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lundi 20 mai 2013

Drôles de drones

Guerre à distance 
__________________Les drones, ces nouvelles technologies volantes, produits de l'aéronautique et de l'informatique,  peuvent rendre de multiples services civils, être très utiles pour des géographes, pour surveiller un territoire en cas d'accidents majeurs, etc..."Leurs applications civiles incluent les contrôles sur le trafic, la surveillance maritime, les opérations de recherches aériennes et de sauvetage, la récolte de données pour la prévision météorologique ou en environnement difficile (en zone de risque NRBC ; nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique par exemple), le relais d'informations, la prise de photographies aériennes…" (Wiki)
Les drones civils sont promis à un rapide développements.
___Une technologie neutre en elle-même, comme toutes les innovations, mais qui peut être utilisée à des fins destructrices et changer la nature de la guerre et de la perception de la violence. Le développement des drones militaires tactiques, pré-stratégiques ou armés semble tenter beaucoup de pays, pour des raisons d'économie et de coût humain. Paris achète aussi des drones américains 
ou israëliens, pour rattraper son retard._Mais pour quel usage?
Les premiers drones ont été " élaborés pendant la guerre du Viêtnam, puis délaissés à la fin des années 1970, les drones ont poursuivi leur développement en Israël, avant de faire retour vers les États-Unis. Jusqu’au début des années 2000, ils n’étaient que des engins de renseignement, surveillance et reconnaissance. La métamorphose s’est opérée entre la guerre au Kosovo et celle d’Afghanistan. Au Kosovo, le désormais fameux Predator, mis au point par la firme General Atomics, se bornait à filmer et à illuminer des cibles au laser, afin de les désigner aux frappes des avions F16." (Mediapart)
Le président Obama en a fait un moyen personnel d'intervention antiterroriste...entretenant un fol amour pour les drones, une drone-mania très contestée, jugée comme un abus de pouvoir, dans un grand flou juridique.
« Il a promis de fermer Guantanamo, de mettre fin aux interrogatoires coercitifs et aux tribunaux militaires, et de restaurer les principes américains de la justice; pourtant, au cours de son premier mandat, il a fait marche arrière sur chacune de ces promesses, fait monter en puissance la guerre secrète des attaques de drones et les opérations clandestines. En coulisses, les débats déchirants entre « faucons » et « colombes » - ceux qui tueraient par rapport à ceux qui captureraient - a été un test pour le noyau même de l'identité du président. »
__Les drones à usage militaire ont de l'avenir . Ils sont "propres", ne font pas de prisonniers, ne traumatisent pas le tueur à distance, derrière sa console...Déjà, le pilote d'un bombardier US larguant sa cargaison de mort ne voyait jamais le visage d'un Vietnamien...Ici, la guerre devient encore plus abstraite, désincarnée, sans contact physique, sans émotions, une sorte de télétravail à distance...L'ordinateur rendrait la guerre presque clean...Un pas de plus vers la robotisation de la guerre.
Allons-nous vers des types de guerres déshumanisées, si tant est que la guerre puisse être humaine?..
C'est la philosophie de la guerre qui en est modifiée, comme le signale G.Chamayou:
"... Les forces armées américaines disposent de plus de 6 000 drones qui se déploient partout dans le monde, y compris dans des pays qui ne sont pas en guerre. Mais cette « dronisation » d’une part grandissante des forces armées ne constitue pas seulement un bouleversement technologique.
Cet « objet violent non identifié » affecte en effet des notions aussi élémentaires que « celles de zone ou de lieu (catégories géographiques et ontologiques), de vertu ou de bravoure (catégories éthiques), de guerre ou de conflit (catégories à la fois stratégiques et juridico-politiques) », explique Grégoire Chamayou dans son dernier livre...La dronisation de la guerre porte en elle une mutation de la manière de tuer, et des justifications pour le faire, qui ne fait pas seulement trembler le droit international. En permettant à la guerre, d’asymétrique qu’elle pouvait être, de se faire unilatérale et en brouillant la distinction entre combattants et non-combattants, le développement des drones cèle des conséquences vertigineuses, à la fois éthiques, juridiques et anthropologiques. « Plutôt que de se demander si la fin justifie les moyens », le philosophe doit donc se demander « ce que le choix de ces moyens, par lui-même, tend à imposer. »
Outre les bavures signalées sur le terrain, notamment en Afghanistan, la relative imprécision des drones, on peut aussi souligner la complexité et les risques de leur gestion dus notamment à la masse des données numériques à gérer, la surcharge des informations qu'ils induisent.
__"...Outre les frappes de personnalités inscrites sur une kill list approuvée en personne, et oralement, par le président des États-Unis, la majorité des cas où les drones opèrent sont constitués par des « frappes de signatures » : « Signatures pris ici au sens de traces, d’indices ou de caractéristiques définitionnelles. Celles-ci sont dirigées sur des individus dont l’identité demeure inconnue, mais dont le comportement laisse supposer, signale ou signe une appartenance à une “organisation terroriste”. »
Mais, souligne Grégoire Chamayou, « on frappe alors en ce cas sans connaître précisément l’identité des individus ciblés, sur cette seule base que leurs agissements, vus du ciel, dérogent à des normes et des habitudes que les États-Unis associent à un comportement suspect ». Et ce, bien que les formes demeurent imprécises et que l’on cible plutôt des téléphones que des noms, « alors même qu’un nombre croissant de numéros de téléphone de civils non combattants se met à apparaître sur la carte du réseau des insurgés ».
___"Sur le plan juridique, le drone ne rentre ni dans le cadre du droit de la guerre, ni dans celui du law enforcement exercé par les forces de l’ordre. D’un côté, « cette arme, parce qu’elle supprime tout rapport de combat, parce qu’elle transforme la guerre, d’asymétrique qu’elle pouvait être, en rapport unilatéral de mise à mort, privant structurellement l’ennemi de toute possibilité de combattre, glisse subrepticement hors du cadre normatif initialement prévu pour des conflits armés », d’autant que « le droit international ne reconnaît pas le droit de tuer avec des armes de guerre hors d’un conflit armé effectif ».
Pour Grégoire Chamayou, cette « violence armée à sens unique persiste pourtant à se dire “guerre” alors qu’elle a mis la guerre hors de combat. Elle prétend pouvoir continuer à appliquer à des situations d’exécutions ou d’abattage des catégories antérieurement forgées pour des situations de conflits. » Pour le philosophe, « la guerre n’est plus la guerre : elle se transforme en une sorte d’opération de police hors cadre ».
Mais il devient alors nécessaire de saisir ce qui sépare, dans l’usage de la force létale, « les prérogatives d’un soldat sur un champ de bataille de celles d’un officier de police en patrouille. Alors que le premier peut impunément “tirer pour tuer” sur toute cible militaire légitime, le second ne peut faire feu qu’en dernier recours, seulement à titre de réponse proportionnée à une menace imminente ».
"La guerre devenant fantôme et téléguidée, et les citoyens ni les soldats n’y risquant plus leur vie, le peuple n’aurait, à la limite, plus son mot à dire sur les actes de guerre. Ainsi, « la dronisation des forces armées altère, comme tout procédé d’externalisation des risques, les conditions de la décision guerrière. Le seuil du recours à la violence armée s’abaissant drastiquement, celle-ci tend à se présenter comme une option par défaut pour la politique étrangère », écrit le philosophe. Les drones opèrent en effet une triple réduction des coûts (politiques, économiques et réputationnels) et le fait de pouvoir agir sans prendre de risques, ni assumer de coûts trop importants, conduit à déresponsabiliser les agents des effets de leur décision...." (Mediapart)
______Il est temps que le droit international encadre l'usage croissant des drones.
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-France 5:  Drones tueurs et guerres secrètes.
- Les drones ont tué au moins 400 civils au Pakistan depuis 2004
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 Paru dans Agoravox 

