Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête finkelstein. Trier par date Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête finkelstein. Trier par date Afficher tous les articles

vendredi 16 janvier 2009

Gaza : tournant fatal ?      


Une intervention qui suscite la réaction indignée de beaucoup de Juifs de par le monde

"Le Hamas
avait fait savoir qu’il voulait une résolution diplomatique au conflit selon les frontières de 1967. Cela signifiait que le Hamas rejoignait le consensus international, qu’il s’alignait à la grande majorité de la communauté internationale à la recherche d’une solution diplomatique. Les israéliens se retrouvaient alors confrontés à ce qu’ils appellent une offensive de paix palestinienne. Et c’est dans le but de contrer cette offensive de paix qu’ils ont entrepris de détruire le Hamas.." (N.Finkelstein)

-Guerre à Gaza, le contexte | AgoraVox
- Rupture de la trêve à Gaza : une chronologie
- La prison de Gaza, par Ilan Pappe
-Aujourd’hui Gaza, demain Massada ?
-Gaza | AgoraVox


La deuxième mort du judaïsme, par Eric Hazan:

« Le tournant n’est pas seulement celui de l’horreur et du massacre de masse des Palestiniens. Il y a deux points qui font des événements actuels ce qui est advenu de plus grave pour les juifs depuis Auschwitz. Le premier, c’est le cynisme, la manière ouverte de traiter les Palestiniens comme des sous-hommes, les tracts lâchés par des avions annonçant que les bombardements vont être encore plus meurtriers, alors que la population de Gaza ne peut pas s’enfuir, que toutes les issues sont fermées, qu’il n’y a plus qu’à attendre la mort dans le noir (...). L’autre nouveauté, c’est le silence de la majorité des juifs. »
-Gaza : un médecin urgentiste français raconte l’horreur
--Voici de quelle manière Israël s’y est pris pour amener Gaza au bord de la catastrophe humanitaire
-------------------------
-Norman Finkelstein : Israël ne veut pas d’une paix dans les frontières de 1967:

Pour l’universitaire Norman Finkelstein, critique résolu des politiques de l’Etat d’Israël, le principal obstacle à la paix c’est le refus israélien d’un accord sur la base des frontières de 1967. La Ligue Arabe, l’Autorité Palestinienne, et désormais le Hamas lui même sont « en faveur d’une solution à deux états selon les frontières de juin 1967. Le seul et unique obstacle est Israël, soutenu par les États-Unis. Voilà le problème, » juge-t-il.

"Certaines archives, que vous pouvez consulter sur le site internet du Ministère des Affaires Étrangères israélien, ne souffrent pas de contestation. On peut notamment lire qu’Israël a rompu la trêve en Novembre, en entrant dans la bande de Gaza pour tuer 6 ou 7 militants palestiniens. C’est à ce moment là ―et je cite maintenant le site officiel israélien― que le Hamas a riposté ou, en riposte à l’attaque israélienne, en tirant des roquettes.

Maintenant, à savoir pourquoi Israël a attaqué ces derniers jours, encore une fois, les données sont assez explicites. Selon le journal israélien Ha’aretz, le ministre de la Défense Barak avait planifié cette offensive avant même le début de la trêve. En fait, selon l’édition de Ha’aretz d’hier (7 janvier 2009), la planification de l’invasion a débuté en mars. Et la raison en est, je pense, double. Premièrement : il s’agit pour Israël d’augmenter, ce que son gouvernement appelle, sa force de dissuasion, qui pour le dire plus platement, consiste en la capacité d’Israël à soumettre la région par la terreur. Après leur défaite de juin 2006 au Liban, il leur semblait important de transmettre le message que la force de frappe d’Israël était encore capable de terroriser ceux qui oseraient le défier.Et la seconde raison de l’attaque tient au fait que le Hamas avait fait savoir qu’il voulait une résolution diplomatique au conflit selon les frontières de 1967. Cela signifiait que le Hamas rejoignait le consensus international, qu’il s’alignait à la grande majorité de la communauté internationale à la recherche d’une solution diplomatique. Les israéliens se retrouvaient alors confrontés à ceux qu’ils appellent une offensive de paix palestinienne. Et c’est dans le but de contrer cette offensive de paix qu’ils ont entrepris de détruire le Hamas. Comme il était documenté dans le numéro d’avril 2008 de Vanity Fair par l’écrivain David Rose ―qui s’appuyait lui-même sur des documents officiels américains― ceux sont les États-Unis, en collaboration avec l’Autorité Palestinienne et Israël, qui ont tenté un putsch contre le Hamas, putsch que celui-ci a anticipé. Cela non plus, ce n’est plus discutable, cette vérité n’est plus controversée.La question maintenant n’est pas de savoir si le Hamas veut diriger mais s’il le peut sous l’embargo que maintient Israël et empêche toute activité économique palestinienne. Le blocus imposé à Gaza n’a rien à voir avec le Hamas. Des américains ont été envoyés sur place, notamment James Wolfensohn, pour essayer de mettre fin à l’embargo après que les troupes israéliennes aient été redéployées dans Gaza.Le problème majeur a toujours été qu’Israël ne veut pas que Gaza se développe, et qu’Israël ne veut pas résoudre ce conflit par la voie diplomatique. Autant à Damas qu’à Gaza, les leaders palestiniens ont déclaré à plusieurs reprises leur volonté de résoudre ce conflit en se basant sur les frontières de juin 1967. Les archives sont assez claires...."

