CARNET DE BORD D'UN PASSEUR FATIGUE MAIS EVEILLE...QUI NE VEUT PAS MOURIR (TROP) IDIOT.
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" Un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile."
[Thucydide]---------------------
" Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti " [A.Camus]
Pâques 2025: Un million de visites...Merci à vous fidèles lecteurs ou consultants d'un jour!
Le MILLION de visites est atteint.
Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!
Aux armes , les Ricains! ...En Iowa, Arizona, Nebraska, Oklahoma... Pour les désarmer, armez-vous! Telle est la dernière devise du grand Défenseur des intérêts de la NRA, qui sait se montrer généreuse. En grand magicien cynique, il refait l'histoire du Bataclan. Ah! s'il avait été là.. Lui, détient la solution contres les tueries de masse , en croissance continue au pays de l'oncle Sam, Comme la prolifération des armes. Et pas que des petites.. Il a trouvé la formule: il faut armer les enseignants! Au Colorado, ça marche fort! Comme au Michigan. Enfin, presque... Malgré les protestations, le lobby des armes a déjà fait savoir qu'il était opposé à tout relèvement de l'âge légal pour acheter une arme, et va encore plus loin : au cours d'une intervention à la Conférence d'Action politique conservatrice, Dana Loesch, porte-parole du NRA, a déclaré que "de nombreux médias adorent les fusillades de masse". En Absurdoland, la NRA, association à but civique (sic!), n'est pas prête à mettre la clef sous la porte...
Intérioriser la peur pour maintenir l'ordre, au profit de quelques-uns...C'est cela sans doute. _______________________
Il était un peu moins de deux heures, en cette fatidique nuit du 7 au 8 mai 2018, et, monté seul dans ma chambre, je dormais paisiblement, après avoir lu quelques fécondes pages d’une biographie consacrée à cet immense humaniste que fut Léonard de Vinci, lorsque ma douce femme, qui consultait une dernière fois les informations sur son ordinateur avant d’aller se coucher elle aussi, me réveilla brusquement en s’écriant, du bas des escaliers, que Maurane, l’une des plus belles voix de la chanson française, venait de s’éteindre, à l’âge de 57 ans seulement, chez elle, à Bruxelles. Moi, qui sortais ainsi soudain, en sursaut, un peu abasourdi, des limbes de mon sommeil, je n’osais, face à ce décès inopiné, y croire, aussi surpris que dépourvu : « Maurane, morte ? Ce n’est pas possible, elle chantait encore hier à la fête de l’Iris, dans le centre de la capitale belge, où j’étais moi-même à ce moment-là justement, et y semblait même en pleine forme ! », lui répondis-je alors, incrédule, sinon sceptique, comme pour conjurer cette triste nouvelle.
Mais il fallut bien vite, hélas, se rendre à l’évidence : Maurane - que l’on n’entendait certes plus beaucoup ces derniers temps à cause d’un problème à ses cordes vocales, mais qui préparait tout de même son glorieux retour avec l’enregistrement d’un disque en hommage au grand Jacques Brel, un de ses plus illustres compatriotes - était bel et bien décédée, retrouvée inanimée, à l’apparente stupeur de tous, dans son lit !
J’avoue : incapable ensuite de me rendormir véritablement, l’esprit troublé, presque inquiet, et le cœur serré, avec un indéfinissable chagrin tapi au fond de ma gorge nouée, je n’ai alors cessé d’entendre, au creux de mon âme froissée, quelque peu agitée, ces notes aussi subtiles que délicates, mais alors cruellement distillées dans la silencieuse solitude de cette nuit noire, de cette magnifique chanson, l’une des plus émouvantes du répertoire français, qu’est « Sur un Prélude de Bach » :
LE CŒUR A SES RAISONS…
Et là, je le confesse encore humblement, mais aujourd’hui plus sincère que jamais, « quand j’entends ce prélude de Bach par Maurane, et non plus seulement par Glenn Gould, ma raison s’envole », comme le scandent en effet, lourdes de sens tragique en ces heures endeuillées, ces paroles semblant venues tout droit, désormais, d’un autre monde : celui des grands disparus et qui pourtant, peuplant notre mémoire la plus vivante, ne cessent d’habiter, telles de muettes mais présentes consciences, le tréfonds de notre être le plus intime, là où le secret confine au sacré.
