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vendredi 8 septembre 2017

Tabler sur les tablettes?

T'as ti ta tablette?...à l'école
                         Face à l'engouement naïf et inconsidéré de naguère, les désillusions viennent peu à peu. Comme les remises en question.
     On voyait dans le tablette et le numérique en général en milieu scolaire, le moyen miracle pour motiver les élèves, les autonomiser, compenser les défaillances du système, peu interrogées.
  Pour les plus ardents frères prêcheurs de la modernité à tout prix, les pourfendeurs du livre, ce devait être l'arme d'instruction massive, du moins dans l'enseignement primaire. 
    Adieu livres, cahiers, crayons, buvards et notes superflues. La tablette allait balayer les vieux outils scolaires de papa et faire entrer la classe dans une ère nouvelle, forcément moderne, où le ludique et le savoir seraient enfin mariés.
     Or, des enseignants, mais pas seulement, ont vite vu les effets pervers de cet engouement et de la généralisation de la sainte tablette, parfois généreusement proposée gratuitement par les instances départementales.
    La logistique fut loin de suivre et les critiques ne tardèrent pas à s'exprimer de l'intérieur.
        Une parole de sagesse vint récemment mettre les choses en place, rétablir un équilibre qui tendait à se rompre, en remettant en cause un mythe:
     A l’école, pour éduquer au numérique, il faut d’abord apprendre aux élèves à s’en passer...
        Comme le font les malins de la Silicon Valley, pourtant numérisés jusqu'à l'os.
  Le tout numérique le plus tôt possible de l'époque antérieure, vu comme le moyen infaillible de rattraper le retard que pointe le rapport Pisa (ce fétiche discutable) est pire qu'une mauvaise chose, du moins avant quinze ans. Et encore, avec modération contrôlée.
   Surtout quand on a drastiquement réduit les heures de français, base de tout apprentissage, que le temps scolaire est colonisé par des activités non fondamentales.
       Il y a bien des raisons de ne pas utiliser les tablettes dans l’éducation et de pas être formatés Microsoft.
  Les enfants ont besoin d’être encouragés à beaucoup écrire pour apprendre, que ce soit en prenant des notes, en rédigeant des devoirs, des rapports, des manipulations de données, des écrits d’invention ou des dissertations....
    La colonisation précoce par le numérique pose plus d'un problème.
  Le salut ne viendra pas du  numérique, si les fondamentaux continuent à être trop souvent négligés et si la médiation est défaillante.
   De plus, les écrans défavorisent les plus défavorisés.
    Certains parlent de désastre ""Pendant que certains cadres de la Silicon Valley inscrivent leurs enfants dans des écoles sans écrans, la France s’est lancée, sous prétexte de 'modernité', dans une numérisation de l’école à marche forcée – de la maternelle au lycée. Un ordinateur ou une tablette par enfant : la panacée ? Parlons plutôt de désastre"...
   Si le numérique à l’école est inutile en pédagogie, il est bon pour Microsoft: "« Ce ne sont pas les ordinateurs et les tablettes qui vont permettre aux élèves de mieux apprendre, affirme, de son côté, l’ingénieur Philippe Bihouix, coauteur d’un livre sur l’école numérique. Il est tout à fait possible de mettre en place une pédagogie active et innovante sans avoir recours aux nouvelles technologies. Les arguments pronumériques, qui ne font finalement que prolonger des arguments ressassés depuis la fin du XIXe siècle au sujet de l’innovation pédagogique — concernant la motivation notamment —, sont d’une fragilité extrême », analyse-t-il. Pour lui, l’« école numérique » « incite les enfants à passer toujours plus de temps devant les écrans, à l’école comme à la maison, en plus des heures passées sur les jeux vidéos, les réseaux sociaux ou devant la télévision ». « Pire, elle légitime l’écran », fait-il observer"
   L'innovation n'a pas de valeur en elle-même.
      Bref, un certain sevrage numérique s'impose et un retour rénové à l'essentiel est une urgence.                Intéresser et distraire ne peuvent être confondus.
            Demain un retour vers un peu plus de raison?...
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- Tablettes en question.
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mardi 15 juillet 2014

