Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête séparer les banques. Trier par date Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête séparer les banques. Trier par date Afficher tous les articles

lundi 18 février 2013

Séparer les banques

 Les banques, encore... 

 «Mon véritable adversaire n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti. Il ne présentera jamais sa candidature. Il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance.» 
«Je séparerai les activités des banques qui sont utiles à l’investissement et à l’emploi de leurs opérations spéculatives. J’interdirai aux banques françaises d’exercer dans les paradis fiscaux. Il sera mis fin aux produits financiers toxiques qui enrichissent les spéculateurs et menacent l’économie […].» (Le candidat) 
___ « J'ai fait quelques erreurs, bien qu’elles ne soient celles pour lesquelles on m’a le plus largement critiqué, [... comme] avoir signé la loi abrogeant la loi Glass-Steagall Act, la loi des années 1930 imposant [la scission des banques] dans des institutions distinctes. » (Bill Clinton, Back to Work, 2011)
_______ « La loi garantit l’essentiel de ce que voulaient les banques. » [François Chaulet, gérant de fonds chez Montségur Finance, 28 novembre 2012, Les Echos]

__________________________ L'union bancaire a failli exister...
 Elle, qui était supposée contrer la suprématie des grands groupes bancaires en protégeant les épargnants, où la spéculation non productive joue un rôle majeur, n'est pas à la hauteur, loin de là...
Demain, peut-être, prendra-t-elle une forme plus crédible, sous le contrôle concerté des Etats asservis aux puissances financières. Mais il faudra sans doute d'autres crises pour forcer la main aux politiques.
__Face au projet de réforme bancaire dont on parle tant, faute de vouloir changer les choses, les banques n'ont  même pas mal!
La loi bancaire est une réforme minuscule, une coquille vide, comme on le savait.
Elle ne fait pas ce qu'elle prétend être.
Et pourtant,  scinder les banques est une priorité, réclamée même par certains libéraux. (1)
_______Selon  Finance watch, qui comporte nombre transfuges rebelles de la finance, "le projet de loi de séparation et de régulation des activités bancaires est essentiel. Son ambition, comme l’a fort bien exprimé le ministre de l’économie et des finances, est en effet rien moins que de remettre la finance au service de l’économie et non au service d’elle-même, de réformer profondément le secteur, de faire référence en Europe, de refondre notre paysage financier, sans prendre prétexte du poids de la finance et de la complexité de ses enjeux pour nous accommoder de ses défaillances, et de protéger les dépôts des épargnants, mais aussi les contribuables.
Avec de tels objectifs, Finance Watch ne pouvait qu’accueillir avec enthousiasme ce projet de réforme. Pourtant, après analyse détaillée, nous estimons que ce texte, qui s’intitule « loi de séparation », ne sépare rien. Il prétend offrir une protection aux contribuables et aux déposants, mais les protège insuffisamment. Il affirme séparer ou interdire certaines activités, mais sur trois points sur lesquels je reviendrai, ne les sépare pas ou ne les interdit pas vraiment. Enfin, ce texte, qui se veut précurseur en Europe, est en fait en deçà de ce qui se fait ailleurs.
Le projet
Avant d’étayer ces affirmations, je souhaite mettre en exergue deux chiffres qui me paraissent essentiels pour comprendre le paysage bancaire français. Tout d’abord, le total cumulé du bilan des banques françaises représente 8 000 milliards d’euros, soit 400 % du PIB de la France. À titre de comparaison, la proportion est d’à peine 80 % pour les banques américaines. Cela signifie que le poids relatif du secteur bancaire est cinq fois plus grand en France qu’aux États-Unis.
Bien sûr, une partie de cette disproportion peut s’expliquer par d’importantes différences comptables entre les deux systèmes ou par des facteurs liés au mode de financement des entreprises. Pour autant, elle traduit le poids du secteur bancaire dans l’économie française. Or, comme le dit Mervyn King, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, « les banques croissent à l’international, mais elles reviennent toujours chez elles pour mourir ».
Deuxième chiffre qu’il faut avoir à l’esprit : sur ces 8 000 milliards d’euros, 10 % représentent les prêts réalisés par les banques françaises aux entreprises, tandis que le prêt aux particuliers représente environ 12 % de leurs engagements. L’économie réelle bénéficie donc de 22 % du bilan des banques françaises, et une grande partie du débat d’aujourd’hui consistera à se demander ce qu’il faut faire des 78 % restants. Certes, une partie de cet argent a une réelle utilité pour l’économie, mais ce n’est peut-être pas le cas de la totalité."
_____Vraiment, des micromesures... 
______________________________________
- Pour sauver le système financier? Cassons les banques!
- La non-séparation des activités bancaires
-Merci pour les banquiers !
-Qui paie pour les banques sauvées? 
- L’aveux d’un Bankster
.

mercredi 19 janvier 2011

Banques sous tutelle?

Contrôler les banques

Depuis les années 1990, quelques dizaines de banques ont conquis le vrai pouvoir de régulation monétaire : ce sont elles désormais qui dictent effectivement l’évolution des taux d’intérêt, et non plus les banques centrales. En raison de leur petit nombre d’une part et de leurs profits financiers considérables d’autre part, nous défendons l’idée que ces banques forment aujourd’hui un oligopole particulièrement puissant à l’échelle internationale. Reléguant les banques centrales au second plan, c’est-à-dire les cantonnant à de simples pourvoyeuses de la liquidité dont il a besoin, cet oligopole est le véritable régulateur des marchés monétaires et financiers mondiaux. C’est lui qui est le maître d’ouvrage du mur de l’argent qui se bâtit sous nos yeux.Cet oligopole n’est évidemment soumis ni à un contrôle politique, ni a fortiori à un contrôle démocratique. Tout juste est-il contraint par des règlements prudentiels de portée limitée et élaborés pragmatiquement a posteriori, ou encore par des normes issues d’une autorégulation professionnelle, une fois que les difficultés ou les catastrophes ont été malheureusement constatées..."(Attac)
_______________

___Des règles et des principes existent. Mais leur trop grande généralité et le manque d'une instance régulatrice fait le plus souvent défaut ou manque d'impartialité, de pouvoir d'action et de sanction.
_En France, des outils de contrôle sont disponibles, apparemment efficaces en régime normal, mais qu'en est-il en période d'échanges planétaires constants,d'euphorie financière, de fabrication illimitée de produits financiers sophistiqués parfois obscurs, de dérives spéculatives subies ou provoquées?
_L'affaire Kerviel a montré comment un système pouvait se laisser emporter par les pires pratiques financières, jusqu'à se mettre en danger.
_Un contrôle bancaire digne de ce nom et efficace ne peut être strictement technique
car on vu comment on pouvait "s'arranger avec les comptes" , avec le complicité d'autres banques et des agences de notation, à la fois juges et parties.
Le cas de la Fed est exemplaire, qui a couvert maintes dérives.
"Quand les crises financières sont des crises strictement boursières, elles peuvent avoir des conséquences mais celles-ci sont assez vite absorbées par le système. Mais quand les crises financières débouchent sur des crises bancaires, elles deviennent graves, voire très graves. Si la crise des années trente a commencé par une crise boursière, c’était d’abord une crise bancaire imputable à une erreur de politique monétaire de la Banque fédérale de réserve américaine qui n’a pas refinancé les banques alors qu’elles en avaient besoin pour faire face aux demandes de retraits. C’est alors que la crise bancaire s’est enclenchée et c’est devenu une catastrophe mondiale. Si la crise des subprimes suscite un peu plus d’inquiétude que les précédentes, c’est parce que, avant d’être une crise boursière, c’est une crise bancaire dont les conséquences pourraient être, outre des faillites bancaires, le resserrement du crédit par les banques, c’est-à-dire, d’une certaine manière, l’assèchement du financement du système productif et des difficultés pour ceux qui ont beaucoup emprunté et comptent sur le renouvellement de leurs emprunts pour vivre..."