TRANSCENDANCE DU SUBLIME
Oui, c’est cela le paradoxal, vertigineux mais divin miracle de l’art, auquel appartient certes de plein droit, en majesté et profondeur tout à la fois, la belle, tendre et généreuse personne que fut, y compris dans son engagement social et humain, la grande Maurane : il rend éternel les mortels que nous sommes. Transcendance du sublime !
Mon patron est sympa Pour éviter beaucoup de temps perdu, une confrontation pénible et des explications superflues, il m'a envoyé un SMS m'invitant sans animosité à chercher un autre employeur. Vous êtes viré! Non, ce n'est pas du cinéma. C'est rapide et plus cool. Aucun éclat de voix, aucun prise de bec. Tout se passe en douceur, avec une grande économie de moyens. Je prends sans tarder le chemin de chez Paul (emploi). Il faut po-si-ti-ver! Je suis viré. Mais je n'ai pas encore compris. Aucune faute professionnelle. Dégraissage? Délocalisation? On ne m'a pourtant pas proposé d'emploi en Roumanie ou en Malaisie... Pourtant, la compagnie avait investi récemment dans des machines très modernes. Mais le SMIC, c'est encore trop, sans doute. Les actionnaires ont tranché. Pas les petits, les gros, les investisseurs financiers, institutionnels. Pas moins de 14% de retour sur juteux placements. Il faut bien vivre. Il paraît que c'est devenu légal, qu'ils disent. Pour me consoler , en attendant un autre hypothétique emploi, dans le cadre de la nouvelle donne macronienne, je me console comme je peux en lisant le livre d'un ancien DRH, qui raconte comment certaines entreprises se débrouillent pour s'alléger. Didier Bille, viré lui aussi, faisait scrupuleusement son boulot, en appelant un tel ou une telle, et en lui déclarant de manière fort civile: Bonjour! Asseyez-vous. La société a décidé de se séparer de vous.... On n'en saura pas beaucoup plus. Les voies du Boss sont impénétrables. Certains ne s'en remettent pas. Ils attendaient des motifs valables et argumentés, selon les formes et les procédures du droit du travail. Même aminci et allégé, il reste quelques règles... On n'est pas au pays descontrats zéro heure. Et recourir aux prud'hommes est devenu plus problématique et difficile. Est-ce seulement une question d'"éthique"? Non, un problème de justice sociale.
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A côté de l'immense Canada, nous avons bonne mine... Nous sommes un nain minier. Elle est derrière nous, la grande aventure minière, celle de l'exploitation du charbon et du fer, qui a constitué à prix fort le socle de notre développement économique dès le XIX° siècle, dont nous pouvons encore soupçonner l'existence, le témoignage fossilisé, parfois magnifié. Il nous reste le sel et quelques bricoles La page est tournée, mais après un passé récent de prospection (BRM), des projets avancés puis abandonnés (uranium, gaz de schistes), notre Souverain-Président a de grands projets pour "son peuple" Des projets miniers notamment, qu'il faudrait dépoussiérer. Il faut creuser. On ne retrouve pas que des idées... Depuis Arnaud Montebourg, de petits projets miniers se sont fait jour, notamment en ce qui concerne l'exploitation des terres dites rares, qu'on trouverait ici ou là. Mais c'est un pari risqué...et tardif Macron est plus ambitieux: il ne veut pas mettre la Guyanesous une cloche, mais suivre l' exemple de la Nouvelle Calédonie, même si les deux types de projet ont peu de rapports. Il y a aussi de quoi prospecter en Bretagne. Tout le monde rêve déjà de la Montagne d'Or dans une Guyane qui nous coûte cher malgré Kourou. Une « Montagne d’or »: très contestée, pas seulement là-bas. Tous les projets ne font pas l'unanimité, loin de là. Mais que va dire Mr Hulot? Va-t-il pouvoir dé-miner les dossiers les plus sensibles?
