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mardi 25 mars 2025

Hommage au vélo

Vive l'hirondelle!

       Voici revenu le temps du vélo. L'instrument d'une liberté, gagnée aussi par les femmes. Liberté , mais aussi santé, on ne le dira jamais assez..                                                                                                   A l'aube du vélo moderne, le grand Zola a montré la voie, par passion..

          Pédaler, c'est la santé, du corps et de l'esprit                          Pédaler c'est la santé. C'est confirmé. Le vélo est néfaste quand on n'en fait pas.  Quand on pédale, ça tourne rond. Les bienfaits sont nombreux. Ça peut parfois devenir viral. Je ne parle pas des forçats du guidon...

La pratique du vélo devrait être remboursée...                                                                                                                              Depuis son déclin, dans les années 50, il n'y a jamais eu tant de demandes, surtout depuis le début de la pandémie. Les primes de toutes natures aidant, c'est même la ruée chez les vélocistes, qui peinent à répondre à la demande, surtout en milieu urbain. Les pièces détachées ne suivent pas toujours, quand elles viennent de pays asiatiques. La crainte de la promiscuité aidant, l'hirondelle s'envole, avec ou sans assistance électrique. Fera-t-elle le printemps? L'avenir le dira...En tous cas le corps médical applaudit: 

« Ne pas faire de vélo, c'est dangereux pour la santé ! »

        ____ Le vélo ne peut pas tout, mais il peut beaucoup.

        Sa pratique régulière devrait être  remboursée par la Sécu. Bientôt ce ne sera peut--être plus une blague, dit-on.
          Ce n'est pas moi qui le dit. Et les avis convergent.
  Qui dira les mérites du vélo pour la santé physique et mentale? Beaucoup y trouvent des bénéfices et abandonnent ou réduisent statines ou Prozac.
       De 7 à 77 ans...et au-delà. On y gagne:
          ...Un mieux-être général », détaille le docteur Sandra Winter de l’hôpital Edouard Herriot, à Lyon. Car les bénéfices de la pratique ne sont pas uniquement physiques. La santé psychique au sens large connaît la même métamorphose. Pédaler stimule les neurones et accroît ainsi la mémoire et les capacités cognitives. Monter en selle régulièrement aide à combattre le stress, permet d’augmenter son temps d’exposition à la lumière, fait gonfler l’estime de soi, améliore la qualité du sommeil… et la liste est encore longue....
....Du vélo à la place des médicaments, le docteur Arthur Molique ne réfute pas l’idée, bien au contraire : « on arrête des traitements de certains diabètes débutants suite à la reprise d’une activité physique, idem pour les traitements contre le cholestérol. Elle joue un rôle également dans la lutte contre la récidive des pathologies cancéreuses. Je suis par ailleurs persuadé que la pratique du vélo pourrait mettre un frein à la surconsommation d’anxiolytiques et d’antidépresseurs ».
        Mauvaises nouvelles pour les pharmaciens....
   Le vélo est reparti, après une longue période d'abandon. parfois par la force des choses, à la reconquête du pavé, mais ce n'est qu'un début. 
     Aller applaudir les forçats du guidon, les bourreaux du bitume, à l'Alpe Duez n'est pas interdit, mais ne se substitue pas à quelques sorties hebdomadaires sur son hirondelle (qui fait déjà le printemps...). Un bon virus.
    Pas seulement pour les bobos.
     Ses dangers sont souvent surestimés et trop peu est fait pour une circulation sans risques.   Visitez Copenhague, où le nombre de vélo dépasse celui des voitures et où on respire, on respire....
                                                            Le vélo ira loin...

                                                    ____________________________

vendredi 5 mars 2021

Vélovirus

      Il y a virus et virus

               Il en est un qu'on attrape souvent très tôt. Parfois dès l'enfance. Et qui dure le plus souvent, qui ne vous lâche plus.  Heureusement sans faire de dégâts, au contraire. Il s'accompagne souvent d'une excellente forme physique et psychique ce qui paraît paradoxal.     Rien à voir avec les effets de celui qui nous obsède actuellement et qui pourrit la vie des gens. Je veux parler du vélo-virus. Qui se développe aussi à la faveur du méchant virus, qui vient parfois au secours de ses victimes. Virus contre virus.   Cette affection déjà ancienne, cette passion consistant à chevaucher sa monture d'acier, à la mener loin dans la campagne, à oublier le quotidien, à pédaler, même sans but, en perdant la notion du temps, en cultivant même une certaine euphorie, en s'abstrayant des soucis du moment, seul ou en groupe..,celle que chantait Yves Montand.  "Quand je pédale, je tourne rond" disait un écrivain. On ne peut en dire autant du virus qui nous frappe méchamment et pourrit nos vies. Les médecins vous le diront: ne pas faire de vélo, c'est dangereux pour la santé.