L'école et le numérique

 Demain, tous programmeurs!
                                                    A vos tableaux tablettes!
L'école doit être moderne, disent-ils...
       On entend ce discours depuis les années 80 , où l'on a commencé à ouvrir l' école sur la vie, c'est à dire à tous les vents. Où elle s'est convertie à l'entreprise, jusqu'à en mimer l'esprit, où la culture de papa devait être délaissée au profit des technologies modernes, où les lettres devaient céder le pas à l'utilitaire, faire la place à la sacro-sainte communication...
    Aujourd'hui s'ouvre l'ère du colonialisme numérique: la culture est au bout de la tablette. Foin des fondamentaux, des apprentissages de base! Place à la magie du numérique, qui sauvera le monde...et l'économie.
    La maîtrise du langage écrit n'est plus assurée, jusque dans les facs et les écoles d'ingénieurs, l'orthographe de base est devenue une vieille lune, la lecture est en chute libre.
        Et en voudrait prendre encore du temps sur le français qui a rétréci comme peau de chagrin, l'histoire, etc... pour enseigner le code informatique à l'école! 
     C'est un académicien qui le dit!     "  L'écolier français fera-t-il bientôt des lignes de code à côté de ses lignes d'écriture ? Dans un monde où l'ordinateur prolonge nos cerveaux, la capacité à programmer et plus largement à maîtriser ce qui se passe derrière l'écran est en train de créer une nouvelle élite. A eux les emplois de demain, certes, mais aussi l'usage plus intelligent des appareils courants. « L'informatique façonne le monde moderne. Il faut casser la frontière entre ceux qui sont capables de créer, et ceux qui resteront des consommateurs d'écrans », résume l'académicien et professeur au Collège de France, Gérard Berry...
Mais  "Est-ce à l'école d'enseigner ces langages que l'ordinateur sait interpréter ? « Oui », répondent 87 % des parents interrogés par BVA pour Syntec Numérique dans une consultation rendue publique mercredi 21 mai. Le 14, un rapport d'information sur le « développement de l'économie numérique », signé par les députées Corinne Erhel (PS) et Laure de La Raudière (UMP), insistait déjà sur la nécessité d'« éveiller les élèves dès l'école primaire » et de créer « un enseignement dans le secondaire ».   A cette convergence de plus en plus large s'opposent les tenants de l'idée que l'école ferait bien d'enseigner à lire et compter à tous ses élèves avant de se fixer d'autres missions… Fût-ce l'apprentissage de ce qui va devenir, selon certains, la langue universelle de demain..."
         Donc, dès septembre, dès le primaire (pourquoi pas la maternelle?), avec des formateurs non formés, on fonce vers le nouvel eldorado de la connaissance, la nouvelle langue de Leibniz... en plus de l'anglais...et diverses matières dites d'ouverture...
     Le ministre a de l'ambition, il envisage aussi "un grand programme en faveur de la filière industrielle française du numérique éducatif". D'ici 2020, "70% des élèves du primaire et de collège et 100% des enseignants" seront équipés "en PC-tablettes dotés de ressources pédagogiques numériques"
   Avec la fin des notes sanctions, qui consacre l'effondrement de l'orthographe (normal, on ne fait plus que trois ou quatre dictées par an...), voici le début du numérique valorisant, qui abolira le traumatisme des mauvaises notes...

     Le colonialisme numérique est en route, nouvelle illusion scolaire.
Vive la logique binaire et la pédagogie de la tablette! 
 ____________ Ce coup de gueule lancé, qui ne relève pas d'un combat d'arrière-garde mené par un papi nostalgique du porte-plume, de l'encrier et du tableau noir, qui passe beaucoup (trop?) de temps devant son écran, l'école doit, bien sûr, dans une mesure raisonnée, intégrer les outils de son temps. Le numérique fait partie de notre horizon et il y a sur ce sujet bien des apprentissages à mener.
    Puisque son usage commence de plus en plus tôt et de manière totalement anarchique, que peu de parents jouent dans ce domaine leur rôle de modérateurs et de pédagogues, il reviendrait d'abord à l'école d'apprendre le discernement dans l'usage culturel de l'outil informatique.
   Apprendre à mener collectivement une recherche en privilégiant la réflexion critique à l'égard des sources où l'on se noie le plus souvent. Développer un sens aiguisé de l'exigence sélective pour mettre de l'ordre dans le désordre immense des données numériques, en évitant les habituelles dérives du copier-coller, hantise des prof de facs, etc...Il y a là-dessus beaucoup à faire, même si certains le font déjà.
      Mais peut-on mener ce difficile et exigeant programme sans bases culturelles solides, sans (osons le mot!) une instruction digne de ce nom? L'esprit ne peut s'enrichir que sur des fondements déjà assurés.
       Avant un plan informatique démesurément ambitieux, un plan pour sauver l'école de ses maux accumulés est la première des urgences....
  Mais la rue de Grenelle, annexe de Bercy, est-elle encore capable d'entendre ce langage-là?
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-Un point de vue par B.Stiegler 
-Le net et ses pièges.
-Comment arriver au web3 critique?. 
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-Relayé par Agoravox
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mardi 27 septembre 2022

Et voilà pourquoi votre enfant est ingérable...

Surtout en classe.

                              Mais pas que...   A l'école, la question d'une certaine utilisation du numérique continue à faire débat dans certains milieux, mais ne suscite pas les interrogations qu'il faudrait et les décisions qui vont avec. Mais l'aveuglement, la naïveté et l'intérêt prennent trop souvent le dessus, malgré des avertissements déjà anciens. Ce n'est pas d'aujourd'hui que le problème est posé,  concernant plus largement l'usage des tablettes mises à disposition des enfants trop précocement. Les géants de la Silicon Valley, pourtant non désintéressés, donne le "la"...pour leurs propres enfants! Trop d'écrans font écran. C'est grave dans beaucoup de cas. 


