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vendredi 9 août 2024

Dans le même bateau

Déclin silencieux. _Bientôt plus d'insectes?

                              Qui s'en soucie vraiment? Et pourtant, l'effacement discret mais rapide de nombreuses espèces d'insectes autour de nous devrait nous inquiéter. Ce n'est pas seulement le déclin des pollinisateurs qui pose problème. "...Les chiffres sont sans appel  les populations d’insectes ont diminué de 70 à 80 % dans les paysages européens mixtes agro-industriels, comme le montrent de nombreuses études menées durant ces dix dernières années. Pourtant, malgré les signalements de la communauté scientifique, le déclin des insectes est encore négligé voire douté dans la société. Force est de constater que les insectes ne suscitent pas le même intérêt que les grands mammifères ou les arbres. Trop souvent perçus comme indésirables, les insectes sont rarement la cible d’actions de préservation. Mis à part l’abeille domestique prisée pour son miel, on méconnaît le rôle essentiel des insectes qui sont pourtant des maillons clés de la bonne santé des écosystèmes. On méconnaît aussi la diversité de  cette grande famille apparue il y a 400 millions d’années et qui représente 80% des espèces animales. Nous pensons surtout aux espèces jugées nuisibles, que nous trouvons toujours trop abondantes dans notre environnement..."



_____ On n'en parle pas assez...Jusqu'au jour où...on n'en parlera plus.
          Ce ne sont pas les insectes qui sont une menace, mais leur disparition rapide, trop rapide.
    Même si certains sont considérés, parfois à tort, comme  véhicules de maladies ou de désagrément.
 Certains disent: il faut en finir avec les insectes. Enfin ceux qui restent.... Ces bestioles qui piquent, qui grignotent, qui puent, qui grimpent...les cafards et autres nuisibles.
    Nous ne les voyons trop souvent, sauf exception, comme inutiles ou dangereux.
 Même si leurs fonctions ne sont pas toujours claires, nous les connaissons mal. La plupart ont un rôle positif dans la biodiversité.

   Notre rapport aux insectes, dont nous ne comprenons pas souvent la fonction ou l'utilité est le plus souvent à revoir. 
   Il n'y a pas que les "gentilles" abeilles...ou la commune fourmi.
 En tous cas la plupart des espèces disparaissent à grande vitesse pour des raisons aujourd'hui mieux connues
  Les conséquences sont redoutables et le seront de plus en plus.
          Le déclin alarmant des insectes dans le monde, mis en évidence par plusieurs études récentes, a trouvé un écho considérable dans les médias et suscité l’émotion du public. Mais les espèces d’insectes généralement choisies pour illustrer cette extinction de masse sont principalement « esthétiques » (libellules, papillons, etc.) ou d’utilité reconnue (pollinisateurs ou coccinelles par exemple).  Bref, des espèces qui disposent d’un fort capital de sympathie, et qui restent à leur place, c’est-à-dire dehors : nous sommes prêts à leur offrir l’hôtel, mais dans le jardin, pas à la maison.  Cette prise de conscience de l’insecte comme ayant droit de la biodiversité ne s’accompagne pas d’un changement de son statut. Le moins que l’on puisse dire est que notre perception des « arthropodes » – très grand groupe qui contient notamment les insectes, les araignées, les scorpions et les scolopendres – est ambiguë.
  Les campagnes de sensibilisation arrivent bien tard. Les alertes ne manquent pas, qui font le lien avec la raréfaction de oiseaux, en mal de nourriture.
  La culture intensive et ses produits phyto-sanitaires avec l'appauvrissement des sols qui l'accompagne est évidemment montrée du doigt.
            "...Quelque 86 % de papillons monarques en moins en Californie et 76 % d'insectes volants en moins au cours des trois décennies écoulées en Allemagne. Des abeilles en difficulté. Depuis quelques années, les observations scientifiques pouvaient laisser craindre le pire. Aujourd'hui, un rapport confirme le déclin généralisé des populations d'insectes à travers le monde. Selon ces chercheurs qui ont compilé 73 études menées sur 40 ans, plus de 40 % des espèces d'insectes sont en déclin dans le monde et un tiers des espèces sont en voie de disparition« Cela se passe à une vitesse incroyable. Dans 100 ans, tous les insectes pourraient avoir disparu de la surface de notre planète, s'inquiète Francisco Sanchez-Bayo, biologiste à l'université de Sydney (Australie). Si ce déclin ne peut pas être enrayé, cela aura des conséquences catastrophiques pour les écosystèmes de la planète et pour la survie de l'humanité. »    Car les insectes, s'ils ont toujours un peu mauvaise presse, apparaissent pourtant indispensables à la pollinisation des plantes. Ils savent aussi recycler les nutriments. Et ils servent de nourriture de base à un certain nombre d'autres animaux comme les oiseaux, les reptiles, les amphibiens ou encore les poissons..."
  Une espèce sur huit est directement menacée...
               Nous ne le savons pas assez: nous sommes tous dans le même bateau...___________________________

jeudi 10 juin 2010

Erreurs de la rigueur

Zône dangereuse !

L'austérité généralisée menace la reprise et l'union européenne

-Un serpent qui se mort la queue...