- Les diplomates israéliens s’inquiètent pour l’image de leur pays:
"Les images en provenance de Gaza, peu diffusées en Israël, pourraient avoir un impact dévastateur et durable sur l’image du pays à l’étranger, avertissent les diplomates, qui relatent qu’ils doivent répondre devant la presse à des accusations de « crimes de guerre ». Tzipi Livni a tenté d’allumer un contre feu en adressant aux dirigeants étrangers une déclaration les appelant à mettre fin à la vague d’antisémitisme provoquée par les évènements de Gaza. Le ministère veut également éviter que la conférence « Durban 2 » de l’ONU qui se tiendra en avril à Genève ne se transforme en tribunal international contre Israël. Mais ses chances de succès sont faibles, estime-t-il.

- Israël face à la conscience des peuples, par Uri Avnery:
« Cette guerre est également un crime contre nous-mêmes, un crime contre l’État d’Israël ».

-Gaza : une stratégie plus ambitieuse ? | AgoraVox:
"...L’opération aurait été planifiée depuis au moins 6 mois, et probablement depuis 18 mois, selon le journaliste israélien J. Cook. L’attaque aurait été escomptée après avoir poussé les palestiniens à bout, par cumul de restrictions successives : ”Mr Barak began expanding the blockade to include shortages of electricity and fuel. It was widely assumed that this was designed to pressure the civilian population of Gaza to rebel against Hamas”...
----------------------------------------
-Gaza divise l’Amérique (et les Juifs US)
-Gaza : des figures juives britanniques exhortent Israël à un cessez-le-feu
-Neuf organisations israéliennes appellent à intervenir d’urgence à Gaza
-----------------------------
- Médias en guerre (1) : Sous couvert de neutralité - Acrimed
-Gaza : les JT pris au piège de la neutralité
-GAZA : LA PROPAGANDE JOUE UN ROLE MAJEUR !
---------------------------------
- Palestine: vérité des cartes
-ISRAEL: opinion captive ?
-GAZA : revue de presse
-GAZA: guerre des mots . Maux de guerre

jeudi 7 mars 2013

Israël: l'impasse

 "Nous gagnons chaque bataille, mais nous perdons la guerre..."

_____Ce constat critique adressée aux gouvernements successifs d'Israël, surtout depuis l'époque Rabin, n'émane pas de quelque antisémite borné ou de quelque anti-israëlien notoire, ou même d'un journaliste de Haaretz, souvent critique à l'égard de la politique du Likoud et de ses alliances avec les sionistes les plus radicaux.
Non.Il émane d' un ancien haut représentant du Shin Beth, le pendant israëlien du FBI américain, aux méthodes discutées, qui, avec d'autres membres, plus que perplexes, s'en prend à la politique suicidaire menée par les différents gouvernements d'Israël, du Likoud en particulier, qui ont mené la politique du pire en prétendant défendre l'intérêt du pays, au mépris d'une démocratie pourtant revendiquée.
Un courageux plaidoyer pour la paix, un peu acide et parfois désespéré. La nostalgie de l'époque Rabin, assassiné pour ses efforts de paix, plane sur ces évocations, faisant allusion aux dégradations de la vie politique qui s'en suivit à l'égard du problème palestinien.
Le documentaire, diffusé par Arte, ravageur pour les dirigeants israéliens, ne manque pas de surprendre, étant donné la nature et l'activité passées des témoins. Six anciens chefs de service du service de sécurité parlent et ce qu’ils disent est terrible pour Israël et la politique de ses dirigeants. Extraits :
- « Les premiers ministres d’Israël se sont succédés sans jamais prendre en considération le peuple palestinien, ni en deça des frontières de 1967, ni au-delà. » Avraham Shalom (patron du Shin Bet de 1980 à 1986)
- « Nous rendons la vie de millions de gens insupportables. Leurs souffrances sont permanentes. Et nous laissons un soldat qui n’est à l’armée que depuis quelques mois décider de ce qui est admissible ou non. Dans le meilleur des cas, il a passé son bac l’année précédente. Il est là devant un père avec un bébé dans les bras et il doit décider s’il le fouille ou non, s’il le laisse passer ou non. Ça me rend malade. » Carmi Gillon (patron du Shin Bet de 1994 à 1996)
- « Le futur est sombre. Noir est l’avenir. (…) Nous sommes devenus cruels envers nous-mêmes mais surtout envers la population que nous contrôlons sous prétexte de lutter contre le terrorisme. » Avraham Shalom
- « On ne fait pas la paix avec des méthodes militaires. La paix se construit sur la confiance. Moi qui connaît bien les Palestiniens, je pense que ça ne devrait pas être difficile d’instaurer avec eux une véritable relation de confiance. » Avi Dichter (patron du Shin Bet de 2000 à 2005)
- « Je suis prêt à tous les interlocuteurs possibles. Il n’y a pas d’alternative au fait de se parler. Il faut parler avec tout le monde, ça inclut même Ahmadinejad, n’importe qui.» Avraham Shalom
- « La tragédie du débat public sur la sécurité est que nous ne comprenons pas que nous sommes dans une situation frustrante où nous gagnons chaque bataille, mais nous perdons la guerre. » Ami Ayalon (patron du Shin Bet de 1996 à 2000).
_____________Le film  'Caméras brisées' (1) va dans le sens de ces témoignages.
Les dernières mesures concernant les bus réservés aux Palestiniens confortent les propos, enfermant un peu plus la société israëlienne dans une sorte d'apartheid, cherchant à justifier des actions contre des situations créées par ses propres excès.
"Le sionisme ne peut se légitimer lui-même dans ses outrances que par l’entretien d’une paranoïa dans laquelle la menace de l’antisémitisme a une place centrale.Si nul ne peut nier l’abomination qu’a pu représenter ce péril dans le passé, ceux qui luttent contre sa résurgence ou son entretien,sont désarmés par le sionisme lui-même, ses crimes, sa mauvaise foi et l’impunité qu’il revendique autant que son mépris des lois internationales ou résolutions onusiennes.Le camp de la paix, le vrai, qui existe du coté palestinien et du côté israélien, doit se battre contre ses propres frères acquis à une logique haineuse de part et d’autre, qui ne peut que favoriser le camp le plus fort d’un conflit aussi asymétrique...."
  L’instrumentalisation de la Shoah, qui paralyse la diplomatie européenne, sommée d’aider les infrastructures palestiniennes, ce qui arrange le colonisateur, est régulièrement condamnée par des Juifs, israëliens ou non. Burg, Finkelstein (qui connaît des problèmes au sein de l’université US), entre autres, sont de ceux-là.
Dans son livre, « La démocratie maintenant », le professeur Avi Shlaim de l’université d’Oxford, expert reconnu du conflit israélo-palestinien a déclaré que : «  Israël n’a pas d’immunité contre la critique, il n’a d’immunité morale contre la critique en raison de l’holocauste. Israël est une Etat-nation souverain, il devrait être jugé sur les mêmes critères que n’importe quel autre Etat. Norman Finkelstein est quelqu’un de très sérieux, quelqu’un de bien informé et un critique sévère des pratiques israéliennes d’occupation des territoires et de dépossession des Palestiniens »
Tant qu’Israël ne sera pas considéré comme un Etat comme un autre, soumis au droit commun international, le problème perdurera...
____Une spirale suicidaire est en marche, le fondamentalisme religieux gagnant droit de cité
 Pour sortir de cet enfermement mortifère, beaucoup d'Israëliens pensent qu'il est temps, dans leur propre intérêt, de passer à une autre stratégie.
 L'UE condamne la colonisation, mais reste soumise in fine aux volontés de Washington, malgré les critiques dans ce pays et les trop nombreuses résolutions de l'ONU.
 Son aide humanitaire est l'argent du silence, qui donne objectivement carte blanche à Netanyahou.
Le conflit israélo-palestinien n'est pas  dépassé et nous concerne aussi.