samedi 2 décembre 2023

De tout, un peu

 1 ____ Hanouna sur la sellette  

                              Le Baba-système continue, malgré les affaires. L'homme de Bolloré continue son barnum

 2 ___ Paix au Proche_orient

                                   Pourquoi l'échec?

 3   __  Les ultra-riches n'ont pas trop de soucis

                                              Cela va de soi

  4  __  COP: qu'en attendre

                          Echec programmé? Comme d'autres?              

                                          Total en retrait. Divisions. __ Double jeu







  5 ____ Vivement les JO?

                      Comme d'autres?

                        Ou pire?....

   ___   Surveillance de masse en question.   ______________________

JO 2024 : VIDÉOSURVEILLANCE ALGORITHMIQUE, DRONES, QR CODE... LE GRAND BOND EN AVANT TECHNO-SÉCURITAIRE

Les grands événements sportifs mondiaux ne sont pas seulement des aberrations économiques et écologiques, ni une succession d'opérations financières sordides qui profitent aux multinationales tout en excluant les populations les plus pauvres. Ces compétitions ne sont pas non plus qu'un exercice de propagande pour l'État qui les organise, un simple moyen de polir et redorer son image à l'international. Ce sont aussi les voies empruntées par les nations pour développer de nouvelles stratégies de gestion des foules et de contrôle des populations, un bond en avant de l'ordre techno-policier.
Les JO 2024, s'inscrivent dans cette logique techno-sécuritaire. Députés, sénateurs, préfets prévoient de déployer une batterie de mesures sur tout le territoire l'été prochain. Enjeu principal de ces mesures : la surveillance généralisée de la population.
Vidéosurveillance automatisée
Dans la "Loi Olympique" votée à l'Assemblée Nationale fin mars 2023, l'article 7 autorise la vidéosurveillance automatisée (VSA). Le dispositif est censé détecter plus efficacement des comportements dits "anormaux" grâce à des algorithmes. Les défenseurs de la VSA parlent de sa capacité à anticiper "des mouvements de foule ou la détection de bagages abandonnés ou de jets de projectiles". En creux, ils encouragent la mise en place d'un nouvel outil contre-insurrectionnel. De l'autre côté les défenseurs des droits humains alertent sur les risques de surveillance de masse : "[la] décision d’autoriser la surveillance de masse assistée par intelligence artificielle pendant les Jeux olympiques entraînera une offensive généralisée contre le droit à la vie privée, le droit de manifester et les droits aux libertés de réunion et d’expression", a dénoncé dans un communiqué Amnesty International.
Une autre crainte qui pèse sur cette technologie, selon les ONG : l'introduction de biais discriminatoires via la vidéosurveillance automatisée. "Ces algorithmes vont être entraînés à travers un jeu de données décidées et conçues par l'être humain. Elles pourront donc intégrer tout simplement les biais discriminatoires des personnes qui les ont conçues et pensées" note Katia Roux. L'avocat Arnaud Touati rappelle, lui, que "La VSA a déjà été utilisée à des fins racistes, notamment par la Chine, dans la surveillance exclusive des Ouïghours, minorité musulmane présente dans le pays".
Le texte de loi prévoit "à titre expérimental" que la sécurisation "de manifestations sportives, récréatives ou culturelles d'ampleur puisse être assurée au moyen d’algorithmes". La période de test couvrira toute la durée des Jeux olympiques (26 juillet au 11 août 2024) et paralympiques (28 août au 8 septembre 2024), puis s’étendra jusqu’au 30 juin 2025...
Un effet cliquet
"L'expérimentation", "le test" d'aujourd'hui sera la méthode de surveillance de demain. L'exception devient toujours la règle. C'est une règle historique : l'effet cliquet. Une fois que l'on a franchi une étape de contrôle "exceptionnelle", la mesure entre peu à peu dans la norme, il n'y a plus de retour arrière. Parlons donc de l'utilisation des drones policiers. D'abord dévolue à la surveillance des frontières et des manifestations politiques, les drones se sont rapidement retrouvés dans tout l'espace public, déployés dans les quartiers populaires lors des révoltes suite à l'assassinat de Nahel ou lors d'événements sportifs ou culturels. Ces derniers temps, on note ainsi la présence de ces mouchards volants pendant la coupe du monde de Rugby ou au concert de Beyoncé au stade de France le 26 mai 2023 entre autres. Il ne fait nul doute, qu'un emploi massif de drones policiers sera autorisé par les préfets pendant les JO.
Des tas d'autres mesures de surveillance devaient répondre à des situations exceptionnelles, soit d'urgence (dans le temps) soit de contexte local particulier (dans l'espace), avant de se généraliser progressivement. Le fichage ADN se bornait aux criminels sexuels, la vidéosurveillance ne regardait que les lieux particulièrement impactés par la délinquance, les comparutions immédiates devaient permettre de juger rapidement certains petits délits lorsque les tribunaux étaient engorgés ou la détention préventive ne devait concerner que les individus susceptibles de fuir ou d'avoir des conduites dangereuses le temps du procès... Autant de mesures qui sont aujourd'hui devenues la normalité policière et judiciaire.
QR Code au quotidien
Le QR code... C'est l'annonce toute fraîche du préfet de police de Paris. La mise en place dans la capitale et la région parisienne d'un QR code pendant la compétition olympique. Laurent Nunez compte limiter le droit de circulation dans certaines zones de la capitale et en Île-de-France cet été. Sauf si les personnes s'inscrivent sur une plateforme numérique dédiée pour obtenir un QR code. On marche sur la tête.
Au-delà des touristes sportifs, les habitant-es de région parisienne devront présenter un QR code lors de contrôles pour pouvoir se déplacer aux alentours des sites olympiques. Imaginez devoir présenter aux policiers et gendarmes un QR code pour pouvoir rentrer chez vous, aller travailler ou profiter d'une promenade à proximité de votre domicile. C'est un contrôle de nos déplacements et un fichage de nos activités quotidiennes.
Une certaine gauche avait refusé de s'engager dans les manifestations contre le Pass Sanitaire, outil techno-policier qui n'avait rien de sanitaire, imposé par le gouvernement pendant la crise du covid. Ce type de dispositif devait être, là encore, exceptionnel. Voici que le préfet de police de Paris propose le même dispositif pour une compétition sportive : mettre en place une sorte de Pass JO accompagné d'un QR code. Pour obtenir le "sésame", il faudra fournir "un certain nombre de justificatifs, de domicile mais pas que" précisait Laurent Nunez au Parisien pour ne pas être exclu de ces zones. Les personnes ayant des activités dans ou aux abords de ces périmètres délimités par la préfecture se retrouveront dans l'obligation de dévoiler des informations personnelles pour pouvoir y accéder, informations qui seront collectées et enregistrées dans des bases données et autres fichiers de police.
Les JO 2024, ne font pas figure d'exception. Au-delà du déploiement de milliers d'agents sur tout le territoire pendant la compétition, ce sont bien les technologies de surveillance de masse qui doivent nous alerter. L'État français teste tout un appareillage techno-policier pour pouvoir, dans un futur proche, les imposer dans notre vie quotidienne. C'est une sorte d'expérimentation et d'acceptation sociale grandeur nature.
Organisons-nous pour que les Jeux Olympiques 2024 ne soient pas le grand gaspillage d'argent public et la foire techno-sécuritaire annoncée.
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L'article du Parisien : https://www.le

