Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mardi 19 janvier 2010

Israël: surdité

- GAZA: un an après...

Rien n'a changé.La situation empire dans l'indifférence générale et dans le silence des principaux medias israëliens. Quelques voix essaient de réveiller les esprits, en Israël.

-Des Juifs sont déchirés.
Après les maux de la guerre, opération pour rien , c'est la guerre des mots, celle de l'information ou de la désinformation
L'opinion israëlienne semble être dans le coma, captive .

-Seul, le Journal Haaretz garde ses distances( "Gaza, de jeunes conscrits parlent." ) ;
Le
pacifisme est en recul
L'avenir semble bien compromis, d'un côté comme de l'autre
. Israël joue contre son camp
Refus pathologique de la paix ?
______[Le maire chrétien de Bethléem dénonce la "surdité d'Israël"]
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« La mission conclut que le comportement des forces armées israéliennes constitue une grave violation de la quatrième Convention de Genève concernant les meurtres délibérés et la volonté de causer de grandes souffrances à des personnes protégées », souligne le rapport. « Elle a aussi découvert que viser directement et tuer arbitrairement des civils palestiniens est une violation du droit à la vie ».Le rapport critique « la politique délibérée et systématique des forces armées israéliennes de cibler des sites industriels et des installations d'eau », et l'usage de civils palestiniens comme boucliers humains.Concernant les objectifs et la stratégie de l'opération militaire israélienne, la mission a conclu que les stratèges militaires ont suivi délibérément une doctrine impliquant « l'usage d'une force disproportionnée et suscitant de gros dégâts et des destructions de biens et d'infrastructures civils, et des souffrances chez les populations civiles »(Rapport Goldstone -ONU)

"La menace est là. Et surtout la menace de faire taire tous ceux qui refusent la politique israélienne à l’endroit des Palestiniens telle qu’elle se déploie et ses retombées inacceptables pour les citoyens d’un pays peuplé d’hommes et de femmes dont les aïeux ont subi dans le passé les pires persécutions"(Esther Benbassa)>-Être juif après Gaza: recensions et interviews -

-"Mettre une pression internationale massive sur Israël, c’est le seul moyen de garantir que la prochaine génération d’Israéliens et de Palestiniens – mes deux fils parmi eux – ne grandissent pas dans un régime d’Apartheid." (N.Gordon)
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-Gideon Levy : "J'essaye de raconter au peuple israélien une histoire qu'il ne veut pas entendre":
" Je suis un « bon garçon » typique de Tel Aviv, un produit banal du système éducatif israélien. Je ne viens pas d’une famille engagée et j’ai fait mon service militaire quand j’ai eu l’âge. J’ai même fait pire que ça : j’ai travaillé pour Shimon Perès pendant quatre ans... Pendant tout ce temps, on m’a dit que les Arabes étaient mauvais et cherchaient à nous détruire, qu’Israël était David et faisait face au Goliath Arabe. J’ai écouté Golda Meir quand elle disait qu’après la Shoah, les Israéliens pouvaient tout se permettre. J’aurais dû rester dans cet état d’esprit, normalement. Mais voilà, je suis allé dans les territoires palestiniens, j’y ai rencontré des gens, et j’ai évolué du tout au tout. Depuis 25 ans j’essaye de raconter au peuple israélien une histoire qu’il ne veut pas entendre.
L’homme qui parle ... et décrit ainsi son parcours s’appelle Gideon Levy. Israélien, il est journaliste à Haaretz, unique grand quotidien du pays à laisser s’exprimer des voix discordantes sur la question palestinienne. Le dernier sanctuaire d’une presse qui a abdiqué toute velléité de discours critique pour servir la soupe au gouvernement et à Tsahal. Il y tient une chronique hebdomadaire intitulée « Twilight Zone » (Zone d’ombre). Par ses papiers aussi limpides que glaçants, il tente de sortir la population israélienne de son apathie et de son indifférence au sort des territoires occupés. Avec sa confrère Amira Haas, il fait partie des rares Justes à ne pas baisser les bras devant l’horreur, à tenter de stopper cette machine de guerre qui toujours se relance. Tâche ingrate : « Ce supplice de Sisyphe que nous nous étions imposé pendant des années – couvrir l’occupation israélienne pour le lecteur israélien qui ne veut rien savoir, rien voir, rien entendre. », écrit-il...
___Chaque chronique tonne, hurle, s’indigne. Contre les médias à la botte du régime. Contre ces hommes politiques qui consolident leur popularité sur le sang des Gazaouis. Contre une société qui mène la belle vie alors qu’on tue en son nom. Et contre des guerres à répétition, surtout, des déluges de bombes contre des populations sans défense. Les catastrophes s’abattent sur Gaza (opération Pluie d’ÉtéPlomb Durci lancée en décembre 2008) et Gideon Levy fait le décompte macabre des dommages collatéraux, égrène les crimes de guerre. Ce soir, il revient d’une voix mesurée et calme, sans haine, sur son rôle de mauvaise conscience de tout un pays. À ses côtés, le documentariste Eyal Sivan (réalisateur notamment de Route 181, fragments d’un voyage en Israël Palestine), autre révolté israëlien anime le débat. Extraits entrecoupés de passages du livre....
____« L’occupation n’est pas terminée, loin de là. Elle est aujourd’hui plus brutale, perverse et inhumaine que jamais. » Et de continuer en rappelant les terribles événements enclenchés en décembre 2008, faisant environ 1 300 morts, dont un tiers d’enfants : « Des bombes au phosphore qui brûlent les chairs vives, des bombes à fragmentation qui dispersent des clous dans tous les sens, des avions avec ou sans pilote, qui lancent des missiles, des bombardements à tout va, des centaines d’innocents tués, dont la seule faute était d’être des Gazaouis.
en 2006, opération »___« [C’est] peut-être la seule guerre de toute l’histoire menée contre un territoire entièrement enfermé derrière des grillages. », écrit-il le 12 janvier 2009. Une autre journaliste israélienne, Amira Hass, résumait la situation il y a deux semaines, en affirmant : « Gaza est un camp de concentration dont nous sommes tous les gardiens. » Des gardiens qui dans leur grande majorité ont la conscience tranquille, convaincus de la justesse des agressions de Tsahal. C’est une guerre contre le terrorisme qui est menée, affirment-ils, donc une guerre juste. Dans « Qui a commencé » (9 juillet 2006), Gideon Levy écrivait : « Israël coupe l’électricité, impose un siège, bombarde, fait sauter, liquide et emprisonne des gens, tue et blesse des civils, dont des enfants et des bébés en nombre terrifiant, mais "ils ont commencé." »...
__À une personne de l’assistance l’accusant de « diaboliser Israël et de ne pas parler des pleurs de ses habitants », il répond ainsi : Il est très important de soulever cette question. Mais avant de critiquer qui que ce soit d’autre, il faut avoir les mains propres. Ce n’est pas le cas. Il n’y a aucune symétrie entre les deux cas, ce ne sont pas deux peuples qui luttent sur un pied d’égalité. D’un côté il y a l’occupant surpuissant, et de l’autre l’occupé, sans défense. L’occupant continue à faire ce que pas un pays au monde ne reconnaît comme légitime. Ne me demandez pas de comparer ces deux situations, d’avoir une position équilibrée...."