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Petit diagnostic d'un malade peu suivi Le Canada est -il le paradis des exploitations minières? Le vaste pays ne manque pas de ressources souterraines, qui constituent une bonne part de sa richesse. En plus d'être aussi un petit paradis fiscal. Pays qui s'est fait une spécialité de prospecter et d'exploiter aussi à l'étranger: en Amérique Latine, en Afrique, en Nouvelle Calédonie...en Europe. Les ressources naturelles diverses ne font pas défaut, jusqu'ici. Le pays est devenu une plaque tournante de l’industrie minière: "Trois sociétés minières sur quatre ont leur siège social au Canada. " Mais pour ne parler que d'eux, les Québequois ont quelques soucis avec leurs mines! La complaisance officielle est source de nombreux problèmes, pas seulement écologiques. Le « paradis minier canadien » est soumis a bien des critiques et une législation satisfaisante a bien du mal à se mettre en place; étant donné la puissance de lobbies dans ce domaine, aussi hautement spéculatif.
On connaît trop bien maintenant les effets de l'amiante sur la la santé, dont les effets sont encore à venir...mais pour les pays peu regardants, c’est bon pour les exportations. Va-t-on vraiment vers la fin de ce poison? On sait comment se passe l' exploitation des schistes bitumineux du côté de l'Alberta Que peut, que veut Justin Trudeau? Le Canada: combien de temps encore un paradis naturel?
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Lumières sur un enfer. Au fur et à mesure que le temps passe, de nouvelles informations nous parviennent sur une catastrophe, qui fut à deux doigts de menacer mortellement et durablement toute la population de l'agglomération de Tokyo et au-delà. Le récent ouvrage que livrent deux auteurs scientifiques, soutenus par d'autres de renom, présente une sélection commentée du rapport devenu officiel que fit le directeur de la centrale, qui, en transgressant les procédures officielles sur certains points, non sans de multiples questions et interrogations posées dans l'urgence et l'ignorance de la véritable ampleur du désastre, prit des décisions non orthodoxes pour éviter le désastre et l'abandon fatal des lieux, d'ailleurs recommandé un temps par la direction de Tepco, ce qui aurait été le début d'un processus aux conséquences dramatiques pour une partie du Japon. L'intérêt de l'énorme rapport, partiellement reproduit, donne une idée de la tragédie qui s'est jouée, des peurs, des hésitations, de la solitude, des paris et finalement du courage de Masao Yoshida, qui a finalement, malgré des risques immenses, réussit à sauver ce qui pouvait l'être. La maladie mortelle l'a rattrapé plus tard, comme d'autres. Ce témoignage unique, recueilli par Franck Guarnieri et Sébastien Travadel, apporte deux regards essentiels sur la société japonaise. Et, au-delà, sur l’action de l’homme en situation de survie. « Ce sont les humains qui ont, en dernier ressort, la responsabilité d’agir, résument Guarnieri et Travadel. Et c’est de leur engagement et de leur rapport au monde que dépend l’issue de la crise. » Le choix du site de Fukushima, qui a été longuement et souvent critiqué, même par certains experts japonais, aussi a posteriori par le premier ministre de l'époque, n'a pas fini d'être commenté. Pas seulement au Japon. Les choix et la gestion de Tepco laissent encore rêveur sur le rôle des intérêts à courte vue et du caractère irrationnel et irresponsable de certaines décisions technico- politiques nippones, jugées souvent comme les plus rationnelles qui soient. Le Japon sur ce point vivait sur un mythe. Un paradoxe encore à élucider. Pas seulement dans l'intérêt futur du Japon. Un géologue en colère.