mardi 2 mars 2010

Savoir arrêter une guerre


Fatal bourbier afghan

-Un engagement devenu illisible en Europe-

-"...Plus personne ne croit à une victoire militaire de l'Otan en Afghanistan. Trop d'erreurs ont été commises par les forces de la coalition. La population désespère également de la corruption et du népotisme en vigueur dans le pays et largement imputable à l'administration Karzaï. C'est à cause d'un tel contexte que les Talibans ont pu prospérer dans le sud et l'est du pays. A présent, une victoire militaire n'étant plus guère envigeable, il faut composer avec eux. Mais comment? A ce jour, ils se refusent à toute négociation, exigeant au préalable que les forces de l'Otan se retirent du pays, que la Constitution soit abolie, le droit du vote des femmes supprimé. Bref, des conditions qui sont absolument inacceptables pour les Occidentaux.
. Est-ce que ça existe, des talibans modérés ? Et en quoi ils sont «modérés» ?
Non, il n'existe pas de Talibans modérés, en revanche, il existe des Talibans qui ne sont pas de vrais Talibans, au sens idéologique, et qui ont rejoint le mouvement pour des raisons financières. Parce qu'ils ne supportent pas la présence de forces étrangères dans leurs villages, parce qu'ils ont eu des parents tués par les forces de la coalition, ou tout simplement parce qu'ils n'aiment pas Karzaï qui a largement favorisé certains clans pachtounes au détriment d'autres. Ceux-ci peuvent éventuellement changer de camps avec des incitations financières ou si on leur promet des postes importants dans les cercles du pouvoir..." (JP.Perrin)
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Points de vue:
-Il faut savoir arrêter une guerre perdue !, par Tahar Ben Jelloun:
"On aurait bien aimé appeler au téléphone le président Barack Obama juste quelques minutes pour lui dire quelque chose de simple, quelque chose d'évident: oubliez l'Afghanistan ! Vous ne gagnerez jamais cette guerre, pas parce que votre armée n'est pas bonne, pas parce que l'ennemi est plus puissant, pas parce que vous manquez d'alliés, mais simplement parce que ce pays est fait de telle manière qu'aucune armée n'a été capable de vaincre les rebelles sur le terrain.
Les Soviétiques qui y avaient envoyé des centaines de milliers de soldats avaient dû se rendre à l'évidence et se sont retirés en transmettant le problème à l'Occident. Dans ce pays aux paysages magnifiques mais complexes et difficiles d'accès, la barbarie a trouvé son refuge, sa source, sa grotte et nargue le monde avec une brutalité sans pareil. Appelons cette barbarie talibans ou trafiquants d'opium ou aventuriers sans foi ni loi. Des gens, au tempérament qu'aucun Américain ne peut percer, ne peut comprendre, sillonnent le pays et le ravagent...
Le pauvre président Hamid Karzaï, élu dans les conditions que l'on sait, tente de trouver une solution autre que militaire au problème qui ruine son pays. Il a proposé, le 28janvier dernier à la conférence sur l'Afghanistan à Londres, une nouvelle stratégie dite de "réconciliation" avec les talibans "modérés". II espère que ceux-ci déposeront les armes. Il précise: "Ceux d'entre les talibans qui ne sont pas membres d'Al-Qaida ou d'un autre réseau terroriste sont les bienvenus s'ils veulent rentrer dans leur pays, déposer les armes et reprendre une vie normale." Ce qu'il oublie de dire, c'est que la modération n'existe pas dans le vocabulaire taliban.
Si notre coup de téléphone à Obama ne suffit pas ou ne peut se faire, qu'il écoute au moins son général, McChrystal, commandant des forces internationales en Afghanistan qui vient de déclarer au Financial Times: "En tant que soldat, je pense qu'il y a eu assez de combats et je crois qu'une solution politique, comme dans tous les conflits, est inévitable." Comment y arriver? Comment convaincre les insurgés de se mettre à table et de négocier? Ce ne sont certainement pas des étrangers, américains ou européens, qui sauront leur parler...
Comme a dit l'ambassadeur américain à Kaboul (New York Times du 26 janvier): "Envoyer des troupes supplémentaires ne fera que décaler le jour de la passation de pouvoir aux Afghans et rendre difficile, voire impossible, le retour de nos hommes dans un délai raisonnable."
En fait, le problème peut se résumer à un conflit entre deux visions du monde. Et l'expérience irakienne a bien démontré qu'on n'exporte pas la démocratie comme on exporterait une boisson gazeuse. Seuls les Afghans peuvent décider de leur sort, et décider d'instaurer le système démocratique ou d'imaginer un système correspondant à leur histoire. Les valeurs de démocratie sont universelles, mais c'est aussi une culture, une pédagogie, un travail quotidien. Il est urgent de renoncer à la force pour trouver une solution à cette guerre. Seules la politique, la négociation, la ruse de la raison sont capables de sauver et ce pays et les hommes venus d'Amérique et d'Europe pour le pacifier..."