_______ " Pourquoi les enseignants sont-ils si nombreux et nombreuses à démissionner aujourd’hui ? Certes, les salaires n’ont jamais été aussi bas et les classes aussi surchargées, bon nombre sont épuisés ou dégoûtés par la gestion des mesures sanitaires à l’école. Mais il y a un autre problème. Les profs subissent de plein fouet les dégâts causés par l’industrie du numérique sur les enfants.          Pour ces élèves, l’école est un cauchemar. Leurs parents doivent déposer un dossier à la Maison départementale des personnes handicapées pour obtenir un ou une auxiliaire de vie scolaire qui s’occupera de l’enfant dans la classe. Anne-Lise Ducanda a fait le compte : « Si, en 2002, je voyais un enfant par école présentant de tels symptômes, ils étaient un ou deux par classe en 2017. Autrement dit, en quinze ans, il y avait sept fois plus d’enfants dans les douze écoles de ma ville qui présentaient des troubles moyens à sévères de la relation et du comportement. » Elle a constaté que « 90 à 98 % des enfants présentant ces symptômes étaient surexposés aux écrans, c’est-à-dire plus de quatre heures par jour, y compris la télévision allumée en arrière-plan. »

En 2021, les premiers résultats de l’étude Elfe (Étude longitudinale française depuis l’enfance), menée par l’Inserm et Santé publique France, ont conclu que « l’utilisation prolongée d’écrans par des enfants de 2-3 ans est associée à une augmentation du risque de troubles du sommeil, du comportement et des apprentissages précoces ». De leur côté, des chercheurs de l’Université de l’Alberta ont établi que les enfants de cinq ans qui passent plus de deux heures par jour devant un écran courent de cinq à neuf fois plus le risque d’avoir des symptômes associés au trouble déficitaire de l’attention.       Pour les plus jeunes, le contenu même de ce qui est regardé importe moins que le temps : le temps passé à ne pas babiller, toucher, ramper, s’ennuyer, observer, imiter, tomber ; à être privé des regards et des gestes des autres. La révolution informatique devait inaugurer une « société de la connaissance ». Vingt ans plus tard, elle a confisqué à des millions d’enfants leurs facultés les plus élémentaires : parler, écouter, raisonner, communiquer, créer.           En moyenne, les élèves qui commencent leur scolarité ces jours-ci passent trois fois plus de temps sur les écrans qu’il y a dix ans. Selon un sondage Ipsos [1], les enfants de un à six ans consacrent au moins six heures par semaine à regarder des vidéos sur internet, quatre heures aux jeux vidéo et six heures à la télévision. Dans les écoles, Anne-Lise Ducanda, médecin de la Protection maternelle et infantile, constate les effets de cette consommation exponentielle. « De plus en plus d’enseignants déplorent l’augmentation du nombre d’enfants incapables de se concentrer en classe », relate-t-elle dans Les tout-petits face aux écrans (éd. Du Rocher, 2021). « Des enfants qui ne peuvent pas rester assis sur une chaise ou focalisés sur une activité plus de deux minutes ; des enfants qui ne sont attentifs ni à leurs pairs qui les sollicitent ni à l’adulte qui s’adresse à eux. Dans les cas les plus extrêmes, certains sont en proie à une agitation permanente : de façon compulsive, ils s’emparent de tous les objets à portée de main, renversent les caisses de matériel, jettent les jouets, déchirent les livres. »      En fait, les capacités cognitives et sociales des jeunes enfants sont en train de s’effondrer. De plus en plus d’élèves entrent à l’école incapables de parler, de comprendre, de manipuler des objets, de se lier aux autres. Ils répètent des couleurs, des chiffres ou des suites de mots en anglais tout droit sorties de ces applis éducatives conçues pour rendre les enfants précoces et bilingues. À l’âge de la maternelle, rapporte le Dr Ducanda, certains se lèvent en pleine nuit pour aller chercher le smartphone des parents et regarder des vidéos en cachette. Pour ces élèves, l’école est un cauchemar. Leurs parents doivent déposer un dossier à la Maison départementale des personnes handicapées pour obtenir un ou une auxiliaire de vie scolaire qui s’occupera de l’enfant dans la classe. Anne-Lise Ducanda a fait le compte : « Si, en 2002, je voyais un enfant par école présentant de tels symptômes, ils étaient un ou deux par classe en 2017. Autrement dit, en quinze ans, il y avait sept fois plus d’enfants dans les douze écoles de ma ville qui présentaient des troubles moyens à sévères de la relation et du comportement. » Elle a constaté que « 90 à 98 % des enfants présentant ces symptômes étaient surexposés aux écrans, c’est-à-dire plus de quatre heures par jour, y compris la télévision allumée en arrière-plan. »  ....                                                        En 2021, les premiers résultats de l’étude Elfe (Étude longitudinale française depuis l’enfance), menée par l’Inserm et Santé publique France, ont conclu que « l’utilisation prolongée d’écrans par des enfants de 2-3 ans est associée à une augmentation du risque de troubles du sommeil, du comportement et des apprentissages précoces ». De leur côté, des chercheurs de l’Université de l’Alberta ont établi que les enfants de cinq ans qui passent plus de deux heures par jour devant un écran courent de cinq à neuf fois plus le risque d’avoir des symptômes associés au trouble déficitaire de l’attention.    Pour les plus jeunes, le contenu même de ce qui est regardé importe moins que le temps : le temps passé à ne pas babiller, toucher, ramper, s’ennuyer, observer, imiter, tomber ; à être privé des regards et des gestes des autres. La révolution informatique devait inaugurer une « société de la connaissance ». Vingt ans plus tard, elle a confisqué à des millions d’enfants leurs facultés les plus élémentaires : parler, écouter, raisonner, communiquer, créer...."...... les entreprises du numérique ont réussi en vingt ans à imposer une nouvelle norme sociale : celle de vivre avec six écrans en moyenne à la maison, de consulter un smartphone 200 fois par jour, de regarder des tunnels de vidéos. Tout comme l’alimentation industrielle, cette norme est pathologique. Le seul moyen d’offrir aux enfants un environnement décent est de s’en écarter résolument et de la transformer collectivement. Il paraît très improbable que l’État s’y emploie : après avoir acté le déploiement de la 5G, il vient d’allouer 1 milliard à un grand plan numérique pour l’école et 11 milliards aux technologies numériques sur les 100 milliards du plan de relance post-Covid. Les parents, eux, peuvent se regrouper pour prendre des décisions qui seraient trop difficiles à tenir s’ils étaient isolés. Il existe un groupe (Facebook) « Parents unis contre le smartphone avant 15 ans » qui vise à faire en sorte que les élèves de collège soient plus nombreux à ne pas en posséder. Les parents d’un même quartier ou d’une même école pourraient se coordonner dans le même but. Les réunions de parents d’élèves et de syndicats de parents devraient servir à se concerter pour que les enfants qui jouent ensemble en dehors de l’école n’aient pas accès aux tablettes, téléphones et consoles, ou seulement à certaines périodes, selon leur âge."              __________

