immatériels (marchés financiers, cyberespace, etc.), fluides, opaques, transnationaux, qui se prêtent parfaitement aux activités criminelles. Tous ces territoires ne doivent pas être appréhendés comme limite ou enfermement, mais plutôt comme étant une base forte de déploiement à partir de laquelle, depuis la fin de la guerre froide, ces entités arrivent à s’étendre, créer de nouvelles colonies, de nouveaux espaces d’activités à travers la planète entière. Le racket constitue un marqueur très net de ce lien entre organisation criminelle et territoire. Cet impôt illégal signe le pouvoir territorial. Invoquer à son sujet une "protection" est faux à 99 %, ce n’est là qu’un habillage sémantique et idéologique.
Polycriminelles, solidement territorialisées, ces grandes organisations, en particulier les mafias, sont aussi insubmersibles. Leur capacité à survivre et à s’adapter est impressionnante. Elles peuvent ainsi passer d’un monde rural à un monde urbain, d’une économie agraire à une économie industrialisée, d’un régime autoritaire à un régime démocratique, le tout sans aucun problème majeur. Elles résistent parfaitement à la répression, voire l’utilisent pour se renforcer..."
                      __Il arrive même que, favorisées par la crise, elles infiltrent les banques et volent à leur secours,  jouant aux  pompiers mafieux.
                                                                   _La question des mafias s’intègre dans un ensemble plus vaste : celui de la mondialisation et de la libéralisation de la sphère financière. C’est en effet dans un gigantesque partenariat avec les pouvoirs politiques et les multinationales de la finance et des affaires que le crime organisé se joue de la légalité des Etats.
    Une fraction de ses gigantesques profits aboutit sur les comptes d’établissements domiciliés dans les paradis fiscaux, créés pour favoriser l’anonymat des opérations d’une clientèle « honnête » avide de discrétion. Là, tandis que dans leurs pays respectifs chefs d’Etat et ministres rivalisent pour imposer à leurs peuples des mesures d’austérité, se mêlent argent sale et capitaux « propres » des multinationales et des « évadés fiscaux ». Avec, de temps à autre, des déclarations tonitruantes pour donner l’impression de lutter contre un phénomène que les gouvernements, s’ils en avaient véritablement l’intention, pourraient mettre hors d’état de nuire.
     En effet, ces havres du secret bancaire ne nichent pas que dans des lieux « exotiques », tels que Singapour, le Liberia ou le Panamá : à côté de ceux situés au Liechtenstein, à Monaco ou en Suisse, l’Union européenne possède les siens, depuis l’Autriche et le Luxembourg jusqu’aux centres offshore de la Couronne britannique, dans les îles Vierges, Caïmans, Jersey et Guernesey. Sans parler des trois Etats américains qui abritent plus de sept cent mille sociétés offshore : le Delaware, le Wyoming et le Nevada..."
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Peut on lutter contre la mafia ?
*Roberto Saviano : « l’argent de la drogue sauve les banques de la faillite »
Roberto Saviano : « C'est 'argent de la drogue qui sauve les banques »(2)
*Elizabeth Warren, sénatrice américaine du Massachusetts pose des questions simples à propos des banques qui ont blanchi de l’argent de la drogue pour des 100aines de millions de dollars 
Les barons de la banque et de la drogue ___________________