-Obama, comme ses prédécesseurs !
(John R. MacArthur, directeur de Harper's Magazine,éditorial du 7 décembre 2009,Le Devoir de Montréal)
"Maintenant que Barack Obama s'est décidé à intensifier sa folie en Afghanistan, ce serait peut-être le bon moment de réfléchir aux origines d'une stratégie à première vue carrément débile. Je ne parle pas là des objectifs tactiques à court terme poursuivis par les conseillers politiques du président. Pour eux, les archiréalistes, il est évident qu'une augmentation des troupes dans le pays des Pachtounes n'a rien à voir avec la possibilité de gagner quoi que ce soit d'un point de vue antiterroriste ou militaire.___D'une part, tous ceux qui connaissent ce pays, sauf les théocrates doctrinaires de la contre-insurrection, savent que la guerre en Afghanistan est déjà perdue. Entité impossible à quantifier, Al-Qaïda existe un peu partout dans le monde musulman (y compris chez nos chers alliés en Arabie saoudite), donc les bombardements de drones contre la population civile à Kandahar ne mènent à rien, sauf à un recrutement accru de partisans pour les talibans. Se défendre contre Al-Qaïda est un travail de police, de contre-espionnage et de diplomatie (rappelons-nous qu'Oussama Ben Laden a rompu avec la famille royale à Riyad lorsqu'elle a permis à l'armée américaine de lancer l'invasion du Koweït et de l'Irak depuis la terre sainte de La Mecque)..."

-Analyse géopolitique de la stratégie Obama - AgoraVox:
"...Presque tous les analystes militaires et politiques, aussi bien dans le monde qu’aux États-Unis, affirment qu’il faudrait des effectifs de 300 à 500 000 hommes pour parvenir à stabiliser l’Afghanistan, et Obama espère malgré tout parvenir à n’en aligner que 140 000 d’ici 18 mois !
Il a cependant trouvé une argumentation imparable pour soutenir son antépénultième stratégie. À de jeunes officiers de West Point, qui n’apprennent plus ni l’histoire ni la géographie, il a dit, en levant très haut le menton selon son habitude :
“ Si je ne pensais pas que la sécurité des États-Unis et des Américains était en jeu en Afghanistan, j’ordonnerais avec plaisir le retour de chacun de nos soldats dès demain. ”
-Afghanistan : check list - AgoraVox

-Destruction de la société afghane : Y a-t-il un plan B ? - AgoraVox :

"...Quel est le bilan actuel de la guerre ? Au-delà des bavures qui ciblent des enfants et des femmes, les drones armés américains qui visent les taliban dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan ont tué entre 830 et 1210 personnes, dont 32% de civils, depuis 2004, selon un décompte publié jeudi 25 février par la New America Foundation, les Etats-Unis ont procédé à 114 frappes de drones depuis 2004, dont 53 en 2009. 1666 militaires ou civils travaillant pour les forces armées avaient perdu la vie, toutes causes confondues (combats, accidents, etc.) dont 1007 Américains. En 2009, selon les estimations du gouvernement afghan et de la coalition, environ 20.000 combattants taliban avaient été tués. Le tonnage de bombes largué par l’Usaf, est de 12.742 tonnes sur l’Afghanistan. En août 2008 il y avait 70.000 soldats étrangers en Afghanistan.
___En janvier 2009, le think tank International Council on Security and Development a estimé dans un rapport que les taliban étaient actifs dans environ 72% du territoire afghan, conclusions contestées par le commandement de l’Otan. Le site National priorities estime à plus de 255 milliards de dollars le coût de la guerre. Le gouvernement Karzaï est désormais parfois ironiquement nommé « maire de Kaboul » par la population voire par des officiels. Le général Mc Chrystal, qui a pris le commandement du théâtre afghan récemment, avoue, lui aussi en 2009, l’incompétence et la corruption du gouvernement central qui a réussi à rendre les Afghans « nostalgique(s) de la sécurité et de la justice du régime taliban » La corruption se développe dans des proportions alarmantes estimées entre 260 et 465 millions de dollars pour la seule année 2007. Cette corruption touche tous les fonctionnaires de l’Etat jusqu’au président Karzaï lui-même
___Le CF2R, le centre de recherche sur le renseignement français n’hésite pas à comparer la guerre en Afghanistan au Vietnam. La note n°189 du 5 octobre 2009 intitulée CF2R - Afghanistan : des airs de conflit indochinois, se termine par une conclusion explosive : « Mais ce retrait en annonce un deuxième qui sera moins glorieux : le départ de toutes les forces étrangères du pays car les opinions publiques ne pourront tolérer longtemps les pertes occasionnées et le coût que cette guerre représente, sans espoir de voir poindre l’ombre d’une solution. » En effet, les Etats-Unis ont estimé leurs dépenses à 65 milliards de dollars pour la guerre en Afghanistan, montant déclaré par le Congrès pour 2010. Or, avec 32,7 millions d’habitants, on peut estimer le coût à 2446 dollars par afghan, soit près de 2 ans de salaire moyen (60$ US par mois)..."