mercredi 7 février 2024

Une école dématérialisée?

  VISIO-PROFS ET TALETTES

                             LES MARCHANDS DU NUMÉRIQUE EN ONT RÊVÉ. LES DÉBUTS D'UNE OPÉRATION MARKETING À L'ÉCOLE? A LA FAVEUR DE LA CRISE QUI TRAVERSE L'INSTITUTION ET DE LA DÉGRADATION DES CONDITIONNEMENTS D'ENSEIGNEMENT. LA COURSE AU NUMÉRIQUE VA ACCÉLÉRER ENCORE LA DÉCONSTRUCTION DE L'ÉCOLE.

    Miracle à l'école?    

            "Professeur de lycée en philosophie dans les quartiers Nord de Marseille, Renaud Garcia raconte la vie à l’école en 2021-2022 en tant que professeur mais aussi en tant que père d'enfants scolarisés. L'auteur participe à l’Appel de Beauchastel et au collectif Écran Total contre la numérisation de la vie et des métiers. De Parcours Sup aux groupes de discussions Whatsapp entre parents d’élèves pour dénigrer la maîtresse en passant par l'omniprésent logiciel Pronote, sans oublier la dématérialisation des copies et l'avènement du « distanciel », on suivra mi-amusés mi-effrayés la vie quotidienne d’un professeur techno-critique...."


                 --Déjà la sonnette d'alarme avait été tirée en ce qui concerne plusieurs tentatives de numérisation de l'enseignement, même élémentaire.  Il y a quelques années,  E.Davidenkoff se penchait dans l'Express sur l'impasse de la tablette, en contestant le plan pour le numérique annoncé par F.Hollande. Il signalait que les pontes de la Silicon Valley inscrivent leurs bambins dans des écoles privées hors de prix où "ils ne toucheront pas un clavier avant l'âge de 13 ans", persuadés que "le bon usage du numérique découle de compétences qui s'épanouiront mieux loin des écrans."