lundi 3 mars 2014

Israel et ses lobbies

 Permanences et vicissitudes
           Notes sur des  lobbies  en voie de transformation vis à vis d'un pays en constante mutation.
                                                                       Retour de bâton prévisible: la colonisation, souvent masquée, toujours déniée, mais toujours continuée, ne pouvait que se retourner contre l'extrême droite israëlienne et sa ligne politique constante, quelles que soient ses promesses.
  "Le gouvernement israélien est embarrassé parce que la plupart de ses membres refusent la position de la communauté internationale sur la colonisation. Pour l’ONU et pour la quasi-totalité de ses membres, Israël occupe la Cisjordanie et Jérusalem-Est, conquis durant la guerre des Six Jours en 1967. En construisant des villes, des places fortes, des quartiers, qui abritent aujourd’hui 7 % de sa population – 350 000 habitants en Cisjordanie, 200 000 à Jérusalem-Est, l’État hébreu viole le droit international.    Le gouvernement Netanyahou accepte d’autant plus difficilement ce point de vue qu’il compte plusieurs ministres issus de ces localités. Les colons ont en effet de nombreux relais dans différents partis de droite ainsi que dans l’armée et dans l’administration, qui affecte chaque année des dizaines de millions d’euros aux implantations. Or, à leurs yeux, dénoncer le droit d’Israël à la terre de Judée-Samarie – la Cisjordanie –, c’est porter atteinte au droit à l’existence de leur pays, c’est faire preuve d’antisémitisme. Le hiatus sur cette question cruciale est sans doute davantage perceptible aujourd’hui qu’hier du fait de la forte baisse de la violence en Cisjordanie. Le silence des armes permet de mieux appréhender d’autres formes de contrainte et de violations du droit..."
              L'antisémitisme, reste toujours l'argument instrumentalisé par le pouvoir. Comme le souligne Esther Benbassa: "La thèse de l’antisémitisme a été utilisée comme une arme pour rehausser l’image d’Israël et défendre sa politique 
                A l'heure même où  Amnesty International dénonce l’impunité d'Israël,   les relations sont de plus en plus problématiques entre l'Union européenne et Tel-Aviv, ce qui constitue une certaine nouveauté par rapport au passé..
Même des tensions commencent à se manifester avec l'Allemagne, généralement plus bienveillante à l'égard d'Israël.(1)  
      Mais le travail des lobbies toujours actifs de par le monde, en France comme au Canada et aux USA surtout, ne cesse pas (même s'il est encore discuté parmi les spécialistes américains).
 L'alliance solide et profonde qui unit les États-Unis et Israël depuis plus de soixante ans est communément attribuée à l'influence d'un lobby juif tout-puissant qui tirerait les ficelles de la politique étrangère américaine au Moyen-Orient. Or cette vision réductrice néglige un aspect essentiel de la question : aujourd'hui, aux États-Unis, les supporters d'Israël les plus fervents et les plus nombreux sont issus de la droite chrétienne. (1)
Les mouvements plutôt de gauche aux USA se désinvestissent de plus en plus d’Israël et le gouvernement montre son irritation.
                 La société israëlienne, elle, tend à se diversifier toujours plus, sous l'effet de nouveaux migrants, russophones surtout, constituant peu à peu une nouvelle  mosaïque.
  "...Ce qui caractérise la société israélienne en effet, c’est un multiculturalisme de nature antagoniste et engagée en vertu duquel chaque communauté ethnique, linguistique ou religieuse est détentrice d’une vision, d’un rêve et surtout d’une exigence sur la totalité de la collectivité politique. Ainsi, loin de se dissoudre dans l’indifférence de ses parties les unes aux autres, la mosaïque hébraïque demeure à présent cimentée par la force centrifuge de sa conflictualité..."
     Une mosaïque qui ne va pas sans conflits, sans tensions internes parfois. (2)
 Des intellectuels israëliens ne ménagent pas leur critiques par rapport au sionisme revendiqué et les nouveaux penseurs et historiens postsionistes, comme Finkelstein ou Shlomo Sand ne se privernt pas de démystifier certains mythes, pour faire d' Israël un Etat normal, répondant au droit international.
___________________
(2) Comme l'avoue le cinéaste israëlien  Nadav Lapid (« Le policier »), sorti il y a deux ans, et qui, lui aussi, radiographiait les bouleversements de la société israélienne:« À l’étranger, on a souvent une image idéalisée de ce qui se passe en Israël et les films n’y sont pas pour rien… Les Israéliens ne passent pas leur journée à parler de l’Etat palestinien. De façon assez tragique, pour la majorité d’entre eux, le conflit appartient au passé. Une idée basique et terriblement primaire s’est imposée : le camp palestinien est une bonne fois pour toutes celui des méchants. »  Il ajoutait :
     « Le mythe fondateur du “ Tous ensemble contre les autres ”, ressemble à la façade d’un immeuble. Au fil des années, les failles se voient de plus en plus. Et, progressivement, il n’existe plus qu’une gigantesque faille, qu’il faut tenter de masquer par tous les moyens..."