-La guerre se gagne avec l'opinion publique
-«Il faut composer avec les talibans en Afghanistan, mais comment?»
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-Afghanistan : l'impasse
- Bourbier afghan
- Afghanistan : mourir pour du pétrole ?
- Aventure afghane ?

vendredi 24 juillet 2015

Célébration de l'armement

Ces armes merveilleuses..
                                      Etrange époque...
                              Les nouvelles armes provoquent une troublante et inquiétante fascination,
   Ah Dieu! que la guerre est...moderne!  Elle a encore un bel avenir...
   L'épée pouvait terroriser, mais le porte-avion dernier cri, le Rafale ultra-profilé, le char Leclerc impressionnant, le drone militaire furtif ne provoquent plus l'effroi. L'armement s'est esthétisé en se rendant technologique, devenant presque en apparence des jouets d'un nouveau genre, comme l'équipement informatisé du GI en campagne.  L'équipement du soldat de 1945 apparaît comme d'un autre âge à côté de celui du technicien du combat d'aujourd'hui. La guerre se modernise et se virtualise, s'aseptise, se digitalise.
     Nous entrons dans une drôle d'époque. Le "jamais plus la guerre" se double d'une course à l'équipement de plus en plus sophistiqué, très  cher, de plus en plus nombreux. Quitte parfois à ne jamais servir. Les pétrodollars ont besoin de se placer ou il faut créer l'esbroufe politique en montrant ses muscles.
    Les nouvelles technologies font une entrée ultra-rapide et spectaculaire dans le monde de la défense, des forces armées. Le "progrès" est constant dans ce domaine, comme le notait Voltaire, mais aujourd'hui, il s'emballe.
   Au point de rendre la guerre abstraite, "lointaine". Les pixels entrent dans les batailles, qui se livrent du haut du ciel ou sur des  consoles , à des milliers de kilomètres. Déjà le pilote de chasse ne voyait jamais  l'ennemi au cours de ses incursions au-dessus du Vietnam. Fire and forget...
   Les nouvelles armes deviennent des objets d'exposition, où les engalonnés de tous pays se retrouvent régulièrement, comme à la fête, en présence de ministres rayonnants et diserts.
     A  Eurosatory: on peut faire son choix.
                                                       Bienvenue au salon de la guerre! 
De nouveaux marchés s'ouvrent partout. Sans parler des clandestins.
 Le commerce des armes ne connaît pas la crise -
      Comme si l'économie ne tenait que par le secours de la production et la vente des engins de mort. Il faut compter avec le PIB...Il faut trouver des débouchés dans une lutte féroce entre fabricants. Le Président va en personne montrer sa quincaillerie aux princes arabes. L'Allemagne est plus discrète, mais ne veut pas être en reste, les USA tiennent le haut du pavé avec un budget faramineux, produisant ce qui deviendra vite obsolète. Mais l'empire peut se permettre de vivre à crédit, détenant l'imprimante à dollars.Et de puissants groupes mettent la pression.
             Dans le cas bien particulier du petit Israël, les nouvelles technologies et les armes entrent comme en symbiose et l'exportation  est devenue une priorité, dans une sorte d'obsession high tech. 
    Déculpabilisant l'agresseur, traumatisant moins le combattant, devenu souvent agent privé, la mort, de plus en plus, est vue du ciel... (*)
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___ (*)___     Les nouvelles technologies des diverses armées mondiales cherchent, toujours plus, à distancer le tueur et le tué. La guerre menée par Israël contre la Palestine, qui se joue désormais le plus souvent dans l'espace aérien, en est l'un des cas les plus criants.
   Au cours de ces cinq dernières années, les ventes militaires annuelles de ce pays lui permirent d'engranger 7 milliards de dollars, le plaçant ainsi dans le top 10 des nations exportatrices d’armement....
     Ce succès financier n'est pas sans faire écho aux analyses d'Ernest Mandel sur le capitalisme tardif : l'économiste marxiste affirma que l’existence permanente d’une économie d’armement empêcherait les économies capitalistes de sombrer dans la crise¹. Cela requiert, en Israël, une innovation constante en matière de production de nouvelles technologies : lors de l'opération Bordure protectrice, de nouveaux types de systèmes de détection, de drones et d’outils de surveillance ont été introduits et expérimentés dans le théâtre guerrier de Gaza. Ces technologies de pointe conduisirent à la mort de plus de 2 000 Palestiniens – la plupart d’entre eux étaient des civils, dont environ 500 enfants. Funeste coïncidence : moins d’un mois avant le commencement de l'opération, l’édition 2014 d’Eurosatory, grande exposition internationale « pour la Défense territoriale et aérienne », accueillait le Pavillon national d’Israël. L'évènement se tient à Paris, tous les deux ans, sous l’égide du Ministère de la Défense hexagonal. Eurosatory assure « façonner la Défense de demain » et se définit comme le seul forum capable de garantir à ses participants un accès immédiat aux marchés internationaux de défense et de sécurité. « Mission Accomplie ! », fanfaronnait le site Internet de l’exposition, qui compta plus de 55 000 visiteurs et 1 504 exposants, issus de 58 pays. Trente entreprises israéliennes (un nombre record) purent y présenter une large panoplie de « solutions avancées pour combattre des guérillas en zones urbaines, en réponse aux besoins urgents des forces armées d'aujourd'hui »...
     L'Eurosatory gomme intégralement la violence et la transforme en produit à vendre — ce qui permet également d'utiliser les enjeux identitaires et nationaux à des fins publicitaires, servant ainsi les intérêts des entreprises....
 La chaîne Youtube de l’armée israélienne contient de nombreux petits vidéo-clips montrant les frappes de l’opération Bordure protectrice. Une guerre, vue de loin. Ce n’est pas une chose nouvelle. En 1944, l’aviateur américain Charles Lindbergh avait écrit, à propos de la mort à distance : « Tu appuies sur un bouton et la mort s’envole. D’abord, la bombe est bien accrochée, en sécurité sous ton appareil, complètement sous contrôle. La seconde d’après, elle dévale les airs et tu n’as plus aucun pouvoir pour revenir en arrière... Comment pourrait-il y avoir des corps mutilés, tordus ? [...] C’est comme écouter le bruit d’une bataille à la radio, de l’autre côté de la terre. Tellement loin, et séparé du poids de la réalité. » Plus besoin d'imaginer les « corps mutilés, tordus » au sol. Un avantage, même, puisque cela permet d’expérimenter la guerre, ajoute Lindbergh, par « l'écran d'un cinéma à l'autre bout du monde ». Sa métaphore s'est réalisée — et radicalisée — dans les guerres actuelles de drones...
     Dans le flot d’images qu'a généré la seconde guerre du Golf, on notait surtout, qu'il n’y avait rien à voir . Utilisant les mêmes procédés que Tsahal, la guerre du Golf fut définie par cette utilisation de l'arme-image ou, comme le précise la documentariste Alisa Lebow, du « point de vue de l’arme ». Point de vue dans lequel la « caméra est positionnée dans l’extension de l’arme », et, dans le cas qui nous intéresse, directement sur le drone. Cette perspective verticale est peut-être le meilleur symbole de la nature nouvelle de la guerre et de la surveillance — version améliorée du panoptique du philosophe anglais Jeremy Bentham³. En Irak, la caméra vidéo d’un tank qui transmettait ses actions en temps réel, par satellite, choisissait de se placer du point de vue du « sujet occidental et de sa souffrance ». De ce point de vue, « la mort et les souffrances de l'Irakien ont lieu hors du champ ». La guerre-image mit en scène la victoire américaine, et l’image elle-même devint donc l’événement.
Fin de l'ennemi visible...
     Dans toute la panoplie d'armes produites par les Israéliens qui furent présentées à Eurosatory, l'idée avancée par Feldman prédomine : « Le plaisir de voir sans être vu donne de la puissance aux actes de violence ». La menace de la violence et le pouvoir à distance sur leur cible génèrent une crainte constante et un respect qu'induit la force technologique, permettant aux occupants de régner tout en ayant un contact minimal avec la population occupée. Cette violence par la mise à distance visuelle est un élément clé du maintien de l’occupation des territoires palestiniens. Le bombardement de Gaza, il y a un an, visait à instaurer une domination totale. Mais il est primordial de garder à l’esprit, en dehors de ces « opérations », cette domination distante et constante maintenue sur les territoires palestiniens. En effet, Eyal Weizmann, auteur de l’ouvrage L’architecture israélienne de l’occupation, démontre qu’à la suite de l’évacuation de la bande de Gaza, en 2005, un nouveau type d'occupation commença : une occupation invisible, une « occupation par les airs ». D’après Ephraim Segoli, pilote d’hélicoptère et ancien commandant de la base des forces aériennes à Palmahim, les frappes aériennes par des drones contrôlés à distance sont « la composante centrale des opérations de Tsahal » et « la véritable essence de la guerre qui est menée ». Le général major Amos Yadlin, nouveau chef de l’intelligence militaire israélienne, disait en 2004 : « Nous essayons de comprendre comment il est possible de contrôler une ville ou un territoire par la voie aérienne, rendant illégitime l'occupation de ce territoire depuis le sol... »
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lundi 21 juillet 2025