   Et s'ils avaient tout compris? Privilèges mis à part, n'y a-t-il pas dans cette remarque un grain de bon sens?
         L'Etat va dépenser 700 millions d'euros pour le plan numérique à l'école. Un nouveau Gross Plan, qui risque d'être un fiasco.
   Une aubaine pour les fabricants de tablettes...Hollande, comme Président de conseil général, avait  naguère lancé un plan Ordicollège, très critiqué à l'époque par l'inspection générale de l'EN.
        Mais on peut reprocher à Davidenkoff de manquer de cohérence et de critiquer aujourd'hui ce qu'il vantait hier, allant jusqu'à défendre les mérites du e-learning généralisé:
     « Là où vous devez aujourd’hui payer chaque année des enseignants pour délivrer des cours magistraux à des amphis de quelques centaines d’étudiants, vous pourrez demain pour le même prix délivrer ces cours à un nombre potentiellement infini d’étudiants. Le coût de production de la matière première va chuter. Il en va de même pour une autre tâche chronophage : la correction et l’évaluation. […] Il va falloir admettre qu’une machine peut réaliser de manière autonome un travail qui requiert, de l’avis commun, une intervention humaine. »
    Et voilà, clairement exprimé, le rêve utopique d'une technologie miraculeuse au service d'une industrie très rentable, qui n'avoue pas ses objectifs: faire d'abord son beurre...
            Les moocs devaient même servir à repenser le secondaire :
« Imaginez un instant les formidables gains de productivité qu’elles pourraient permettre. Si, dans un collège ou un lycée , les savoirs classiques étaient massivement délivrés via les MOOC au lieu d’être transmis face à des classes d’une trentaine d’élèves mobilisant, à chaque fois, un enseignant, le temps ainsi libéré pourrait être intégralement dédié l’accompagnement des élèves et à des activités qui requièrent un enseignant en chair et en os – des travaux pratiques aux sorties scolaires, des exercices oraux aux travaux en petits groupes […], des pratiques artistiques aux activités sportives. » 
      Là, c'est déjà moins déraisonnable... malgré la langage technocratique utilisé.   Le langage entrepreneurial a contaminé les pratiques scolaires.  
            Il est sûr que l'école digitale, intelligemment menée , peut représenter un progrès dans la transmission plus efficace de certains  savoirs et un moyen de résoudre en partie la démotivation constatée des élèves.
     Mais quand le numérique tend à devenir une quasi-religion, le saint  Graal qui va régler les problèmes, alors là...
            L'évangélisme digital a ses limites et l'idée de programmation pour tous , nouvelle marotte en vue rue de Grenelle, est discutable, parce que largement irréaliste.
                   L'illusion technologique risque de nous mettre sur la voie de l'abandon des missions essentielles de l'école (qui devrait rester centrée sur la maîtrise de la langue, une bonne culture générale, un esprit critique aiguisé) ), victime de la technolâtrie ambiante. 
 « L’e-learning valorise certaines formes sur d'autres, les élèves les plus autonomes, les enseignements dont les acquis peuvent être validés par des exercices simples et progressifs et ceux qu'on peut le plus facilement mesurer. Ce qui ne représente pas toute la palette éducative. »
        Il faut savoir raison garder:
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                                             " ...L'e-learning a 'également d'autres) limites : il nécessite entre autres que l'ensemble du territoire soit connecté et bénéficie du haut débit. De plus, les méthodes d'enseignement en ligne ne sont pas adaptées à tous les élèves : 
      « L’e-learning valorise certaines formes sur d'autres, les élèves les plus autonomes, les enseignements dont les acquis peuvent être validés par des exercices simples et progressifs et ceux qu'on peut le plus facilement mesurer. Ce qui ne représente pas toute la palette éducative. »
        Un avis que partage Jean-Michel Fourgous, ancien député des Yvelines, et auteur du rapport « Apprendre autrement à l'ère numérique : »         « Le risque est d’accentuer les inégalités entre les étudiants et de favoriser ceux issus des milieux les plus favorisés qui possèdent ces « compétences de base.
 Autre limite majeure de l’’e-learning : il ne peut en aucun cas devenir une alternative au présentiel, notamment dans l'enseignement supérieur qui nécessite des professeurs de haut niveau et des compétences plus facilement transmissibles lors d’une relation professeur/élève dans une salle de classe : 
« L'e-learning  est devenu un lieu commun qui fait oublier un élément essentiel : ce que c'est qu'apprendre, en particulier à l'université » explique Bruno Duvauchelle, formateur-chercheur au Centre d'études pédagogiques sur l'expérimentation et le conseil. 
      Ce à quoi Serge Soudoplatoff, enseignant, chercheur, entrepreneur, responsable de la rubrique politique2.0 à Fondapol, ajoute :
« Rien ne remplace un bon enseignant. La formation de haut niveau nécessite des professeurs de grande qualité et des interactions proches. »
L'e-learning doit donc s’appréhender comme un outil dont il est impératif que les méthodes, adaptées à l'apprentissage à distance, se conjugue avec un enseignement en classe, et une relation humaine. Comme l'explique François-Afif Benthanane, fondateur de la Web@cadémie : 
      « L’éducation reste avant tout une affaire d’échanges interpersonnels. La qualité des relations humaines entre les professeurs et les élèves reste le moteur central de l’apprentissage. »
Michel Dupuis, professeur des universités à l'Université de Lille Nord partage le même avis : 
   « Les outils numériques d’enseignement ont l’immense mérite d’abolir les distances physiques, mais ils ne doivent pas creuser un fossé relationnel entre les individus.  
L’e-learning est une chance et offre donc des opportunités considérables pour un meilleur apprentissage. Mais il faut agir vite :
    « Le monde éducatif ne peut pas vivre en dehors de la société et subir éternellement la modernité. Des tas de trains sont passés à quai et on se gargarise de grands mots et de plans » raconte Alexis Mons, directeur général d'Emakina.fr.
Devant l'immense chantier qui attend l'éducation pour s'adapter au 21ème siècle, Dominique Sciamma, Directeur adjoint du Strate College Designers, en appelle même à dépasser le concept d'e-learning pour innover davantage :
         « Il y a un danger réel à voir les anciennes pratiques se vêtir d’habits nouveaux pour survivre. La E-Labelisation est de ce point de vue un danger mortel qui voit des acteurs et des modèles dépassés se remettre en selle en se numérisant en façade, en se contentant de mettre un nouveau nom sur un vieil objet. E comme « Emplatre » sur une jambe de bois ? ». _________-  Les tablettes au collège, la fausse bonne idée de François Hollande ______________________________________________

lundi 5 décembre 2022

Vers une école dématérialisée?

