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mercredi 11 novembre 2015

11 Novembre 1915

11Novembre 1915
                                Un enlisement, pour longtemps...
                                               Journée ordinaire d'une guerre dont on croyait encore l'issue rapide (propagande de guerre aidant), mais qui s'éternisait, quasi stabilisée et enterrée.
      Un lot de nouvelles froides et laconiques, tombent chaque jour, sans mise en contexte, dénotant bien un conflit mondial:
                   En Belgique, notre artillerie a exécuté sur les organisations allemandes de la région des Dunes et du secteur de Boesinghe, un bombardement systématique.
En Artois, nos tirs de barrage ont arrêté une attaque ennemie dans le bois de Givenchy.
En Champagne, après un violent bombardement, l'ennemi a tenté deux assauts contre nos positions de la butte de Tahure. Le premier, immédiatement arrêté, n'a pu aborder nos tranchées. Le second, après y avoir pénétré sur un point, a été rejeté par une contre-attaque.
Combats de bombes et de grenades en Argonne orientale (Vauquois, Malancourt).
Entre Meuse et Moselle, nos batteries ont riposté à la canonnade ennemie et dispersé une colonne d'infanterie en marche.
Les Russes progressent sensiblement en Courlande, aux alentours de Mitau.
Les Italiens ont poursuivi leur cheminement dans le haut Cordevole.
Les Serbes ont accentué leurs succès dans le massif de Babouna. La situation apparaît satisfaisante sur le front franco-anglais de Stroumitza.
Les sous-marins allemands ont fait de nouvelles victimes en Méditerranée et dans la mer du Nord. 

    La fin était encore loin, contrairement à l'optimisme de façade des états-majors, mais le moral des poilus fléchissaient peu à peu.
       La machine était lancée, personne ne pouvait arrêter la fuite en avant somnanbulique et tragique, la course au désastre, qui avait commencé dans les chancelleries, qui semblait déjà.ne plus avoir de fin.
    Les moissons,  abandonnées par ces paysans depuis plus d'un an, avaient déjà abouti à l'atrocité: tant d'hommes fauchés par la mitraille! La terre de Flandres, d'Argonne, d'Alsace et d'Artois rougissait tous les jours un peu plus.
                                                       1915: Un bilan déjà effrayant.
    C'est à cette époque qu'un de mes oncles tomba en Alsace, dans des circonstances méconnues. Un rapport note sèchement: décédé pendant son transport en ambulance. Il repose au mémorial de Moosch.
      Le temps était comme suspendu. La fin des épreuves, puis le Traité de Versailles n'étaient pas encore imaginables... 
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- Les carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier, 1914-1918 
Pourquoi la France est-elle le pays qui a le plus fusillé  pour l’exemple  pendant la Grande guerre ?
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