__Comme on a pu le voir, le pouvoir des banques peut être redoutable, surtout quand elles sont assez grosses pour pouvoir espérer un renflouement public en cas de malheur (too big to fall).(-1-)
L'ampleur du danger, qui est loin d'être circonscrit, est tel que maintes voix s'élèvent pour réclamer plus que des contrôles souvent formels et insuffisants, voire impossibles, mais une mise sous tutelle des organismes bancaires, surtout de dépôts, pour les remettre sur les rails et leur imposer des pratiques conformes à l'intérêt général.
_______________Comme Susan George, qui prône une mise sous tutelle des banques , une tutelle non pas médiatique, mais réelle, ce qui ne signifie pas pour elle une nationalisation au sens strict.
"...Goldman SachsEt d'autres (qui ont fait dans la démesure, la plus totale opacité et l'absence absoluede contrôle, parfois politiquement appuyés, encouragsé par la Fed)... Ce marché est colossal. C'est 600 000 milliards par an. L'investissement va dans les produits financiers sans passer par l'économie réelle. Il faut instaurer une loi Glass-Steagall[adoptée aux Etats-Unis après la crise de 1929, ndlr] pour les banques, pour séparer les activités de crédit et d'investissement.Dans un pays, on peut aussi dire aux banques : « Vous allez prêter en priorité aux PME-PMI, surtout celles qui ont un projet écologique ou social. » C'est un contrôle du crédit, dans le sens où il y aurait des bénéficiaires prioritaires ; mais on ne va pas nationaliser toute l'économie..."
______Arnaud Montebourg pointe aussi la passivité des institutions, qui prépare objectivement de nouvelles crises

"Maintenant ce sont les institutions publiques qui sont attaquées par le système bancaire qu’on a renfloué avec l’argent des contribuables. Nous avons un paradoxe. Sur le plan structurel, nous avons fait des progrès vers le féféralisme, ce qui est un bien. Mais sur le plan de la régulation des marchés, nous faisons une politique de sur-place depuis deux ans. Toutes les déclarations dans les G20, les déclarations européennes de transformation du système financier sont restées lettre morte. Il n’y a pas eu une seule mesure prise..."
______F.Lordon va plus loin, jugeant la crise financière non réglée et la situation gravissime. Il y a nécessité de saisir les banques , pour arrêter leur pouvoir intrinsèque de nuisance et leur imposer une régulation publique.
"La faillite technique des banques a au moins un effet intéressant : elle permet de leur mettre la main dessus. Et à pas cher en plus. Les arguments de principe pour une recommunalisation du système du crédit abondent ; la situation de faillite leur offre leurs conditions de réalisation – et même de réalisation modique. Car si la nationalisation intégrale est la première étape du processus de recommunalisation du bien commun bancaire, avant la mutation ultérieure en système socialisé du crédit , la situation critique de la faillite générale offre la possibilité d’opérer cette nationalisation par simple saisie.__A l’inverse des pratiques ordinaires du redressement des entreprises en difficulté, il n’y a pas de solution privée à l’effondrement global des institutions bancaires qui condamne dès lors irrémédiablement leurs actionnaires à la vitrification. Le sauvetage public, quelle qu’en soit la modalité, n’a donc aucun compte à tenir de cette population spéciale qu’on peut d’ores et déjà tenir pour annihilée, conformément d’ailleurs à l’esprit même du capitalisme des sociétés par actions : les apports en fonds propres ne sont pas récupérables et les actionnaires n’acquièrent leur part de propriété (et les droits afférents aux dividendes) qu’en contrepartie d’accepter une perte définitive en cas de faillite – nous y sommes. Saisir les banques faillies n’a donc aucun caractère d’attentat à la propriété puisque la propriété a été anéantie par la faillite même, la faillite étant de ce point de vue l’équivalent capitaliste de la bombe à neutrons qui tue les droits de propriété en laissant intacts les bâtiments, les équipements et même, quoique pendant un temps relativement court, les humains salariés capables de les faire marcher. C’est tout cela qu’il faut récupérer..."

jeudi 19 novembre 2009

Banques et banquiers (suite)


Du nouveau? Non...

Rien n'a changé

-"Les banques peuvent dormir tranquilles: le gouvernement est prêt à continuer à leur accorder une garantie illimitée sans contrepartie" (M.O)

-Un Prix Nobel critique les banques américaines : "« Nous n'avons rien fait de significatif jusqu'à présent et les banques repoussent les actions..."( M. Stiglitz)
_____________________________

-Eric Laurent explore la face cachée des banques - AgoraVox:
"Ce livre nous emmène dans les coulisses des établissements financiers et nous brosse le portraits des maîtres de l’Amérique, une poignée d’hommes déterminés qui traversent le temps au rythme des crises et des élections et dans les mains desquels mangent les politiques -et notamment les démocrates - avec une aisance déconcertante.
Ce n’est pas un livre sur la crise, mais sur les banques qui ont traité la crise. « Chaque fois qu’il y a une crise, souligne Eric Laurent que j’interviewe ci-dessous pour Les RDV de l’Agora, des livres qui éclosent et l’on se demande pourquoi la plupart des auteurs n’ont pas publié ces ouvrages avant la crise pour l’annoncer puisqu’ils ont des jugements tellement lucides et péremptoires a posteriori ».
Nous avions interviewé il y a quelques mois Jean Montaldo pour sa Lettre ouverte aux bandits de la finance. La face cachée des banques est lui aussi un outil indispensable pour comprendre les mécanismes financiers.
Cette enquête a demandé huit mois de travail à Eric Laurent. Huit mois à rencontrer des financiers et hommes politiques qui souvent, lorsqu’ils veulent bien répondre, exigent l’anonymat le plus complet. Face à ce livre sorti à la fin du mois d’octobre, la presse reste « inerte et passive », selon les propres mots d’Eric Laurent. Il y a plusieurs raisons à cela, m’explique l’auteur que j’interviewe ci-dessous : « D’abord parce que c’est un sujet compliqué à traiter pour les journalistes. Ces derniers fonctionnent dans l’immédiateté absolue, donc on leur a vendu l’idée que la crise était en voie de Résorption, donc il y a moins d’exigence ou d’obligation d’en parler.
Et puis je crois que pour beaucoup de journalistes aujourd’hui il y a une totale inculture qui fait que c’est un sujet trop barbare. Enfin il y a une une quatrième raison aujourd’hui c’est que l’information circule de plus en plus mal ».
Les banques ont pourtant provoqué une crise d’une ampleur considérable, comparable au
séisme de 1929. Les citoyens du monde entier en payent encore chaque jour les conséquences. La crise de 2008 a commencé sous l’ère Clinton, lorsque ce président supprime d’un trait de plume le Glass Steagall Act, disposition prise sous le gouvernement Roosevelt et destinée notamment à séparer pour les banques les activités de dépôt et de d’investissement.
Aujourd’hui, de rares économistes, comme Frédéric Lordon, demandent qu’on instaure à nouveau cet outil indispensable de régulation.
Depuis, l’influence de la finance sur l’administration américaine est allée grandissante. Le point culminant étant atteint lors de la dernière année du mandat de Georges Bush pendant laquelle la maîtrise de la Maison blanche lui appartenait moins qu’à un certain Henry Paulson...(O.Bailly)