  Visioprofs et talettes

                             lES marchands du numérique en ont rêvé. Les débuts d'une opération Marketing à l'école? A la faveur de la crise qui traverse l'institution et de la dégradation des conditionnements d'enseignement. La course au numérique va accélérer encore la déconstruction de l'école.


                  Professeur de lycée en philosophie dans les quartiers Nord de Marseille, Renaud Garcia raconte la vie à l’école en 2021-2022 en tant que professeur mais aussi en tant que père d'enfants scolarisés. L'auteur participe à l’Appel de Beauchastel et au collectif Écran Total contre la numérisation de la vie et des métiers. De Parcours Sup aux groupes de discussions Whatsapp entre parents d’élèves pour dénigrer la maîtresse en passant par l'omniprésent logiciel Pronote, sans oublier la dématérialisation des copies et l'avènement du « distanciel », on suivra mi-amusés mi-effrayés la vie quotidienne d’un professeur techno-critique.  


Déjà la sonnette d'alarme avait été tirée en ce qui concerne plusieurs tentatives de numérisation de l'enseignement, même élémentaire.  Il y a quelques années, E.Davidenkoff se penchait dans l'Express sur l'impasse de la tablette, en contestant le plan pour le numérique annoncé par F.Hollande. Il signalait que les pontes de la Silicon Valley inscrivent leurs bambins dans des écoles privées hors de prix où "ils ne toucheront pas un clavier avant l'âge de 13 ans", persuadés que "le bon usage du numérique découle de compétences qui s'épanouiront mieux loin des écrans."

   Et s'ils avaient tout compris? Privilèges mis à part, n'y a-t-il pas dans cette remarque un grain de bon sens?
         L'Etat va dépenser 700 millions d'euros pour le plan numérique à l'école. Un nouveau Gross Plan, qui risque d'être un fiasco.
   Une aubaine pour les fabricants de tablettes...Hollande, comme Président de conseil général, avait  naguère lancé un plan Ordicollège, très critiqué à l'époque par l'inspection générale de l'EN.
        Mais on peut reprocher à Davidenkoff de manquer de cohérence et de critiquer aujourd'hui ce qu'il vantait hier, allant jusqu'à défendre les mérites du e-learning généralisé:
     « Là où vous devez aujourd’hui payer chaque année des enseignants pour délivrer des cours magistraux à des amphis de quelques centaines d’étudiants, vous pourrez demain pour le même prix délivrer ces cours à un nombre potentiellement infini d’étudiants. Le coût de production de la matière première va chuter. Il en va de même pour une autre tâche chronophage : la correction et l’évaluation. […] Il va falloir admettre qu’une machine peut réaliser de manière autonome un travail qui requiert, de l’avis commun, une intervention humaine. »
    Et voilà, clairement exprimé, le rêve utopique d'une technologie miraculeuse au service d'une industrie très rentable, qui n'avoue pas ses objectifs: faire d'abord son beurre...
            Les moocs devaient même servir à repenser le secondaire :
« Imaginez un instant les formidables gains de productivité qu’elles pourraient permettre. Si, dans un collège ou un lycée , les savoirs classiques étaient massivement délivrés via les MOOC au lieu d’être transmis face à des classes d’une trentaine d’élèves mobilisant, à chaque fois, un enseignant, le temps ainsi libéré pourrait être intégralement dédié l’accompagnement des élèves et à des activités qui requièrent un enseignant en chair et en os – des travaux pratiques aux sorties scolaires, des exercices oraux aux travaux en petits groupes […], des pratiques artistiques aux activités sportives. » 
      Là, c'est déjà moins déraisonnable... malgré la langage technocratique utilisé.   Le langage entrepreneurial a contaminé les pratiques scolaires.  
            Il est sûr que l'école digitale, intelligemment menée , peut représenter un progrès dans la transmission plus efficace de certains  savoirs et un moyen de résoudre en partie la démotivation constatée des élèves.
     Mais quand le numérique tend à devenir une quasi-religion, le saint  Graal qui va régler les problèmes, alors là...
