Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

vendredi 20 novembre 2015

Entendez-vous dans nos campagnes?...

Le beurre et l'argent du beurre
                                                    Par delà la sidération et la légitime colère. Eléments d'interprétation.
               Nous assistons à un certain retour de boomerang.
    Après 40 ans d'erreurs et d'occasions manquées au Moyen-Orient. Par aveuglement et par intérêt, nous sommes victimes d'inconsequences que nous payons cher.
     Sur l’islamisme d’abord. Depuis le début de sa montée en puissance, dans les années 1970, les dirigeants occidentaux se sont convaincus qu’il devenait la force politique dominante du monde arabo-musulman. Addiction au pétrole aidant, ils ont renforcé le pacte faustien les liant aux Etats qui en sont la matrice idéologique, qui l’ont propagé, financé, armé. Ils ont, pour ce faire, inventé l’oxymore d’un « islamisme modéré » avec lequel ils pouvaient faire alliance.
    La politique arabe de l'Occident a le plus souvent été d'une grande myopie ou d'une grande irresponsabilité:
                 Les USA et la France ont (avec leurs alliés au sein du Conseil de coopération du Golfe) créé la culture du terrorisme dans la région, en créant imprudemment un refuge terroriste en Syrie au nom de la lutte pour « la démocratie et la laïcité » (pour reprendre les mots stupides de John Kerry), en créant de fort discutables distinctions entre les divers terroristes en Syrie, en y passant des alliances avec le Front Al-Nosra et ses filiales. (*)
       Nous sommes alliés avec ceux qui sponsorisent depuis trente ans le phénomène djihadiste.
           Il y a cette stratégie américaine, la démolition des régimes arabes laïcs, suspectés d’entretenir des relations plus ou moins sympathiques avec l’union soviétique. Ce sont quand même les américains qui ont fabriqué Al Qaeda, c’est là un fait qui n’est plus contesté par personne…
  Une  politique pour le moins aventureuse au Proche-Orient (*)
     La réponse uniquement sécuritaire est plutôt impuissante.
              On ne peut pas ne pas évoquer les errements complets de notre politique étrangère là-bas qui est sans vision, sans compréhension.
   S'ajoutent à cela les déficiences de coopération entre les services de renseignement.
Il faudrait arrêter de jouer les "bons" contre les "méchants" islamistes. 
   Très vraisemblablement d’autres attentats sont à prévoir 
     Le comble du cynisme: après les attentats, les autorités musulmanes lancent une fatwa contre Daech.
    C'est nouveau: la France opère un revirement complet sur la Syrie. Par opportunisme.
     Peu de changements en matière de politique étrangère ont été aussi visibles que le virage à 180 degrés effectué par François Hollande sur la Syrie au lendemain des attentats du 13 novembre 2015. Alors que le président de la République française et son ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, défendaient depuis des mois une ligne « Ni Bachar, ni Daech », il semble bel et bien que la nouvelle position hexagonale soit devenue « Tous contre Daech et on verra pour Bachar après »...
 . Paris avait, il y a tout juste un mois et demi, rejeté la proposition russe d’une coalition « anti-État islamique » formulée par Vladimir Poutine à l’Assemblée générale des Nations unies. Et, lors des discussions de Vienne, Paris continuait de faire du départ de Bachar al-Assad un préalable.
« Ce n’est jamais facile de manger son chapeau, mais c’est ce que nous venons de faire », explique encore le diplomate français en Europe de l’Est. « Le calcul de l’Élysée a été purement pragmatique. Primo : entre deux ennemis, on choisit le moins menaçant. Secundo : sachant que les Américains et les Russes se rapprochaient, Paris n’a pas voulu se retrouver hors jeu. » Et ce d’autant plus que, sans Washington, la France ne peut pas faire grand-chose en Syrie. Même les frappes menées depuis le 15 novembre, qui sont indubitablement des actions de représailles aux attentats, ont bénéficié de l’appui des informations et de la logistique des États-Unis.
Cependant, même si une coalition anti-Daech menée par les Russes, les Américains et les Français émerge dans les semaines qui viennent, que va-t-elle pouvoir faire ? Comme l’a répété l’historien et spécialiste de la Syrie Jean-Pierre Filiu sur Mediapart, « il n’existe plus de bonnes solutions aujourd’hui ». Tout affaiblissement de Daech renforcera inévitablement Bachar al-Assad, alors même qu’il porte la responsabilité de la guerre civile qui déchire son pays depuis quatre ans...
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En marge, pour conjurer la sidération et la colère:  l'amour et l'humour sont plus forts que la haine: 
 - Et au milieu de toute cette merde, on a parfois ri 
   -Vous n'aurez pas ma haine...  
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  - France Inter: Daesh, autopsie d'un montre
  -  Laurent Fabius assure que le Qatar ne finance pas le terrorisme : le ministre a menti
-______________Paris: les jours d'après. - Les jours d'après (suite)-
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