       Ce virus ne connaît pas de frontières. Comme l'autre. Quand on l'a attrapé quand on était petit, on peut difficilement s'en passer. Il n'y a pas beaucoup d'antidotes. Les endomorphines font leur oeuvre et contribue à une certaine sagesse vélocipédique.                                            On dit que Socrate marchait beaucoup dans les rues d'Athènes, et, à l'occasion d'une discussions de rencontre, il lançait mine de rien ses interlocuteurs sur des sujets qui n'étaient pas au niveau des pavés:    Qu'est-ce que la vérité? la justice? la beauté?..ces questions surgissaient d'elles-mêmes au bout d'un certain temps, pas toujours résolues, mais au moins mieux posées. Sans en avoir l'air, il pratiquait une certaine ironie bienveillante et pédagogique, propre à déstabiliser son interlocuteur et à l'aider  à reconsidérer son point de vue, surtout par des interrogations orientées provoquant le doute et la remise en question.      Certes, la machine velocipédique n'était pas encore d'actualité, qui aurait pu aider le futur exclu de la cité à étendre son pouvoir d'influence.   ___ Karl Drais et les autres viendront plus tard, avec leurs machines à évasion, à rêver, à s'auto-propulser vers d'autres horizons.    Si Platon aussi réfléchissait pedibus cum jambis,  pour le cyclosophe Guillaume Martin, graine de champion, le guidon et la pensée sont compatibles. La pensée lui vient en roulant, même à fond la caisse.    Certains autres en font aussi une machine à penser et à équilibrer les émotions, à activer les neurones.

____      Le vélo, c'est tout bon.
                           Et c'est bon pour tout et pour tous
                                   La cardiologue vous le dira, l'écologiste aussi, sans parler de l'urbaniste avisé. La bagnole n'a plus d'avenir en ville.
    Mais ça sert aussi à régénérer les neurones, à stimuler la pensée, et finalement à tourner rond.
 Suffit pas d'en parler.

   Du moins si on ne joue pas son Pantini, certaines substances à l'appui.
     Pour un philosophe, ça va plus loin, ça aide à mieux penser et à aller à l'essentiel. Ça génère une attitude d'esprit particulière et souvent des idées neuves surgissent en roulant, re-cyclant celles qui, usées, sont un poids pour l'esprit, une inertie épistémologique.
  Déjà Socrate l'aurait dit...si l'on en croit Francis, qui voit dans la pratique cycliste plus qu'une passion possible, mais aussi un entrainement à la pensée renouvelée.   Sans être un super-champion. Si on ne reste pas la tête dans le guidon.
  Le vélo peut aider à réconcilier le corps et l'esprit, la théorie et la pratique et à stimuler une certaine sagesse du corps, les deux étant interdépendants, comme le reconnaissait Nietzsche.
      Mais on peut avoir aussi le nez dans le guidon, devenir une machine roulante obsédée par la performance, c'est possible aussi.

         Guillaume est plutôt dans la lignée d’Alfred Jarry, Jules Renard, Cioran ou encore Maurice Leblanc, grands écrivains cyclistes, Bernard Chambaz allie dans cet essai souplesse des mots et ressort de la pédale. Mouvement, espace, durée, effort : tous les amateurs, passionnés, fous de vélo, trouveront au fil des réflexions de l’auteur de quoi réfléchir à leur tour sur des notions pour eux bien concrètes. Car détrompons-nous : le vélo n’est pas détaché des idées ! De concept en concept, convoquant avec espièglerie les plus grands philosophes – Heidegger, Kant, Spinoza ou encore Husserl –, Bernard Chambaz dévoile une autre facette du vélo : celle d’un objet qui prolonge notre être et nous donne à penser....
      Descartes faisait aussi du vélo. Sans aucun doute.
 Et il a des émules, comme Eric Fottorino, qui dit justement: le vélo est un jeu d'enfant qui dure longtemps. Même comme ancien directeur du Monde.
                      Il roule et il pense. Plus ou moins bien, mais il le fait:
          Même si c'est souvent, à un certain niveau, penser ou panser.  La chute n'est pas exclue. Mais il faut savoir aventurer sa vie, comme disait un certain penseur.
      L'expérience intime du vélo nous ramène à Descartes: pedalo, ergo sum...
        Il n'y a pas que la santé et le loisir qui comptent. Depuis le début, la petite reine occupe souvent la pensée des hommes.
       Comme disait l'autre: Quand je pédale je tourne rond...

          Qui veut penser plus loin ne ménage pas sa monture

                  


                                                    ________________________

mardi 24 juillet 2007

Le vélo et moi


Confidences d'une petite reine...

Dans son article "Un petit vélo dans la tête ", Azür nous invitait lundi à des escapades pleines d’imprévus, avec le moyen de transport le plus sain, le plus simple,

le plus économique, le plus écologique. Source d’évasion , de dépaysement et de rêves. A sa suite, je vous propose de sortir des sentiers préélectoraux très encombrés et parfois un peu pollués, pour pédaler sur des pistes dégagées, aérées et pleines de surprises...

Avec moi on va loin. Et pourtant je suis fait de rien .. Trois fois rien. Juste quelques tubes assemblés, collés ou soudés. En acier, alliage d’aluminium, carbone ou titane. Peu importe.Un triangle, un tube de direction,une fourche, une potence, un guidon, un tube de selle , une selle. Et bien sûr pour mouvoir tout cela, transmettre la force musculaire : un axe, un ensemble pédalier, une chaîne, des pignons, deux roues... Peut-on imaginer plus simple pour se déplacer d’un point à un autre ?