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Macronisation à TGV Anniversaire en Macronie. "On n'est pas venus pour beurrer les tartines" avait-il annoncé. Le président n'a pas le temps. Il voulait en être le maître, imposer son agenda. L'accélération dès le départ fut sa règle. Il lui faut moderniser à toute vapeur, les projets s'enchaînant sans relâche, les réformes se succédant sans repos. l'effet d'étonnement, voire de sidération, jouant à plein, la concertation passant au second plan ou prenant une apparence purement formelle. Après le travail, la SNCF,(la mère de toutes les réformes?) Les voyages en province et à l'étranger n'arrêtent pas. Il faut aussi vendre Mirage et sous-marins. Il est partout. Mais quand dort-il? C'est l'époque de la démocratie de fer, mais souriante et décontractée, où les experts et des technocrates remplacent les politiques "à l'ancienne". L’ordre économique prend le pas sur le politique. Il faut foncer. L'attaque est seule payante L'homme vertical,jupitériendonne le tournis. La macronstoryse poursuit, même si elle a moins d'allant. L'effet de surprise s'émousse. Paraître transpartisan est un défi dur à tenir. Les choix économiques, financiers, apparaissent plus clairement, à travers les divers projets de privatisation; la SNCF, les aéroports de Paris, etc...non sans quelques « carabistouilles ». En attendant la suite... Avec une gauche en état de coma, Macron veut s’adresser aux classes populaires, par delà les corps intermédiaires, parfois consultés pour la forme.
Il renonce à ses annonces d'antan : être contre le "pouvoir charismatique" et "technique", mais pour "le parlementarisme" En fait, le techno-libéralisme souriant triomphe. Le premier de cordée se révèle avoir une fibre monarchiste ou napoléonienne ou plutôt Napoléon-Bonapartiste Cest l'ère du premier de la classe, faisant partie de ces bons élèves qui ont inventé et activent le capitalisme numérisé, forment une classe managériale et professionnelle qui adhère à l’imaginaire de la mondialisation et du projet européen. Ils tirent certes des bénéfices économiques de l’évolution libérale, mais c’est avant tout en terme de mode de vie, d’ambition vers un bien-être personnel, qu’il faut décrypter leurs privilèges." Les premiers de la classe ont parfois des atouts, mais aussi des failles. des assurances qui déraillent, loin du réel.
La technocratie est en train de tuer les ministères. et banalise, affaiblit un parlement soumis. Présider, c'est manager. Le social a été oublié. On verra plus tard, peut-être... Un an de «Macronomics» aboutit à un chantier de tous les instants, comme si du passé il fallait faire table rase .Le en-même-temps devient un d’abord les réformes et on verra après, depuisson lancement politique, où il apparaît que la haute administration joue un rôle essentiel en symbiose avec la haute finance.
La consécration dans Forbes en est un signe "Face au magazine Forbes, quinzomadaire célèbre pour évaluer la fortune des milliardaires, Emmanuel Macron paraît dans son élément. Un peu comme Edouard Philippe, il y a quelques mois, qui assumait sa politique "pro-riches" dans le Financial Times. La couverture de Forbes ne dit d'ailleurs pas autre chose : on y voit Emmanuel Macron tout sourire, avec ce titre : leader of the free markets (qu'on pourrait traduire par "chef de file de l'économie libre"), par opposition au Brexit britannique et aux visées protectionnistes des États-Unis. "
Ses ambitions européennes volontaristes montrent ses limites.
Jusqu'où iront ses ambitions libérales? Il faut disruptersans limites, dit-il à Forbès.
Emmanuel Macron en est convaincu depuis longtemps : il manque un roi à la France. La démocratie comporte toujours une forme d’incomplétude car elle ne se suffit pas à elle-même, confiait-il à Le 1 Hebdo, dès juillet 2015. Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort. » C’est donc en toute logique qu’il a décidé d’en revêtir le costume, quitte à éclipser tous ceux qui l’entourent, à commencer par son premier ministre et l’ensemble des membres de son gouvernement. La verticalité comme exercice du pouvoir. Nous sommes loin, très loin, de ce qu’un ancien inspecteur des finances, devenu banquier d’affaires, théorisait en 2011 dans la revue Esprit. « Le théâtre de la décision ne peut être l’énoncé d’un programme électoral qui sera ensuite débattu − de manière accessoire et pré-écrite − pour être appliqué verticalement, estimait-il à l’époque. L’action politique est continue et le débat participe de l’action. C’est la double vertu du parlementarisme et de la démocratie sociale que notre République a encore trop souvent tendance à négliger. » Sept ans plus tard, Emmanuel Macron a visiblement changé d’avis. Même s’il continue de revendiquer « l’horizontalité de l’action politique », cette dernière se heurte à l’épreuve des faits. La plupart des députés de la majorité, pour beaucoup élus sur le seul nom de leur champion, continuent d’avoir pour lui les yeux de Chimène et votent tous les textes gouvernementaux, sans vraiment parvenir à les faire évoluer. L’équilibre des pouvoirs ne devrait guère s’arranger avec le projet de loi institutionnel, dont certaines dispositions – encadrement du droit d’amendement, maîtrise de l’ordre du jour, raccourcissement des navettes… – accroissent davantage encore la domination de l’exécutif sur le législatif... __________Nous expliquera-t-il un jour ce qu'il entend par laparadoxale formuledu libéralisme égalitaire et le sens de certaines de ses étrangesdéclarations?