Pas contente, Maya!

 Il n'y a pas que les abeilles

Soutien aux méga bassines, réautorisation des néonicotinoïdes tueurs d'abeilles, autorisation de drones pulvérisateurs de pesticides, facilitation d'implantation d'élevage intensif, limitation du contrôle démocratique : le profit avant la vie –
Le texte qui a été voté ce mardi 28 janvier, intitulé "Lever les contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur" - un titre bien vendeur- est un recul énorme pour le vivant, la santé publique, l'agriculture et la démocratie. Et pourtant, il a été adopté à l'unisson par tous les sénateurs macronistes, LR et RN. Encore une preuve de leur symbiose idéologique. Marie-Lise Brice, porte-parole de la Confédération paysanne 43 a réagi : "On peut mettre autant de pesticides qu'on veut, ils n’arrêteront ni la pluie, ni le gel printanier, ni les problèmes climatiques locaux". Mais le but n'est pas de trouver des solutions à ces problèmes, mais simplement de faire fructifier les bénéfices de l'industrie phytosanitaire et de l'agro-industrie.
🟢Un texte par et pour les industriels de la FNSEA
Ce texte est porté par le Sénateur LR Laurent Duplomb, qui était président de la FNSEA de la chambre d’agriculture de Haute-Loire et membre du conseil de surveillance de Candia, géant de l'industrie laitière.
De son côté, Annie Genevard, ministre de l'agriculture ultra conservatrice, raciste, transphobe et paillasson de la FNSEA a apporté son plein soutien au projet de loi. Rappelons le, cette dame qui réclamait une amende de 50.000 euros pour les militants et militantes filmant les élevages industriels, avait pour suppléant en tant que députée Éric Liégeon, ancien secrétaire général et vice-président de la FNSEA du Doubs. Ce projet de loi a donc été cadré par la FNSEA. En somme, ce projet de loi est directement écrit par le lobby agro-industriel. Composé de 6 articles, il est un cocktail de mesures qui sont de véritables bombes environnementales.
🟢Aperçu du désastre
L'article 1 scelle la victoire totale de l'industrie phytosanitaire. Il "revient sur la séparation de la vente et du conseil des produits phytopharmaceutiques, une mesure jugée contreproductive". Contreproductive pour qui ? Les industriels des pesticides. En effet, depuis 8 ans, il était interdit aux vendeurs de pesticides d'être également conseillers auprès des agriculteurs et agricultrices sur le sujet : le simple bon sens pour éviter le conflit d'intérêt et permettre un choix éclairé. Ce même article rend facultatif le conseil stratégique sur les pesticides. Après tout, pourquoi s'embêter à se renseigner sur les produits dangereux qui vont contaminer nos sols pour des décennies ?
Par contre, l'article réautorise les "remises, rabais et ristournes à l'occasion de la vente de produits phytopharmaceutiques". Cette mesure n'a qu'un seul objectif : faciliter la vente de grandes quantités de pesticides et d'engrais, permettre aux industriels de se gaver au détriment de tout le reste. La logique néolibérale tous azimut. Empoisonner les sols, l'eau, le vivant, la nourriture qui nous fait vivre, c'est rentable. Le média Reporterre rappelle que la France est déjà le deuxième pays à utiliser le plus de pesticides en Europe. Mais ça, Monsieur Duplomb se garde de le mentionner.
L'article 2 s'attaque au contre pouvoir démocratique en permettant au ministre de l'Agriculture de "suspendre, dans certaines conditions, une décision de l'Anses – Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail – en matière d'homologation de produits phytopharmaceutiques". Il autorise également la pulvérisation de pesticides par drones, et le grand retour des néonicotinoïdes, ces terribles insecticides tueurs d'abeilles interdits depuis 2018 après des années de lutte.
Les syndicats apicoles, qui fabriquent le miel, sont vent debout devant cette réautorisation qui les mène droit dans le mur. Un "mur de la honte" qu'ils ont décidé de matérialiser devant la permanence de Monsieur Duplomb le 1er février : "Le mur de Berlin symbolisait la scission du monde en deux idéologies. C’est bien cette opposition qui sera représentée".
L'article 3 va permettre de faciliter l'installation de fermes usines ultra polluantes en instaurant une simplification des règles. En France déjà aujourd'hui, 60% des animaux d'élevage sont concentrés dans 3% des fermes. On est bien loin du fantasme de la défense des petits éleveurs et éleveuses, un mythe mis en avant par la droite. Les recours légaux sont également rendus plus difficiles.
L'article 5 est un soutien massif aux méga bassines et un recul énorme dans la définition des zones humides. Mais surtout, il introduit un changement gravissime dans la hiérarchie des usages de l'eau. Ainsi, l'agriculture passerait en seconde position des usages prioritaires, devant la préservation de la vie aquatique et des rivières. Une mesure qui va encore une fois à l'encontre de toutes les études scientifiques sur le cycle de l'eau. Donald Trump a son "Drill baby drill" – «Fore, chéri, fore» en anglais, un slogan républicain pour intensifier l'exploitation d'hydrocarbures – pour les industriels du pétrole. Chez nous, c'est "pompe, chéri pompe" pour les agriculteurs irrigants, qui ne représentent que 6 à 10% des agriculteurs. Une mesure absurde, alors même que la méga bassine de Saint-Soline a été déclarée illégale il y a quelques semaines seulement, et que la gestion de l'eau devient chaque année un enjeu de plus en plus conflictuel.
Enfin, l'article 6 affaiblit grandement l'OFB, l'office français de la biodiversité qui serait tenu "de privilégier la procédure administrative, pour éviter autant que faire se peut des procédures judiciaires, ces dernières ayant pu être jugées infamantes". Cet office vérifie par exemple si les agriculteurs n'utilisent pas de produit chimiques interdits ou ne dépassent pas les seuils de pesticides. Autrement dit, laissez les pollueurs polluer tranquilles. Encore une fois, les macronistes et l'extrême droite qui dénoncent en permanence le « laxisme » des autorités en matière de délinquance sont en train de démanteler la police de l'environnement – déjà bien démunie – pour garantir l'impunité totale des pollueurs et de la délinquance écologique.
C'est donc ce texte, qui nous fait faire un bond en arrière phénoménal, qui a été voté cette nuit. Une nouvelle pièce dans la machine de destruction du vivant.
_____"... Le socialiste Jean-Claude Tissot, lui-même agriculteur et membre de la Confédération paysanne, a dénoncé avec cette PPL « un contresens historique » et « un populisme rétrograde en rupture totale avec la transition écologique », et rappelle qu’en avril 2023, le directeur scientifique de l’Inrae avait été auditionné dans l’enceinte du Sénat. « Il nous avait expliqué que l’acétamipride est pire que l’imidaclopride [autre néonicotinoïde interdit – ndlr], et que c’était le chlordécone de l’Hexagone, relate le sénateur de la Loire. Ce que vous faites s’appelle de l’obscurantisme. Vous niez la science car vous mettez le rendement économique devant tous les paramètres. Qu’allez-vous dire à nos petits-enfants qui vont subir des dérèglements hormonaux ? » (MDP)