__La zone euro risque la stagflation

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[voir les dessins de Hub]
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-Rigueur: un mot qu'on ne veut pas prononcer(pour rassurer les marchés et tromper l'opinion)...
malgré les rideaux de fumée:
«J'accepte bien volontiers les conseils d'où qu'ils viennent; quant aux critiques, c'est la règle de la démocratie. Mais quand on voit que la France aura la plus petite récession des pays européens et repart plus fort et avant les autres, on doit quand même honnêtement se dire que la politique économique conduite y est pour quelque chose», a déclaré N. Sarkozy le 1er décembre, à La Seyne-sur-Mer (Var)

-"Les gouvernements européens sont sur la corde raide et vont y demeurer. Divisés entre eux, ils tentent de préserver ce qui peut l’être d’une Europe dont ils ne peuvent plus économiquement se passer, tout en ne sachant plus vers où la diriger.
Repliés dans leurs frontières nationales, ils se sont trouvés un rôle – car il faut bien exister – en adoptant une posture de cost-killers, à l’image de ces bons gestionnaires à la réputation usurpée qui sévissent dans les entreprises. Mais ils savent en leur for intérieur qu’ils vont rapidement atteindre à ce jeu la limite de ce qui est politiquement et socialement tenable, et que les mesures d’austérité qu’ils engagent ou étudient encore ne feront pas le compte à l’arrivée."(F.Leclerc)

____________- "On a préféré creuser les déficits publics pour favoriser des organismes dont les opérations spéculatives sont le cancer de l'économie réelle. On a voulu sauver l'économie virtuelle en condamnant l'économie réelle. On a voulu sauver les petits amis de la haute banque, souffreteux de leurs actifs toxiques, en intoxiquant les Etats eux-mêmes.
Pourquoi n'y-a-t-il pas de réforme des pratiques spéculatives des banques ?Il est impossible de réformer puisque nous sommes dans un système de mondialisation. Ou tout le monde réforme, ou l'on ne fait rien ! Conclusion on ne fait rien, mais on assure le citoyen que l'on travaille à réformer la finance..;ce qui demandera beaucoup de temps. Dans le même temps, les grandes personnalités du pays, qui ont bafoué les règles de la démocratie en imposant le Traité de Lisbonne contre la volonté des urnes, se fichent totalement de préserver le pays de la crise sociale qui va frapper".
(Millésime)

-Comment sortir du piège dans lequel s'enferme l'Europe?
__________-L'austérité joue contre la solidarité
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-L'inquiétante radiographie de la politique d’austérité :
"Nicolas Sarkozy s'est bien gardé d'user du mot de rigueur. Et plus encore de celui d'austérité. Au fil de ces derniers jours, cela ne fait pourtant plus aucun doute: c'est bel et bien à un plan d'austérité que travaille le gouvernement. On en avait eu un premier indice, avec la baisse drastique annoncée des dépenses sociales; on en a aujourd'hui la confirmation avec l'annonce d'un dispositif d'économies sans précédent qui va frapper les enfants en maternelle, dans le primaire et en collège.
__Comme le gouvernement ne distille les mauvaises nouvelles de ce plan d'austérité qu'au compte-gouttes et s'applique à chaque fois à ne pas en présenter toutes les conséquences, il faut prendre le temps de le décrypter. Et puis aussi cerner les mensonges qui sont avancés pour justifier ce plan drastique de réduction de la dépense publique. Car des mensonges, on en décompte à foison sur le supposé train de vie dispendieux de l'Etat; sur la responsabilité prétendue de la crise dans l'implosion des finances publiques...
__Reprenons donc les choses, telles que le gouvernement les a présentées à l'issue de cette conférence sur les déficits. Ce jour-là, on a appris que le chef de l'Etat avait confirmé son objectif de ramener le déficit public français à 6% du produit intérieur brut (PIB) en 2011 et 4,6% en 2012 puis 3% en 2013; et qu'il souhaitait inscrire une règle dans la Constitution de sorte que les gouvernements prennent des engagements à l'avenir sur «une trajectoire de déficits».
__De son côté, le premier ministre, François Fillon, avait annoncé quelques jours plus tôt (voir notre article Et maintenant l'austérité!) les consignes qu'il avait adressées aux membres du gouvernement dans sa traditionnelle «lettre de cadrage budgétaire», en vue de la préparation du projet de loi de finances pour 2011. A cette occasion, on avait ainsi appris que pour ce budget de l'Etat de 2011, les dépenses de fonctionnement de l'Etat diminueront de 5%.
__On avait aussi découvert que la loi de programmation à laquelle l'Elysée et Matignon travaillent pour