-La loi de Wall Street:__________"Ignorant avec superbe l'ampleur des difficultés dans lesquelles le monde est plongé, Wall Street et la City de Londres renouent avec la fête et les pires habitudes. Et, pratiquement comme toujours, Goldman Sachs donne le ton. Depuis de longues années, les dirigeants de cette banque symbolisent les liens fusionnels existant entre l'univers de la finance et l'exécutif américain. L'un des prédécesseurs de [Henry] Paulson [NDLR : secrétaire d'Etat au Trésor de Georges W. Bush, l'équivalent du ministre des Finances] à la tête de cette firme, Robert Rubin, fut le très influent ministre des Finances de Bill Clinton. [...](OB)___l'interview d'Eric Laurent-:
"En janvier 2009, au moment de quitter la scène politique, Paulson pouvait se montrer rassuré : l'influence de Wall Street demeurait intacte au sein de la nouvelle administration et les hommes choisis par Barack Obama pour l'épauler dans les domaines économique et financier étaient les symboles de la continuité : Tim Geithner, ancien patron de la Fed de New York, associé à Paulson dans la gestion de la crise, et Lawrence Summers, ancien ministre des Finances de Bill Clinton, consultant chez Goldman Sachs, qui dirigeait jusqu'à l'élection présidentielle de novembre le puissant fonds spéculatif Shaw. [...] Il sera nommé par Barack Obama au poste clef de chef du Conseil économique de la Maison-Blanche. Summers possède une longue habitude des allées du pouvoir. Grâce à lui, l'amendement Glass-Steagall qui encadre les banques a disparu du paysage politique. C'est un homme de petite taille, au physique enveloppé et au regard glacial, réputé pour ses colères et son ton méprisant. [...] Il était l'ami de Paulson, qui lui avait demandé de siéger également comme conseiller à la direction de Goldman, et [...] Tim Geithner avait travaillé sous ses ordres durant les années Clinton. Summers est un véritable apôtre de la dérégulation et un défenseur des causes ultralibérales. Barack Obama hérite d'une crise si grave qu'elle exige des hommes qui en connaissent chaque rouage. Summers est un des rares à remplir ces conditions, même s'il fait penser à un pyromane brusquement reconverti en pompier. [...]
Le plan Geithner prévoyait de débloquer jusqu'à 1 000 milliards de dollars pour racheter les actifs toxiques détenus par les établissements financiers. Le prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz, ancien économiste en chef de la Banque mondiale, en démonta avec une précision toute chirurgicale les mécanismes et démontra qu'il s'agissait d'un marché de dupes. "[Le plan] est bien pire que la nationalisation. C'est un ersatz du capitalisme, la privatisation des bénéfices et l'étatisation des pertes. C'est un partenariat dans lequel l'une des parties vole l'autre [...]. Alors, quels sont les avantages d'un plan comme celui-ci ? Sans doute est-ce le genre de dispositif qu'adore Wall Street : astucieux, complexe, opaque, autorisant d'énormes transferts de richesses vers les marchés financiers......"

-Faut-il brûler les banquiers ? - AgoraVox
- Où sont cachés les secrets de la finance ?
-La régulation financière joue l'arlésienne - AgoraVox
-Nouvelles subprimes: on efface tout, et on recommence!
-The Money Masters
-Ecureuil: les alertes de la Commission bancaire que personne n'a voulu entendre :"... les Caisses d'épargne, comme nous l'avons vu au cours de notre épisode précédent, ont perdu 751 millions d'euros en octobre 2008 non pas du fait d'un malencontreux « incident de marché » mais du fait d'une cascade de dysfonctionnements ? Le plus étrange dans notre histoire, c'est que le gendarme a précisément fait son office. Il a sifflé les infractions à chaque fois qu'il a vu la banque en commettre. Mais cela s'est passé comme cela se passe si souvent en France – à la différence du système américain – de manière discrète, sans qu'il en soit fait la moindre publicité.Cette histoire des relations entre les Caisses d'épargne et la Commission bancaire, à la fois secrètes et tumultueuses, nous avons essayé de la reconstituer. Pour chercher à comprendre ce paradoxe : pourquoi cette perte des 751 millions d'euros est-elle survenue précisément dans l'une des banques les plus contrôlées en France, placée presque continûment sous surveillance depuis plusieurs années ? Lourde question qu'il est évidemment important de cerner pour essayer de comprendre certaines des caractéristiques françaises de la crise financière..."
-Etats-Unis : pourquoi les banquiers se font casser partout
-Comment Dexia et les autres ont intoxiqué les collectivités locales
-AIG : l’assureur qui n’assurait pas
_______________________________
- Banques: hold-up sur l'Europe
- Banques choyées

mardi 30 septembre 2008

Fin d'un certain capitalisme ?

De nouvelles règles s'imposent
Lesquelles? Qui va les imposer?
Quelle instance pourra réguler le redoutable pouvoir des banques ?