lundi 13 septembre 2021

Afghanistan (suite)

  Récolter le tempête

                           Cela avait été depuis longtemps pronostiqué: On n'exporte pas la démocratie dans un fourgon blindé....ou ce qu'on pense l'être. Cela s'est vérifié déjà en Irak. 20 ans d'obstination et d'erreurs, de navigation à courte vue, d'aveuglements, de mensonges institutionalisés, devenus largement accessibles. La note n'a pas fini d'être payée.     Bref, un gâchis sans nom, que beaucoup prévoyaient. "....Après avoir promu la « guerre contre le terrorisme », voilà les Etats-Unis contraints de négocier les conditions de leur départ avec ceux-là mêmes qu’ils voulaient châtier. Les talibans paradent avec les armes américaines abandonnées. Ils sont devenus les alliés de circonstance de Washington contre la franchise locale de l’organisation Etat islamique (EI). Quant à l’union sacrée de 2001, conjuguant voix démocrates et républicaines, elle a cédé la place depuis des années à des fractures internes profondes, que l’élection de Joe Biden ne pouvait résorber comme par magie...."  

                   Des mensonges au plus haut niveau contribuant à susciter l'illusion comme aux plus mauvaises heures de l'affaire vietnamienne.         ___ "...L’une des premières choses que les Etats-Unis ont faites après avoir pris le contrôle effectif de l’Afghanistan à la suite de l’éviction des talibans en 2001 a été d’installer des salles de torture secrètes. A partir de 2002, la CIA a torturé des Afghans et des prisonniers étrangers envoyés par avion dans ces salles de torture dans toute l’Asie centrale, l’Afrique et le Moyen-Orient. La pire chambre de torture a été surnommée «Les ténèbres» par les prisonniers qui y étaient envoyés, qui souffraient d’une privation sensorielle si complète qu’ils ne savaient même pas qu’ils étaient en Afghanistan. Ils étaient enchaînés, à l’isolement, sans lumière et avec de la musique en permanence. Ils ont été suspendus par les bras jusqu’à deux jours, plaqués contre des murs, forcés de s’allonger nus sur des bâches pendant que des litres d’eau glacée étaient versés sur leur corps. Au moins un prisonnier est mort sous la garde de la CIA après avoir été laissé enchaîné dans des températures glaciales.  Personne n’a jamais eu à rendre compte du régime de torture étatsunien en Afghanistan.   Les frappes de drones américaines ont également commencé très tôt en Afghanistan. La CIA y a tué Mohammed Atef, un agent d’Al-Qaida, et d’autres personnes à l’aide d’un drone en novembre 2001, deux mois seulement après le 11 septembre. L’Afghanistan est rapidement devenu le site de bêta tests de la guerre des drones de haute technologie, entraînant d’innombrables pertes civiles et un profond ressentiment au sein du peuple afghan, qui se sentait impuissant face à la menace invisible qui tournait au-dessus de lui...."                                                                                             Le projet néoconservateur pour le Nouveau Siècle (1), dont Rumsfeld fut un des acteurs se termine dans le montagnes afghanes. Après d'autres "aventures"...Ils ont semé le vent. Alors...     __________________________

mercredi 29 janvier 2025

Détours

 1 __ La honte et le pilori

2 __Les chemins de la cocaïne

4__ Un monde de fou                            

5__ En famille

6 __ Exclusion et/ou  protection?