la période 2011-2013 prévoira un gel en valeur des dépenses de l'Etat tout au long de ces trois années, c'est-à-dire une baisse en volume, compte tenu de l'inflation prévisible (1,5% en 2011, puis 1,75% en 2012 et 2013). Mais, dans le lot des dépenses de l'Etat, il y en a qui sont incompressibles: la charge de la dette par exemple ou celle des retraites publiques. La baisse en volume des dépenses sera donc, en pratique, beaucoup plus violente. Les dépenses de fonctionnement devront ainsi baisser, selon François Fillon, de 10% d'ici à 2013.Matignon avait aussi, dans la foulée, distillé des indiscrétions en direction de la presse économique pour indiquer qu'il entendait poursuivre la politique de réduction des effectifs de la fonction publique, avec la norme guillotine de non-remplacement de un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Aux quelque 100.000 postes déjà supprimés depuis 2007, viendront donc s'ajouter environ 34.000 nouvelles suppressions par an, au cours de chacune des trois prochaines années...
__Mais ensuite, de nouvelles indiscrétions ont filtré (voir notre article Bonjour l'austérité! Adieu la reprise! Au diable le social!). On a ainsi appris que parmi les mesures d'austérité budgétaires envisagées pour les trois prochaines années, les dépenses sociales seraient au premier chef concernées, dont les dépenses qui profitent au plus démunis, comme l'Aide pour le logement (APL), le Revenu de solidarité active (RSA) ou encore l'Allocation pour adulte handicapé (AAH). Matignon a en effet confirmé que le gouvernement envisage de réduire aussi de 10% sur la même période ces dépenses d'intervention de l'Etat, qui regroupent notamment toutes les aides sociales de l'Etat.
__Sur le moment, la mesure a suscité l'émotion dont on se souvient. Car la récession de 2009 n'a pas fini de faire sentir son onde de choc sur le marché du travail, avec en perspective une hausse du chômage qui ne devrait pas s'interrompre au cours des prochains mois, et une sortie par centaines de milliers de gros contingents de chômeurs des systèmes ordinaires de protection sociale. Depuis plusieurs mois, on sait donc que 2010 sera l'année, en France, d'un grave séisme social. Or, c'est dans cette conjoncture sociale très déprimée que l'Etat choisit de faire de lourdes économies sur les derniers filets de protection sociale.
__En cette fin du mois de mai, il est donc apparu de plus en plus évident que, par-delà toutes les arguties, l'austérité pointait le bout de son nez dans la politique économique de N
icolas Sarkozy....
__Bref, le plan d'austérité a pour effet de relancer le débat sur l'Etat et ses missions. Lourde question: pour contenir les déficits, faut-il couper à la hache dans les dépenses publiques ou faut-il agir avec plus de discernement, pour ne pas remettre en cause des missions de première importance?La question prend d'autant plus de relief que pour justifier cette politique d'économies à marche forcée, le gouvernement est obligé d'entonner le vieux refrain, cher aux ultras du libéralisme: l'Etat vit au-dessus de ses moyens....
__La crise a bon dos pour expliquer l'envolée des déficits publics, et donc l'actuel plan d'austérité. La politique irresponsable de baisse ininterrompue des impôts y est aussi pour beaucoup, puisque en à peine plus de dix ans, elle a contribué à gonfler la dette publique de près de 20 points de PIB.
__Passé inaperçu dans le débat public, ce dernier chiffre donné par le rapport a une importance considérable. Il a valeur de réquisitoire: organisées essentiellement au profit des plus hauts revenus, les baisses d'impôt de ces dernières années ont poussé les finances publiques françaises à la ruine.
__Conclusion, sans du tout forcer le trait: si les enfants des écoles et des collèges sont gravement menacés par le plan d'austérité en préparation, c'est aussi parce que Nicolas Sarkozy, dans la foulée de ces prédécesseurs, a multiplié les cadeaux fiscaux, au profit d'abord des plus fortunés.
"

-L’actualité de la crise: la corde raide:
"...L’adoption d’un remède unique à des situations nationales très diverses en Europe – la crise qui s’est installée dans la région ayant en réalité des particularités et des manifestations très différentes d’un pays à l’autre – est l’expression même du désarroi qui règne dans les sphères dirigeantes, lesquelles tentent de se raccrocher à une situation connue, répondant par la seule solution qu’elles ont sous la main.
___Fâcheusement, les gouvernements ont adopté une stratégie qui, au lieu de rassurer les marchés, son objectif déclaré, ne fait que les inquiéter davantage. Aux flous initiaux exprimant des divergences entre eux succèdent de nouvelles incertitudes, que ce soit à propos des mécanismes de fonctionnement du Fond de stabilité financière et du véhicule spécial qui en est le bras armé, ou bien de la politique d’acquisition de la dette souveraine par la BCE. De semaine en semaine, les montants de ces achats consacrés à la dette grecque et portugaise diminuent, parvenant tout juste à maintenir la hausse de leurs cours
.__Dans une tentative dérisoire de calmer le courroux des marchés, ils réclament toujours plus de sacrifices des pays menacés, tandis que devant cette situation majeure d’incertitude les banques se replient dans leur coquille. Désertant le marché interbancaire, elles continuent de placer chaque soir des capitaux plus importants que la veille dans les coffres de la BCE, seul refuge possible pour elles quand on ne sait pas de quoi sera fait le lendemain. Après les banques grecques, c’est en conséquence au tour des banques espagnoles de rencontrer des problèmes de financement sur le marché. Les banques confirment être le vecteur de la crise, craignant d’en être les victimes. Image parfaite d’un système financier qui se mord le bout de la queue...."
-
Angela Merkel inflige à l'Europe une leçon d'austérité
-La rigueur version allemande, ça donne quoi?
-L'Allemagne retourne à son démon de la rigueur à tout prix
-Espagne : La chute
-La Grande-Bretagne doit s'attendre à "des années de souffrance", prévient Cameron
-Dette: l'écran de fumée de la rigueur