Depuis mes origines , j’ai subi quelques modifications (changement de vitesse, freins plus ou moins sophistiqués), mais pour l’essentiel, depuis le début du siècle dernier, je garde toujours la même configuration, toujours fidèle à mes principes essentiels. Pour le compagnon qui me chevauche,l’ami qui me propulse, je reste LE VELO. Celui qu’on trouve encore, avec toutes ses variantes, dans les rues de Calcutta, du Caire,de La Paz ou de Hanoï , dans la campagne artésienne, ou sur le parcours de la « Grande Boucle »...

Bicyclette, vélo, bécane,biclou, petite reine ...je ne manque pas de dénominations. Les puristes font la distinction ,qui échappe au profane, entre bicyclette, trivial moyen de déplacement utilitaire , et vélo, instrument ludique d’une pratique sportive assidue et souvent passionnée, source de plaisirs aussi variés que mystérieux. A noter que « petite reine », contrairement à une croyance tenace, ne vient pas de l’usage qu’en a fait la reine Wilhelmine de Hollande, mais d’un journaliste, Pierre Giffard, qui en 1890 dans le « Petit Journal », produisit un dessin d’une jeune fille portant au-dessus de sa tête un vélo dernier cri, avec un titre qui allait frapper les esprits : « La Reine Bicyclette ».La réalité et le mythe prenaient leur essor.

J’ai déjà connu une assez longue aventure, que les curieux en matière d’histoire technique pourront trouver ici et ici

Louise Merzeau a fait une analyse assez fine de mes différents aspects , techniques et sociaux

J’ai d’abord été l’objet d’une pratique mondaine.L’aristocratie, les dandys parisiens et les notables de province s’entichent de moi, par souci de coller aux modes nouvelles.On aimait « vélocer »,comme on disait .Des cours de vélocipède se créent , notamment au Véloce Club, près de la Bourse. Le plus chic est d’aller se montrer le dimanche à St Cloud, chevauchant un drôle d’animal sans crotin.Je n’ai commencé à me démocratiser que lorsque l’automobile devint à la mode.

Je suis une machine à rouler, à transporter ; mais aussi une machine à rêver.Utile et ludique.

Je facilite le déplacement en quadruplant la vitesse du simple piéton. J’ai tout transporté sur les appendices qu’on m’a ajoutés (porte-bagage ou remorque) : les récoltes de la ferme, les produits du marché, en Inde ou au Mali ,l’équipement de camping, le matériel militaire en pièces détachées sur la piste Hô-Chi-Minh , assurant ainsi la victoire du Vietcong sur la machine de guerre US..

Objet rare et précieux pendant et après la guerre, qu’on se faisait parfois voler. Véhicule indispensable pour le résistant , transmettant un message ou des armes (Lucie Aubrac)

J’ai donné un plaisir inégalé aux premiers bénéficiaires des congés payés, qui partaient enfin découvrir une mer inconnue, aux amoureux qui pédalaient le samedi soir vers le bal du village voisin ,dynamo branchée. Je présidais aux sorties improvisées des dimanches de printemps (« Quand on partait de bon matin...avec Paulette » Yves Montand)... et aux rencontres galantes

Je donne de la jubilation aux enfants qui font le dur apprentissage de l’équilibre et de la maîtrise du guidon.

Ah ! les souffrances des premiers pédalages , l’obstination à imiter les adultes, pour pouvoir s’évader un peu de l’étroitesse du cercle familial.

« Dans le parc des Buttes-Chaumont un cycliste de 5 ans

S’apprête à vivre un grand évènement

Encouragé par son père et par sa maman

Il va faire du vélo comme les grands... » (Bénabar)

Il n’est pas étonnant que des écrivains se soient intéressés à moi et aient vanté mes mérites .

Certains ont décrit mes étonnantes performances et mes effets sur l’homme, d’autres m’ont pratiquée, en y trouvant détente, source d’inspiration, renouveau ,comme A.Jarry, ,Zola, G. Mordillat, Cioran ,Paul Morand, Paul Fournel, G. Pérec, A. Londres., Pablo Neruda, Alphonse Allais,Marcel Aymé, Jules RomainJulien Gracq...Il ne faut pas oublier Tristan Bernard ni Antoine Blondin, journaliste et écrivain, suivant avec passion le Tour de France. Et comment ne pas citer Roland Barthes, qui, dans ses « Mythologies », analyse le Tour comme une « épopée »., avec ses héros (Coppi, Bobet) et ses malchanceux (Poulidor...) ?