____________________________

lundi 2 septembre 2013

Point d'histoire

Israël: le mythe de l'exil
                                         Une émission intéressante sur Arte vendredi soir, qui soulève une question débattue en Israël même, qui a été et reste au coeur du projet sioniste.
La notion de l'exil est la thématique dominante du monde juif croyant et préside à la fondation de l'Etat d'Israël, exil conditionnant celle du retour..[ L'an prochain à Jérusalem, ville chargée de  mythes et objet de conflits entre toutes.]
Mais s'agit d'un retour et y a-t-il eu véritablement exil?
      Un chercheur israëlien indiquait que l'exil semble avoir été, si l'on en croit les textes,  toujours d'actualité: depuis Abraham, quittant Ur en Chaldée, les Hébreux fuyant l'Egypte, quittant plus tard Babylone...puis expulsés par les troupes romaines après le deuxième révolte...  si l'on en croit les mythes officiels et les récits bibliques, tels qu'une tradition religieuse les a livrés, contestés par nombre d''intellectuels israëliens eux-mêmes, souvent caricaturés, vu les réactions passionnelles que leurs analyses engendrent.
_Tout porte à croire que le thème du retour a été surtout forgé à Babylone, dans  certains groupes juifs et a servi rétrospectivement à interpréter l'histoire passée et comme de grille de lecture pour les présumées conséquences de l'épisode de l'occupation romaine.
     Or, il n'y aurait pas eu d'exil après la destruction du Temple et il y a de fortes probabilités, de nombreux indices archéologiques et culturels l'indiquent, que les Palestiniens d'aujourd'hui sont les descendants des Juifs d'hier, arabisés à partir du 7° siècle. De plus, il n'était pas dans les pratiques de la politique romaine de vider un pays occupé de ses habitants. Ils en ont certainement déplacé un certain nombre, notamment de Jérusalem, transférés certains à Rome comme signes de victoire, mis quelques-uns en esclavage, mais un transfert massif est de l'ordre de l'imaginaire. De plus, la diaspora juive existait déjà depuis longtemps tout autour de la Méditerranée.
         Cette thèse iconoclaste pour l'orthodoxie juive est confortée par les études historiques de l'historien israëlien Schlomo Sand et indirectement par les recherches archéologiques de l'équipe de Finkelstein.
"La Déclaration d’indépendance d’Israël dit que le peuple juif est né sur la terre d’Israël et a été exilé de son pays natal. Chaque écolier israélien apprend que cela s’est passé pendant la période de domination romaine, en 70 après J-C.. La nation est restée fidèle à sa terre, à laquelle elle a commencé à revenir après deux millénaires d’exil. Faux, dit l’historien Shlomo Sand, dans l’un des livres les plus fascinants et stimulants publiés ici depuis longtemps. Il n’y a jamais eu de peuple juif, seulement une religion juive, et l’exil non plus n’a jamais eu lieu - il n’y a donc pas eu de retour. Sand rejette la plupart des histoires de la formation de l’identité nationale dans la Bible, y compris l’exode d’Égypte et, de façon plus satisfaisante, les horreurs de la conquête sous Josué. Tout cela est de la fiction et un mythe qui a servi d’excuse à la création de l’État d’Israël" affirme Sand. 
 La notion de peuple juif est donc une invention, un mythe, forgé pour les besoins de la cause, à la suite des idées et du projet sioniste de T.Herzl.
                                    "D’après Sand, la description des Juifs comme un peuple d’exilés, errant et se tenant à l’écart, qui « ont erré sur mers et sur terres, sont arrivés au bout du monde et qui, finalement, avec la venue du sionisme, ont fait demi-tour pour revenir en masse sur leur terre orpheline », cette description ne relève que d’une « mythologie nationale ». Tout comme d’autres mouvements nationaux en Europe, qui ont revisité un somptueux âge d’or pour ensuite, grâce à lui, fabriquer leur passé héroïque – par exemple, la Grèce classique ou les tribus teutonnes – afin de prouver qu’ils existaient depuis fort longtemps, « de même, les premiers bourgeons du nationalisme juif se sont tournés vers cette lumière intense dont la source était le royaume mythologique de David » (p. 81).
Mais alors, quand le peuple juif a-t-il réellement été inventé, selon l’approche de Sand ? « Dans l’Allemagne du 19e siècle, à un certain moment, des intellectuels d’origine juive, influencés par le caractère ‘volkiste’ du nationalisme allemand, se sont donné pour mission de fabriquer un peuple « rétrospectivement », avec la soif de créer une nation juive moderne. A partir de l’historien Heinrich Graetz, des intellectuels juifs commencent à esquisser l’histoire du judaïsme comme l’histoire d’un peuple qui avait un caractère national, qui est devenu un peuple errant et qui a finalement fait demi-tour pour revenir dans sa patrie. »