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Là où ne l'attendait pas Il revient par la petite porte, au paradis du capitalisme triomphant, des crises économiques profondes, destructrices et périodiques, des inégalités galopantes. Après avoir été longtemps ignoré, vilipendé, combattu sous le Maccarthisme (alors qu'il ne s'agissait que du stalinisme, qui n'était qu'un triste avatar), il devient chez certains jeunes une grille d'analyse pour comprendre les profonds dysfonctionnements qui affectent leur société. Une certaine droite française et étrangère a et a eu aussi sa marxophilie. Alors que le mot même de "socialisme" était frappé d'ignominie, il semble que de plus en plus d'intellectuels se tournent vers le penseur de Trèves pour y trouver une grille d'analyse, au moins pour comprendre les profonds désordres et contradictions qui perturbent leur société, qui n'a de démocratie que de nom, selon le journaliste John McArthur. Comme Freud qui fut largement incompris à son époque lors d'une tournée de conférences Outre-Atlantique, la pensée de Marx n'intéressa qu'une infime frange d'intellectuels isolés. Il semble que ce soit en train de changer, des années après le spectre de la guerre froide, où l'on entretint, par ignorance ou par volonté, par idéologie surtout, la confusion entre les analyses marxiennes et la politique d'un régime qui se réclamait de lui, alors qu'on prête au compagnon de Engels, qui voulait dépasser Smith et de Ricardo, le fameux je ne suis pas marxiste, anticipant sur des formes d'exploitation de sa pensée qu'il envisageait comme inévitables. Revenir aux sources, après les tentatives d'une certaine nouvelle gauche, semble être une nécessité pour ceux qui veulent retrouver les textes mêmes, pour sortir, surtout depuis Reagan, du piège de la pensée néolibérale de Hayek et de l'école de Chicago, qui n'est qu'une apologie des affaires, de la finance à tous prix, et de la dérégulation généralisée. Sans doute la lecture de Thomas Piketty, qui eut un certain succès dans les milieux intellectuels de là-bas, contribua-t-il à un regain d'intérêt. Le cadavre de Marx bouge encore, même si sa pensée, comme toute pensée, demande une critique sur certains points et une correction sur d'autres, de même qu'un adaptation. Les critiques qu'il fait du capitalisme de son époque sont largement indépassables. Il aurait sans doute su interpréter les profondes crises du capitalisme de la nôtre, qui a pris de nouvelles formes, retrouver la logique d'un développement historique où les hommes se croient libres, font l'histoire tout en ignorant l'histoire qu'ils font. L'épouvantail marxiste semble avoir cessé de fonctionner dans le temple d'un capitalisme qui prétend servir de modèle pour le monde entier. Il y a encore beaucoup à apprendre (et à approfondir) de ses critiques, notamment de la valeur-fétiche qu'a pris l'argent dans nos sociétés, qui est devenu une fin et non plus un moyen:
....L’argent, moyen et pouvoir de convertir la représentation en réalité et la réalité en simple représentation, transforme tout, aussi bien les forces essentielles réelles et naturelles de l’homme en représentations purement abstraites et par suite en imperfections, en chimères douloureuses, que d’autre part il transforme les imperfections et chimères réelles, les forces essentielles réellement impuissantes qui n’existent que dans l’imagination de l’individu, en forces essentielles réelles et en pouvoir. Déjà, d’après cette définition, il est donc la perversion générale des individualités, qui les change en leurs contraires et leur donne des qualités qui contredisent leurs qualités propres. Il apparaît alors aussi comme cette puissance de perversion contre l’individu et contre les liens sociaux qui prétendent être des essences pour soi. Il transforme la fidélité en infidélité, l’amour en haine, la haine en amour, la vertu en vice, le vice en vertu, le valet en maître, le maître en valet, le crétinisme en intelligence, l’intelligence