Jules Riol, lyrique : « Ainsi la clef des vrais trésors ,Elle est en toi : tu régénères Mes sens, mes muscles, tout mon corps ; L’espace n’a plus de barrières, . Les cités n’ont plus leurs prisons Et l’âme du pauvre poète ,D’infini toujours inquiète ,Voit s’élargir les horizons : Vive la bicyclette ! »

P. Fournel parle de moi avec passion : « Mon monde d’enfant a toujours été plus vaste que mon village. Dès que j’ai su pédaler j’ai eu l’idée d’un monde plus grand. » Dans sa Haute-Loire natale, Paul Fournel les a parcourues ces routes " étroites " et " serpentines ", " belles et peu fréquentées ", pour finalement, chaque jour un peu plus, s’enquérir de nouvelles contrées. Dans " Besoin de vélo ", son dernier livre, l’amoureux de la petite reine et l’homme de mots ne font plus qu’un. . Il parle d’un véritable " miracle " vécu au jeune âge. " Pendant des jours on tremble, on hésite, on se dit que jamais on ne se libérera de cette main qui nous guide sous la selle ", écrit-il de l’apprentissage enfantin sur deux roues, qui, pour ceux qui l’ont vécu intensément, révèle en nous un peu plus qu’une simple pratique physique. Lui, en est sûr : " Un matin, je n’ai plus entendu le bruit de la course derrière moi, plus le souffle rythmé dans mon dos. J’aurais voulu ne plus jamais mettre pied à terre de peur que le miracle ne se reproduise plus. J’exultais. ...De ce miracle je ne me suis jamais remis. Savoir nager ne m’a pas autrement ému et il n’y a guère que savoir lire qui ait égalé en intensité mon savoir-pédaler. À quelques mois d’intervalle j’appris donc, dans cet ordre, à faire du vélo et à lire. Au Noël de mes cinq ans j’étais un homme fait : je savais mon travail et mon loisir. " Il ajoute aussi : « le vélo donne un goût neuf aux choses simples...Il y a dans le vélo une RELATION AMICALE AU MONDE : les montagnes que l’on voit sont à escalader, les vallées sont à dévaler...Etre dans le paysage, dans la pluie, dans sa chaleur, dans son vent, c’est le voir avec d’autres yeux, c’est l’imprégner en soi d’une façon instinctive et profonde....Jouissant d’une nature en profondeur dépressive...le vélo est ma métaphore essentielle, mon modèle profond. Tant que je pédale, je suis en équilibre, TANT QUE JE PEDALE , JE TOURNE ROND... »... .... Rare symbiose entre la machine et l’homme, une machine que l’homme domine et mène à son rythme, sans souci de performance...

Comme dit un autre auteur en parlant de moi : « C’est ce mélange d’animation et de passivité et cet équilibre entre l’extérieur et l’intérieur qui conduit à un état de recueillement et de rêverie en vélo...le mouvement extérieur vient du paysage qui file à une trop grande vitesse pour qu’on le discerne clairement, mais néanmoins pas assez vite pour disparaître dans un masse confuse...L’esprit se détend, suit sa pente naturelle,s’abandonne à un vagabondage intérieur et, comme dit Rousseau, l’âme « se dégage des préoccupations quotidiennes et fastidieuses »...Il y a activité et passivité dans le vélo : l’homme entraîne son engin, qui l’entraîne à son tour, l’un et l’autre pris dans la même ronde »(Edwart Nye : « A bicyclette »)

Montaigne déjà, évoquant d’autres chevauchées : « Si le destin me permettait de passer ma vie à ma guise, je choisirais à la passer le cul sur la selle. »

Même un pianiste concertiste, assez atypique, René Duchable, se passionne en ma compagnie , y trouvant énergie et inspiration.

Il se vérifie souvent que mon usage bien tempéré et régulier apaise, euphorise parfois. Est-ce l’effet de ces molécules ,appelées endomorphines, que secrète le cerveau à l’effort ? Elles développent la jouissance, apaisent l’anxiété, atténuent les effets du stress, calment les douleurs et stimulent les facultés intellectuelles En tous cas , je constate que certains de mes adeptes assidus sont un peu déprimés, irritables dès qu’ils sont obligés d’abandonner quelque temps ma compagnie . Je remplace utilement le Prozac pour ceux qui sont surmenés ou au bout du rouleau et je constate combien l’humeur change avec moi , si l’effort est bien dosé.J e devrais être systématiquement conseillée par le corps médical , remboursée pas la Sécu, d’autant plus que je facilite souvent l’arrêt du tabac.Je favorise la sociabilité (les cyclistes se saluent le plus souvent en se croisant ou conversent amicalement en groupe, même sans se connaître),donc je contribue à un bien-être général qui a forcément des conséquences heureuses sur l’état de santé général...

Mes effets relèvent du mystère, de l’irrationnel, à tel point que celui que je passionne ne peut expliquer clairement ce qui le motive . Difficile à comprendre quand on n’est pas pratiquant...On attend encore le psychanalyste avisé qui tentera d’ expliquer l’attrait que je suscite parfois...aussi bien esthétiquement que dynamiquement. Y aurait-il une part d’érotisme qui se satisferait de manière étrangement sublimée, un rien de masochisme qui amène parfois à tester douloureusement ses limites ? Qu’est-ce qui pousse certains à braver les pentes de l’Aubisque ou à s’attaquer au col de la Madeleine ? Etranges défis , « inutiles » aux yeux du profane...