-Les inégalités , à l'origine de la crise:
_______________"Des revenus mal répartis entre salaires et profits, entre les plus riches et les autres : cela provoqua la crise de 1929, comme l’avait si bien analysé Marriner Eccles, qui présida la banque centrale américaine de 1934 à 1948.Or le même diagnostic peut être posé sur la crise actuelle.
__L’OCDE vient d’apporter sa pierre à la démonstration, dans sa plus récente livraison (1). Celle-ci se fait l’écho des travaux de maints économistes, synthétisés par Andrew Leigh.
On y lit que, dans la plupart des pays industriels, le revenu national est partagé de façon de plus en plus inégal depuis le début des années 1980. La rupture coïncide avec ce qu’on a appelé la « révolution conservatrice » : moins d’impôts, moins d’Etat.Et depuis lors, dans la plupart de ces pays, le « Top 1 % »
______- les 1 % les plus riches - accapare une part sans cesse croissante du revenu national, jusqu’à approcher la proportion atteinte en 1928. C’est particulièrement net aux Etats-Unis, où le « Top 1 % » a doublé sa part en une vingtaine d’années. Celle-ci atteignait 16,1 % du revenu national en 2004 et tout indique qu’elle a encore grossi depuis.Part des revenus avant impôts perçue par les 1 % les plus riches aux Etats-Unis :(http://dechiffrages.blog.lemonde.fr)...
__Notons d’ailleurs que tout en haut de l’échelle, au « top du top », le millième des Américains les plus riches se partageaient en 2004 près de 7 % du revenu national. A peine moins qu’en 1928.Le « Top 1 % » était sur la même pente au Royaume Uni jusqu’en 2000, mais les statistiques s’arrêtent là. Le même phénomène apparaît en Australie, au Canada, en Irlande, en Nouvelle Zélande (Il est beaucoup moins net en France, en Allemagne et au Japon). On devrait cette évolution, dans une proportion d’un tiers à la moitié, à la baisse des taux d’impôts en haut de l’échelle des revenus, selon Atkinson et Leigh. Qui vante encore les bienfaits du « bouclier fiscal » ?
__Un autre facteur d’inégalités est presque partout à l’œuvre. C’est la diminution de la part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises. Entre 1980 en 2006, elle est tombée de 67 % à 57 % en moyenne, dans les quinze pays les plus riches de l’OCDE.Part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises, dans les 15 pays les plus riches (:http://dechiffrages.blog.lemonde.fr)...Une chute de dix points, mesurée en France, en Allemagne, en Italie, au Japon, en Finlande, en Grèce, aux Pays-Bas, en Espagne et en Suède, un peu moindre en Autriche et en Belgique. La chute est d’à peine cinq points aux Etats-Unis, où le regain de croissance de l’ère Clinton a ranimé les salaires. Elle est curieusement insoupçonnable au Royaume Uni, une énigme statistique.Part des salaires dans la valeur ajoutée en France( :http://dechiffrages.blog.lemonde.fr)...
Dix points de PIB, cela représente en France 160 milliards d’euros.N’aurait-il pas mieux valu les consacrer à la masse salariale, plutôt que de les voir partir en fumée dans le krach ?Il y avait de quoi envisager autrement la question des retraites et celle du déficit de l’assurance maladie.Quant aux syndicalistes, ils peuvent commencer à roder un nouveau discours revendicatif :« Patron, si nous réclamons une forte augmentation des salaires, ce n’est pas tellement pour nous. C’est pour vous éviter de perdre la moitié de votre fortune dans un krach. »Jean-François Couvrat. (BA)

(1) « Croissance et inégalités – Distribution des revenus et pauvreté dans les pays de l’OCDE ».

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-Rigueur: pour qui?___-Crise: raisons de la colère___-Europe vassalisée___-Dans le même bateau__- Vertueuse Allemagne?__-_Espagne en difficulté___-Retraites : préparer les esprits

vendredi 30 janvier 2009

DAVOS: désenchantement...


La fête est-elle finie au club des puissants
?



Morosité à DAVOS , club de la pensée unique.
Certes, ce n'est pas le groupe fermé de Bilderberg, mais ce haut-lieu de l'intégrisme néo-libéral, forum d'échanges d'idées , d'influences et centre d'affaires, reste une opération commerciale hautement symbolique
Changement de ton cependant, crise oblige...
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-Au terme de sa première journée dans la station suisse, Jean-Pierre Lehmann, professeur à l'IMD à Lausanne, confiait ce jeudi à LEXPRESS.fr son sentiment d'assister à "une déroute intellectuelle et émotionnelle". "On a un peu l'impression d'être au milieu d'une congrégation qui vient d'apprendre que son Dieu n'existe pas", poursuit-il.
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-Tim Weber évoque même un participant pour qui la prochaine décennie sera, au mieux, une décennie de faible croissance: "Gulp"... D'autres thèmes ont aussi la cote dans les ateliers, comme le retour de l'Etat. "J'ai participé à un brainstorming où on demandait aux participants quelle était la cause principale de la situation actuelle, confie Jean-Pierre Lehmann. Et c'est l'absence de régulation qui a été la plus citée, par 40% des gens. C'est incroyable d'être à Davos et d'entendre que les gouvernements doivent intervenir davantage!"
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La réunion n'a plus la cote et prête le flanc a de sévères critiques....
Le Forum économique mondial n'est même qu'un "café du commerce", affirmait mardi dans la presse helvétique Jacques Attali. Selon l'ancien conseiller de François Mitterrand, "les gens se rencontrent là-bas pour coordonner leurs agendas, planifier des rencontres ou faire du réseautage. [...] Il ne faut y voir rien de plus qu'une machine à café mondiale où des gens se rencontrent, bavardent, se serrent la main, échangent des tuyaux et s'en vont". "Davos est surtout une opération commerciale, très efficace et très réussie, où il faut payer pour participer et les places sont très chères", ajoutait jacques Attali, précisant cependant saluer "le génie" de son fondateur Klaus Schwab."
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A Davos, "une déroute intellectuelle et émotionnelle":

"...Le Forum annonce un nombre de participants record - près de 2500. Mais les absences pèsent lourd... Un grand nombre de banquiers n'ont même pas été invités, comme les PDG de Goldman Sachs et de Citigroup. Quant à John Thain, l'ancien patron de Merrill Lynch, récemment licencié par Bank of America, il a été rayé de listes à la dernière minute.Bill Clinton, Paolo Coelho, Mohammad Yunus, mais aussi Gordon Brown et Angela Merkel... Davos a quand même ses stars (Pour avoir la liste complète des participants, c'est ici). Mais certains ne sont pas à proprement parler les plus fidèles avocats du système capitaliste. Le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, et Vladimir Poutine, son homologue russe, se sont ainsi taillé un beau succès en pointant notamment la responsabilité de la finance occidentale dans le déclenchement de la crise qui secoue le monde. Tout cela devant une salle comble, comme si l'heure était au mea culpa..."
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Davos, bastion de l'intégrisme économique