-Gideon Levy, éternel poil à gratter d'une société «en plein coma» : "...Quand je regarde en arrière, je suis encore plus fier de mon positionnement qu'il y a un an. Aujourd'hui, la situation apparaît plus claire, et davantage de gens pensent comme moi. Cette idée que parce que vous êtes seul à penser quelque chose, vous vous trompez forcément, est une idée que l'histoire a démentie tant de fois. Je ne peux donc qu'être fier de ce que le premier jour de cette guerre, que je n'appelle pas guerre d'ailleurs, mais bien une attaque brutale contre une population sans défense, ce premier jour j'ai vu ce que Richard Goldstone a vu un an plus tard.)Aujourd'hui, alors que la frontière se «réchauffe», c'est très clair : cette attaque n'a servi à rien. Le Hamas est toujours aussi fort, Gilad Shalit est toujours otage... aucun des objectifs affichés pour justifier cette attaque n'a été atteint..."

-Propagande et désinformation à l'israélienne:
"Je signalais, dans un précédent envoi, cet article de Serge Dumont dans le quotidien suisse Le Temps (8 janvier) : « Israël muscle sa riposte sur le Net ». On y lisait notamment : « Peu après la fin de l’opération “Plomb durci” (l’invasion de la bande de Gaza en janvier dernier), Tzipi Livni, alors ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement d’Ehoud Olmert, a rapidement pris conscience de l’ampleur de la vague de protestations soulevée par la destruction massive des infrastructures civiles palestiniennes. Elle a alors autorisé son département à recruter des jeunes fans d’informatique pratiquant parfaitement une ou plusieurs langues étrangères afin de répondre aux critiques qui fusaient dans les blogs ainsi que dans le courrier électronique des grands journaux européens et américains. »

Au-delà, c’est toute une entreprise de propagande qui se met en place à partir d’Israël. Et elle se traduit par un manuel diffusé par The Israel Project, une officine de désinformation très professionnelle, et dont l’exergue est : « Pour la liberté, la sécurité et la paix » – celle des Israéliens, bien sûr, et d’eux seuls. Ce manuel s’intitule The Israel Project’s 2009. Global Language Dictionary (PDF) et est destiné à la propagande aux Etats-Unis, mais ses « règles » s’appliquent sans doute ailleurs.

C’est un document d’une centaine de pages, divisé en dix-huit chapitres. Curieusement, il porte la mention « interdit à la distribution et à la publication ». Il semble que ce texte n’était donc pas destiné à être diffusé largement.


-Selon l'Onu, Israël a bel et bien commis des crimes de guerre à Gaza | Mediapart
>Gaza : L'ONU a des preuves de crimes de guerre commis par les deux côtés
>Nous sommes la Cruauté, nous sommes le Pouvoir - Gideon Levy
- Israel/Palestine-

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