                 La déconstruction du mythe national de l'Etat d'Israël ne va pas sans susciter des réactions parfois violentes, surtout dans le milieu des Juits ultra-orthodoxes et /ou nationalistes. Remettre en question une tradition et des convictions revendiquant la réappropriation de la terre sacralisée (aux contours imprécis) donc légitime ne peut aller pour l'instant sans vives contestations privées ou officielles.Nous avons eu, nous aussi nos mythes historiques.
  Les révélations du réalisateur israélien Ilan Ziv semblent plutôt libératrices.
Selon   Uri Avnery, « Si nous, les Israéliens, voulons consolider notre nation, nous devons nous libérer des mythes qui appartiennent à une autre forme d’existence et redéfinir notre histoire nationale. L’histoire sur l’exode d’Egypte est bonne en tant que mythe et allégorie - elle célèbre la valeur de la liberté - mais nous devons reconnaitre la différence entre mythe et histoire, entre religion et nation, entre une diaspora et un Etat, afin de trouver notre place dans la région dans laquelle nous vivons et développer une relation normale avec les peuples voisins..."
Gush Shalom ajoute:If we, the Israelis, want to consolidate our nation, we have to free ourselves from the myths that belong to another form of existence and re-define our national history.
_____________________________________________________

dimanche 10 décembre 2017

Jerusalem: le noeud gordien

Jerusalem: sainte ou maudite? 
                                             A la suite de l'initiative de Trump, surtout destinée à une partie de son électorat, on peut craindre que l'initiative concernant Jérusalem ne débouche sur une action violente, réveillant de vieux antagonismes politico-religieux bien partagés.
       Sans forcément présager le pire, la voix de l'ONU étant inaudible, l'Europe étant muette, la ville est une poudrière, surtout que Netanyahou cherche par tous les moyens à faire oublier ses multiples casseroles et les réactions hostiles à son égard dans son pays.
      Comme souvent, surtout depuis  un demi-siècle ,  Jérusalem, ville "partagée" et contestée, au statut hors du commun, devient le lieu d'enjeux extérieurs, le point de fixation de passions, où de nouvelles Croisades se font jour régulièrement.
     Surtout depuis les provocations de Sharon sur l'esplanade des Mosquées et la montée en force de l'extrême droite israëlienne, profitant de la colonisation galopante de la Cisjordanie, rendant ainsi aujourd'hui impensable la création d'un Etat palestinien envisagé initialement sous l'oeil vaguement et formellement réprobateur du parrain américain.
     La radicalisation US et israëlienne rallume un conflit potentiel, qui à vrai dire n'a jamais cessé.
Jérusalem est le nœud gordien dont on voit pas comment il pourra être tranché, quand on considère l' histoire compliquée d'une ville de si vieille tradition historique, qui plonge ses racines dans un long passé mythico-religieux.
    Le jeu des passions exacerbées ferait regretter à certains l'époque pré-balfourienne.
 Comme le disait l'historien israëlien Marius Schattner, évoquant une histoire encore brûlante, où les mythes ont la vie dure..
   Comme d'autres, devenus inaudibles:
        Nombre d'Israëliens,  d'arabes israëliens et de Juifs hors Israël pointent un danger mortel, comme Yakov Rabkin ou Norman Finkelstein. 
M. Rabkin dénonce les politiciens israéliens qui déclarent agir au nom du peuple juif sans se soucier des effets néfastes de l’activité de l’armée israélienne sur l’image du juif dans le monde. Il déplore que l’allégeance à l’État d’Israël ait depuis longtemps remplacé le judaïsme comme ancrage principal de l’identité juive.
      On voit mal pour l'instant comment rompre l'engrenage, maintenir le fragile équilibre, éviter le risque renforcé de radicalisation et d'islamisation. Attiser les extrêmes, cela s'appelle jouer avec le feu.
              Seul un processus de laïcisation et de démocratisation bilatéral pourrait faire sortit de l'ornière des tensions d'un autre âge. Et la clé essentielle du problème se trouve à Washington. C'est mal (re)parti...
_________________________________________________________________________________________( sorry pour les  lignes parasites qui se sont glissées inopinément dans le coeur du billet... mystère de l'informatique!...___