Le World Economic Forum (WEF) de Davos est essentiellement une bourse de contacts parfaitement organisée, dont les banquets constituent les moments privilégiés. Le "hasard" de la disposition des places autour d’une table peut se transformer en contrat de plusieurs millions. Klaus Schwab, le président du Forum, est réputé pour savoir faire se rencontrer les dirigeants d’entreprises selon leurs affinités réciproques. ...Depuis quelques années, le Forum devenu une pièce centrale dans l’édifice de la mainmise capitaliste sur le monde. Schwab, non sans raison, est fier de pouvoir déclarer que le Forum est le centre du pouvoir parce qu’il a su réunir les décideurs économiques et politiques, en même temps que des représentants de l’ONU, de la Banque mondiale, du FMI ou de l’OMC. La Fondation créée par Schwab est active toute l’année et sur les cinq continents. Elle joue le rôle d’interface entre la globalisation du marché et les gouvernements. Les ONG et autres représentants de la société civile ne peuvent que se faire phagocyter s’ils se risquent à participer à ces joutes capitalistes, quelle que soit leur "attitude critique".Le World Economic Forum (WEF)est un club dans lequel chaque membre verse une cotisation annuelle de $12 500 ($15 000 pour les banques). Pour faire partie du club, une compagnie doit démontrer vendre pour au moins 1 milliard de dollars annuellement, et les banques, contrôler au moins 1 milliard de dollars en capital. Il y a en fait différentes catégories d’appartenance à la fondation. Par exemple, le Global Growth Companies regroupe les entreprises particulièrement rapides dans leur croissance ; le Regional Membership permet l’intégration d’entreprises qui représentent un intérêt stratégique particulier dans une région spécifique, les "knowledge partners", principalement des consultants de la finance, ou les "institutional partners", comme Sun Microsystem Inc. Ces derniers versent annuellement $250 000 en plus de la cotisation normale. Les entreprises qui envoient un administrateur au sommet annuel s’acquittent, en plus de la cotisation de membre, d’un billet d’entrée de 9 000 francs suisses (36 000 FF), hôtel et nourriture non compris. Les politiciens sont, quant à eux, gracieusement invités. Les journalistes sont triés sur le volet.Le WEF représente un tel lobby - les 1000 plus grandes multinationales - que c’est lui, en fait, qui impose ses directives aux sous-fifres politiques, même lorsque ceux-ci sont démocratiquement élus. Mais les maîtres du monde ne contrôlent pas seulement le politique ; les médias, les technologies et même la culture et l’art font partie des cibles stratégiques...."

-En direct de Davos
-Pour les leaders de Davos, l’année 2009 est déjà perdue:
Wen Jiabao, professeur de Singapour résume la situation : « Nous sommes tous dans le même bateau. Chaque pays est une cabine et les gouvernements sont soucieux de ce qui se passe dans leur cabine. Mais personne ne s’inquiète de savoir où va le bateau. »
- Davos hors-piste, – à la dérive

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Gauchet: «Le communisme rendait fou, le néolibéralisme rend stupide»---Scepticisme sur la capacité des politiques à assurer une régulation:

« Il faut tordre le coup à un canard journalistique : cette crise marquerait un retour du politique ! Il n’y a aucun retour du politique. Le politique a été pris en otage par les financiers qui sont venus lui mettre le marché en main : on saute tous ou vous faites quelque chose. Et ce quel qu’en soit le prix. On voit que le prix augmente tous les jours…Nous avons assisté à un appel au secours désespéré du politique, cela n’a rien à voir à un retour du politique.
... Le politique n’a aucune idée de ce qu’il faut faire. Il agit à très courte vue pour colmater les brèches et boucher les trous, sans aucune vision ne serait-ce qu’à très moyen terme. Il y a bien l’horizon magique de la régulation, qui règlerait tout, mais c’est une incantation. La mondialisation économique a été faite pour contourner tout système de règles, c’est son principe. Vouloir réguler la mondialisation, c’est vouloir construire un cercle carré. Il y a très peu de chances que nous assistions à ce genre de choses dans les mois prochains »....


samedi 12 juin 2021

Il n'y a pas que les ours blancs

 Le respect de la nature,

           Ce n'est pas l'expression d'un vague romantisme rousseauiste, même si l'admiration vis à vis de la richesse des sensations qu'elle nous offre et la profondeur de ses ressources infinies peuvent être aptes à nous émouvoir à certains moments. Nous en sommes une partie et nous sommes capables de vibrer avec ses forces profondes, de la manière la plus charnelle. Elle est une matrice, pas un tableau.                                                                                         La nature n'est pas un décor, ni un spectacle. L'écologie , ce n'est pas seulement le sort des ours blancs, sur lesquels on attire souvent nos regards compassionnels. Elle conditionne notre vie, dans des détails que nous ne ne soupçonnons guère. C'est toute la biodiversité qui façonne notre vie et celles des générations futures.  .. Nous sommes tous dans le même bateau, que nous le sachions ou pas. .Même la vie microbienne est fondamentale, vitale. Tout forme système. Dans les égards à l'égard de la nature dans toutes ses composantes, c'est notre sort qui est en jeu.                                              _____Il fut un temps où, depuis la fin de la guerre et les campagnes de démoustication de l'armée américaine, les insectes de toutes catégories n'avaient pas bonne presse, jusqu'à une période récente, où les premières alertes furent lancées.   Et si les petites bêtes qui piquent, qui souillent les pare-brises des voitures  n'étaient pas si inutiles que cela, malgré les gênes parfois occasionnées?