en crétinisme. Comme l’argent, qui est le concept existant et manifeste de la valeur, confond et échange toutes choses, il est la confusion et la permutation universelle de toutes choses, donc le monde à l’envers, la confusion et la permutation de toutes les qualités naturelles et humaines. Qui peut acheter le courage est courageux, même s’il est lâche. Comme l’argent ne s’échange pas contre une qualité déterminée, contre une chose déterminée, contre des forces essentielles de l’homme, mais contre tout le monde objectif de l’homme et de la nature, il échange donc – du point de vue de son possesseur – toute qualité contre toute autre – et aussi sa qualité et son objet contraires ; il est la fraternisation des impossibilités...._ Comme dit l'économiste orthodoxe Roubini, qui avait prévu la crise financière récente, Marx a encore des choses à nous dire. A condition de bien le relire. La critique de l'économie politique s'impose toujours. Quant à devenir le livre de chevet de Donalt Trump, il faudra encore attendre.... _____________________ __________________________
Y a comme un défaut... L'Europe patchwork post-maastrichtienne favorise la montée de l'hégémonie allemande, nain politique mais puissance économique dont l'ascension semble irrésistible. Du moins pour l'instant. Une hégémonie de fait dans un contexte politique compliqué, qui pourrait commencer à fragiliser un consensus imposé jusqu'ici.
Wolfgang Streeck est un économiste allemand qui prend des distances par rapport à la ligne politique de son pays, surtout depuis Schröder, et des failles d'une Europe en panne de projets, estimant que dans le contexte actuel, nous nous trouvons devant une impasse, devant un équilibre, non pas des forces, mais des faiblesses. Suite aux élections, l’Allemagne n’est plus en mesure de répondre aux attentes de ses partenaires en termes de « réformes », c’est-à-dire en termes de concessions matérielles : l’AfD et le FDP feront tout au Bundestag pour dénoncer ouvertement et avec fracas toute initiative qui irait au-delà du traité de Maastricht ou de ce que permet la Constitution allemande. En Italie, depuis la fin de Renzi, il n'est plus envisageable que le pays poursuive les réformes néo-libérales exigées d’elle jusqu’à maintenant. Cela impliquerait que l’Italie puisse attendre de l’Allemagne un soutien économique en retour, qui ne soit pas que symbolique. En France, en l’absence de larges compromis de la part de l’Allemagne - que celle-ci ne peut concéder - Macron risque quant à lui d’être le troisième président consécutif à devoir tirer sa révérence après n’avoir effectué qu’un mandat. Du coup, son plus grand atout réside dans la peur qu’ont les autres, en particulier l’Allemagne, de ce qui pourrait advenir par la suite. Bref, tout cela laisse présager une continuation du marasme des dernières années, dans un contexte de mécontentement toujours croissant des citoyens, de déliquescence progressive des institutions européennes et d’accroissement des déséquilibres économiques entre membres. ...En effet, l’Allemagne est, aux côtés de quelques petits pays du Nord, la grande bénéficiaire de l’euro. Jean-Michel Quatrepoint parle, lui, d' "empire" allemand, qui impose les règles de l'ordolibéralisme, qui bénéficie d'une monnaie qui l'avantage, qui s'appuie économiquement sur un Hinterland et une importante main d'oeuvre sous-payée lui permettant de bénéficier de très importants surplus du commerce extérieur. La question se pose toujours, lancinante et sans solution envisageable dans l'état actuel de confusions et de polémiques avec les nationalismes montant ici et là: allons-nous vers une Europe allemande ou une Allemagne européenne ? En l'absence do coopération de fait, Berlin a besoin de ses voisins et n'a pas intérêt à les voir faiblir, en dépit de la rigidité merkelienne. Malgré les prétentions de Macron de rééquilibrer les choses, de faire bouger l'Europe, il se retrouve bien seul, même si on l'écoute poliment. Angela est plus