-"Face à une finance globale qui s'est libérée des contraintes, il faut rétablir un contre-pouvoir global à travers un nouveau système de régulation, à légitimité incontestable.Dans ce système, la transparence et l'information financière devront être considérées comme une exigence publique mondiale." (LJ-FM)________

-"Les opérations en cours dans divers pays capitalistes n’ont rien à voir avec ce que l’on pourrait appeler des nationalisations : non seulement il n’est pas question de remettre à la collectivité les pôles les plus forts de l’économie, mais bien au contraire, on demande à la collectivité de mettre la main au portefeuille pour fournir des béquilles à un système bancaire et financier affaibli par la logique même de leur fonctionnement naturel ; de lui donner, en somme, un souffle nouveau pour pouvoir reprendre le cours de son règne sans partage sur le monde et sur la vie des plus humbles.Loin de donner à un secteur public développé les moyens sur lesquels le capital assoit sa domination, il s’agit de donner au capital les moyens de la poursuivre. Ce n’est pas à la nationalisation des banques que l’on assiste, mais à la privatisation des fonds publics..." (Laurent Lévy)________________________________

-Pour le président du MoDem, «il ne peut y avoir de réponse solide et structurée qu'au moins dans le cadre européen des pays qui partagent entre eux la même monnaie. Tant qu'on ne fait pas ça, on est dans l'apparence»._______________________

-"Nicolas Sarkozy saisit l'occasion de la tourmente financière pour renoncer à tous ses engagements de campagne. Et voilà que s'ajoute l'appel à l'unité nationale, comme pour gommer l'existence d'un clivage politique en matière économique.L'opposition ne peut servir de roue de secours à une majorité qui, avec le paquet fiscal, la déréglementation du droit du travail et des choix budgétaires erronés, a mis le pays en situation de vulnérabilité par rapport à la crise, dégradé sa compétitivité, déséquilibré ses finances publiques au point de le condamner à l'impuissance.A la différence de l'Espagne, de l'Allemagne et d'autres pays européens qui disposent de réserves pour agir, la France est immobile. Son seul pouvoir est celui de la parole du président. Or, on n'a jamais vu des mots éteindre des incendies... (F.H.)________

Est-ce la fin du capitalisme financier de type anglo-saxon ?

"...La crise actuelle signe la faillite d'un capitalisme financier de spéculation et de prédation préjudiciable à la société. Les pays d'Europe qui se sont le mieux coulés dans les règles de ce capitalisme financier - l'Irlande et l'Espagne - sont ceux qui souffrent le plus.Les banques centrales et les autorités de tutelle ont laissé faire. Jean-Claude Trichet, président de la BCE, ne pouvait ignorer les achats massifs des banques sur des titres risqués sur des marchés de gré à gré opaques et non régulés.
Ce capitalisme-là va devoir être réformé en profondeur. De nouvelles règles vont devoir être instaurées. .. Puisque le mouvement de nationalisation des banques est lancé, pourquoi ne pas constituer des pôles publics de développement, pays par pays, pour financer des projets qui étayent une croissance à long terme ? Rien n'empêche non plus une coordination au sein de l'Union européenne....

Il est essentiel de réintégrer, dans le champ de la réglementation et du contrôle, les activités de crédit effectuées par des organismes non bancaires, car ce sont ces fonds spéculatifs non régulés qui sont à l'origine des crises financières récentes.Il faut imposer une obligation de transparence sur les produits financiers et sur le niveau des fonds spéculatifs détenus par les banques.Il faut enfin, comme c'était le cas autrefois, séparer les activités de banques de marché de celles des banques commerciales.La titrisation, c'est-à-dire la possibilité laissée à un créancier de se défaire de la totalité de sa créance, entraîne une forme d'irresponsabilité. Les fonds spéculatifs ont prêté sans tenir compte du risque sachant qu'ils arriveraient à se défausser de ce risque sur un tiers. Pour éviter cette dissémination du risque, il faut, d'une part, appliquer les règles définies dans les accords de Bâle II de la Banque des règlements internationaux en réintégrant la titrisation dans le bilan des banques et, surtout, obliger le premier créancier a conservé pour lui-même 30 % à 40 % du risque sur le prêt initial. Tout organisme autorisé à prêter serait ainsi obligé d'évaluer son risque comme un banquier doit le faire...."

-Toute l'actualité avec Libération:crise financière
-Quand la faillite américaine devient aussi une faillite politique
-Nouriel Roubini : retour du risque systémique
-Krach flow | AgoraVox
-Crise financière ou agonie du capitalisme ? | AgoraVox
-Les sanglots longs des violons libéraux... | AgoraVox
- Nicolas Sarkozy : Discours de Toulon
-Dedefensa.org : Le désordre et la Chambre
-----------------------------------------------------------
-LUNDI NOIR ?
-l' Etat dépollue
-Une privatisation des fonds publics

mercredi 19 décembre 2012

Union bancaire: vraiment?

 L'union bancaire: progrès ou slogan?
_________________________________"Un slogan politique qui rassure...
Espérer mettre en place une union bancaire sur des structures hétérogènes est un emplâtre sur une jambe de bois."
__Cette initiative, bricolée à la hâte, apparaît à première vue comme une bonne nouvelle, mais on voit vite que l'on a affaire à une  solution décaféinée, comme le signale le journal El Pais, une mesure vouée à l'inaction.
"... En raison des manques révélés par la crise de la zone euro, l'UE essaye d'évoluer vers un modèle fédéral. Mais elle le fait sans prendre en compte la nécessité absolue de faire participer les citoyens européens au processus. Sa politique est même conçue spécifiquement pour éviter d'avoir à les consulter. La voie choisie pour créer une union bancaire met au grand jour cette erreur de conception au coeur du projet européen aujourd'hui. Il est difficile d'être optimiste quant au succès d'une initiative qui repose sur des bases juridiques aussi fragiles et qui manque de légitimité démocratique..."
___  Il semble bien que l'on ait affaire à un compromis berlinois:"Les Européens ne se sont entendus que sur le plus facile : la supervision. À l’avenir, c’est la BCE qui aura pour mission de contrôler le système bancaire européen. Et encore ! La Grande-Bretagne, la Suède et la République tchèque ont déjà prévenu qu’elles ne participeraient pas à ce mécanisme européen de contrôle. Les grandes banques de la City sont donc déjà hors contrôle.
La deuxième entorse porte sur le nombre des établissements contrôlés. Tandis que la France souhaitait un contrôle de la BCE sur l’ensemble du système bancaire européen, l’Allemagne s’opposait à ce que la banque centrale européenne contrôle ses banques régionales et ses caisses d’épargne, pivots du système politique allemand..".
Donc cet accord boiteux semble bien ajusté aux exigences allemandes, une victoire pour la Käntzlerin, au coeur des contradictions européennes. Le jeu des banques allemandes apparaît très équivoque, elles qui sont toujours très exposées et fragiles.
  La logique de rentabilité des banques n'est pas remise en cause.
A quand un réelle séparation des fonctions bancaires (*), après le hold-up sur l'Europe?
En France, les promesses ne sont pas tenues, la réforme bancaire est vidée de tout contenu:.
"... Tous les projets discutés dans la plupart des pays occidentaux pour mieux contrôler les banques, pour séparer les banques de dépôts et les banques d’investissement, pour mieux circonvenir les risques imposés aux pays, ont été écartés. La banque universelle « à la française », modèle irréprochable victime de la crise plutôt que coupable, comme le disent ses défenseurs, restera intouchée.
« La réforme bancaire touchera à peine 2 % de notre activité », s’est félicité en petit comité Alain Papiasse, responsable de la banque de finances et d’investissement de BNP Paribas. Grand connaisseur du monde bancaire, Christian Nijdam, un des responsables de la société d’analyse indépendante Alphavalue a fait le calcul. « Rapporter à l’ensemble de la banque, cela signifie que la réforme va toucher à peine 0,5 % du produit net bancaire (PNB chiffre d’affaires) global de BNP Paribas. Si le rapport Liikanen avait été appliqué, cela aurait affecté 13 % de son PNB global », explique-t-il.  Autant dire que la réforme bancaire, à ce stade, risque d’être de l’épaisseur du trait..."
La citoyenneté européenne , la grande absente, reste à construire...
_____________________________