Le cycliste heureux n’a rien à prouver aux autres.Contrairement aux bourreaux du bitume, aux forçats du guidon, qui friment en club le dimanche matin ,pour exhiber leurs mollets surdimensionnés et raconter leurs derniers "exploits", Tartarins des pelotons..Alors qu’est-ce qui l’anime ?Une part de fétichisme parfois, qui fait qu’on s’attache à moi parfois au-delà du raisonnable (" Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?"...) ? Qui pourrait rendre compte de la complexité des sentiments qui habitent celui qui fait de moi une complice de ses rêves , de ses évasions intimes ? Mais ne rompons pas le charme en essayant d’élucider des questions largement insolubles, gardons le mystère , qui s’enracine en partie dans les mythes de l’enfance, dans une nostalgie de liberté jamais assouvie, un désir d’évasion de soi et du monde toujours en question, une stabilité toujours à reconquérir....

Pronetaires de tous les pays ,adoptez- moi !

(Comme Maxim, B.Dugué, Alain C, Zen...et autres Agoravoxiens) .

Peuple des connecteurs, devenez aussi peuple des pédaleurs ! Lâchez le clavier pour le pédalier !

Vive la velorution !

Le bonheur est au bout du guidon !...


Edward Nye : A bicyclette (Sortilèges)

Paul Fournel : Besoin de vélo ( Seuil)

C.Dufour :L’ABC du vélo (Flammarion)

.Serge Laget :La saga du Tour de France (Gallimard)

Pour les inconditionnels, un des sites les plus complets : Vélo 101



ZEN



mercredi 4 septembre 2019

Vélocipédo-philosophie

Le vélo, c'est tout bon.
                           Et c'est bon pour tout.
                                   La cardiologue vous le dira, l'écologiste aussi, sans parler de l'urbaniste avisé. La bagnole n'a pas d'avenir en ville.
    Mais ça sert aussi à régénérer les neurones, à stimuler la pensée, et finalement à tourner rond.
 Suffit pas d'en parler.
   Du moins si on ne joue pas son Pantini, certaines substances à l'appui.
     Pour un philosophe, ça va plus loin, ça aide à mieux penser et à aller à l'essentiel. Ça génère une attitude d'esprit particulière et souvent les idées viennent en roulant.
  Déjà Socrate le savait...si l'on en croit Francis, qui voit dans la pratique cycliste plus qu'une passion possible, mais aussi un entrainement à la pensée.   Sans être un super-champion. Si on ne reste pas la tête dans le guidon.
Le vélo peut aider à réconcilier le corps et l'esprit, la théorie et la pratique et à stimuler une certaine sagesse du corps, les deux étant interdépendants, comme le reconnaissait Nietzsche.
      On peut même avoir aussi le nez Nietzsche dans le guidon, c'est possible aussi.
         Dans la lignée d’Alfred Jarry, Jules Renard, Cioran ou encore Maurice Leblanc, grands écrivains cyclistes, Bernard Chambaz allie dans cet essai souplesse des mots et ressort de la pédale. Mouvement, espace, durée, effort : tous les amateurs, passionnés, fous de vélo, trouveront au fil des réflexions de l’auteur de quoi réfléchir à leur tour sur des notions pour eux bien concrètes. Car détrompons-nous : le vélo n’est pas détaché des idées ! De concept en concept, convoquant avec espièglerie les plus grands philosophes – Heidegger, Kant, Spinoza ou encore Husserl –, Bernard Chambaz dévoile une autre facette du vélo : celle d’un objet qui prolonge notre être et nous donne à penser....
      Descartes faisait aussi du vélo. Sans aucun doute.
   Et il a des émules, comme Eric Fottorino, qui dit justement: le vélo est un jeu d'enfant qui dure longtemps. Même comme ancien directeur du Monde.
                      Il roule et il pense
  Plus ou moins bien, mais il le fait:
          Même si c'est souvent, à un certain niveau, penser ou panser.  La chute n'est pas exclue. Mais il faut savoir aventurer sa vie, comme disait un certain penseur.
      L'expérience intime du vélo nous ramène à Descartes: pedalo, ergo sum...
_________________         
A éviter, si possible:
         
                   