    
Une abeille peut piquer, mais qu'est-ce au regard de sa fonction fondamentale dans la pollinisation, comme l'avait déjà suggéré Einstein?         Il a fallu du temps pour prendre conscience de l'importance vitale du foisonnement et de la variété des insectes dans le cycle de la vie, de la chaîne alimentaire. On s'en compte bien tard, quand on constate la baisse sensible du nombre  des oiseaux, la régression de leur population. Un cycle se dégrade à grande vitesse, qui ne manque pas d'inquiéter les spécialistes. Les causes sont aujourd'hui bien connues.       Les insectes sont plus que nos alliés, sont plus que de fantastiques objets d'études. Malgré les inconvénients qu'ils apportent parfois. Ils présentent un monde foisonnant et fascinant. Le plus riche en espèces.

   _________Les insectes du monde entier  sont en voie d’extinction, menaçant d’un « effondrement catastrophique des écosystèmes naturels », s’est alarmé, fin janvier, la revue scientifique mondiale Biological Conservation. Plus de 40 % des espèces d’insectes sont en déclin et un tiers sont menacées, selon les chercheurs. Leur taux de mortalité est huit fois plus rapide que celui des mammifères, oiseaux et reptiles. Au cours des trente dernières années, la masse totale des insectes existant dans le monde a diminué de 2,5 % chaque année.   A ce rythme, s’inquiètent les scientifiques, ils pourraient disparaître d’ici à un siècle. « C’est très rapide. Dans dix ans, il y aura un quart d’insectes de moins, dans cinquante ans, plus que la moitié, et dans cent ans, il n’y en aura plus », a déclaré au Guardian dimanche 10 février Francisco Sánchez-Bayo, de l’université de Sydney (Australie), qui a collecté les données avec Kris Wyckhuys de l’Académie des sciences agricoles à Beijing (Chine). La plupart des études analysées ont été réalisées en Europe occidentale et aux Etats-Unis.
                             "...Encore une étude, une de plus, qui documente et alerte sur la dégradation en cours, irréversible, des écosystèmes naturels. Il est cette fois question de coccinelles, de papillons, de bourdons, de pucerons, de mouches, de criquets, ou encore d’abeilles. D’ici un siècle, selon la revue scientifique Biological Conservation, les insectes pourraient avoir totalement disparu. Le constat des chercheurs est vertigineux : le taux de mortalité de ces êtres minuscules est huit fois plus rapide que celui des mammifères ou des oiseaux. Plus de 40 % des espèces sont déjà en déclin et un tiers sont menacées. La faute à l’agriculture intensive, à la surconsommation de pesticides toujours plus performants pour tuer, mais aussi à l’urbanisation et au changement climatique. Cet effondrement a lieu partout autour du globe. A Porto Rico, où 98 % des insectes ont disparu depuis trente-cinq ans, mais aussi en Allemagne, où 75 % d’entre eux ont disparu dans des zones protégées. Bref, il se déroule juste devant nous, jour après jour. Il concerne les êtres auxquels, d’ordinaire, nous accordons le moins d’attention, invisibles à nos yeux et donc à nos consciences. Des êtres minuscules mais essentiels au bon fonctionnement de tous les écosystèmes, des êtres supposés insignifiants tant ils nous sont impénétrables, mais omniprésents et cocréateurs de notre monde. Car oui, humains, coccinelles, papillons, bourdons, pucerons, mouches, criquets ou abeilles, nous sommes tous dans le même bateau." (W.Zarachowicz)
___Un cercle vicieux redoutable.___


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mardi 9 septembre 2025

Humeur du jour

Ce fut une belle leçon!

                   Mais pas une leçon belge

      Celle que le professeur  béarnais fit hier devant le grand jury de l'Assemblée Nationale. Une performance pour laquelle on lui aurait attribué le Bac avec mention ou même qui lui aurait fait décrocher l'oral de philo.  Une prestation qui méritait une note maximale, selon les nouveaux critères de notation d'aujourd'hui. Une parole convaincante, des arguments éclairés, un bel approfondissement  digne de certains penseurs des Lumières, des citations bienvenues. Bref...un belle leçon de démocratie, pertinente et toute en nuances. Rien  à dire.           ____  Sauf que les propos étaient formels, trop théoriques, que furent passées sous silence les conditions dans lesquelles elle pouvait ou devait s'exercer hic et nunc, dans les conditions concrètes et difficiles d'aujourd'hui. L'ancien professeur avait oublié qu'il n'était pas devant une salle de classe, mais qu'il devait s'employer à articuler les principes et les faits, les conditions  concrètes e l'exercices du pouvoir aujourd'hui, dans la crise que nous vivons. Nous n'attendions pas les beaux principes, mais l'exposé des raisons des dérives d'aujourd'hui et des voies possibles pour les surmonter, en tenant compte des circonstances, des rapports de forces politiques. Bref, en offrant des perspectives crédibles au lieu de culpabiliser les mêmes, en désespérant Billancourt. On attendait du courage et de la lucidité plus que de rhétorique, des beaux principes, fussent-ils fondés par ailleurs... Admirable, mais  à côte de la plaque, aurait dit ma concierge. Rien sur la situation très concrète et très préoccupante que nous vivons, sur les responsabilités concrètes engagées., sur les urgences politiques. Ou des généralités vagues...Battre sa coulpe ne résoudra rien....Le Pau de départ ouvre la porte à l'inconnu...dans un champ de ruines. Même si certains ne sont ps si pessimistes.