(*)_"Le lobbying bancaire essaie d’attirer la discussion dans d’insondables méandres techniques. Mais au-delà de discussions sur des points de détail, la raison fondamentale est de pur principe :

  1. L’activité de la banque de dépôt, d’intérêt général, bénéficie d’une garantie publique ;
  2. L’activité de la banque d’affaires, qui n’est pas d’intérêt général, et qui ne doit pas bénéficier de la garantie publique – pas plus qu’un boulanger ou un garagiste…
Le problème est accentué par le fait que la dernière est souvent une activité spéculative (elle comprend entre autres la fameuse « banque casino »), et peut donc, en cas de difficultés, causer des pertes importantes, voire la faillite de toute la banque. En effet, à banque universelle, faillite universelle.
Il serait donc extrêmement pervers d’accepter un système où une entreprise privée bénéficiant d’une garantie publique pourrait librement exercer des activités très risquées. La situation serait ainsi asymétrique, et ne pourrait que conduire à privatiser les profits quand tout va bien et à nationaliser de grosses pertes en les transférant au contribuable – “pile je gagne, face le contribuable perd.” C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles le législateur américain avait séparé les activités bancaires en 1933, lorsqu’il a justement créé la garantie publique des dépôts.
Il est d’ailleurs surprenant de voir surgir un projet de garantie publique européenne des dépôts sans se soucier de protéger réellement le contribuable en exigeant au préalable la scission des activités à risque. Comment imaginer sérieusement que le contribuable français renfloue Barclays ou Deutsche Bank dans le futur en raison de faillite de la banque casino ? C’est probablement pour cette raison qu’en réalité le projet d’union bancaire n’avance pas.
Logiquement, on note que s’est aussi développé ces dernières années un vif sentiment d’injustice vis-à-vis du système bancaire lorsque les gouvernements ont dû venir en aide sur fonds publics à des banques qui continuaient à verser des rémunérations et bonus exorbitants à leurs dirigeants et traders.
Il convient donc de revenir à une saine scission, les activités garanties par le contribuable d’un côté, les activités purement privées de l’autre.
À ce stade du débat, il ne s’agit même pas de discuter de limitation desdites activités ; la proposition consiste bien à maintenir toutes les activités, mais à les mettre simplement dans des groupes différents. Cela évitera à l’avenir toute “prise d’otage” des banques, qui ne pourront plus exiger que des fonds publics garantissent ou renflouent des pertes privées sur les marchés financiers." (O.Berruyer)
_________________________
- L’accord scandaleux sur la supervision bancaire de la zone euro
- Capitulation bancaire
- Réforme bancaire : le lobbying dans l'appareil de l'Etat
- Quand les avocats d’affaires écrivent les lois

vendredi 17 mai 2019

Où va EDF?

Incertitudes.
                     Pour Jupiter, travail d'Hercule.
                                    A l'heure de profondes remises en question, l'horizon n'est pas clair pour la veille maison, qui se trouve face à des défis de grande ampleur et à des choix majeurs, déterminant pour l'avenir., notamment des investissements massifs.
   ....avec 33 milliards d’euros de dette, il doit investir dans les prochaines années entre 55 et 75 milliards d’euros pour mettre aux normes son parc nucléaire. Sans compter l’interminable chantier du réacteur EPR de Flamanville (Manche) et le financement d’éventuelles nouvelles centrales. 
      Des choix, forcément politiques, s'imposent et on commence à comprendre les grandes lignes de ce qui se prépare, à l'heure où Bruxelles sonne impatiemment l'heure de la privatisation.
   Une privatisation et un démantèlement discutables, mais qui a déjà produit certains effets, notamment avec la multiplication des distributeurs, installant une fausse concurrence.
  Le monde de la distribution est déjà devenu un maquis, qui crée la confusion et le désarroi chez beaucoup de consommateurs, se trouvant acculés parfois à des choix peu clairs ou surfaits.
    Les factures, dont on annonce qu'elles vont bientôt s'élever, deviennent parfois illisibles. Mais n'est-ce pas une pratique habituelle que de brouiller les pistes, quand une certaine concurrence devient une règle imposée.
   ...La direction d’EDF mène actuellement  un lobbying intense auprès du gouvernement sur un sujet technique, mais majeur : la répartition de la rente nucléaire. Un mécanisme complexe appelé Arenh (accès régulé à l’électricité nucléaire historique) impose à EDF de vendre un quart de la production nucléaire à ses concurrents, à un prix fixe. L’objectif de ce dispositif était de favoriser la concurrence et de tempérer la volonté de Bruxelles de découper l’opérateur historique.  ... EDF juge dorénavant que cette régulation tue l’entreprise à petit feu, l’obligeant à vendre à un prix inférieur au marché une part significative de sa production, qui provient de centrales largement amorties. Depuis cinq ans, Jean-Bernard Lévy demande au gouvernement de supprimer ce mécanisme, avec un argument : il empêche EDF de financer correctement ses investissements, alors que l’entreprise p produit la quasi-totalité de l’électricité en France.