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samedi 4 janvier 2020

Cyclophilosophie

Etrange défi
               On dit que Socrate marchait beaucoup dans les rues d'Athènes, et, à l'occasion d'une discussions de rencontre, il lançait mine de rien ses interlocuteurs sur des sujets qui n'étaient pas au niveau des pavés:
    Qu'est-ce que la vérité? la justice? la beauté?..ces questions surgissaient d'elles-mêmes au bout d'un certain temps, pas toujours résolues, mais au moins mieux posées.
  Sans en avoir l'air, il pratiquait une certaine ironie bienveillante et pédagogique, propre à déstabiliser son interlocuteur et à l'aider  à reconsidérer son point de vue, surtout par des interrogations orientées provoquant le doute et la remise en question.
      Certes, la machine velocipédique n'était pas encore d'actualité, qui aurait pu aider le futur exclu de la cité à étendre son pouvoir d'influence.
   Karl Drais et les autres viendront plus tard, avec leurs machines à évasion, à rêver, à s'auto-propulser vers d'autres horizons.
 Si Platon aussi réfléchissait pedibus cum jambis,  pour le cyclosophe Guillaume Martin, graine de champion, le guidon et la pensée sont compatibles. La pensée lui vient en roulant, même à fond la caisse.
 Certains autres en font aussi une machine à penser et à équilibrer les émotions, à activer les neurones.
      Le vélo, c'est tout bon.
                           Et c'est bon pour tout et pour tous
                                   La cardiologue vous le dira, l'écologiste aussi, sans parler de l'urbaniste avisé. La bagnole n'a plus d'avenir en ville.
    Mais ça sert aussi à régénérer les neurones, à stimuler la pensée, et finalement à tourner rond.
 Suffit pas d'en parler.
   Du moins si on ne joue pas son Pantini, certaines substances à l'appui.
     Pour un philosophe, ça va plus loin, ça aide à mieux penser et à aller à l'essentiel. Ça génère une attitude d'esprit particulière et souvent des idées neuves surgissent en roulant, re-cyclant celles qui, usées, sont un poids pour l'esprit, une inertie épistémologique.
  Déjà Socrate l'aurait dit...si l'on en croit Francis, qui voit dans la pratique cycliste plus qu'une passion possible, mais aussi un entrainement à la pensée renouvelée.   Sans être un super-champion. Si on ne reste pas la tête dans le guidon.
  Le vélo peut aider à réconcilier le corps et l'esprit, la théorie et la pratique et à stimuler une certaine sagesse du corps, les deux étant interdépendants, comme le reconnaissait Nietzsche.
      Mais on peut avoir aussi le nez dans le guidon, devenir une machine roulante obsédée par la performance, c'est possible aussi.
         Guillaume est plutôt dans la lignée d’Alfred Jarry, Jules Renard, Cioran ou encore Maurice Leblanc, grands écrivains cyclistes, Bernard Chambaz allie dans cet essai souplesse des mots et ressort de la pédale. Mouvement, espace, durée, effort : tous les amateurs, passionnés, fous de vélo, trouveront au fil des réflexions de l’auteur de quoi réfléchir à leur tour sur des notions pour eux bien concrètes. Car détrompons-nous : le vélo n’est pas détaché des idées ! De concept en concept, convoquant avec espièglerie les plus grands philosophes – Heidegger, Kant, Spinoza ou encore Husserl –, Bernard Chambaz dévoile une autre facette du vélo : celle d’un objet qui prolonge notre être et nous donne à penser....
      Descartes faisait aussi du vélo. Sans aucun doute.
 Et il a des émules, comme Eric Fottorino, qui dit justement: le vélo est un jeu d'enfant qui dure longtemps. Même comme ancien directeur du Monde.
                      Il roule et il pense. Plus ou moins bien, mais il le fait:
          Même si c'est souvent, à un certain niveau, penser ou panser.  La chute n'est pas exclue. Mais il faut savoir aventurer sa vie, comme disait un certain penseur.
      L'expérience intime du vélo nous ramène à Descartes: pedalo, ergo sum...
        Il n'y a pas que la santé et le loisir qui comptent. Depuis le début, la petite reine occupe souvent la pensée des hommes.
       Comme disait l'autre: Quand je pédale je tourne rond...

          Qui veut penser plus loin ne ménage pas sa monture...
                  
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jeudi 9 décembre 2021

Il roule, mais philosophiquement

 Il n'est pas pourtant un petit rouleur, Guillaume

                Un cas.  8° au dernier Tour de France quand même! La compétition, il est tombé dedans très petit. Se dépasser lui-même est son défi, sans avidité de gloire à tout prix, sans souci de vedettariat, sans animosité au sein du peloton. Il est juste régulier, sans gros coup d'éclats.  On parle à peine de lui. Quand il n'est pas sur son vélo, il est dans les livres, s'imprégnant de la pensée de Nietzsche, le philosophe du dépassement. En roulant, pas de théorie, il "pense avec son corps", il pratique la sagesse de l'effort, parfois jusqu'aux limites. Un rare mariage entre pédalage et spéculation    . Et ça roule...    Il aime "juste rouler"...

             On dit que Socrate marchait beaucoup dans les rues d'Athènes, et, à l'occasion d'une discussions de rencontre, il lançait mine de rien ses interlocuteurs sur des sujets qui n'étaient pas au niveau des pavés:   Qu'est-ce que la vérité? la justice? la beauté?..ces questions surgissaient d'elles-mêmes au bout d'un certain temps, pas toujours résolues, mais au moins mieux posées.
  Sans en avoir l'air, il pratiquait une certaine ironie bienveillante et pédagogique, propre à déstabiliser son interlocuteur et à l'aider  à reconsidérer son point de vue, surtout par des interrogations orientées provoquant le doute et la remise en question.
      Certes, la machine vélocipédique n'était pas encore d'actualité, qui aurait pu aider le futur exclu de la cité à étendre son pouvoir d'influence.
   Karl Drais et les autres viendront plus tard, avec leurs machines à évasion, à rêver, à s'auto-propulser vers d'autres horizons.
 Si Platon aussi réfléchissait pedibus cum jambis,  pour le cyclosophe Guillaume Martin, graine de champion, le guidon et la pensée sont compatibles. La pensée lui vient en roulant, même à fond la caisse.
 Certains autres en font aussi une machine à penser et à équilibrer les émotions, à activer les neurones.
      Le vélo, c'est tout bon.
                           Et c'est bon pour tout et pour tous
                                   La cardiologue vous le dira, l'écologiste aussi, sans parler de l'urbaniste avisé. La bagnole n'a plus d'avenir en ville.
    Mais ça sert aussi à régénérer les neurones, à stimuler la pensée, et finalement à tourner rond.
 Suffit pas d'en parler.

