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mercredi 25 novembre 2015

Problématique état d'urgence .

L'état d'urgence: oui, mais...
                                             Ceux qui peuvent renoncer à la liberté essentielle pour obtenir un peu de sécurité temporaire, ne méritent ni la liberté ni la sécurité. [An Historical Review of the Constitution and Government of Pennsylvania (1759) et dans Memoirs of the life and writings of Benjamin Franklin (1818).]
                                            Plébiscité par une grande partie de la population, l'initiative gouvernementale, dans les circonstances actuelles, est sans doute nécessaire.
    Même si on peut discuter le terme et si on n'est pas dans la logique de Patriot Act, même si peut émettre des réserves pour de bonnes raisons, comme D.de Villepin.(*)et quelques hommes politiques.(*)
  Mais pour un temps limité, de manière contrôlée, dans des limites raisonnables, constitutionnelles, dans un souci d'équilibre, de proportionnalité entre la menace potentielle, supposée ou fondée, et la répression policière.
   Certes ce n'est pas facile, car il faut souvent faire vite et être efficace, mais l'histoire montre que cette mesure est sujette à caution, équivoque.
   En évitant une dérive vers une forme d' Etat policier et vers un abandon de vigilance citoyenne qui cèderait à la peur, voire à la sidération. Donc à l'anxiété, à la confusion, obsessionnellement, dans l'oubli d'autres enjeux.
 La proclamation de l'état d'urgence suscite des réserves légitimes et nécessite une vigilance citoyenne. (**) Il serait dangereux de s'installer dans la logique de la sécurité d'abord.
  Des abus sont toujours possibles et la constitution doit rester prioritaire.
     Le tout-sécuritaire est une erreur et entre dans les objectifs des missionnaires de Daech..
         Ce serait cher payé le laxisme déjà ancien, la réduction des moyens en matière de présence et de contrôle, de vigilance sur le plan de l'immigration et de l'habitat. 
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-(*)  L’ancien candidat à la présidentielle prêt à repartir dénonce « la mise en scène d’un “super état d’urgence” permanent, cette volte-face opérée, rédigée et prononcée entre vendredi à une heure du matin et lundi à seize heures », qui sent « l’improvisation, le coup de com’ et l’astuce politicienne davantage qu’une pensée construite et argumentée, soucieuse d’efficacité concrète ». Et de résumer la difficulté de la tâche des dissidents : « Nous allons devoir lutter sur deux fronts. Contribuer à l’unité de notre peuple et affronter les bouffées sécuritaires. C’est un chemin de crête que le nôtre. Mais notre devoir de long terme est de rester ceux qui affirment que la sécurité collective est plus forte quand les libertés fondamentales de chacun sont garanties. »
-(**)  Concernant les dérapages possibles, c’est justement pour les prémunir et les dénoncer que certaines initiatives sont nées, avec en tête un « observatoire de l’état d’urgence » mis en place par Le Monde ou un document collaboratif en ligne (« Recensement des joies (ou pas) de l'état d'urgence en France ») créé par l’association de défense des libertés sur le Web La Quadrature du Net.
Le but du Monde : « Ne pas s'interroger sur l'opportunité de ces mesures, mais simplement de documenter leur application sur la vie des Français. » Pour la Quadrature : « Recenser les articles de presse qui parlent de possibles abus / dérapages liés à l'état d'urgence. Il sera utile notamment lorsqu'on aura à traiter la modification constitutionnelle annoncée par le gouvernement pour une extension / pérennisation de l'état d'urgence. »
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-  Point de vue
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La surenchère sécuritaire est un piège
 - Etat d'urgence : couacs et dérives en série
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Plus la latitude du pouvoir est grande, plus les citoyens doivent être vigilants
Etat d’urgence : ça ratisse large
-  Un pouvoir hors la loi, un Etat hors contrôle: 
       Robert Badinter avertissait  : « Les terroristes nous tendent un piège. Ce n’est pas par des lois et des juridictions d’exception qu’on défend la liberté contre ses ennemis » (son texte est à lire ici). Le second est Dominique de Villepin : « Résistons à l’esprit de guerre. La guerre contre le terrorisme ne peut pas être gagnée, il n’y a pas de contre-exemple. Il faut une stratégie politique et une capacité à penser au-delà » (lire ici une de ses récentes tribunes).
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