Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mardi 9 mai 2017

Sur la révolution numérique

Points de vue et critiques
                               Elle nous séduit le plus souvent, ce qu'il est convenu d'appeler la révolution numérique, tant son développement si récent et profond s'étend à de plus en plus de sphères de la vie en général, de nos vies particulières en particulier.
Quelques extraits
   Le numérique et sa puissance de calcul a de quoi fasciner, et nous ne sommes qu'au début d'une ère, dont nous mesurons peu les prolongements et les transformations. Elle est aujourd'hui pilotée par des firmes dont la puissance dépasse aujourd'hui celle de certains Etats.
    Mais derrière l'efficacité, le fulgurant développement, le plus souvent non interrogé, se cachent bien des aspects que nous entrevoyons parfois, que nous ne soupçonnons pas le plus souvent, même en nous référant aux prétentions des géants, le plus souvent californiens, qui viennent s'inviter jusqu'au coeur de nos ordinateurs, pour des raisons déclarées a-politiques (nous libérer de la tutelle des Etats) et même parfois humanistes.
    Derrière les déclarations officielles des leaders californiens se voulant apatrides se cachent des aspects que nous devrions interroger, collectivement, et que les Etats devraient examiner de près, eux qui sont parfois sous tutelle. Derrière les progrès en matière de rendement industriel, d'efficacité médicale ou d'exploration et de classement des données, il y a des revers méconnus.
    L'ambiguïté est au coeur des projets peu désintéressés de ceux qui prétendent oeuvrer pour le bien de l'humanité. La récolte massive des données à une visée commerciale non avouée et les outils nouveaux ont parfois des usages discutables en matière de renseignement.
          C'est pour le souligner que vient de sortir une étude intitulée L'Homme nuqui s'efforce, avec ses imperfections, d'explorer les aspects les moins connus et les plus inquiétants parfois de ce qui est déterminant an coeur de notre temps, de notre vie quotidienne. Les Google et compagnie se donnent les moyens de tout savoir de nous et d'orienter nos choix. Nous sommes de plus en plus connus, étant donnée la masse des données qui peuvent être rassemblees sur les différents aspecs de notre existence. Ce qui arrange bien le monde marchand, certains services de renseignements et même, indirectement, le  monde parallèle et masqué de la cybercriminalité.
    Les auteurs parlent de dictature invisible, dictature douce sans doute, mais dont l'efficacité ne cesse de croître, sous des aspects divers et masqués. Avec notre consentement.
    Ces côtés obscurs sont bien mis en valeur et dénoncés. dans les grandes lignes d'un livre qui va plus loin dans l'analyse que ces quelques notes de lecture.
    Toute technologie a son côté obscur, mais celle du numérique, tel qu'il se développe, a une portée considérable. Il ne s'agit pas de revenir en arrière bien sûr, mais de prendre le contrôle d'un méga-outil qui peut, en s'accroissant démesurément, devenir un piège redoutable et efficace pour l'action et la pensée, engendrant ce La Boétie appelait en son temps la servitude volontaire.
      L'emprise numérique est de plus en plus forte et le but des auteurs est de nous en faire prendre conscience. Une masse de plus en plus énorme de donnés circulent et se centralisent à notre insu, pour le meilleur et pour le pire: Depuis 2010, l'humanité produit autant d'informations en deux jours qu'elle ne l'a fait depuis l'invention de l'écriture il y 5300 ans. 98% de ces informations sont aujourd'hui consignées sous forme numérique. Apple, Microsoft, Google ou Facebook détiennent 80% de ces informations personnelles de l'humanité." Le secteur du data (traitement de cette masse de données intimes pour mieux cibler les consommateurs) : un véritable gisement d'une croissance de 40% l'an et dont le chiffre d'affaires atteindra 24 milliards de dollars en 2016.
   La formidable puisssance des algorithmes fait le reste; la surveillance généralisée en est une des conséquences redoutables, que n'aurait pas imaginé Orwell. 
         Le problème majeur est que, selon la règle de Gabor, tout ce qui est techniquement faisable, doit être réalisé, que cette réalisation soit jugée moralement bonne ou condamnable », ce qui amène les Big Data à collecter toutes informations auprès de millions d’individus quelle que soit la nature de cette donnée. Ce n’est pas la qualité de la collecte qui est importante, c’est la collecte elle-même."                              Cet optimisme scientiste n'inquiète pas les gars de la Silicon Valley et ceux qui leur font aveuglément confiance.
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