           ___  EDF serait-elle menacée de se transformer finalement en Bad bank du nucléaire?
    C'est ce que pense Martine Orange:
               "   ...A l'avenir , EDF ne serait qu'un producteur public d'électricité nucléaire
....Jean-Bernard Lévy risque cependant d’avoir un deuxième mandat beaucoup plus compliqué, même si sa feuille de route a été très allégée. Plus question de « participer à la transition énergétique, d’anticiper les mutations à long terme, de montrer l’exemplarité du groupe en matière d’animation des filières industrielles ; d’être un acteur emblématique du service public », comme le gouvernement précédent le lui avait demandé, lors de sa nomination en 2014.      Le président d’EDF n’a plus qu’une mission, comme le lui a indiqué le gouvernement dès février : préparer une évolution de l’organisation de l’entreprise pour assurer la pérennité et le développement du nucléaire.      Ainsi se confirment nombre de rumeurs, les propos esquissés par Emmanuel Macron et les appréhensions de Nicolas Hulot lors de sa démission en fin août 2018. La transition et la sécurité énergétique, les enjeux climatiques, le service public de l’énergie, tout cela n’est que secondaire. Pour l’Élysée, EDF, c’est le nucléaire, point.    « Emmanuel Macron ne croit pas aux énergies renouvelables. Pour lui, la réponse au réchauffement du climat, la transition énergétique, passe par le nucléaire », confirme un proche du dossier. Mais un nucléaire à la main de l’État, faisant assumer toutes les charges et tous les risques au public et aux consommateurs, en masquant les échecs, les impasses et le coût véritable.    Dès sa reconduction, Jean-Bernard Lévy est prié de s’attaquer au plus vite à cette « grande transformation ». Le lancement officiel de ce projet, nommé Hercule, devait être officialisé lors d’un comité stratégique le 28 mai. Après les élections européennes.       Mais à la grande fureur de l’Élysée, les grandes lignes du projet ont été révélées par le Parisien avant. L’État projette de renationaliser EDF – il détient actuellement 83,67 % du capital – et de scinder le groupe entre la production nucléaire d’un côté et toutes les autres activités de l’autre. La seule solution, selon le gouvernement, pour permettre à EDF, déjà très endetté, de faire face au mur d’investissements qu’il doit affronter dans les années à venir pour maintenir et développer son parc nucléaire.     Normalement, la direction d’EDF a jusqu’en décembre pour présenter son projet. Dans les faits, il est déjà bien avancé. Depuis plusieurs mois, l’Agence de participations de l’État (APE) et la direction d’EDF travaillent à la demande de l’Élysée à ce projet. Aidés par des banques-conseils, dont UBS, ODDO, J.P. Morgan ou Natixis, ils ont conçu un schéma qui ressemble très fort aux idées qui trottaient dans la tête d’Emmanuel Macron quand il était ministre de l’économie.   Celui-ci estimait alors qu’il fallait revoir le statut et l’organisation d’EDF. « Autant le statut de société cotée est une solution pertinente pour se diversifier ou développer le nucléaire à l’international, autant il ne me semble pas optimal pour ce qui concerne le nucléaire en France, compte tenu des contraintes de production, du parc installé, de la régulation. (…) Il serait extrêmement difficile, toutefois, de sortir de ce statut de société cotée. Il faudrait soit trouver énormément d’argent pour racheter toutes les actions, soit rompre le lien entre les activités dans le domaine du nucléaire en France et le reste du groupe », affirmait alors Emmanuel Macron devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale le 22 mars 2016, en soulignant que si cette solution était choisie, elle « impliquerait donc un démantèlement du groupe ».     Heureux hasard ! L’APE et la direction d’EDF aboutissent au même plan que celui défendu par Emmanuel Macron lorsqu’il était à Bercy. C’est bien un schéma de démantèlement que le gouvernement est en train de concocter pour EDF.    Afin de pouvoir renationaliser le nucléaire, EDF serait découpé en plusieurs morceaux. D’un côté,
une structure serait créée, qui détiendrait 100 % du parc nucléaire, les principaux barrages hydrauliques (la liste ne semble pas arrêtée), ainsi que les centrales thermiques d’appoint. En gros, tous les moyens de production d’EDF. Cette structure serait totalement détenue par l’État.   De l’autre, toutes les autres activités d’EDF en aval, comme la distribution (Enedis – ex-ERDF), les énergies renouvelables (EDF EN), les services (Dalkia) seraient placées dans une autre structure dont le capital serait ouvert au privé. Dans quelles proportions ? À ce stade, tout semble encore à calculer.     Car dans un premier temps, cette scission doit permettre de faciliter l’opération de reprise publique du nucléaire. Lors du rachat par l’État, les actionnaires actuels d’EDF, selon les schémas étudiés par les banques-conseils, pourraient soit apporter leurs titres à l’opération et se faire rembourser en numéraire, soit convertir leurs actions du groupe en actions nouvelles de la société regroupant toutes les autres activités du groupe.       Cette solution d’échanges de titres pour des actions nouvelles permettrait de réduire le coût de la renationalisation complète d’EDF. Selon des chiffres qui circulent, l’État espérerait ainsi ramener le prix du rachat de l’électricien public autour de 700 à 800 millions d’euros au lieu de 6 à 8 milliards d’euros. De plus, à l’occasion de la scission, le bilan d’EDF serait « retravaillé », une partie des dettes du groupe – plus de 33 milliards d’euros – étant transférés dans la nouvelle structure.     Enfin, cette cotation pourrait permettre de lever de l’argent et conforter les fonds propres d’EDF, nettement insuffisants par rapport aux engagements pris et à venir de l’entreprise, sans que l’État, qui a déjà dû participer à une augmentation de capital de 3 milliards d’euros en 2017 pour effacer en partie le désastre de la faillite d’Areva, ait besoin de remettre la main à la poche.   Pour l’instant, la direction d’EDF est muette sur les négociations qu’elle a engagées avec l’État. Interrogé sur les projets à venir, le groupe n’a pas répondu à nos questions. Sans information autre que celles qui fuitent dans la presse ou les rumeurs de couloir, les salariés en sont réduits à essayer de comprendre ce qui se trame. Les premières réactions cependant au projet sont largement négatives.     « Ce projet n’a aucun sens industriel. Il conduit à la désintégration du système électrique, sans apporter de réponse à un vrai problème : l’électricité n’est pas soluble dans la concurrence libre et non faussée », assure François Dos Santos, secrétaire CGT du Comité central d’entreprise d’EDF.     « L’avenir d’EDF, c’est avant tout une question de régulation dans l’intérêt du groupe et non de réorganisation dans l’intérêt des banques d’affaires », réagit de son côté Alexandre Grillat, responsable de la CFE-CGC, qui dénonce une « tambouille financière qui réduit l’avenir d’EDF à un Meccano capitalistique ».     « Il n’y a aucun projet industriel et économique derrière ce plan. Ce gouvernement, avec l’aide de l’Europe, ne sait faire qu’une chose : privatiser », ajoute Anne Debregeas, responsable de SUD Énergie. « Ce projet ? Ce n’est qu’un charcutage comptable et financier qui ignore tout des problèmes de l’électricité », renchérit un ancien responsable du groupe.     Même les salariés actionnaires s’énervent. Ils ont adressé plusieurs questions écrites aux administrateurs d’EDF avant l’assemblée générale, en leur demandant comment ils entendaient défendre « l’affectio societatis des salariés, des actionnaires et des consommateurs » dans les opérations à venir et en réclamant que les administrateurs représentant l’État ne puissent pas prendre part ni aux délibérations ni au vote sur l’éventuelle mise sur le marché des filiales d’EDF, afin de prévenir tout conflit d’intérêts.     La désintégration du groupe, séparé entre un amont nationalisé et un aval libéralisé – et sans doute à terme totalement privatisé, redoutent certains –, fait courir un grand risque à EDF, de l’avis de nombreuses personnes, et même plus largement à l’ensemble du système électrique français.    À terme, c’est toute l’organisation actuelle qui disparaît. Plus de distributeur public, disparition programmée des tarifs régulés de l’électricité, soumis alors à la libre concurrence du marché, et peut-être même remise en cause de la péréquation tarifaire qui permet d’offrir un prix équivalent aux consommateurs sur le territoire.    Mais ce sont aussi les contrats individuels et collectifs qui pourraient être remis en cause, en cas de privatisation. Enedis travaille avec des contrats de concession avec les collectivités locales, est garante des installations électriques dans les copropriétés depuis la loi Élan et est propriétaire des compteurs individuels posés dans chaque domicile. Le chambardement juridique paraît immense, voire insurmontable, sans parler des risques financiers qui y sont associés. « Une folie », à entendre ceux qui connaissent le groupe.     « C’est vraiment un projet de banquier d’affaires. Leur intérêt est de tronçonner EDF en morceaux les plus petits possible. Forcément, à chaque opération de découpage, ils touchent leurs commissions. Mais on va mettre en pièces le formidable outil dont nous disposons, à savoir un opérateur d’un service public intégré. En désintégrant EDF, on perd tous les effets de taille critique, la complémentarité des moyens de production, la gestion du réseau », relève un cadre du groupe.      « Séparer la production de la distribution, c’est exactement ce que les responsables politiques avaient juré de ne pas faire. Cela donne des catastrophes comme l’effondrement du réseau électrique en Californie en 2001. Cela a coûté des milliards par la suite », analyse Anne Debregeas. La responsable de SUD Énergie souligne elle aussi les risques de désoptimisation, de rupture du système, qui demande une gestion encore plus fine depuis l’émergence des énergies renouvelables. « On risque d’aboutir à un système complexe, opaque, illisible. C’est dans ces situations que surviennent les accidents et les crises », prévient-elle.     Même si, selon nos informations, certains directeurs d’EDF sont très opposés à ces scissions, l’APE et le gouvernement les jugeraient comme des contreparties indispensables à la nationalisation du nucléaire, pour obtenir l’accord de la Commission européenne. Renationaliser la production nucléaire serait perçu comme une subvention d’État, expliquent-ils. D’autant que le gouvernement ne veut plus privatiser les barrages, comme la Commission européenne l’exige....."
   (Affaire à suivre...)
___________________________