mercredi 12 août 2026

Quand l'archéologie devient politique

 Les risques de l'instrumentalisation

        L'archéologie, historique ou préhistorique, a beaucoup à nous apprendre sur notre passé -proche ou lointain- pour peu qu'elle soit "savante", confiée à des historiens ou des préhistoriens bien formés, mieux à même de donner du sens aux documents matériels ou immatériels mis au jour en éclairant souvent d'un jour nouveau ce que l'on savait ou croyait savoir. En ce sens, elle est une pratique auxiliaire de l'histoire, si elle menée avec rigueur et objectivité.                                         Mais de même que l'histoire peut être parfois instrumentalisée, au niveau politique, l'archéologie peut aussi, parfois sans le vouloir directement, se mettre au service de causes qui sont loin d'être indiscutables, créant parfois des polémiques qui dépassent de loin la neutralité de l'archéologue parfois imprudent ou trop engagé. Il arrive que la pratique archéologique devienne, officiellement ou pas, cause nationale. Comme on le voit aujourd'hui en Israël, en contribuant peu ou prou à forger ou à renforcer un idéal national, à légitimer une terre revendiquée comme authentiquement sienne, souvent sur fond de récits mythiques. Le projet de Grand Israël revendiqué par l'extrême droite du Likoud sert souvent de moteur pour des recherches orientées. Le mythe de la Terre Promise se réactive en cette période de conflits territoriaux. Bien que certains, comme Finkelstein, prennent leur distances par rapports aux mythes bibliques. L'archéologie n'a pas à légitimer quoi que ce soit pour cette école, soucieuse d'objectivité. Elle explore, décrit, interprète...Car il existe des faussaires  de la Bible, comme l'a bien montré le document de Arte hier soir. On est bien loin de l'archéologie rigoureuse, loin des pressions et de l'idéologie dominante. Même si elle a contribué à la fabrique de certaines identités impériales ou nationales....Elle reste malgré tout une discipline "politique", au sens large.                                                                                        Pour JP Demoule,  "...Les archéologues et historiens ont pour « devoir scientifique, éthique et citoyen de faire la part des mythes, de les décrire et les expliquer, mais en aucun cas de les alimenter ni de les justifier », estime Jean-Paul Demoule.  L’autre préoccupation majeure du chercheur est d’éviter que le passé ne soit considéré comme une marchandise, et son étude laissée au marché. L’archéologie préventive a précisément pour fonction d’éviter que les vestiges ne soient sacrifiés sans être étudiés lors d’aménagements. Il retrace avec minutie les péripéties législatives qui ont entouré son encadrement en France. La représentation nationale, l’Etat et ses grands corps, tout comme l’exécutif, n’en sortent pas grandis. Un de ses sujets d’indignation ? Les entreprises privées qui peuvent réaliser des travaux de fouilles bénéficient de crédits d’impôts – « l’argent des citoyens » –, ce qui leur permet, in fine, de proposer aux aménageurs des tarifs imbattables, « mettant en péril la survie économique et scientifique d’un institut de recherche publique ...»._____________

vendredi 1 août 2014

Colères israëlo-juives


 "Comment cela va-t-il finir?" demandaient de jeunes Israëliens démoralisés en 1970. Ezer Weisman répondait:"Il faut d'abord savoir comment cela a commencé"

 Les rêves de paix sont désormais vains. L'existence de tunnels creusés entre la bande de Gaza et le territoire israélien devient l'excuse parfaite pour Israël de rester en Cisjordanie, écrit, amer, ce chroniqueur de Ha'Aretz, Zvi Bar'el.
________________
                   Des Juifs et des Israëliens en colère, mais déchirés, divisés...