                    "...La juriste Carolina Cerda-Guzman, qui propose un chemin démocratique pour élaborer une nouvelle Constitution, analyse pour Mediapart la chute de l’actuel gouvernement. À défaut d’un mouvement citoyen qui émergerait « pour défendre un changement global et cohérent des règles du jeu », elle estime qu’une nouvelle dissolution serait une des moins mauvaises solutions...."   Un coup de poker timoré.             Comme disait quelq'un dans Philosophie Magazine: "Les députés, comme les Français, sont parfaitement conscients du problème posé à notre pays par un « endettement » très largement imputable aux pouvoirs macronistes qui se sont succédé depuis 2017 : la France est passé de 2281 milliards de dette à 3305 milliards !   Les députés devront dire si la voie de résorption de cette dette prônée par Bayrou est acceptable alors qu’elle continuera de ponctionner toujours plus les classes populaires et moyennes en se gardant bien de toucher aux méga-profits des multinationales et au patrimoine exorbitant des grandes fortunes !     Ce n’est pas si clair. Depuis la dissolution de juin 2024, la France n’avance plus. Les Premiers ministres sautent les uns après les autres, notamment parce que le président ne veut pas transiger sur sa politique économique et sociale. La situation est donc bloquée, et il n’est pas certain que de nouvelles élections parviennent à la décoincer, tant la société est divisée sur la marche à suivre. Comme on n’a pas de De Gaulle sous la main, une autre solution est apparue dans les profondeurs du pays : c’est le mouvement “Bloquons tout”. On ne sait pas vraiment d’où il vient, où il va, ni ce qu’il se passera mercredi et les jours qui suivent. Mais en parcourant les sites qui appellent à paralyser l’activité, je me suis aperçu que la démarche était originale.  En préconisant de ne se rendre ni au travail ni à l’école, de ne pas consommer ou utiliser sa carte bancaire, d’installer des marchés de proximité et de troc sur les parkings des grandes surfaces, les initiateurs du mouvement se démarquent des modes d’action traditionnels. Au lieu de se manifester, ils se replient. Au lieu de protester bruyamment, ils font silence. Certes, on assistera à des actions visibles et spectaculaires, car des groupes très divers s’impliquent. Mais le cœur idéologique de l’initiative, qui demeure sans doute sous les radars, consiste à privilégier une méthode de contraception (sociale) par le retrait.  Or ce qui est le plus étonnant, c’est que pour débloquer le pays, engoncé dans des crises sur la résolution desquelles personne ne s’accorde, on commence par le bloquer. Il s’agit d’une forme de confinement volontaire. En 2020-2021, on nous a empêchés de sortir de chez nous – à mon avis pour d’excellentes raisons, mais c’est un autre sujet. Cinq ans plus tard, je crois que nous ne sommes toujours pas guéris de ce que nous avons vécu durant la crise du Covid. Les morts, l’angoisse, la solitude, l’impossibilité de nous embrasser durant des funérailles, les contrôles, les attestations nous ont traumatisés. Le principe fondamental de “Bloquons tout” est là : retournons le stigmate du confinement volontaire. Au lieu de le subir, répétons-le, mais comme une promesse de libération. Je ne sais pas si cela fonctionnera. Je ne pense pas non plus que bloquer l’économie pour faire tomber les banques et la grande distribution soit la bonne solution. Reste que l’idée est audacieuse.        Ce ne sont pas les bloqueurs qui ont inventé cette idée, mais Jean-Jacques Rousseau. L’historien des idées Jean Starobinski l’a analysée, sous le nom de “remède dans le mal”, dans ses ouvrages. De quoi s’agit-il ? De “tirer du mal lui-même le remède qui doit le guérir”, écrit Rousseau dans ses Fragments politiques. Si le mal se fait trop intense, la crise devient inévitable. “Le dernier degré de l’inégalité” entraîne ainsi “de nouvelles révolutions [qui] dissolvent tout à fait le gouvernement ou le rapprochent de l’institution légitime” (J.-J. Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, 1755). Tel est certainement le vœu d’une partie des bloqueurs. Sous une forme moins radicale, le remède dans le mal consiste aussi à tirer des bienfaits de quelque chose qui nous était pénible. Dans sa Lettre à d’Alembert (1758), Rousseau propose ainsi de transformer le théâtre, spectacle artificiel qui sépare des comédiens professionnels et des spectateurs passifs, en fête populaire, à laquelle chacun participe pleinement en restant lui-même. Généraliser le “mal” du théâtre, c’est lui trouver un remède dans la liesse. Dans la même logique, si le confinement devient volontaire, il ne sera plus vécu comme une soumission ou une aliénation, mais au contraire comme une manière de récupérer un peu de son pouvoir d’agir.   Qu’il fasse “floc” ou “pschitt”, le mouvement “Bloquons tout” n’exprime donc pas seulement l’exaspération de la société face au blocage politique et aux difficultés économiques. Il dit aussi que nous n’avons pas encore digéré le seul moment de l’histoire récente où nous étions tous, à nos dépens, sur le même bateau : nos années Covid...."

    __             Nous entrons dans une période crépusculaire.    Fallait pas dissoudre!.....     

             En attendant, les profits s'envolent:       


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mercredi 24 novembre 2021

Des abeilles et des hommes

 Jusqu'à quand?

                  Jusqu'à quand seront-elles en activité, nos fidèles amies silencieuses et laborieuses? Elle se font plus rares depuis des années et cela commence à poser de sérieux problèmes. Pas seulement pour le délicieux nectar qu'elles nous offrent, mais surtout à cause du rôle fondamental qu'elles ont dans la pollinisation des  plantes indispensables à notre alimentation; directement ou indirectement, que ce soit en Chine ou en Europe.  La situation est devenue critique, au point de faire l'objet d'études approfondies et de colloques nationaux ou internationaux. Certains polluants chimiques sont régulièrement mis en question pour expliquer le déclin continu de nos amies des ruches, même si d'autres facteurs doivent jouer, d'ordre climatique et parasitaire.                 ___Le nouveau plan est loin de satisfaire tout de monde, loin de là. Il ne va pas au fond des choses et continue à faire la part belle à l'agrochimie à tout va, qui ne nuit pas seulement aux abeilles,  il n’a été modifié qu’à la marge par rapport à la version présentée en juin. Ménager la chèvre et le choux et tenant compte de puissants lobbies ne résoudra pas la question, vitale pour l'homme. La situation est critique, non seulement pour celui qui en vit. Malgré les mobilisations en cours et les recherches qui s'accumulent. C'est toute l'agriculture "moderne" qu'il faut repenser...