à l'écoute des voix qui viennent de l'Est et de l'Empire de Milieu, de Pékin, qui contribue largement à faire tourner sa machine industrielle. ________ « L'Europe allemande est maintenant sur le point de prévaloir sur l'aspiration d'une Allemagne européenne. » disait Romano Prodi, ex-président de la Commission de Bruxelles. Périodiquement, depuis 1870, se pose la question géopolitique au sujet de la place de l'Allemagne au sein de l'Europe. L' Histoire récente de l' Allemagne, aux frontières mal définies pendant longtemps, est jalonnée de ruptures, de mutations. On assiste aujourd'hui, après la réunification, à la faveur d'une montée en puissance du pays, de son leadership industriel, de ses capacités exportatrices, de la force de sa monnaie favorisant un mercantilisme sans complexe, à un retour de la question allemande, diversement interprétée selon les pays, les époques, les courants politiques. Elle fait aujourd'hui aussi question dans une frange du monde politique allemand lui-même. Une certaine élite vise carrément une au coeur d'une Europe sans pouvoir.Dans ses propres mots, il veut que l’Allemagne, comme la «puissance au centre», devienne le «chef exigeant» de l’Europe et constitue sa «puissance hégémonique» afin de défendre ses intérêts géopolitiques et économiques. Une question complexe et évolutive. Beaucoup, surtout après la gestion désastreuse de la crise grecque, se posent la question: que veut l’Allemagne ? Dans le Financial Times de Londres,Wolfgang Münchau a accusé les créanciers de la Grèce d’avoir « détruit la zone euro que nous connaissons et démoli l’idée d’une union monétaire comme étape vers une union politique démocratique. » Il a ajouté, « par là, ils sont revenus aux luttes nationalistes des puissances européennes du 19e et du début du 20e siècle... Schäuble et ses partisans dans la politique et les médias se battent donc pour une Europe dominée et disciplinée par l’Allemagne et qui sert de tremplin à la politique de grande puissance mondiale de Berlin. Schäuble avait déjà développé cette idée en 1994 dans le soi-disant ‘document Schäuble-Lamers’, sous le titre de « Noyau européen. » À cette époque, il proposait de réduire l’UE à un noyau dur lié à l’Allemagne, autour duquel les autres pays de l’UE seraient vaguement regroupés. Herfried Münkler favorise également cet objectif. Dans son livre récent « La puissance du milieu » il exige que l’Allemagne assume le rôle de « maître de corvée » de l’Europe un terme qui coïncide avec l’orientation de Schäuble et jouit d’une popularité croissante dans les médias et les milieux politiques. Münkler a plaidé dans de nombreuses interviews tout récemment en faveur d’un « noyau européen » autour duquel se grouperaient un deuxième et un troisième cercle qui auraient « moins de droits, mais aussi moins d’obligations. » La question allemande est de retour plus ou moins explicitement au coeur des débats allemands, européens ou extra-européens. Hans Kundnani est chargé de recherche au German Marschall Fund, think tank américain destiné à favoriser les relations transatlantiques. Spécialiste de la politique étrangère allemande, il est l'auteur de The Paradox of German Power (2014). Dans ce livre inédit en France, il retrace l'histoire allemande sous le prisme de son rapport à la puissance et à l'hégémonie. Selon lui, la « question allemande », qui surgit en 1871 avec l'unification du pays, est bien de retour. Cette fois, il ne s'agit plus de domination militaire ou politique mais de leadership économique. Mais, prévient-il, les dégâts pour l'Europe pourraient être considérables... ... D’une certaine façon, la réunification de 1990 a relancé la question allemande, mais de façon géo-économique, et non plus géopolitique ou militaire. À nouveau, l’Allemagne se retrouve dans cette situation intermédiaire. Il y a d’un côté une sorte de coalition allemande, avec des pays qui défendent les règles et les positions de l’eurozone. C’est le cas de la Slovaquie, complètement