______________________________________________________________________________
_________________
       Une petite tréve-alibi, un cessez-le-feu éphémère ... le massacre continue. L'aveuglement aussi.
A croire que Dieu lui-même semble avoir  abandonné sa terre d'élection... 
        Dans ce que l'Israëlien Zeev Sterhell appelle un désastre sans nom, les USA, enfin, du bout des lèvres, troublés, condamnent, pour la forme, parce que des écoles de l'ONU sont visées et que les morts civils s'accumulent un peu trop médiatiquement, mais réarment par ailleurs.
    Lors de l'opération "plom durci" les instances onusiennes étaient allées jusqu'à parler de crime de guerre. (Rapport Goldstone, finalement édulcoré) (1)
                Aujourd'hui, silence ou bonne conscience....Sans sanction financière, Kerry n'obtiendra rien de Netanyahou, qui se vantait de tenir Washington.. 
      Un Juif modéré s'en émeut, mais sans faire une analyse de la génèse du conflit.
La France, "courageusement", suit l'Oncle Sam. Villepin est une exception...Le silence tue aussi.
       Sauf que là-bas quelques rares voix officielles se manifestent, comme celle de l’ancien secrétaire d’État Zbigniew Brzezinski qui a déclaré sur CNN : « Netanyahu est en train d’isoler Israël. Il met le futur de son pays en danger. Je crois que nous devrions dire clairement que nous désapprouvons ce qu’il fait, que nous ne le soutenons pas, et que cela va nous inciter, avec le reste de la communauté internationale, à prendre des initiatives visant à légitimer les aspirations palestiniennes, peut-être aux Nations unies. »
                                  Pendant ce temps, dans le pays et en dehors, des citoyens israëliens, et des Juifs indépendants de par le monde, le plus souvent minoritaires mais déterminés, essaient de faire entendre leurs voix, pas toujours audibles dans le climat de peur, largement instrumentalisé depuis longtemps par la droite israëlienne et les ultras, qui on pris l'ascendant sur le chef du gouvernement, du fait même de la composition de la Knesset.     La "Maison juive" est le parti symbole de la droite dure. (2)
        Leur plus rude combat est de dissocier la critique de la politique israëlienne du moment de l'accusation d'antisémitisme (ou de juifs honteux) qu'on leur renvoie classiquement, pour neutraliser leurs objections.
                         Les voix dissidentes en Israel , opposées à la propagande de guerre du régime depuis Sharon ne manquent pas, revendiquant souvent le courage de Rabin, mort sous les coups d'un rabbin fanatique.
  Un organe de presse critique comme Haaretz continue de garder ses distances et sa liberté de ton, condamnant l'absence de vision à long terme du gouvernement de coalition et le piège dans lequel il s'enferme.
    Le journaliste Gidéon Levy parle sans peur, contre l' intimidation et la confusion ambiantes entretenues, considérant la solution politique comme la seule possible pour un avenir viable.
    Eros Sana met en évidence le système  d'apartheid qui s'installe de fait.
                  Des Israëliens modérés élèvent la voix, sans oublier les critiques de Leibowitz, de S.Sand, A. Burg, et de bien d'autres.
Même des officiers osent s'exprimer,  des soldats israëliens aussi, certains allant jusqu'à refuser de porter les armes.
  Nous n'avons rien essayé d’autre que la force , dénonce une ONG de soldats israëliens
           Dans un contexte où la droite se radicalise et la gauche est dans l'impasse, la critique devient difficile, étant données aussi les divisions profondes de la société israëlienne, où la politique néolibérale de Netanyahou creuse les inégalités.
                Des Juifs non israëliens, croyants ou non, se joignent à ces voix, par le biais d'organisations comme La Paix Maintenant ou l' UJFP, sans rejoindre toujours la radicalité de certains mouvements juifs antisionistes américains, surtout ultraorthodoxes.
     Norman Finkelstein ne mâche pas ses mots
Esther Benbassa ne cache pas ses choix, contre les ultrasionistes violents, qui ne vivent pas qu'en Cisjordanie. L. Azelard de même, contre les amalgames de Roger Cukierman..
     Certains ne veulent plus retourner en Israël
     Michèle Sibony s'indigne de l'inaction des grandes puissances. Michel Warschawski dénonce la tragédie en cours.

    Richard Wagman montre que la question palestinienne est d'abord une question juive.
   En tous cas, un  nouveau seuil a été franchi.
         La logique d'un système dont ne voulait pas les fondateurs doit être brisée, pour que d'authentiques projets de paix puissent refleurir.  Alors que le Hamas allait entamer son rapprochement avec le Fatah modéré, la solution militaire est une provocation, un échec et une illusion. La solution n'est pas (qu') à Tel-Aviv...(3)
________
      (1) Entre la guerre des six jours et celle d'Irak (entre 1967 et 2003), plus du tiers des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies a été transgresssé par un seul Etat; Israël, concernant surtout la colonisation  de territoires palestiniens..
      (2) Le plus inquiétant des leaders actuels du Likoud, rival de Netanyahou est sans aucun doute Moshe Feiglin, aux propos pour le moins sulfureux.
 Comme le fait remarquer Akiva Eldar dans Haaretz du 30 janvier (« Netanyahu or Feiglin, Israel’s future still looks dark »), Feiglin sert aussi à faire apparaître Netanyahou comme un « modéré », alors même que le premier ministre israélien applique à la lettre la politique voulue par ces extrémistes, refuse toute véritable négociation et étend la colonisation. Eldar conclut ironiquement en appelant à voter pour Feiglin-yahou !
 Est-ce le plan de Feiglin qui est en cours à Gaza ? On peut le redouter... 
                  En Israël, l’extrême droite se déchaîne, en toute impunité
31 juillet 2014 |  Par Pierre Puchot
En Israël, il ne se passe désormais plus trois jours sans qu’une manifestation contre la guerre à Gaza ne fasse l’objet d’une violente répression de la part des militants d’extrême droite. Jafar Farah dirige le centre Mossawa, dédié à l’étude des discriminations subies par la communauté arabe en Israël. « Une manifestation de haine à cette échelle, plus seulement de la part des colons de Cisjordanie, je n’ai jamais vu cela, c’est un phénomène nouveau », dit-il..............
       (3) Le 27 novembre 1967, le Général de Gaulle déclarait sur les suites de la guerre israëlo-arabe: "L'occupation ne peut aller sans oppression, répression, expulsion, elle engendre la résistance |[qu'Israël] qualifie de terroriste... 
____ Nelson Mandela, « C’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé, qui détermine la forme de la lutte.. Si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’aura pas d’autre choix que de répondre par la violence. Dans notre cas, ce n’était qu’une forme de légitime défense » (Nelson Mandela, « un long chemin vers la liberté »).
______
- Démystifications  (The Nation
Journalistes israëliens et la guerre
- Gaza: l'effroi
- Le judaïsme libéral en France