jeudi 9 octobre 2008

Ambivalente monnaie

Une économie d'apprenti sorcier ?______

Pour retrouver le CONFIANCE dans la monnaie et dans le lien social qu'elle implique , pour abolir la VIOLENCE qu'elle manifeste dans un système devenu toxique >Pour une alternative à la spéculation
--------------------------------------------

"Nous, citoyens européens, demandons :
- l’abrogation de l’article 56 du Traité de Lisbonne, qui, interdisant toute restriction à ses mouvements, offre au capital financier les conditions de son emprise écrasante sur la société. Et nous demandons également
- la restriction de la « liberté d’établissement » (art. 48) qui laisse l’opportunité au capital de se rendre là où les conditions lui sont le plus favorables, et permettrait ici aux institutions financières de trouver asile à la City de Londres ou ailleurs."







-La monnaie , entre violence et confiance-. (pdf):
"...Il y a un certain temps déjà
que l’on sait que la monnaie n’est pas une chose. Comme
l’exprimait Marx, elle est un rapport social, et Keynes avait lui
aussi vivement critiqué le fétichisme de l’or en matière
monétaire. Toutefois, Aglietta et Orléan ne se contentent pas de
reprendre cette conclusion. D’abord ils considèrent que la
monnaie a été fondatrice des formes sociales dont nous sommes
les héritiers. Modernité sociale et monnaie seraient
consubstantielles, ou, pour reprendre une phrase de Mauss citée
par les auteurs, la monnaie serait un « fait social total »....
Au début de l’humanitémoderne, le processus mimétique aurait donc tendu, dans un
sursaut de violence, à se polariser sur « une chose » particulière,
laquelle aurait, en quelque sorte, intériorisé la violence dont elle
était issue tout en permettant à l’ensemble de fonctionner de
manière pacifiée. Cette chose serait devenue la forme sociale
généralisée de la richesse, un volcan fondamentalement
constitutif de la société, toujours dangereux et toujours fécond.
On l’aurait appelée la monnaie....

-La monnaie entre violence et confiance Michel Aglietta et André Orléan:

"La monnaie est constitutive du lien social. Elle est à la source de la société marchande, parce que, sans elle, personne n'accepterait de se séparer de ce qui lui appartient contre quelque chose dont il risque de ne pouvoir se défaire. Cet objet produit à la fois de la confiance (puisque chacun l'accepte, je l'accepte, d'où un sentiment d'appartenance sociale) et de la violence (violence mimétique: puisque chacun la désire, je la désire, d'où une lutte potentielle).De ce double aspect dérive la contradiction essentielle: "D'un côté, la confiance collective dans la monnaie est promesse d'harmonie dans les échanges; de l'autre, le pouvoir de l'argent déclenche des crises qui sont des facteurs de désordre dans l'ensemble de l'économie." A la fois bien public et pouvoir privé d'accaparement, la monnaie a besoin d'une régulation publique, garantissant la permanence de l'unité de compte, ce que les auteurs nomment le "principe de garantie", sans bloquer pour autant le fonctionnement de l'économie (le "principe de croissance") et la possibilité pour chacun de participer à l'échange (le "principe de justice")...."

-------------------------------------------------------------

-L’escroquerie monétaire mondiale:
"...L’étape décisive menant à l’abandon de la monnaie d’Etat a été la fondation, en 1913, du Système fédéral de réserve des Etats-Unis. Bien que la constitution américaine ne prévoie que l’or et l’argent comme monnaies légales, un cartel fondé par des banques privées et dirigé par les deux grands groupes financiers Rothschild et Rockefeller a créé une banque centrale privée ayant droit d’émettre sa propre monnaie, devenue moyen légal de paiement et garantie initialement par le gouvernement des Etats-Unis. Après la Première Guerre mondiale, cette banque privée a racheté les réserves d’or mondiales. Il en est résulté que de nombreuses autres monnaies n’ont plus pu maintenir leur étalon-or et ont sombré dans la déflation (première crise économique mondiale).• A la fin de la Deuxième Guerre mondiale, l’instauration d’un nouvel étalon dollar-or a été donc décidée en 1944 à Bretton Woods. Pendant la guerre mondiale, les Etats-Unis ont exigé des belligérants le paiement d’armements en or. L’or de l’Allemagne a dû être remis comme butin. Ainsi, plus de 30000 tonnes d’or venant du monde entier se sont accumulées aux Etats-Unis, soit davantage que dans tous les autres pays réunis. Cet or a servi de couverture au dollar. Mais comme les banques centrales du monde détenaient une grande partie des dollars à titre de réserves monétaires, les Etats-Unis ont pu émettre davantage de monnaie que leur quantité d’or. L’étranger avait en effet besoin de dollars pour acheter les matières premières traitées uniquement en cette monnaie. Outre l’or, le dollar est donc devenu toujours davantage une réserve monétaire des autres banques centrales. Le règne du dollar sur le monde avait commencé.• En 1971, le président des Etats-Unis, Richard Nixon, a supprimé l’obligation de convertir le dollar en or (étalon dollar-or) et, simultanément, la responsabilité de l’Etat à propos du cours du dollar. Depuis lors, la devise américaine n’est plus couverte ni par de l’or ni par la garantie de l’Etat, mais demeure la monnaie privée libre du Système fédéral de réserve (la Fed). Le dollar et toutes les autres monnaies du monde ne conservent par conséquent plus de valeur, mais est un simple moyen de paiement imprimé et légalisé....
-------------------------------------------------------------

>>>>>>>-L'ARGENT- DETTE de Paul Grignon >
_____________________________________________

- La finance contre l’humanité
-Bourse et finance (Objet application/pdf)
-Redoutable pouvoir des banques
-Monnaie - Wikipédia
-Histoire de la monnaie


mercredi 23 septembre 2009

La Poste: enjeux privés?