intégrée au système productif allemand, ou des pays baltes qui ont fait d’énormes efforts pour intégrer la monnaie unique et la zone euro. En face, il y a des pays avec des intérêts économiques différents. L’énorme surplus du commerce extérieur en Allemagne provoque des déséquilibres très importants sur les pays de la « périphérie ». La taille de l’économie allemande crée une grande instabilité en Europe, comme à l’époque sa domination militaire. Dans cette lutte, la France se retrouve au milieu..." L’historien allemand Ludwig Dehio a parlé pour cette période d’une Allemagne en situation de « semi-hégémonie »... Le célèbre sociologue allemandUlrich Beck, récemment décédé, parle de l’Allemagne comme d’un « empire accidentel ». « Il n’y a pas de plan stratégique, pas d’intention d’occuper l’Europe, pas de base militaire. La discussion sur un Quatrième Reich est donc déplacée. Mais cet empire a une base économique »...Il n’est pas le seul à l’avoir utilisée. George Soros ou Martin Wolf du Financial Times ont eux aussi parlé d’un empire. Mais c’est un terme à la fois très chargé et flou... Si l'on continue dans la direction prise en Europe ces cinq dernières années, le risque est grand d’aller vers une Europe très différente du projet des Pères fondateurs. Comme le souligne le penseur allemand Wolfgang Streeck [lire ici un entretien d’Antoine Perraud sur Mediapart], nous risquons d’aller vers une Europe plus brutale, technocratique, autoritaire, où la politique économique est de plus en plus isolée du contrôle démocratique. D'ailleurs, même si l'on parvenait à une union politique, rien ne dit qu’on pourrait changer les fondamentaux de la politique économique. Quand Wolfgang Schäuble parle d’un pas supplémentaire dans l’intégration, il parle en réalité d’une Europe qui suivrait les règles allemandes... Au départ, l’Union européenne n’est pas un projet néolibéral. Pour la droite britannique, dont une partie veut quitter l’euro, c’est même encore un projet de gauche! Mais de fait, avec le marché commun, le compromis Delors-Thatcher, et plus récemment la crise des dettes souveraines en Europe, il y a eu une sorte de « néolibéralisation » de l’Europe. Et plus exactement, une « ordolibéralisation » de l’Europe. Or quand on y regarde de près, l’ordolibéralisme est une forme plus extrême du néolibéralisme. Ce que l’Europe impose à la Grèce, avec la non-possibilité de dévaluer sa monnaie et le refus de réduire la dette, va au-delà des préconisations du FMI... L’Europe de Jean Monnet, décidée en juin 1965 à Washington, entre les responsables du département d’ Etat américain et Robert Marjolin, le représentant de la CEE, est morte. "La création de l’euro devait « rester secrète jusqu’à ce que ce soit irréversible. " ____________On est loin des fluctuations de De Gaulle L'euro, qui fut d'abord une monnaie allemande, doublement bénéficiaire, est devenu l'instrument de sa domination. Une domination cependant fragile, au modèle souvent contesté, non généralisable, où s'exerce le primat de la règle. Mais en Allemagne, quelques grandes voix se sont exprimées pour critiquer l'accord grec et l'austérité, comme celle de l'ancien chancelier social-démocrate Helmut Schmidt ou du philosophe Jürgen Habermas, horrifié que son pays ait « dilapidé en l’espace d’une nuit tout le capital politique qu’une Allemagne meilleure avait accumulé depuis un demi-siècle ». « Le gouvernement allemand a revendiqué pour la première fois une Europe sous hégémonie allemande – en tout cas, c’est la façon dont cela a été perçu dans le reste de l’Europe, et cette perception définit la réalité qui compte. » S'il était encore en vie, le prix Nobel de littérature Günter Grass, décédé il y a quelques mois, aurait peut-être rédigé une suite à Europas Schande (La Honte de l'Europe), poème qu'il publia en 2012 pour rappeler à l'Europe qu'elle « clou[ait] au pilori » son « berceau... ______ -L'euroscepticisme gagne dans l'opinion allemande -Défaire ou refaire l'Europe?