7  __  Marche arrière ____________ Sus aux écolos !  ______

                PROPOSITION DE LOI VOTÉE AU SÉNAT : PERMIS DE TUER POUR L'AGRO-INDUSTRIE

– Soutien aux méga bassines, réautorisation des néonicotinoïdes tueurs d'abeilles, autorisation de drones pulvérisateurs de pesticides, facilitation d'implantation d'élevage intensif, limitation du contrôle démocratique : le profit avant la vie –
Le texte qui a été voté ce mardi 28 janvier, intitulé "Lever les contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur" - un titre bien vendeur- est un recul énorme pour le vivant, la santé publique, l'agriculture et la démocratie. Et pourtant, il a été adopté à l'unisson par tous les sénateurs macronistes, LR et RN. Encore une preuve de leur symbiose idéologique. Marie-Lise Brice, porte-parole de la Confédération paysanne 43 a réagi : "On peut mettre autant de pesticides qu'on veut, ils n’arrêteront ni la pluie, ni le gel printanier, ni les problèmes climatiques locaux". Mais le but n'est pas de trouver des solutions à ces problèmes, mais simplement de faire fructifier les bénéfices de l'industrie phytosanitaire et de l'agro-industrie.
🟢Un texte par et pour les industriels de la FNSEA
Ce texte est porté par le Sénateur LR Laurent Duplomb, qui était président de la FNSEA de la chambre d’agriculture de Haute-Loire et membre du conseil de surveillance de Candia, géant de l'industrie laitière.
De son côté, Annie Genevard, ministre de l'agriculture ultra conservatrice, raciste, transphobe et paillasson de la FNSEA a apporté son plein soutien au projet de loi. Rappelons le, cette dame qui réclamait une amende de 50.000 euros pour les militants et militantes filmant les élevages industriels, avait pour suppléant en tant que députée Éric Liégeon, ancien secrétaire général et vice-président de la FNSEA du Doubs. Ce projet de loi a donc été cadré par la FNSEA. En somme, ce projet de loi est directement écrit par le lobby agro-industriel. Composé de 6 articles, il est un cocktail de mesures qui sont de véritables bombes environnementales.
🟢Aperçu du désastre
L'article 1 scelle la victoire totale de l'industrie phytosanitaire. Il "revient sur la séparation de la vente et du conseil des produits phytopharmaceutiques, une mesure jugée contreproductive". Contreproductive pour qui ? Les industriels des pesticides. En effet, depuis 8 ans, il était interdit aux vendeurs de pesticides d'être également conseillers auprès des agriculteurs et agricultrices sur le sujet : le simple bon sens pour éviter le conflit d'intérêt et permettre un choix éclairé. Ce même article rend facultatif le conseil stratégique sur les pesticides. Après tout, pourquoi s'embêter à se renseigner sur les produits dangereux qui vont contaminer nos sols pour des décennies ?
Par contre, l'article réautorise les "remises, rabais et ristournes à l'occasion de la vente de produits phytopharmaceutiques". Cette mesure n'a qu'un seul objectif : faciliter la vente de grandes quantités de pesticides et d'engrais, permettre aux industriels de se gaver au détriment de tout le reste. La logique néolibérale tous azimut. Empoisonner les sols, l'eau, le vivant, la nourriture qui nous fait vivre, c'est rentable. Le média Reporterre rappelle que la France est déjà le deuxième pays à utiliser le plus de pesticides en Europe. Mais ça, Monsieur Duplomb se garde de le mentionner.
L'article 2 s'attaque au contre pouvoir démocratique en permettant au ministre de l'Agriculture de "suspendre, dans certaines conditions, une décision de l'Anses – Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail – en matière d'homologation de produits phytopharmaceutiques". Il autorise également la pulvérisation de pesticides par drones, et le grand retour des néonicotinoïdes, ces terribles insecticides tueurs d'abeilles interdits depuis 2018 après des années de lutte.
Les syndicats apicoles, qui fabriquent le miel, sont vent debout devant cette réautorisation qui les mène droit dans le mur. Un "mur de la honte" qu'ils ont décidé de matérialiser devant la permanence de Monsieur Duplomb le 1er février : "Le mur de Berlin symbolisait la scission du monde en deux idéologies. C’est bien cette opposition qui sera représentée".
L'article 3 va permettre de faciliter l'installation de fermes usines ultra polluantes en instaurant une simplification des règles. En France déjà aujourd'hui, 60% des animaux d'élevage sont concentrés dans 3% des fermes. On est bien loin du fantasme de la défense des petits éleveurs et éleveuses, un mythe mis en avant par la droite. Les recours légaux sont également rendus plus difficiles.
L'article 5 est un soutien massif aux méga bassines et un recul énorme dans la définition des zones humides. Mais surtout, il introduit un changement gravissime dans la hiérarchie des usages de l'eau. Ainsi, l'agriculture passerait en seconde position des usages prioritaires, devant la préservation de la vie aquatique et des rivières. Une mesure qui va encore une fois à l'encontre de toutes les études scientifiques sur le cycle de l'eau. Donald Trump a son "Drill baby drill" – «Fore, chéri, fore» en anglais, un slogan républicain pour intensifier l'exploitation d'hydrocarbures – pour les industriels du pétrole. Chez nous, c'est "pompe, chéri pompe" pour les agriculteurs irrigants, qui ne représentent que 6 à 10% des agriculteurs. Une mesure absurde, alors même que la méga bassine de Saint-Soline a été déclarée illégale il y a quelques semaines seulement, et que la gestion de l'eau devient chaque année un enjeu de plus en plus conflictuel.
Enfin, l'article 6 affaiblit grandement l'OFB, l'office français de la biodiversité qui serait tenu "de privilégier la procédure administrative, pour éviter autant que faire se peut des procédures judiciaires, ces dernières ayant pu être jugées infamantes". Cet office vérifie par exemple si les agriculteurs n'utilisent pas de produit chimiques interdits ou ne dépassent pas les seuils de pesticides. Autrement dit, laissez les pollueurs polluer tranquilles. Encore une fois, les macronistes et l'extrême droite qui dénoncent en permanence le « laxisme » des autorités en matière de délinquance sont en train de démanteler la police de l'environnement – déjà bien démunie – pour garantir l'impunité totale des pollueurs et de la délinquance écologique.
C'est donc ce texte, qui nous fait faire un bond en arrière phénoménal, qui a été voté cette nuit. Une nouvelle pièce dans la machine de destruction du vivant.
_____"... Le socialiste Jean-Claude Tissot, lui-même agriculteur et membre de la Confédération paysanne, a dénoncé avec cette PPL « un contresens historique » et « un populisme rétrograde en rupture totale avec la transition écologique », et rappelle qu’en avril 2023, le directeur scientifique de l’Inrae avait été auditionné dans l’enceinte du Sénat. « Il nous avait expliqué que l’acétamipride est pire que l’imidaclopride [autre néonicotinoïde interdit – ndlr], et que c’était le chlordécone de l’Hexagone, relate le sénateur de la Loire. Ce que vous faites s’appelle de l’obscurantisme. Vous niez la science car vous mettez le rendement économique devant tous les paramètres. Qu’allez-vous dire à nos petits-enfants qui vont subir des dérèglements hormonaux ? » (MDP)
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