            L'évangélisme digital a ses limites et l'idée de programmation pour tous , nouvelle marotte en vue rue de Grenelle, est discutable, parce que largement irréaliste.
                   L'illusion technologique risque de nous mettre sur la voie de l'abandon des missions essentielles de l'école (qui devrait rester centrée sur la maîtrise de la langue, une bonne culture générale, un esprit critique aiguisé) ), victime de la technolâtrie ambiante. 
 « L’e-learning valorise certaines formes sur d'autres, les élèves les plus autonomes, les enseignements dont les acquis peuvent être validés par des exercices simples et progressifs et ceux qu'on peut le plus facilement mesurer. Ce qui ne représente pas toute la palette éducative. »
        Il faut savoir raison garder:
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                                             " ...L'e-learning a 'également d'autres) limites : il nécessite entre autres que l'ensemble du territoire soit connecté et bénéficie du haut débit. De plus, les méthodes d'enseignement en ligne ne sont pas adaptées à tous les élèves : 
      « L’e-learning valorise certaines formes sur d'autres, les élèves les plus autonomes, les enseignements dont les acquis peuvent être validés par des exercices simples et progressifs et ceux qu'on peut le plus facilement mesurer. Ce qui ne représente pas toute la palette éducative. »
        Un avis que partage Jean-Michel Fourgous, ancien député des Yvelines, et auteur du rapport « Apprendre autrement à l'ère numérique : »         « Le risque est d’accentuer les inégalités entre les étudiants et de favoriser ceux issus des milieux les plus favorisés qui possèdent ces « compétences de base.
 Autre limite majeure de l’’e-learning : il ne peut en aucun cas devenir une alternative au présentiel, notamment dans l'enseignement supérieur qui nécessite des professeurs de haut niveau et des compétences plus facilement transmissibles lors d’une relation professeur/élève dans une salle de classe : 
« L'e-learning  est devenu un lieu commun qui fait oublier un élément essentiel : ce que c'est qu'apprendre, en particulier à l'université » explique Bruno Duvauchelle, formateur-chercheur au Centre d'études pédagogiques sur l'expérimentation et le conseil. 
      Ce à quoi Serge Soudoplatoff, enseignant, chercheur, entrepreneur, responsable de la rubrique politique2.0 à Fondapol, ajoute :
« Rien ne remplace un bon enseignant. La formation de haut niveau nécessite des professeurs de grande qualité et des interactions proches. »
L'e-learning doit donc s’appréhender comme un outil dont il est impératif que les méthodes, adaptées à l'apprentissage à distance, se conjugue avec un enseignement en classe, et une relation humaine. Comme l'explique François-Afif Benthanane, fondateur de la Web@cadémie : 
      « L’éducation reste avant tout une affaire d’échanges interpersonnels. La qualité des relations humaines entre les professeurs et les élèves reste le moteur central de l’apprentissage. »
Michel Dupuis, professeur des universités à l'Université de Lille Nord partage le même avis : 
   « Les outils numériques d’enseignement ont l’immense mérite d’abolir les distances physiques, mais ils ne doivent pas creuser un fossé relationnel entre les individus.  
L’e-learning est une chance et offre donc des opportunités considérables pour un meilleur apprentissage. Mais il faut agir vite :
    « Le monde éducatif ne peut pas vivre en dehors de la société et subir éternellement la modernité. Des tas de trains sont passés à quai et on se gargarise de grands mots et de plans » raconte Alexis Mons, directeur général d'Emakina.fr.
Devant l'immense chantier qui attend l'éducation pour s'adapter au 21ème siècle, Dominique Sciamma, Directeur adjoint du Strate College Designers, en appelle même à dépasser le concept d'e-learning pour innover davantage :
         « Il y a un danger réel à voir les anciennes pratiques se vêtir d’habits nouveaux pour survivre. La E-Labelisation est de ce point de vue un danger mortel qui voit des acteurs et des modèles dépassés se remettre en selle en se numérisant en façade, en se contentant de mettre un nouveau nom sur un vieil objet. E comme « Emplatre » sur une jambe de bois ? ».