   Du moins si on ne joue pas son Amstrong ou Pantini, certaines substances à l'appui.
     Pour un philosophe, ça va plus loin, ça aide à mieux penser et à aller à l'essentiel. Ça génère une attitude d'esprit particulière et souvent des idées neuves surgissent en roulant, re-cyclant celles qui, usées, sont un poids pour l'esprit, une inertie épistémologique.
  Déjà Socrate l'aurait dit...si l'on en croit Francis, qui voit dans la pratique cycliste plus qu'une passion possible, mais aussi un entrainement à la pensée renouvelée.   Sans être un super-champion. Si on ne reste pas la tête dans le guidon.
  Le vélo peut aider à réconcilier le corps et l'esprit, la théorie et la pratique et à stimuler une certaine sagesse du corps, les deux étant interdépendants, comme le reconnaissait Nietzsche.
      Mais on peut avoir aussi le nez dans le guidon, devenir une machine roulante obsédée par la performance, c'est possible aussi.

         Guillaume est plutôt dans la lignée d’Alfred Jarry, Jules Renard, Cioran ou encore Maurice Leblanc, grands écrivains cyclistes, Bernard Chambaz allie dans cet essai souplesse des mots et ressort de la pédale. Mouvement, espace, durée, effort : tous les amateurs, passionnés, fous de vélo, trouveront au fil des réflexions de l’auteur de quoi réfléchir à leur tour sur des notions pour eux bien concrètes. Car détrompons-nous : le vélo n’est pas détaché des idées ! De concept en concept, convoquant avec espièglerie les plus grands philosophes – Heidegger, Kant, Spinoza ou encore Husserl –, Bernard Chambaz dévoile une autre facette du vélo : celle d’un objet qui prolonge notre être et nous donne à penser....
      
 Et il a des émules, comme Eric Fottorino, qui dit justement: le vélo est un jeu d'enfant qui dure longtemps. Même comme ancien directeur du Monde. Il n'y a pas que des bourrins ou des Texans cow-boys sur le Tour, qu'on l'aime ou pas.
                      Il roule et il pense. Plus ou moins bien, mais il le fait:
          Même si c'est souvent, à un certain niveau, penser ou panser.  La chute n'est pas exclue. Mais il faut savoir aventurer sa vie, comme disait un certain penseur.
      L'expérience intime du vélo nous ramène à Descartes: pedalo, ergo sum...
        Il n'y a pas que la santé et le loisir qui comptent. Depuis le début, la petite reine occupe souvent la pensée des hommes.
       Comme disait l'autre: Quand je pédale je tourne rond...

          Qui veut penser plus loin ne ménage pas sa monture...

_______ On peut le trouver ici ou ici. ou ...
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mardi 10 avril 2018

Pas de chance!

Billet pas déprimant.

                                             Certains naissent avec un grand sourire scotché à leurs livres.  Moi, je m'ennuyais déjà dans les couloirs de la maternité. Et depuis, cela ne s'est pas arrangé. Je ne suis pas doué pour le bonheur.   