 _____________________________________

lundi 1 juin 2026

Vu d'Israël

  De l'ethnocratie à l'apartheid



              C'est en ces termes que  Oren Yiftachel  qualifie les dérives de son propre pays, de hier à aujourd'hui, engagé dans une aventure sans issue "...Oren Yiftachel enseigne la géographie politique à l’université Ben-Gourion de Beer-Sheva. On lui doit le concept d’ethnocratie, forgé dans les années 1990, pour décrire un régime qui, derrière une façade démocratique, privilégie en réalité l’ethnicité d’un groupe au détriment des autres. Il l’a appliqué à plusieurs pays, dont le sien, Israël. Son dernier livre, De l’ethnocratie à l’apartheid, publié pour l’heure seulement en hébreu et en arabe, franchit un pas supplémentaire : à ses yeux, Israël est désormais un apartheid. « Nous vivons une période très grave et honteuse pour Israël », s’alarme dans un entretien à Mediapart l’ancien président de l’ONG israélienne phare B’Tselem, coauteur du rapport fondateur de 2021 sur l’apartheid (il a aussi contribué à celui sur le génocide en 2025)...."                                                                                                 Difficile d'être en désaccord avec son analyse sans concession. Il n'est pas le seul  dans son pays à aller à rebours de la politique et du discours actuel de Netanyahou et des leaders d'extrême droite qui ne se retiennent plus dans leurs déclarations racistes, expansionnistes, parfois même criminelles. Nombre d'Israëliens, commeBartov,  d'arabes israëliens et de Juifs hors Israël pointent un danger mortel pour le pays qu''ils aiment, comme Yakov Rabkin ou Norman Finkelstein. M. Rabkin dénonce les politiciens israéliens qui déclarent agir au nom du peuple juif sans se soucier des effets néfastes de l’activité de l’armée israélienne sur l’image du juif dans le monde. Il déplore que l’allégeance à l’État d’Israël ait depuis longtemps remplacé le judaïsme comme ancrage principal de l’identité juive.                                                                                                                                             La Cisjordanie, la situation devient intenable. A Gaza, on "reconfigure". Au Liban, c'est la continuation des destructions, pour tracer de nouvelles frontières, pour un contrôle territorial élargi. On ne se cache plus, dans cette politique de la terre brûlée. C 'est tout le Moyen Orient qui est concerné, malgré les interventions formelles de l'ONU.

                   Lior Amihai, directeur de l’ONG israélienne La Paix maintenant : « La coalition au pouvoir en Israël veut annexer les territoires de Cisjordanie et établir un Etat raciste fondé sur la suprématie juive »    Porté par une idéologie messianique, le gouvernement de Benyamin Nétanyahou a bureaucratisé le processus de la colonisation en Cisjordanie depuis fin 2022. Dans un                entretien au « Monde », le directeur d’une grande organisation pacifiste rappelle qu’une majorité de l’opinion publique israélienne ne soutient pas cette politique.

 Il n'est pas le seul.   " C’est l’un des intellectuels israéliens les plus influents au monde, historien à l’Université hébraïque de Jérusalem, auteur des best-sellers mondiaux Sapiens, Homo Deus et 21 Lessons for the 21st Century, traduits dans des dizaines de langues et lus jusque dans les cercles du pouvoir occidentaux. Et pourtant, depuis le 7 octobre, cet homme issu du cœur même de la société israélienne lance un avertissement d’une brutalité rare contre son propre pays et surtout contre Benjamin Netanyahou. Dans plusieurs entretiens accordés notamment au quotidien espagnol El pais , Harari parle d’« humiliation historique » pour qualifier le 7 octobre et accuse Netanyahou d’avoir fracturé la société israélienne au point de devenir, selon lui, « le pire ennemi du nationalisme israélien ». En effet, dans ses entretiens accordés également au New York Times (Ezra Klein Show), à Ynet News, GZERO Media et Le Monde. » ; il a honnêtement, rendu ses déclarations si puissantes que ce n’est plus seulement leur radicalité critique qui percute ; mais elles questionnent la cécité des élites parce qu’elles viennent d’un homme profondément issu du récit sioniste israélien, mondialement respecté, lu dans les universités, les chancelleries et les cercles technologiques occidentaux.... les avertissements les plus graves ne viennent pas des ennemis.

Ils viennent de celles et ceux qui voient leur propre maison brûler de l’intérieur...." ========================