          Il n'y a pas que les abeilles qui sont concernées. C'est tout un monde d'insectes et de vie souvent microscopique en tous genres  qui est affecté.  Ce n'est pas l'expression d'un vague romantisme rousseauiste, même si l'admiration vis à vis de la richesse des sensations qu'elle nous offre et la profondeur de ses ressources infinies peuvent être aptes à nous émouvoir à certains moments. Nous en sommes une partie et nous sommes capables de vibrer avec ses forces profondes, de la manière la plus charnelle. Elle est une matrice, pas un tableau.                                                                                                 La nature n'est pas un décor, ni un spectacle. L'écologie , ce n'est pas seulement le sort des ours blancs, sur lesquels on attire souvent nos regards compassionnels. Elle conditionne notre vie, dans des détails que nous ne ne soupçonnons guère. C'est toute la biodiversité qui façonne notre vie et celles des générations futures.  .. Nous sommes tous dans le même bateau, que nous le sachions ou pas. .Même la vie microbienne est fondamentale, vitale. Tout forme système. Dans les égards à l'égard de la nature dans toutes ses composantes, c'est notre sort qui est en jeu.                                              _____Il fut un temps où, depuis la fin de la guerre et les campagnes de démoustication de l'armée américaine, les insectes de toutes catégories n'avaient pas bonne presse, jusqu'à une période récente, où les premières alertes furent lancées.   Et si les petites bêtes qui piquent, qui souillent les pare-brises des voitures  n'étaient pas si inutiles que cela, malgré les gênes parfois occasionnées?

    
                  Une abeille peut piquer, mais qu'est-ce au regard de sa fonction fondamentale dans la pollinisation, comme l'avait déjà suggéré Einstein?         Il a fallu du temps pour prendre conscience de l'importance vitale du foisonnement et de la variété des insectes dans le cycle de la vie, de la chaîne alimentaire. On s'en compte bien tard, quand on constate la baisse sensible du nombre  des oiseaux, la régression de leur population. Un cycle se dégrade à grande vitesse, qui ne manque pas d'inquiéter les spécialistes. Les causes sont aujourd'hui bien connues.       Les insectes sont plus que nos alliés, sont plus que de fantastiques objets d'études. Malgré les inconvénients qu'ils apportent parfois. Ils présentent un monde foisonnant et fascinant. Le plus riche en espèces.

   _________Les insectes du monde entier  sont en voie d’extinction, menaçant d’un « effondrement catastrophique des écosystèmes naturels », s’est alarmé, fin janvier, la revue scientifique mondiale Biological Conservation. Plus de 40 % des espèces d’insectes sont en déclin et un tiers sont menacées, selon les chercheurs. Leur taux de mortalité est huit fois plus rapide que celui des mammifères, oiseaux et reptiles. Au cours des trente dernières années, la masse totale des insectes existant dans le monde a diminué de 2,5 % chaque année.   A ce rythme, s’inquiètent les scientifiques, ils pourraient disparaître d’ici à un siècle. « C’est très rapide. Dans dix ans, il y aura un quart d’insectes de moins, dans cinquante ans, plus que la moitié, et dans cent ans, il n’y en aura plus », a déclaré au Guardian dimanche 10 février Francisco Sánchez-Bayo, de l’université de Sydney (Australie), qui a collecté les données avec Kris Wyckhuys de l’Académie des sciences agricoles à Beijing (Chine). La plupart des études analysées ont été réalisées en Europe occidentale et aux Etats-Unis.
                             "...Encore une étude, une de plus, qui documente et alerte sur la dégradation en cours, irréversible, des écosystèmes naturels. Il est cette fois question de coccinelles, de papillons, de bourdons, de pucerons, de mouches, de criquets, ou encore d’abeilles. D’ici un siècle, selon la revue scientifique Biological Conservation, les insectes pourraient avoir totalement disparu. Le constat des chercheurs est vertigineux : le taux de mortalité de ces êtres minuscules est huit fois plus rapide que celui des mammifères ou des oiseaux. Plus de 40 % des espèces sont déjà en déclin et un tiers sont menacées. La faute à l’agriculture intensive, à la surconsommation de pesticides toujours plus performants pour tuer, mais aussi à l’urbanisation et au changement climatique. Cet effondrement a lieu partout autour du globe. A Porto Rico, où 98 % des insectes ont disparu depuis trente-cinq ans, mais aussi en Allemagne, où 75 % d’entre eux ont disparu dans des zones protégées. Bref, il se déroule juste devant nous, jour après jour. Il concerne les êtres auxquels, d’ordinaire, nous accordons le moins d’attention, invisibles à nos yeux et donc à nos consciences. Des êtres minuscules mais essentiels au bon fonctionnement de tous les écosystèmes, des êtres supposés insignifiants tant ils nous sont impénétrables, mais omniprésents et cocréateurs de notre monde. Car oui, humains, coccinelles, papillons, bourdons, pucerons, mouches, criquets ou abeilles, nous sommes tous dans le même bateau." (W.Zarachowicz)
___Un cercle vicieux redoutable.__________________