Il faudrait vérifier mais je suis à peu près sûr que le jour de ma naissance il pleuvait comme au jour du Déluge. À l'heure même où je pointais la tête hors du ventre maternel –funeste erreur!– une averse a dû se mettre à tomber, un orage a grondé au loin, des éclairs ont déchiré le ciel tandis qu'à la radio passait en boucle le premier disque de Leonard Cohen. Avant même d'aspirer ma première bouffée d'air frais, avant même d'éructer mon premier cri, d'instinct, je savais déjà que les choses iraient de mal en pis. J'en ai même fait une jaunisse. Une vraie. Ma première crise existentielle.
  Quand j'ai quitté la clinique, le personnel a poussé un ouf de soulagement. Encore une semaine, et il se mettait en grève. Pendant des mois, j'ai gardé le lit. À chaque fois que mes parents essayaient de me mettre dans le landau, je hurlais à la mort. J'en avais déjà vu assez. Je voulais juste qu'on me laisse dormir en paix. J'avais le teint si pâle et la mine si blafarde qu'on jugeât plus sûr de me mettre sous antidépresseurs avant même d'avoir atteint ma première année. Pour calmer mes nerfs débiles, on m'administrait des biberons au Valium. Et pour attendrir mes crises d'angoisse, on projetait sur les murs de ma chambre l'intégrale des films de Bergman.
  Arrivé à l'âge de trois ans, je refusais d'aller à la maternelle. Je n'en voyais pas l’intérêt. J'étais si peu doué pour socialiser que ma mère payait pour qu'on m'invitât à des goûters d'anniversaire auxquels je me rendais à contre-cœur. Je restais là des heures à converser avec mon ombre. Au moment d'entonner «Joyeux anniversaire», quand la maîtresse de maison apportait le gâteau, je profitais de l'obscurité et prenais la tangente: j'errais dans les rues jusqu'à ce que la police me trouve.
  Au collège et au lycée, je passais comme une ombre. Quand mes parents venaient rencontrer mes professeurs, ils devaient leur montrer ma photo pour que ces derniers apprennent que j'assistais bien à leurs cours et se remémorent qui j'étais. Durant tout le temps que dura ma scolarité, je n'ouvrais pas la bouche. Pas une seule fois. C'est que je n'avais rien à dire. Rien à déclarer. J'attendais juste que le temps passe. Je m'ennuyais tellement que je pouvais passer des heures entières à compter le nombre de pigeons qui sautillaient dans la cour. Quand arriva le jour de ma bar-mitzvah, je fus si réticent à lire la Paracha que le rabbin me menaça d'excommunication. Ce jour-là, je m'enivrai si fort que je mis trente ans à dessoûler. 
J'allais dans la vie comme un zombie. On me donna le baccalauréat, je m'inscrivis à l'université où jamais je ne mis les pieds. Je passais mes journées à marcher, à traîner dans les bibliothèques municipales, à voler les Temesta de ma mère que je croquais comme des bonbons. J'étais paresseux, oisif, mélancolique. Je prenais des poses. Je lisais des romans savants auxquels je ne comprenais rien. La vie m'ennuyait horriblement. Hormis le football, je n'avais aucune passion. Aucune envie. Aucun désir. Tous les métiers me dégoûtaient. Les adultes me navraient. Quand je me regardais dans la glace, je prenais peur. Je n'entendais rien à la vie. Elle m'effrayait. Je ne voulais rien à voir avec elle. La mort m'obsédait. Je vivais au ralenti. À l'économie. J'attendais que quelque chose se passe tout en sachant que rien n'arrive jamais. Je tombais amoureux à chaque fille rencontrée, je lui écrivais des poèmes longs comme des romans, je promettais l'amour éternel, l'embrasement des sens, je citais Rimbaud et Baudelaire. Elle prenait peur et me quittait au petit matin, sans demander son reste.
      J'écoutais Brel pour tenir le coup. Et Leonard Cohen. Je me sentais moins seul. Quand mon premier roman est paru, j'ai été comme soulagé. À défaut d'avoir un vrai métier, je pouvais prétendre que j'occupais mes journées à écrire. Toujours, je me tenais à l'écart de la société. Je pouvais passer des semaines entières sans voir personne. Je grognais plus que je ne parlais. Je buvais plus que de mesure. Je prenais des cachets comme d'autres achètent leur baguette matinale. Je dépérissais.
      Et ma jeunesse a passé sans même que je ne m'en rende compte.
       J'étais né vieux. Et chauve. Double infortune.
   J'ai écrit d'autres livres, publié des articles, visité des villes, exploré des pays. Rien ne trouvait grâce à mes yeux. J'étais mal partout. Je pleurais sans raison. Je riais comme un ahuri de seconde zone. J'avais l'humeur chagrine, le tempérament nerveux, l'allure hésitante. Je tombai malade. Ce fut une chance. Je quittai la France pour ne plus jamais revenir. J'habitais dans une ville où il pleuvait neuf jours sur sept. Et quinze mois sur douze. J'avais trouvé mon idéal.
    Maintenant j'ai cinquante ans, je suis toujours aussi chauve, j'écoute de la musique classique, je bois du thé vert, je fais du vélo d'appartement, j'ai un chat, j'ai fini par trouver une femme qui me supporte, je n'ai pas de dettes mais je n'ai pas d'argent non plus. Je suis presque heureux. Et je n'attends rien de la vie.
     Je suis né déprimé, je mourrai dépressif.    (Laurent Sagalovitch sur Slate)
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         Une forme d'humour juif, parmi tant d'autres     Juif, mais pas trop...
    Un humour qui remonte à loin.     A remettre dans son contexte et une histoire compliquée, parfois douloureuse.
      Romain Gary le définit comme Une déclaration de dignité, une affirmation de la supériorité de l'homme sur ce qui lui arrive.  
    Même le pire. Les exemples abondent:
       * Qu'est'ce que l'humour juif? C'est comme l'humour allemand, mais avec l'humour en plus
         * Voici les 4 affirmations qui prouvent que Jésus était juif: 
1) Il a habité chez sa mère jusqu'à 30 ans 
2) Il croyait que sa mère était vierge 
3) Sa mère le prenait pour un dieu 
4) Avec l'entreprise de charpentier de son père, il a fait une multinationale 
qui marche encore 2000 ans plus tard 
            *Dieu a dit aux Juifs : Vous êtes le peuple élu... 
Mmmh, à mon avis, il y a ballottage.    
(Woody Allen) 
L'autodérision aide à vivre, qu'elle soit d'inspiration juive ou pas. Une forme de résistance...
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