De « l'établissement public à caractère commercial » à la société anonyme

Dans la logique de la libéralisation européenne des services
_____________________

-"Gaz de France ne sera jamais privatisé". (N.Sarkozy)
-On a vu :quelque mois après son arrivée à l’Elysée, fusion de GDF avec Suez, …
-Christine Lagarde : "Il n'est pas question de privatiser La Poste"
-On verra...

- Adeline, étudiante en droit de 21 ans. Elle manifeste «parce qu'[elle est] citoyenne!» «Le gouvernement nous ment sur ses intentions. La privatisation à terme est dans toutes les têtes des dirigeants. Et cela signifie que cela va être plus dur pour les salariés mais aussi pour les usagers.»
_______________

Y a pas marqué la Bourse!»

-Le monde financier lorgne la Banque postale | Mediapart:
"...Quant aux engagements pris par le gouvernement de conserver la totalité du capital, aucun salarié n'y croit. Tous ont en tête les promesses faites, la main sur le cœur, par Nicolas Sarkozy, que ce soit devant l'Assemblée nationale ou les salariés d'EDF et de GDF, lors de l'ouverture du capital des deux groupes publics. Il jurait alors que jamais l'Etat ne descendrait en dessous de 70% du capital dans les deux entreprises. «On connaît la suite», ironisait Olivier Besancenot, dirigeant du NPA et postier, au micro de France Inter, lundi 21 septembre.
«On voit déjà les préparatifs de la privatisation», accuse Jean-François Vivier, secrétaire général de Sud PTT dans un entretien au Nouvelobs. Com. Réorganisation, changement d'affectation, diminution de postes, fermetures, se succèdent. En cinq ans, plus de 50.000 emplois auraient déjà été supprimés, selon lui. En face, la direction de La Poste fait valoir les inévitables adaptations liées à la diminution de son activité principale, le courrier. En un an, le volume du courrier a baissé de 30%, en raison notamment des nouveaux modes de communication électroniques.
L'enjeu pour La Poste, affirme la direction, est d'assurer sa transformation et son avenir. D'où, selon elle, la nécessité de changer de statut, et de devenir une société anonyme dotée d'un capital. Cela lui permettrait de bénéficier dans un premier temps d'une recapitalisation de 2,7 milliards d'euros, l'Etat apportant 1,5 milliard et la Caisse des dépôts 1,2 milliard. Puis d'envisager par la suite son développement voire de passer des alliances....Sans attendre, La Poste a déjà commencé à s'engager dans cette voie, dans le secteur le plus rentable, celui qui fait saliver de nombreux intérêts privés: la Banque postale.
Avec plus de 9,2 millions de clients, une position inexpugnable sur l'ensemble du territoire, le dernier établissement bancaire public français attise les appétits.
Au lieu de conserver un pôle financier public, dont la crise a pourtant démontré la pertinence, le gouvernement au contraire en accélère la transformation. C'est ainsi qu'en avril 2009, la Banque postale a noué un partenariat avec la Société générale dans les activités de crédit à la consommation. Contre la somme de 400 millions d'euros apportés par la Société générale, elle a cédé 35% de sa filiale spécialisée, rebaptisée pour l'occasion Banque postale financements. L'opération a été menée dans la plus grande discrétion et a été juste approuvée par le Comité des établissements de crédit et des entreprises d'investissement (CECEI), l'organe de régulation du monde bancaire.-Les syndicats considèrent que ce changement aurait dû au moins faire l'objet d'un arrêté ministériel, puisqu'il y avait modification de périmètre public. D'autant que la Banque postale consolide les 400 millions d'euros apportés par la Société générale dans ses fonds propres, comme le confirme un document interne.

Officiellement, la Banque postale justifie ce partenariat par la nécessité de s'adjoindre des compétences pour s'implanter vite dans des activités – crédit à la consommation, crédit immobilier, prêts aux entreprises – qui lui étaient pendant longtemps interdites. « En fait, il y a eu un deal. La Banque postale a été autorisée en 2005 à devenir une banque comme une autre mais à la condition d'associer des groupes privés à ses nouvelles activités », assure Nicolas Galepides, responsable de Sud PTT.
Deal ou pas ? L'évolution des activités de la Banque postale est frappante. Dans la gestion privée, la banque publique a créé une société commune – dont elle détient 51% – avec Oddo, une ancienne société de Bourse qui a acquis le statut de banque en 2007 et est spécialisée dans la gestion de fortune. Elle est en train de nouer un partenariat identique avec Groupama pour distribuer des produits d'assurance-dommage, la CNP restant son partenaire privilégié dans l'assurance vie. De même, elle discute aussi avec la Mutualité française pour créer une société commune dans l'assurance-maladie. Bref, chacun demande son morceau du réseau commercial inestimable de La Poste. Mais accepteront-ils d'en payer le coût? Les syndicats en doutent.
-D'autant que le schéma d'évolution de la Banque postale pourrait encore évoluer. Depuis la crise, les banques françaises se sont donné comme priorité de se renforcer dans la banque de détail, la seule activité bancaire solide, celle qui permet aussi d'absorber les risques pris sur les marchés. Mais les possibilités d'expansion en France sont rares. La Banque postale est le dernier grand réseau disponible. Se sachant toujours sous la menace d'une OPA, la Société générale se fait très pressante auprès des pouvoirs publics.-Des projets de banquiers d'affaires circulent auprès du gouvernement pour vanter les mérites d'un rapprochement entre la Banque postale et la Société générale. Dans les bons scénarios, certains y adjoignent même les activités de financement des collectivités locales exercées par Dexia, si celui-ci parvient à se séparer de sa partie belge. Ainsi, la Société générale serait sauvée.
Le gouvernement connaît tous ces projets. Il n'y a jamais opposé un refus net, propre à décourager toutes les convoitises. Officiellement, il réfléchit. Dès lors, les salariés de La Poste ont toutes les raisons de nourrir des inquiétudes.
.."

-La Poste face au spectre de France Telecom

-Pourquoi changer le statut de La Poste si ce n'est pour privatiser ? | Eco89
-Une Poste qui veut« vendre, vendre »
-La Poste : vannes ouvertes au privé
-Privatiser La Poste? Fastoche!

_________________________

-La Poste : dégradation annoncée ?