             _________-  Les tablettes au collège, la fausse bonne idée de François Hollande _______

mercredi 5 novembre 2014

Tablettes en question

 Vers un ordre digital, un tsunami numérique à l'école?
                                                                                               Récemment, E.Davidenkoff se penchait dans l'Express sur l'impasse de la tablette, en contestant le plan pour le numérique annoncé par F.Hollande. Il signalait que les pontes de la Silicon Valley inscrivent leurs bambins dans des écoles privées hors de prix où "ils ne toucheront pas un clavier avant l'âge de 13 ans", persuadés que "le bon usage du numérique découle de compétences qui s'épanouiront mieux loin des écrans."
   Et s'ils avaient tout compris? Privilèges mis à part, n'y a-t-il pas dans cette remarque un grain de bon sens?
         L'Etat va dépenser 700 millions d'euros pour le plan numérique à l'école. Un nouveau Gross Plan, qui risque d'être un fiasco.
   Une aubaine pour les fabricants de tablettes...Hollande, comme Président de conseil général, avait  naguère lancé un plan Ordicollège, très critiqué à l'époque par l'inspection générale de l'EN.
        Mais on peut reprocher à Davidenkoff de manquer de cohérence et de critiquer aujourd'hui ce qu'il vantait hier, allant jusqu'à défendre les mérites du e-learning généralisé:
     « Là où vous devez aujourd’hui payer chaque année des enseignants pour délivrer des cours magistraux à des amphis de quelques centaines d’étudiants, vous pourrez demain pour le même prix délivrer ces cours à un nombre potentiellement infini d’étudiants. Le coût de production de la matière première va chuter. Il en va de même pour une autre tâche chronophage : la correction et l’évaluation. […] Il va falloir admettre qu’une machine peut réaliser de manière autonome un travail qui requiert, de l’avis commun, une intervention humaine. »
    Et voilà, clairement exprimé, le rêve utopique d'une technologie miraculeuse au service d'une industrie très rentable, qui n'avoue pas ses objectifs: faire d'abord son beurre...
            Les moocs devaient même servir à repenser le secondaire :
« Imaginez un instant les formidables gains de productivité qu’elles pourraient permettre. Si, dans un collège ou un lycée , les savoirs classiques étaient massivement délivrés via les MOOC au lieu d’être transmis face à des classes d’une trentaine d’élèves mobilisant, à chaque fois, un enseignant, le temps ainsi libéré pourrait être intégralement dédié l’accompagnement des élèves et à des activités qui requièrent un enseignant en chair et en os – des travaux pratiques aux sorties scolaires, des exercices oraux aux travaux en petits groupes […], des pratiques artistiques aux activités sportives. » 
      Là, c'est déjà moins déraisonnable... malgré la langage technocratique utilisé.   Le langage entrepreneurial a contaminé les pratiques scolaires.  
            Il est sûr que l'école digitale, intelligemment menée , peut représenter un progrès dans la transmission plus efficace de certains  savoirs et un moyen de résoudre en partie la démotivation constatée des élèves.
     Mais quand le numérique tend à devenir une quasi-religion, le saint  Graal qui va régler les problèmes, alors là...
            L'évangélisme digital a ses limites et l'idée de programmation pour tous , nouvelle marotte en vue rue de Grenelle, est discutable, parce que largement irréaliste.
                   L'illusion technologique risque de nous mettre sur la voie de l'abandon des missions essentielles de l'école (qui devrait rester centrée sur la maîtrise de la langue, une bonne culture générale, un esprit critique aiguisé) ), victime de la technolâtrie ambiante. 
 « L’e-learning valorise certaines formes sur d'autres, les élèves les plus autonomes, les enseignements dont les acquis peuvent être validés par des exercices simples et progressifs et ceux qu'on peut le plus facilement mesurer. Ce qui ne représente pas toute la palette éducative. »
        Il faut savoir raison garder:
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                                             " ...L'e-learning a 'également d'autres) limites : il nécessite entre autres que l'ensemble du territoire soit connecté et bénéficie du haut débit. De plus, les méthodes d'enseignement en ligne ne sont pas adaptées à tous les élèves : 
      « L’e-learning valorise certaines formes sur d'autres, les élèves les plus autonomes, les enseignements dont les acquis peuvent être validés par des exercices simples et progressifs et ceux qu'on peut le plus facilement mesurer. Ce qui ne représente pas toute la palette éducative. »
        Un avis que partage Jean-Michel Fourgous, ancien député des Yvelines, et auteur du rapport « Apprendre autrement à l'ère numérique : »         « Le risque est d’accentuer les inégalités entre les étudiants et de favoriser ceux issus des milieux les plus favorisés qui possèdent ces « compétences de base.
 Autre limite majeure de l’’e-learning : il ne peut en aucun cas devenir une alternative au présentiel, notamment dans l'enseignement supérieur qui nécessite des professeurs de haut niveau et des compétences plus facilement transmissibles lors d’une relation professeur/élève dans une salle de classe : 
« L'e-learning  est devenu un lieu commun qui fait oublier un élément essentiel : ce que c'est qu'apprendre, en particulier à l'université » explique Bruno Duvauchelle, formateur-chercheur au Centre d'études pédagogiques sur l'expérimentation et le conseil. 
      Ce à quoi Serge Soudoplatoff, enseignant, chercheur, entrepreneur, responsable de la rubrique politique2.0 à Fondapol, ajoute :
« Rien ne remplace un bon enseignant. La formation de haut niveau nécessite des professeurs de grande qualité et des interactions proches. »
L'e-learning doit donc s’appréhender comme un outil dont il est impératif que les méthodes, adaptées à l'apprentissage à distance, se conjugue avec un enseignement en classe, et une relation humaine. Comme l'explique François-Afif Benthanane, fondateur de la Web@cadémie : 
      « L’éducation reste avant tout une affaire d’échanges interpersonnels. La qualité des relations humaines entre les professeurs et les élèves reste le moteur central de l’apprentissage. »
Michel Dupuis, professeur des universités à l'Université de Lille Nord partage le même avis : 
   « Les outils numériques d’enseignement ont l’immense mérite d’abolir les distances physiques, mais ils ne doivent pas creuser un fossé relationnel entre les individus.  
L’e-learning est une chance et offre donc des opportunités considérables pour un meilleur apprentissage. Mais il faut agir vite :
    « Le monde éducatif ne peut pas vivre en dehors de la société et subir éternellement la modernité. Des tas de trains sont passés à quai et on se gargarise de grands mots et de plans » raconte Alexis Mons, directeur général d'Emakina.fr.
Devant l'immense chantier qui attend l'éducation pour s'adapter au 21ème siècle, Dominique Sciamma, Directeur adjoint du Strate College Designers, en appelle même à dépasser le concept d'e-learning pour innover davantage :
         « Il y a un danger réel à voir les anciennes pratiques se vêtir d’habits nouveaux pour survivre. La E-Labelisation est de ce point de vue un danger mortel qui voit des acteurs et des modèles dépassés se remettre en selle en se numérisant en façade, en se contentant de mettre un nouveau nom sur un vieil objet. E comme « Emplatre » sur une jambe de bois ? ».
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-  Les tablettes au collège, la fausse bonne idée de François Hollande
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